COSMÉTIQUE — COSMOGONIE
judaïque et la chrétienne , mais encore toutes les autres qui couvrent la surface du globe, même celles des sauvages, ne pouvaient pas s'établir sans remonter à l’origine de toutes choses et de l’homme, à ce phénomène mystérieux qui frappe d’abord notre intelligence aussitôt que nous commençons à réfléchir, à faire un retour sur nous-mêmes et sur ce qui nous environne. }
Les cosmogonies de l'Orient et de l’Inde, qui paraissent être les plus antiques de toutes, et jusqu’à celles de quelques peuples du Nouveau-Monde, aëmettent un déluge à l’origine des choses. Plusieurs savants ont essayé de faire concorder les époques de ces déluges ou d’un immense cataclysme avec le récit de Moïse ; mais quand même ces traditions si vagues des différentes cosmogonies seraient plus ou moins contradictoires, soit entre elles, soit avec plusieurs faits, il n’en est pas moins évident que la surface de notre planète a été bouleversée par de grandes catastrophes, plutoniques et neptuniennes. Elle a été couverte ( partiellement du moins ) par de vastes inondations ou par le déplacement des mers, et à plusieurs reprises, et travaillée par les feux des volcans : tant de couches de terrains stratifés, tant de coquillages enfouis attestent à tous les regards ces prodigieux événements ! Une foule de débris et d’ossements exhumés de nos jours par les recherches des naturalistes, qui en ont reconstitué des espèces par le rapprochement de ces reliques, prouvent lexistence d’un ordre de choses ou d’un système d'êtres vivants (animaux et végétaux), soit antédiluviens, soit contemporains de ces événements. Ces êtres, si différents à beaucoup d’égards de ceux que nous voyons aujourd'hui, furent pourtant nos ancêtres; ils attestent la puissance d’une nature alors jeune et brillante d'énergie, qui déployait les larges membres des mammouths, des mastodontes, des palæothériums, etc., des ours et des cerfs gigantesques, dont les représentants actuels ne semblent être que les avortons dégénérés.
La poésie sacrée, non moins que les religions , s’est emparée de ces hautes questions, dans lesquelles l’infagination de l'homme se peut développer en toute indépendance. Partout les cosmogonies sont aussi des {héogonies, comme Hésiode nous en donne un poétique exemple. Il a fallu remonter à la Divinité, aux forces surnaturelles , pour expliquer la nature; car les premiers systèmes des philosophes sur les causes de toutes choses sont des cosmogonies. Ceux qui ont essayé de se passer de la Divinité, comme les atomistes, les partisans de Démocrite, Épicure, Straton, etc., ne pouvant bien expliquer la sage coordination des êtres, ont eu recours aux chances infinies d'un hasard heureux (voyez Cuaos ). Tous les autres fondateurs de systèmes cosmologiques ont été plus ou moins théologiens, et obligés de faire intervenir une sagesse suprême, ordonnatrice et organisatrice.
Il serait long et fort peu utile de dénombrer ici les différentes cosmogonies écloses en diverses contrées, les systèines brahmanique et bouddhiste de l'Inde, celui de Foé, en Chine, de Xaka, au Japon, le lamanisme du Tibet, puis ressusciter les anciennes cosmogonies de l'Égypte et de la Chaldée, en rechercher les émanations dans la Phénicie, la Grèce et Rome antique; rappeler les idées du législateur de la Scandinavie, Odin, celles du système druidique de nos vieux Celtes et Gaulois avant l'introduction du christianisme, suivre jusque dans un nouvel hémisphère, chezles Mexicains, les Péruviens, les traces de leurs opinions sur l’origine des hommes et de l'univers ; enfin, si cette revue n’est pas assez instructive, s’enquérir, dans les lettres des missionnaires, des idées qu’ils ont recueillies parmi les Iroquois , les Topinamboux, etc., sur les causes premières de toutes choses.
Parmi les philosophes de la Grèce, employant les seules forces de l'intelligence, Ocellus Lucanus, Timée de Locres et quelques autres, tentèrent de soumettre à une sorte de raisonnement et d'investigation théoriques les opinions les