COSME — COSMÉTIQUE
encore ès mérile d'iceux martyrs. Les chirurgiens et es barbiers ne formaient d’abord qu'une confrérie , une munauté ; les chirurgiens restèrent seuls sous le patronage saint Cosme ; de là les locutions vulgaires de fruter, sup- L, disciple de saint Cosme. L'ordonnance de 1544 réit l'usage des myres ou mycres du moyen âge, qui donaient gratis leurs soins aux indigents certain jour dé la ine. L'ordonnance réduisait ce service à une fois par ois, « à la charge, y est-il dit, de se trouver, tous les premiers lundis des invis de l'an en l'église paroissiale de Saint-Cosme et Saint-Damien , rue de la Harpe, et d'y demeurer depuis dix heures jusqu'à douze pour visiter et conseiller, en l'honneur de Dieu et sans rien en prendre, les pauvres Imalades, tant de notre bonne ville de Paris que autres lieux et endroits de notre royaume, qui se présenteraient à eux pour avoir aide et secours de leur art et science
de chirurgien, etc. »
- L'église Saint-Cosme, à l’angle des rues de la Harpe et de l'École-de-Médecine , était une des plus petites paroisses … de Paris; bâtie au commencement du treizième siècle, ce n'était dans l'origine qu’une chapelle de confrérie; mais elle appartenait à l'histoire de l'art par sa structure et ses ornements intérieurs ; c'était un des plus intéressants monuments du moyen âge. La paroisse avait été supprimée en 1750. L'église ne fut démolie qu’en 1834. Les restes des mausolées qu’elle renfermait avaient été recueillis et deposés dans les musées par une commission de savants et d'artistes nommés
par le gouvernement. Durex (de l’Yonue). |
COSME DE PRAGUE, le plus ancien des historiens de ja Bohème, né en 1045, fut élevé à Liége, où Franco le Ma-
ister notamment lui donna des leçons de grammaire et de
dialectique. En 1061 il revint à Prag: e, où il fut attaché à la paroisse de Saint-Veit (ou Saint-Gui). Comme il ne man-
quait ni d'expérience ni d’habileté dans les affaires tempo relles, il accompagna plusieurs évêques de Prague dans leurs voyages à diverses cours, et eut ainsi occasion d'étudier de ses propres yeux la marche des événements contemporains. J1 était marié , car à cette époque le mariage n’était point encore interdit en Bohême aux ecclésiastiques. Il mourut le 21 octobre 1125. Son Chronicon Bohemorum est divisé en trois livres, dont le premier (allant jusqu’à l’an 1035 ) contient les plus anciennes traditions et légendes dé la Bohéme, telles que l’auteur les avait entendu raconter par des vicillards. Le second livre va jusqu’à l’an 1092, et le troisième jusqu’en 1125.
Cosme de Prague est, pour l’époque où il vécut, la source la plus riche et er général aussi la plus sûre que l'historien puisse consulter. Son ouvrage fut publié pour la première fois en 1602 par Freher, puis par Meneken dans le 1° vol, de ses Scriplores Rerum Germanicarum. La meilleure et la plus récente éditon est celle que Pelzel et Dobrow<ki en
? ont donnée dans le 1°" vol. de leurs Scriplores Rerum Bohe- micarum (Prague, 1783).
COSME 1-11, de Médicis Voyez Mémicis.
