COSTUME — COTE
des vertèbres caudales, tantôt simplement articulés avec ce corps, et s’offrant sous forme d’os en V, lorsqu'ils sont recouverts de couches musculaires. De cette détermination , que nous croyons très-exacte, il résulte nécessairement que la grandeur et la forme de toutes ces côtes ou arcs osseux sont toujours relatives à celles des viscères et des vaisseaux renfermés dans la cavité qu’ils circonscrivent, et à celles des muscles , soit intermédiaires, soit surjacents. Nous croyons avoir démontré le premier que les vestiges des côtes existent au cou, aux lombes et au sacrum chez l’homme, et chez la plupart des animaux vertébrés. On avait jusque alors confondu ces côtes rudimentaires avec les apophyses transverses des vertèbres; maisles lumières puisées dans l'étude des monstruosités et dans l'observation comparative du squelette dans toute la série des animaux vertébrés, ne permettent plus de révoquer en doute l'existence de ces rudiments des côtes, méconnus jusqu’à l’époque actuelle.
Les modifications que les arcs costaux ont dû subir sont sans nul doute très-nombreuses, et nous ne pouvons les énumérer ici en détail ; mais au fond il nous est très-possible de caractériser les modifications principales en faisant remarquer que, malgré la variété apparente de leurs fonctions spéciales, les côtes n’ont d’autres usages généraux que de protéger les organes contenus, et de concourir, avec les muscles qui s’implantent sur elles, soit à la locomotion générale, soit à des mouvements divers, coordonnés avec les phénomènes fonctionnels des appareils assimilateur, dépurateur et générateur. Considérés toujours comme agents mécaniques passifs, soit de protection, soit de locomotion pour divers buts, les arcs costaux ne devaient offrir dans leur construction que des degrés très-variés de solidité et d’immobilité ou de mobilité. C’est en effet ce qui a lieu; car depuis le squelette des tortues, où les côtes, élargies et réunies entre elles par engrenure, offrent ce qu’on a nommé avec raison un crâne thoracique ou carapace tout à fait immobile, et d’une solidité qui le rend susceptible de supporter de très-grands poids, depuis, dis-je, cette construction d’un coffre constitué évidemment par des côtes, jusqu'aux appendices costaux tout à fait divergents, trèsmobiles, et renfermés dans les expansions latérales de Ja peau des dragoris (espèces de lézards), on conçoit qu'il existe dans toute la série des animaux vertébrés un trèsgrand nombre de dispositions intermédiaires entre ces deux exemples, de l'extrême solidité des côtes ou de leur plus grande mobilité.
Ces exemples ont dû être choisis parmi les côtes thoraciques qui ont acquis un très-grand développement. Nous avons déjà indiqué que dans les diverses régions du squelette leurs dimensions diminuent beaucoup, au point qu’elles n'existent plus que comme des vestiges. Il est essentiel maintenant de signaler un fait d’une importance non moins grande. Ce fait est la manière dont les côtes s’unissent en arrière avec les apophyses transverses des vertèbres ou en sont séparées, ainsi que leur connexion en avant, avec un os médian appelé séernum. A la poitrine, les dernières côtes, qui chez l’homme et les inammifères ne s’appuient point ni sur des apophyses transverses ni sur un sternum, sont plus mobiles, semblent flotter dans les chairs, et sont appelées côtes flottantes. Toutes les autres côtes aboutissent, les unes directement, les autres indirectement au sternum. Les premières (vraies côles ou côtes vertébrosternales ) ont leur extrémité appuyée sur les bords mêmes du sternum, tandis que les extremités des secondes (fausses côles ou côtes sternales) remontent vers cet 08, n’arrivent point jusqu’à lui, et s'articulent chacune avec le bord inférieur de la côte qui précède. La partie des côtes qui aboutit ou tend au sternum est toujours une pièce distincte de celle en connexion avec la colonne vertébrale, Elle est tantôt cartilagmeuse (homme et la plupart des mammifères), tantôt osseuse (oiseaux).