‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 420 sur 607 · CORSAIRE — CORSE · texte numérisé non relu

CORSAIRE — CORSE

Pon y trouve les pics les plus élevés de toute le, que la neige recouvre pendant la plus grande partie de l’année : le Monte Rotondo, haut de 2,673 mètres, d’où l’on jouit de la vue d’un des plus beaux panoramas qu’il y ait en Europe, et le Monte d'Oro, haut de 2,650 mètres. De cette chaîne principale, à laquelle se rattache une montagne de 1,000 à 1,300 mètres d’élévation, couvrant l’étroite langue de terre que l’ile forme î au nord, partent également dans la direction du sud-ouest de nombreux embranchements, qui s’avancent jusqu’à la côte occidentale, où ils forment des rochers presque à pic. Il en résulte que cette côte est élevée et escarpée sur tous les points, en même temps qu’elle abonde en baïes et en ports naturels, dont les plus importants sont ceux de Sagone, d’Ajaccio et de Valinco , tandis qu’à l’est la côte, plus plate, et large de deux myriamètres au plus, n'offre point d’échancrures et est très-pauvre en bons ports. Porto-Vecchio est le meilleur de tous. L'intérieur des montagnes est extrêmement sauvage; . et d’impétueux torrents se précipitent à travers leurs pro- … fondes vallées. Les terrasses latérales sont couvertes de plantations de vignes et d’oliviers; plus haut on trouve des chätaigniers, des chênes et d’autres essences de bois. On appelle maquis les bois composés de genévriers, de myrtes, d’arbousiers et autres arbustes élevés, que l’on brûle souvent pour fertiliser et ensemencer la terre qu’ils recouvrent. D’odoriférants pâturages s’abritent entre d’impénétrables forêts ; cependant la seule partie de l’île qui soit régulièrement cultivée est la côte de l’est. L'aspect général du pays est pittoresque et sauvage, Des rochers sourcilleux, des arbres séculaires , des torrents mugissants, la mer mêlant le bruit de ses flots à leurs eaux turbulentes, et les vieilles tours romaines se montrant de distance en distance sur les plages, comme des vestiges de civilisation au milieu de cette nature pre et capricieuse, fout concourt sur ce coin de terre à faire méditer l'artiste, le poëête, le philosophe et même ‘homme qui se borne à admirer, sans analyser ses sensations, quand quelques beautés frappent ses yeux. | La communication entre l’une et l’autre côte h’a lieu qu’à 4 travers les montagnes par d’étroïts passages , souvent d’une difficulté extrême, et pour la plupart praticables seulement. pour des bêtes de somme. Le climat est agréable, attendu que l’ardeur du soieil y est tempérée par l'élévation des montagnes et par les vents de mer. Le nombre de localités. que des eaux stagnantes et un air malsain rendent désertes. et inanimées est très-restreint, Le sol, surtout sur la côte. et dans les vallées, est d’une grande fécondité; aussi les. habitants, malgré l'extrême négligence qu'ils apportent à la culture, récoltent-ils assez de grain pour leur consommation, à l'exception de l’avoine, qu'on ne cultive pas du tout. dans l'ile. Le prolétaire corse vit ordinairement de châtaignes, et ne mange que bien rarement du pain de froment. On récolte, en dépit d'une culture très-négligée, beaucoup de vins, assez semblables à ceux de France et de Malaga. On cultive aussi en Corse beaucoup de chanvre et tous les fruits du midi, dont il se fait de grandes exportations ; on y a même établi des plantatioñs d'indigo et de coton. Avec” des méthodes plus rationnelles, huile et la soie y seraient d’un bien plus grand rapport. On y trouve aussi de vastes forêts de chênes, de sapins et de mélèzes, offrant à la marine française d'inappréciables ressources, et qui classent ce” département au nombre des plus riches en bois qu’il y 2% dans tout l'empire. Le pin laricio et le laurier-rosen sont originaires de la Corse. L'élève du bétail s’y fait sur une très-large échelle; cependant les chevaux, les ânes et les, mulets y sont de petite taille. Les hôtes à cornes son grandes, mais maigres; les moutons, généralement noirss sont pourvus de quatre et même de six cornes , et donnent une laine grossière. On y rencontre une race de chèvres fort belle et extrémement nombreuse. Le mouton à l'état sauvage (moufllon ) existe dans les montagnes, où l'of trouve aussi des sangliers et beaucoup d’autres espèces d@

Les montagnes, généralement de formation granitique , contiennent beaucoup de richesses minérales, dont jusqu'à ce our l'exploitation est demeurée nulle. Les fers surtout sont d'une qualité supérieure. On y trouve aussi des mines de plomb , et il existe à Porto-Vecchio de riches salines.

