‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 43 sur 607 · COLLYRE — COLMAN · texte numérisé non relu

COLLYRE — COLMAN

très-variées, et dont la nature détermine des propriétés diverses : ainsi, l'addition d'un peu d’acétate de plomb liquide suffit pour former un collyre résolutif. Les solutions de sulfate de zinc, de sulfate de cuivre, de sulfate d’alumine, de pierre divine, de pierre infernale, fournissent des cotlyres irritants ou caustiques qu’on emploie dans les ophthalmies chroniques et pour enlever les taies de la cornée. Les chirurgiens anglais louent principalement la solution de nitrate d'argent fondu, ou pierre infernale. On y fait aussi dissoudre des sels mereuriels pour certains cas. Des infusions de plantes aromatiques, animées par l'eau-de-vie camphrée, ou l’eau de Cologne, ou l’eau de mélisse, sont des collyres stimulants qui servent quelquefois avantageusement pour exciter la vitalité des yeux quand la vue est affaiblie. En ajoutant des préparations d’opium dans les collÿres simples, on leur communique une propriété calmante, En général, il n’est point de médicaments plus diversifiés que ceux-ci ; Ja plupart des oculistes ont chacun un collyre qu’ils vendent comme préférable à tout autre; les charlatans ont tous une eau souveraine pour les yeux, et qui est un de leurs principaux moyens pour exploiter la crédulité publique. L'action de ces préparations pharmaceutiques varie aussi sous le rapport de la température. Si on les applique chaudes, même celles qui sont simples, elles exercent une action excitante, due au calorique ; c’est pourquoi il faut les employer à froid dans le plus grand nombre des inflammations récentes. Dans les ophthalmies appelées rhumatismales, parce qu’elles naissent et récidivent comme les rhumatismes, les collyres émollients tièdes sont indiqués. L'épreuve d’ailleurs le démontrerait bientôt, car les applications froides aggravent en ce cas les accidents au lieu de les calmer, Les causes des maladies des yeux étant extrêmement variées, il est indispensable de les connaitre et de les distinguer pour adopter un traitement rationnel. Ainsi, par exemple, ja maladie peut être produite par des causes extérieures , comme elle peut l'être par des causes iiternes. D’une autre part, la vue est un sens si précieux qu’on ne saurait apporter trop de prudence dans l'emploi des médicaments qui nous occupent. Néanmoins celui qui est composé d’eau de rose et de plantain, le collyre banal; le mélange des autres eaux distillées, ne peuvent faire grand mal s’ils ne font pas de bien ; il en est de même des décoctions de graine de lin. On peut se laver les yeux, les baigner avec ces liquides et à l’aide d’une œillère. I est en outre des cas où il est préférable de ne faire aucune application sur les yeux, en se contfentant de les garantir de l’action de la lumière. Des axiomes populaires viennent à l’appui de notre remarque : ainsi, on dit chez nous que quand on a mal aux yeux il ne faut y toucher que du coude. On dit en Espagne, que pour guérir les “yeux il faut s’attacher les mains. Les Chinois ont aussi reconnu combien celte réserve est nécessaire, car ils disent que celui qui a mal aux yeux voit clair au bout de dix jours quand il n’y touche pas. En citant ces proverbes, nous devons cependant faire observer qu’ils ne sont applicables qu’à certains cas, et que souvent il faut s’ermpresser de remédier aux ophthalmies par des médications énergiques.

Page 1