‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 425 sur 607 · CORTES — CORTEZ · texte numérisé non relu

CORTES — CORTEZ

CORTESE (Jues-Césan), poëte napolitain, qui florissait au commencement du dix-séptième siècle, naqu it v vers la fin du seizième siècle, à Naples, et se rendit fort j jeune e à la cour de Ferdinand de Médicis, où son esprit, sa gaïeté, lui valurent amitié du prince et celle des plus grands seigneurs. Devenu amoureux d’une fille d'honneur de la grande-duchesse, il l’accabia de madrigaux et de sonnets. Mais la belle, qui était hautaine et n’aïmait pas la poésie, ôtant un jour de son pied un de ses souliers à hauts talons, alors à la mode, alla jusqu’à l’en frapper rudement. Cet ‘éclat décida Cortese à quitter Florence. Il revint dans sa patrie, chercha des distractions à ses peines dans des sociétés qui au dire des uns étaient équivoques, et qui selen d’autres ne l’étaient pas ; puis il se mit à écrire en patois des poëmes dont les personnages étaient pris dans la plèbe napolitaine.

Son premier ouvrage, en cinq chants et en octaves, parut en 1604, sous le titre de la Vajasseide ; il eut seize éditions réelles en quatorze ans. Les vajasse sont les servantes des marchands de la capitale. Cortese les représente comme ayant formé un complot pour forcer leurs maîtres à augmenter leurs gages. Toutes les richesses du pitto resque langage des lazzaroni sont prodiguées dans cette composition ; les jeux , les usages du peuple y sont retracés de main de maître, et avec une parfaite fidélité, Au quatrième chant, le héros et l'héroïne de l'ouvrage, Ciullo et Carmosina, s'engagent sous le joug de l’hymémée; mais les perfides sortiléges d’une vieille sorcière, ennemie du jeune couple, ‘jettent le désespoir dans le ménage. Grâce à un bravo et à une espèce de gladiateur, le redoutable Micco Passaro, le charme est enfin rompu, à l’entière satisfaction des époux et du lecteur. Ce personnage de Micco fut trouvé si attrayant, que Cortese lui consacra bientôt une nouvelle épopée en dix chants, le Micco Passaro innamorato. Son caractère est un mélange d'audace fanfaronne et de lâcheté ; il cherche de bonne foi le péril, mais aussitôt qu'il s’y trouve exposé, il s'enfuit le plus loin qu’il peut, tout en se proclamant vainqueur.

Le Cerriglio incantato , autre poëme de Cortese, nous transporte daus un monde peuplé de chevaliers errants et d’enchanteurs. Le paladin Sacripante tente la conquête du château de Cerriglio ; le roi Sarchiapone , qui y réside, se défend à l’aide de la nécromancie. Ii en résulte les plus incroyables événements. A force de bravoure, Sacripante triomphe ; le Cerriglio est pris d'assaut ; les vainqueurs n’ont cesse d'y célébrer leurs succès le verre en main : ilest transformé en taverne. Il y en avait alors en effet une de ce nom aux environs de Naples, et le poëte s'est amusé à s’en faire l’historiographe en renchérissant d’extravagances sur les épopées chevaleresques du séizième siècle. Nous laissons de côté sa pastorale de La Rose, son Voyage au Parnasse, en sept chants, son roman en prose Les Aventures de Ciullo et de Perna.

Ce qui distingue par-dessus tout Cortese, c'est son incomparable facilité, c’est le parti qu'il sait tirer de ce langage si expressif et si bouffon, qu’il manie à merveille. J1 fait encore, après plus de deux siècles, les délices de tout véritable enfant de Naples; après lavoir appris par cœur, on le relit sans cesse, et on ne se lasse pas de le réimprimer. Mais nulle traduction ne saurait donner une idée de son mérite : il faut pour le goûter pleinement descendre en droite ligne des compagnons de Masaniello ; il faut croire sincèrement au mauvais œil, et dans les plus minces détails de la vie de chaque jour découvrir d'importants, d'infaillibles présages. Cortese gagne surtout à être déclamé à haute voix; sa phrase est des plus sonores; ses expressions, | on ne peut plus vives, réclament l'accompagnement obligé du geste; il prodigue Îes onomatopées les plus entraînantes.

G. Bruner.

CORTEZ (Fennano), le plus célèbre des aventuriers

qui firent tomber l'Amérique sous le joug de l'Espagne,

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