Les sources d'eaux minérales les plus remarquables de la Corse sont celles d’Orezza, qui a quelque analogie avec l’eau de Spa, et qui petille comme du vin de champagne : on y à recours dans les maladies chroniques des organes abdomipaux, dans les affections nerveuses, dans les engorgements du foie, de la rate et des reins et dans les nombreux cas d’appauvrissement du sang; de Puzzichello, située sur la côte orientale, à huit kilomètres des ruines de l’antique ville d’Aleria : c’est une eau sulfureuse , froide, qui paraît avoir quelque analogie avec l’eau d'Enghien; enfin, de Pietrapola, sources sulfureuses chaudes de 40° à 60.

L'industrie manufacturière y est pour ainsi dire nulle. Des fabriques de drapset de lainages grossiers, des scieries

de planches, des tanneries et des usines de fer sont les seuls établissements industriels un peu remarquables.

8 routes nationales, 5 routes départementales et 4,082 chemins vicinaux sillonnent le département, qui est en outre relié par un double câble télégraphique à la France et à l'Italie.

Les villes principales sont: Ajaccio, chef-lieu; Bastia; Calvi; Corte; Sartène, avec 4,166 habitants (1872), un commerce de grains, huile, cire, cuirs de bœuf, peaux de chèvre, de mouton, de planches de sapin : on

-y élève des bestiaux et des abeilles; Bonifacio; Porto- Vecchio , avec 1,811 habitants, un port de commerce, de péclte et de relâche, un des plus spacieux de l'Europe; il . peut recevoir une flotte entière, avec ses trois kilomètres de longueur, sa profondeur d’eau, qui varie de 5 à 24 mètres, et abrité qu'il est par les montagnes qui l’environnent, excepté du côté du nord-est. La ville est entourée de murs et assez bien bâtie; mais elle est située dans une contrée marécageuse, qui en rend l’air malsain et la fait abandonner … par une grande partie des habitants pendant plusieurs mois de l’année. Elle possède un bureau de douanes; on y pêche de la nacre, dans laquelle se trouvent des perles grises ou rouges.

Les Corses sont une race d’hommes de taille moyenne, nerveux et demeurés aujourd’hui encore à peu près à l’état primitif. La bravoure et l'amour de la liberté, la simplicité,

Ja tempérance et l’hospitalité, mais aussi la violence, la … paresse et surtout l'esprit de vengeance porté au plus haut degré, sont les caractères distinctifs de cette population. Tout ce que l’on a écrit sur les vendette et ces bandits aux- … quels l'ile doit une partie de sa célébrité non-seulement n’est pas exagéré, mais, chose déplorable à rapporter, les Inimitiés privées semblent de nos jours redoubler de fu- reur: l’autorité, impuissante, s’efface, et le crime se mul. Fr tiplie de toutes parts. A quoi tient tant de faiblesse du côté où devrait être la force, tant d’audace du côté où on devrait craindre ? se demandait en 1850 un magistrat dans un rapport qu’il faisait sur cette malheureuse contrée. Et il l’attri- . buait à l'armement général du pays, au banditisme, au patronage et au défaut de répression. Puis il nous révélait les faits les plus déplorables. Ainsi à Venzolasco , à seize kilomètres de Bastia, les Filippi et les Petrignagni sont en .… guerre, et entraînent avec eux toute la population : les fe- nétres de leurs maisons sont défendues par des barbacanes etdes créneaux. Aux élections de Vescovato, en 1848, ily eut rencontre entre ces deux partis, et 1] s’ensuivit mort d'hommes ; à Campitello, Calacuccia, Piedicroce , la ren-

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