L COSMOPOLITE — COSMOS
patrimoine commun de tous les peuples, et dans la marche vers le perfectionnement social, aucune nation ne reste trop en arrière. Ces bienfaits réels, l'humanité ne peut les attendre des eflorts isolés d’un petit nombre d'hommes, elle ne les obtiendra que par des coopérations bien concertées et sevondées par les gouvernements. Il faut que les communications entre les peuples deviennent encore plus libres et plus faciles qu’elles ne le sont actuellement, que le commerce Soit moins entravé, que les étrangers reçoivent dans tous les États ce que l'hospitalité prescrit de leur offrir ; ce sont les lois commerciales et la police exercée sur les étrangers qui doivent être cosmopoliles.
L'amour de la patrie s’est montré plus souvent et avec plus d'éclat dans les petits États que dans les nombreuses populations : serait-ce parce que cette noble passion s’affaiblit lorsque son objet a moins besoin d’un généreux déwouement? Non; mais les petits États sont plus souvent exposés à des périls dont le courage des citoyens peut seul les sauver. La mesure naturelle de l'attachement à la patrie est la part de bonheur qu'elle distribue à chacun de ses enfants ; cette part est indépendante des limites territoriales et de la populalion. Cependant, les grands Etats ont une sorte, d'avantage sur les petits, c’est que le cosmopolitisme y est pas nuisible et peut être toléré, au lieu que dans une association peu nombreuse chaque membre se doit tout entier à la cause commune, et le cosmopolite y serait un déserteur. : FERRY.
COSMORAMA (de xoouos, monde, et cpaua, vue).
Ce nom, qui signifie vue, représentation de l'univers, est celui sous lequel a été connu un spectacle de curiosité à Paris. Depuis sept ou huit ans les panoramas étaient seuls en possession d’atlirer la foule des curieux lorsque le Cosmorama {ut établi par l'abbé Gazzera, savant piémonfais, que son dévouement à la France avait forcé d’y venir chercher un asile. Le but de Gazzera fut de former une riche collection de tableaux à la gouache et à l’aquarelle, représentant les sites et les monuments les plus remarquables du monde entier, l’état primitif des chefs-d’œuvre de l’antiquité et leurs ruines actuelles; d'exposer ainsi les progrès de Parchitecture et des arts chez toutes les nations de la terre, et de faire un cours complet aussi instructif qu’intéressant de géographie pratique, historique ct descriptive, au moyen des notices explicatives qui accompagnaient les tableaux.
L'ouverture du Cosmorama eut lieu le 1°” janvier 1808, sous l’ancienne galerie vitrée du Palais-Royal. I] consistait en un grand salon autour duquel étaient placés vingt-quatre verres d'optique, et à travers chacun d’eux le public pouvait voir trois tableaux. Chaque exposition se composait donc de soixante-douze tableaux, qui tous les mois étaient renouvelés en totalité ou en partie, en suivant autant que possible un ordre méthodique, tant pour la géographie que pour la chronologie. On commença par l’Asie; on parcourut ensuite l'Amérique et l'Afrique, et on aurait terminé par
l’Europe, qui, étant plus connue, devait moins piquer la cu-
riosité, et dont on offrait cependant les sites les plus pittoresques et les monuments les plus célèbres. Le nombre de ces tableaux monta successivement à près de 800, dont le quart au moins étaient l’ouvrage de plusieurs artistes distingués. Pendant quinze ans ces tableaux furent de 1,12 de long sur 0”,81 de haut, et les verres d’optique eurent 18 à 22 centimètres de diamètre; puis, par suite de perfectionnements nécessaires, on porta la dimension des tableaux à 2°,11 de long sur 1,30 de haut, celle des verres à 27 ou 32 centimètres, et on réduisit à 260 le nombre des tableaux, en ne conservant que les meilleurs,
Le Cosmorama prospéra d’abord; mais la construction de la nouvelle galere vitrée du Palais-Royal ayant nécessité la démolition de l’ancienne, le Cosmorama y fit sa clôture en 1828, et fut transféré dans un plus vaste local, rue et pas-
sage Vivienne. L'augmentation des frais, le manque d’encouragements, la révolution de 1830, et peut être aussi l’'inconstance des Parisiens causérent sa décadence. H fit sa dernière exposition en septembre 1832, après vingt-cinq ans d'existence, Le propriétaire n'ayant pu s'entendre avec la liste civile pour la vente de ses meilleurs tableaux, en fit hommage à ses amis, à la ville de Mondovi, sa patrie, à celle de Velletri, où il avait professé la théologie, à eelle d'Avignon et à quelques autres, ou dans des temps dificiles, il avait reçu une noble hospitalité, Les notices imprimées séparément et distribuées à chaque exposition ont été recueillies en 3 vol. in-8°, que l'on trouve rarement complets. H. AUDIFFKET.