COSME (Frere ), éminent chfrurgien, était né à Pouy- Astruc (Hautes Pyrénces), le 3 avril 1703. Sa piété, sa bienfaisance et son habileté ont rendu son nom venerable autant que célèbre. Le pere de frère Cosme (dont le nom véritable est Jean Bazkninac ), était maître en clururgie; son ateul
| £t son oncle portaient le même titre, Cet oncle, qui était attaché au grand hôpital de Lyon à l'epoque où le jeune
Bazeilhac termina’tsesetudes litléraires, garda son neveu près . de lui environ deux années. Jean Bazeilhac se rendit ensuite à Paris, où son zèle studieux, sa conduite exemplaire et sa rveur le firent remarquer de quelques personnes haut acées , et en particulier de l’évêque de Bayeux, Armand de 4071 , qui se declara son protecteur en toute rencontre, etle combla de ses bienfaits jusqu’au delà du tombeau, en
consacrant une portion de <a fortune à fonder d’une ma - nière durabie l'indépendance de son protege, Les largesses
DICT,. DE LA CONVERS. — T, I
de ce noble patron laissèrent à Bazeilhac de profonds souveoirs ; une grande tristesse et le sentiment de la reconnaissance accrurent encore sa piélé. Sans divorcer d'avec la chirurgie, il entra, dés 1729, un an après la mort de l'évêque, et âgé de vingtsix ans, au couvent des Feuillants; mais ne fit veu de chasteté et d'abnégation qu'en 1740; alors que l'habitude déja longue de gouverner ses passions l'eut rendu plus confiant dans sa volonté et plus certain de son empire Quoique religieux, frére Cosme n'en continua pas moins l'exercice de la chirurgie, art dans lequel il comptail parmi les maitres, principalement en ce qui regardait les calculs de la vessie et l'operation de la taille. L'invention de deux instruments remarquables , et dont on se sert encore aujourd'hui, le Lithotome caché, qui porte son nom, et la sonde à dard, pour maintenir la vessie au-dessus du pubis dans la taille hypogastrique, acheva de rendre son nom populaire ; et, quelle que fût sa prédilection pour les pauvres, il se vit malgre lui comblé de richesses, dont dé nobles fondations firent profiter les malheureux.
On conçoit qu'homme célèbre, praticien journellement consulté et jouissant d'un grand crédit méme 4 la cour, la posilion de frère Come parmi les feuillants ses frères n'était pas celle d’un simple moine dévot et borné. 11 existait dans la plus belle partie du couvent, à peu prés vers le leu où la rue Castiglione d'aujourd'hui aboutit à la rue de Rivoli, une jolie habitation isolée qu'on avait bâtie pour lui seul, Un beau jardin, entouré de grilles et cité pour ses ina gniliques espaliers, se trouvait joint à ce manoir ; €’élait là que fière Cosime recevait les visites de quelques grands seigneurs déswuvrés, Is y etaient surtoul atlirés par les beaux raisins du frère Cosme, amateur renommé pour ses vignes, Le prince de Conti était au rang de ses plus assidus visiteurs, et de ceux qui le plus volontiérs prenaient part gratuite à sa récolle, à ses vendanges. Louis XV lui-même, nous assurait Souberbielle, neveu de Bazéilhac, se fit plusieurs fois apporter des raisins de frère Cosme, qu'il préférait à ceux de Trianon et de Fontainebleau. Voltaire aussi , suivant la mode, voulut goûter des raisins du couvent , surtout à l’époque où quelques douleurs vesicales semblaient le menacer du lithotome; mais il le cueillait grain à grain, ce qui mécontentait souverainement le propriélaire, dont ÿ s’attira plus d’une fois les vertes repriimandes. « Que n’en demnandezvous? disait brusquement Cosine, on vous en portera un panier ; mais, de grace, ne déshonorez pas mes grappes! » Jean Bazeilhac à puluié les deux ouvrages suivants : 1° Nouvelle methode d'ertraire la pierre par-dessus Le pubis (1779 ); 2" Recueil de pièces importantes concernant la Larille au moyen du lihutome caché. La lithotritie à nui à la réputation de frere Cosine comme à celle de Celse.
; J D' Isidore Bouxbox.
COSMETIQUE. ( de rosuée, j'embellis ), c'est-à-dire préparation propre à embellir La peau. Mais peut-on réussir a einbellir la peau? C'est, conne on sait, de l’épais-eur relative des couches de composihon de tous les corps que dépendent les sensal ous de couleur qui nous affectent, A el degre de lénuite d'une couche ou larmelle, nous avons la perceplon d'une nuance ; pour telle autre épaisseur, nous avons la perplion d'une autre nuance. Cela explique commeut le sang riche, incarnatet vermeil, qui coule dans les ramilicatiuns Veéiueuses placées dans la peau d'une jeune personne, de rose qu'il hous paraissait, ne s'offre plus à nous sous la in mue leinte quan le progrès de l'âge et les aflections mosbides out amené une perturbation qui a changé l'épaisseur relanve des couches du tissu cutanr; le frais celuris à tait pare à 14 Leicte hivide et rembrunie. Que peut donc taire a cela l'art des rayeunisseurs de profession? La vérilanle ofhcine d'une jeune fille, Cest le bord d'un dair ruisseau, Tout au plus 41-eile besvin de faire tomber quetques grains de poussière qui masquent les doux reflets de {a rose épanvule sur ses juues. 11 est aussi quelques beautés
surannées qui n’ont pas à faire de frais en pommades et en onguents pour captiver l’attention des gens délicats. Ce sont alors les charmes de l'esprit, et plus encoreles célestes qua: lités du cœur, qui font couler chez celles-ci Je fabuleux ruisseau. Mais hélas! le plus grand nombre a recours au badigeon ! De là tant d’emplâtres de toutes les couleurs, tant d’eaux merveilleuses, admirables, incomparables; les miracles de M!° Brescon, de M%° Matz; puis enfin le rougevert d'Athènes, les cosmétiques du sérail, etc.
