SUPERFICIE
88,000 myr. e.
Europe, ..
Amérique sept, . .
Amérique mérid, . .
Australie
2,590 8 s: 1 DT
En combinant ces différentes données, on trouve pour le continent européen-asiatique (533,500 myriamètres carrés) un développement de 8,880 myriamètres de côtes ; pour tout le continent formant l’ancien monde (82,700 myriamètres carrés ), un développement total de 11,470 myriamètres ; pour le continent américain toutentier (364,650 myriamètres çarrés), 7,030 myriamètres de côtes ; par conséquent, pour le premier un rapport de 60 : 1 ; pour le second, de 72 : 1 ; pour le troisième, de 52 : 1. L'Europe est dès lors, on peut le dire, de toutes les parties de la terre celle qui offre le rapport le plus favorable, attendu qu’on y compte 1 myriamètre de côtes pour 28 myriamètres de superficie carrée. Vientensuite
l'Amérique, puis l’Australie, puis l'Asie, et eulin la compacte et massive Afrique.
Suivant leur conformation verticale, les côtes se divisent en rois classes : les côfes escarpées, les côtes à écueils et les côtes plates.
Les côtes escarpées consistent en parois d’élévations di verses, souvent formées de rochers et aboutissant immédiatement à la mer ou à la plage. Dans leur voisinage, la mer offre une grande profondeur relative, augmentant abruptement, brusquement, et cependant d'ordinaire fort régulièrement, ou, comme disent les marins, donnant partout des sondages réguliers. Généralement on n’y trouve ni écueils ni bas-fonds; elles forment rarement des échancrures, mais souvent de grands golfes et des caps qui s’avancent abruptement dans la mer; quelquefois aussi elle se prolongent uniformément sur une longue étendue. Ce sont les moins dangereuses, les plus sûres, celles qui là où se trouve un abri contre le vent présentent les meilleurs ports, par conséquent celles qui sont le plus favorables à la navigation,
Les côtes à écueils, ou entourées d'écueils, sont de deux espèces. Les côtes à écueils proprement dites, sont des côtes escarpées, garnies partout de masses rocheuses ou écueils isolés, s’élevant abruptement du fond de la mer et séparés par de profondes passes. On y rencontre souvent des ports aussi sûrs que vastes, et dès lors ces passes sont d’une haute importance pour la navigation : mais souvent aussi celles qui séparent les écueils entre eux sont très-resserrées, dangereuses , à cause des courants impétueux qui y règnent, qui rendent l’entrée des ports très-difficile et ne permettent de les utiliser que pour de petits navires. Ces sortes de côtes sont fréquentes en Dalmatie, mais plus particulièrement dans les régions septentrionales, par exemple en Islande, au nord de l'Écosse, dans la presqu’ile Scandinave, en Sibérie et jusqu’au Kamtschatka ; en Amérique, au nord du fleuve Saint- Laurent et de la Haute-Californie.
Les côtes à écueils de corail sont des côtes ou escarpées ou plates, avec de nombreux bancs, construits et incessamment modifiés par l’infatigable activité des madrépores , s’élevant jusqu’à fleur d’eau ( souvent par larges et régulières assises affectant la forme de marches), et formant assez souvent des écueils en saillie, des îles plates, résultat de l’accumulation successive par la mer sur leurs couches de blocs détachés, de sable et de débris végétaux. Souvent aussi des passes praticables conduisent à travers cette ceinture de
rescifs, vers des ports situés dans la mer libre qui se trouve derrière; mais la navigation de ces côtes n’est jamais exempte de périls. On ne les rencontre guère, d’ailleurs, que dans les zones tropicales, attendu que les animaux dont ces écueils sont le produit ne peuvent vivre que dans les plus chaudes contrées du globe.
La configuration de côtes la plus commune est celle des côtes plates, là où le sol va toujours en s’abaissant insensiblement vers la mer, et continue à décrire le même mouvemext de déclivité au-dessous de son niveau. La mer n’y a dès lors qu'une profondeur médiocre, et souvent elle ÿ présente des bancs de sable. Ces côtes sont d’une grande uniformité et presque sans échancrure jusqu’à l'embouchure des fleuves. C’est là que la plage est le plus étendue, que le mouvement de déclivité vers la mer est plus faiblement prononcé. D’ordinaire des dunes rejetées par la mer y bordent la plage, et y protégent la terre contre les envahissements des flots; mais souvent aussi, composées d’un sable d’une finesse et d’une mobilité extrêmes, clles pénétrent dans l'intérieur des terres sous l'influence des vents, et finissent par couvrir de sable de fertiles contrées. Là où il n’y a point de dunes, les peuples cultivateurs se protégent au moyen de digues et de chaussées. Quand il n'en existe pas, ou bien lorsqu’elles ont été détruites par les vagues; et encore lorsque des alluvions maritimes ou fluviales interceptent des parties de mer, il en résulte des eaux stagnantes, des marais, des lagunes. Là où il est possible d'utiliser ces alluvions, on les protége par des digues ou des polders, et on les transforme en marches. En général, les côtes plates sont défavorables à la navigation et souvent même impraticables sur de vastes étendues pour les plus faibles bâtiments. On y rencontre rarement des ports naturels, et elles exigent la création et l’entretien de ports produits de Vindustrie humaine, Ils se trouvent le plus ordinairement
l'embouchure des fleuves ou bien dans les solutions de continuité des dunes, et sont souvent extrêmement peu sûrs.
La forme des côtes plates domine dans le golfe de Venise, au sud-ouest et au nord de la France, en Hollande, au nord de l'Allemagne, en Danemark, à l’est de la Chine, en Coromandel, en Perse, en Arabie, dans la plus grande yarlie de l'Afrique, en Patagonie, en Guyane, dans le golfe du Mexique, dans les États composant l'Union Américaine, au nord du cap Hatteras. Dans tout le nord de la terre, elles offrent un sol rocheux, avec une pente médiocre et où des marais se forment à la longue avec des lichens et de la tourbe. C’est en effet en Sibérie, et vers l’ouest, dans le nord de l’Europe jusqu'à la mer Blanche, que s’étendent, sous le nom de {undra, ces effrayantes steppes de lichens, dont la superficie se dégèle à l’époque d’un court été et se transforme alors en d’impraticables marais, tandis qu’en hiver le froid la solidifie et la rend accessible.
[ Comment les marins se sont-ils avisés de donner le nom de côtes au rivage de la mer? Ce mot vient évidemment du latin costa, côte, os long et recourbé qui enveloppe le thorax, et Pline s’en sert par analogie pour désigner les pièces de boïs qui constituent la charpente principale des vaisseaux {costa navium ). Nous admettrons donc que la langue de la marine est redevable à l'anatomie de ce mot.
La navigation le long des côtes est encore aujourd’hui la terreur des marins. En pleine mer, ils se rient des vents et des flots; mais près de terre ils ont tonjours à craindre que quelque rescif inaperçu jusqu'alors n’enir’ouvre le flanc de leurs vaisseaux, ou que la violence du vent et des vagues ne les pousse contre les brisants du rivage. Et c’est une cruelle position que celle qui ne laisse à l’homme que le choix du rocher où il doit se briser? Aussi ces mêmes matelots qui dorment tranquillement quand la tempête les berce au milieu de l'Océan, veillent-ils avec inquietude dès qu'ils appro- “hent de la terre. C’est surtout au milieu des ténèbres qu’il est important d’avertir les navigateurs du voisinage des