COSMOS en grec xoouoç, le monde, l’univers). C'est le titre que M. Alexandre de Humboldt a donné à l’ouvrage célebre où il décrit la nature des astres, puis de l’écorce rudimentaire de la terre, s’animant organiquement jusqu’à l'homme,
Aux yeux des anciens, le cosmos était le globe céleste qu’ils se figuraient tourner autour de la terre comme point central. Suivant les Aristotéliciens, son mouvement était le mouvement fondamental, celui d'où provenaient tons les mouvements des éléments et des organismes vivants, en même temps que le plus parfait des mouvements, comine étant la réunion tout à la fois du mouvement et du repos, puisqu’un corps sphérique tournant sur son axe se meut sans cependant changer de place. Au sentiment de la grande majorité des anciens philosophes, le cosmos était un être animé. Les écoles ionique, éléatique, péripateticienne et stoique, le considéraient comme le Dieu suprème, comme une merveille de beauté et d'harmonie, dont on se représentait les matières élémentaires comme coordonnées d'après les rapports fondamentaux d’intervalles musicaux. A na ximandre et les épicuriens, au contraire, adimettaient la pluralité des mondes, et niaient ainsi l’idée de la divinité suprême dans le sens où l’entendait la presque totalité de l'antiquité grecque. Suivant le système d’Aristote, le cosmos secompose des sphères des astres, considerées comme autant de sphères ou d’enveloppes creuses et mobiles, à chacune desquelles est attaché l’astre qui porte son nom. La sphère de la Lune se meut d’abord autour de la Terre; la sphère de Mercure se meut autour de la Lune, puis viennent celles de Vénus, du Soleil, de Mars, de Jupiter, de
Saturne, et enfin du ciel des étoiles fixes. La sphère du
ciel des étoiles fixes se compose d’éther, matière la plus subtile et la plus légère; et celle de la Terre, corps sphérique immobile au centre, des éléments les plus grossiers. Cette opinion, développée par Ératosthènes et par Ptolémée avec une exactitude mathématique, constitua le système dit de Plolémée, lequel domina pendant tout le cours du moyen âge, mais qui ne laissa pourtant pas que d’être combattu déjà dans l’antiquité par une secte de l'ecole pythagoricienne, ayant à sa tête Aristarque de Samos, qui prétendait que le soleil était le point central du monde, autour duquel se meut la terre.