De même qu’en peinture il faut préalablement établir un fond blanc sur lequel ressortiront avec avantage les couleurs de nuances diverses, de même la coquette a besoin de se faire poser sur le visage ce qu’on appelle une assiette. Les seuls oxydes métalliques combinés avec des corps onctueux peuvent servir à cet usage. Le moins sujet à de graves inconvénients pour la santé, celui qui d’ailleurs est d’une plus facile application, est l’oxyde de bismuth (magis- - tère de bismuth, mélange d'oxyde hydraté et de sous nitrate du même métal , qu’on obtient en précipité par une affusion considérable d’eau pure sur du nitrate de bismuth) : ce blanc n’est pas précisément vénéneux; l'application sur la peau n’a guère d’autre inconvénient que de boucher les pores, d'interrompre la perspiration insensible, et d’occasionner à la longue une disposition à l’empâtement; il agit aussi comme légèrement émétique; et voilà pourquui les idoles plâtrées ressentent quelquefois des maux d'estomac, éprouvent de légères nausées, et sont sujettes aux spasmes, aux borborygmes.
Si l'inconvénient se bornait là, ce ne serait aux yeux de ces dames qu’une misère. Que ne souffrirait-on pas pour redevenir belle! Mais, à cruel désappointement! il peut arriver tout à coup qu’au milieu d’un triomphe de coquetterie, la beauté blanche se transforme en africaine, et, pour comble de disgrâce, la métamorphose pourra n'avoir lieu que d’un côté du visage : nous aurons alors une beauté pie. Le gaz d'éclairage, le brûlage de certaines huiles à quinquet, le voisinage des cuisines; en un mot, tout ce qui peut donner lieu au dégagement de l’acide hydro-sulfurique, est apte à produire cette effroyable catastrophe : il se forme alors sur les joues un hydro-sulfure noir de bismuth. Autre disgrâce imminente : l'ail est un condiment devenu à la mode, eh bien ! qu’un sectaire de cette gousse adorée des Égyptiens s'approche de l’odalisque qui ravit tous les hommages dans un brillant salon, et de son souffle empoisonné il va également hydro-sulfurer le factice et joli minois!
Au surplus, tous les prétendus cosmétiques ne méritent pas, comme celui-ci, Panathême. Lorsqu'on jette un coup œil sur la foule des recettes qu'on en a données, on reconnaît sans peine l’innocuité de beaucoup d’entre eux, et de ce nombre sont les lotions émulsives, les embrocations onctueuses , les eaux distillées de rose, de plantain, de frai de grenouilles , et tant d’autres ; les pommades de concombre, de cacao, d'amandes douces, le baume de la Mecque, etc, : ces préparations peuvent être employées sans danger ; on les recommande toutes les fois qu’il s’agit de rendre à la peau sa souplesse. Mais tout cela ne rajeunira personne.
Cet oracle est plus sûr que celui de Calchas, PELOUZE père.
Les parfumeurs ont aussi donné le nom de cosmétiques à des espèces de pommades solides qui servent en quelque sorte à cirer les cheveux, les moustaches, les favoris, et quelquefois à leur donner une couleur plus foncée.
COSMIQUE | Lever, Coucher), de x66uw04, monde, qui a rapport au inonde, Voyez Lever ET COUCHER DES ASTRES.
-COSMOGONIE , nom composé de deux mots grecs, 06406, Monde ou ordre, ét yévoc, génération , signifiant génération où origine du monde, C’est le mème sujet qui est trailé dans le livre de la Genèse. Non-seulement la religion