A l’idée que se faisait l'antiquité que le cosmos avait une âme se rattachait Pidée extrêmement répandue suivant laquelle on espérait retrouver les parties et les inembres des êtres organiques dans les parties et les membres du cosmos. C’est ainsi, par exemple, qu’un hymne attribué à Orphée voit dans le Soleil et la Lune les yeux de la divinité, dans la terre et les montagnes son corps , dans l’éther son intelligence , dans Pair ses épaules garnies d'ailes. Plus tard, au seizieme siècle, les philosophes naturalistes, Paracelse à leur tête, renouvelèrent ces idées, en ce sens qu'ils considéraient l'univers comme un organisme humain en grand, et l’homme comme un univers en petit; de la les denominations de microcosme, petil monde, et de nLACroCosIne, grand monde, qu'ils appliquaient à l'homme et a l'univers. On y rattacha la croyance que les mouvements de la vie
du monde en petit répondaient toujours exactement à ceux du monde en grand, et qu’ils les reproduisaient en copies ; croyance qui devait nécessairement conduire à admettre l'influence des mouvements des astres sur le tempérament et la destinée des hommes (voyez AsrroLocie). Mais quand le système de Ptolémée eut été renversé par Copernic, on cessa bientôt de soutenir plus longtemps que le soleil, comme simple étoile fixe parmi les autres étoiles fixes, fût le point central de tout l'univers; et à une sphère tournant sur elle-même on substitua un océan immense, illimité, de mondes sur mondes. La transition de l’ancienne opinion à la nouvelle fut des plus difficiles, parce que la cour de Rome, comme Mélanchthon, vit dans la nouvelle théorie un élément hostile à la théologie. Képler et Newton assirent la nouvelle théorie cosmique sur des bases inébranlables, Aussitôt surgirent avec une irrésistible puissance des questions que l'antiquité ne s’était posées que bien rarement et avec beaucoup de timidité, par exemple, la question de savoir si le monde ne serait point peut-être sans limites et infini, et celle de savoir si les planètes autres que la nôtre ne sont pas peuplées comme elle. Fontenelle, dans ses célèbres Entreliens sur la pluralité des mondes (1686), et Kant par son Histoire naturelle et Théorie universelle du ciel (1755) contribuèrent beaucoup à faire admettre l’affirmative sur la seconde de ces questions, et à lui donner pour base des motifs de probabilité. De nouveaux philosophes, par exemple Schubert, dans son ouvrage intitulé Le Monde primitif et les Étoiles fixes (1822), ont vainement tenté de restreindre de nouveau les limites du monde infini , et de faire de notre système solaire le centre de l’univers. De même l'hypothèse émise récemment par Méœdler, d’après Herschell, suivant laquelle il faudrait considérer une étoile fixe de la constellation d’Hercule comme le point central de l’univers, autour duquel notre soleil décrirait un cours régulier avec son cortége de planètes et de comètes , comme font les planètes autour du soleil, demande encore à être prouvée.
De nos jours, l’idée de l'existence d’une âme de l’univers à été renouvelée d’abord en général par Schelling dans son livre Sur l’Ame du Monde (Xéna, 1798), et postérieurement dans une démonstration plus spéciale par Fechner dans son Zandavista où Essai sur les choses du ciel et d’au-delà du ciel (Leipzig, 1851).
COSNAC (Daniez DE) naquit, vers 1630, au château de Cosnac, en Limousin, de François de Cosuac et d'Éléonore de Talleyrand, sœur de Finfortuné comte de Chalaïs, Destiné de bonne heure à létat ecclésiastique, il ontra dans la maison du prince de Conti comme premier gentilhomme de la chambre et ne tarda pas à devenir son favori. Quelques sermons prêchés avec succès à la cour, la part qu'il prit ensuite aux négociations du mariage du prince de Conti avec la nièce du cardinal Mazarin lui valut, alors qu'il n'avait encore que vingt-quatre ans, les évêchés réunis de Valence et de Die. Plus tard il acheta la charge de premier aumônier de Monsieur, frèrede Louis XIV. Son dévouement pour Henriette d’Angleterreet plusieurs altercations qu'il eut avec le duc d'Orléans l’obligèrent à se défaire de sa charge, et il reçut un ordre d’exil dans son diocèse, Revenu secrètement à Paris , à l’appel de Madame, Louvois le fit arrêteret écrouer au For-l'Évêque, et le roi le relégua à l'île Jourdain, en Languedoc, où il demeura quatorze ans. La célèbre assemblée de 1682, dans laquelle il joua un rôle important, amena sa rentrée en grâce auprès de Louis XIV, En 1687 il fut fait archevêque d’Aix, et mourut dans cette ville, le 18 janvier 1708. Ce préiat a laissé un recueil d'ordonnances synodales, imprimées à Aix, en 1694, et des Mémoires historiqurs, publiés en 1852 par M. le comte Jules de Cosnac-
COSNE, Voyez Nièvre.
COSSE (de cossa, mot de la basse latinité). On donne ce nom vulgaire à l'enveloppe de certains fruits, comme les