‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 445 sur 607 · COTE + COTÉ · texte numérisé non relu

COTE + COTÉ

rages si fréquentés ne sont-ils signalés que par de rares naufrages, tandis que le littoral de la France estun vaste cimetière.

Quand deux nations maritimes sont en guerre, le bord de la mer devient la frontière menacée. Les navires de guerre n’ont pas seulement pour mission de combattre les vaisseaux ennemis qu’ils rencontrent au milieu dela mer, souvent encore, réunis en escadres, ils sont chargés d'opérer des descentes et deravager les côtes. Rochefort et Saint-Malo, dans la guerre de 1756, accusèrent longtemps l'impéritie du gouvernement , incapable à la fois de les protéger et de les venger. Les Français n'avaient plus de flottes à opposer aux flottes de l'Angleterre; et la dernière guerre d'Amérique a prouvé par de sanglants témoignages que c’est aux vaisseaux à défendre les côtes contre des vaisseaux. Il est impossible de hérisser de canons un rivage dans toute son étendue : une escadre promène rapidement de lieu en lieu de fortes troupes ; elle peut choisir son point d'attaque, et fondre à l’improviste sur l'endroit non défendu : la crainte d’une escadre ennemie peut donc seule l'empêcher d'effectuer un débarquement. La France possède une grande étendue de littoral ; une guerre maritime la trouverait bien faible si ses ports étaient dépourvus de vaisseaux : les frégates, les corsaires, peuvent faire du mal au commerce de l’ennemi, mais ce n’est pas une protection contre des attaques. Depuis 1815 les esprits sunt à la recherche du meilleur système de fortifications maritimes. On cite au premier rang les batteries à vapeur armées de projectiles creux, de bombes destinées à éclater dans la charpente même des navires ; les chaloupes canonnières qui lanceraïent des boulets rouges, des obus, ainsi que l’a fait avec succès l'Amérique dans la guerre de 1812; enfin, on propose encore la navigation sous-marine, les torpilles ( éorpedo ), espèces de marines flottantes, qui iraient éclater sous la carène des vaisseaux, et les feraient sauter avec une force volcanique. Ce système a pu jouir d’un instant de faveur ; mais l'expérience n’en a pas encore démontré Putilité pratique, Théogène PACE, |

CÔTE , COTEAU, penchant, versant d’une montagne, d’une colline. Les côtes sont en général plantées de bois ou de vignes. Celles qui sont exposées au midi fournissent les meilleurs vins. De là les noms de Côte-d'Or, Côtc-rôtie et d’autres crûs renommés. Au nord les côtes sont beaucoup moins fertiles. La mi-côte est le milieu du penchant d’une côte.

En jardinage, on nomme cofière une planche qui va en pente, qui est exposée au midi et qui est abritée pour y semer des primeurs.

CÔTE (La). C’est le nom que porte la partie du rivage du lac de Gen è ve dependant du canton de Vaud, qui s’élève en amphithéâtre et s'étend sur un espace de près de 29 kilomètres depuis l'embouchure de la Promenthouse jusqu’à l’Aubonne, et où l’on trouve la petite ville de Rolle. Cette côtese compose presque entièrement de montagnes couvertes de vignobles, dont le point le plus élevé, situé au-dessus de Viney, atteint 910 mètres d’altitude. Cependant ce sol fertile présente aussi de magnifiques prairies etderiches terres à blé. Le spiritueux vin de La Côte appartient aux plus estimés qu’on récolte en Suisse, particulièrement celui du crû Moulart, ou encore ceux des crûs situés entre Mont et Begnins.

COTE, la partie droite ou gauche de l’homme ou de l'animal, depuis l’aisselle jusqu’à la hanche, ou dans une signification plus étendue, toute la partie droite ou gauche de l’homme ou de l’animal, A la première vue, les deux moitiés du corps humain paraissent absolument identiques ; mais c'est là une de ces.erreurs que le scalpel a constatées, puis détruites.

Au côté droit du corps, on trouve le foie, d’où provient

la bile; le pylore ou portier de l'estomac, la vésicule du

fiel, la veine-cave et le tronc de la veiue-porte (porta

Mitilorum), de même quele co Lo n ascendant, siége fréquent DICT. DE LA CONVERS. — T. VI

decoliques. Le poumon droit est plus gros que le gauche, outre qu’il est divisé en trois lobes, tandis que le gauche n’en a que deux ; le sang artériel destiné au bras droit ainsi qu’au côté droit de la face, du crâne, et du cerreau, naît de l’aorte par un vaisseau unique, tandis que les deux artères analogues au côté gauche y sont isolées dès leur origine. Or, il résulte de cette disposition, d’après les lois de l'hydrodynamique, que le cours du sang artériel a plus de vélocité au côté droit. A droite également, la veine ju gulaire est plus grosse; les sinus veineux du cerveau sont plus évidents, et les rainures osseuses logeant ces sinus plus profondes. Le côté droit est aussi, comme chacun sait, le plus fort et le plus agile : cette inégalité originaire s'étend même quelquefois à la puissance de l’ouïe et de la vue, à la largeur des prunelles ou pupilles, etc.

Quoique le cœur soit à gauche, le côté gauche n’est pas celui qui reçoit le plus de sang. Le cœur en effet envoie le sang artériel dans un canal unique, qui ensuite, par mille canaux secondaires, le répartit sans préférence dans chaque organe , et c’est dans ce fluide vital que les organes puisent leur nourriture, leur chaleur, les éléments de leurs travaux, la réparation de leurs pertes comme de leurs fatigues. Toutefois , le cœur et son enveloppe membraneuse (le péritarde) sont à gauche; l'estomac et le bas de l'œsophage sont à gauche, de même que Pétroite ouverture de l’estomac ( le cardia ), bouche sensible, où les aliments trop chauds ou trop peu divisés font éprouver de vives souffrances. La ra te aussi est à gauche ; à gauche est l'aorte, ainsi que la veine azygos, ce merveilleux moyen de communication de la veine-cave supérieure avec l’inférieure, dans le cas où l’une de ces veines serait oblitérée ou entravée. À gauche se trouve également le canal thoracique ou réservoir de la lymphe, à laquelle se trouve mêlé le chyle résultant de la digestion : ce canal verse ensuite ce chyle et cette lymphe dans la veine qui revient du bras gauche, puis cette veine le porte dans le côté droit du cœur, qui le jete à son tour dans les poumons, et les poumons en font du sang nouveau en le mariant mystérieusement à l’un des éléments de l’air, cet air qui ne cesse de les abreuver et de les distendre, Il n’y a pas jusques aux nerfs récurrents, destinés au larynx, qui ne diffèrent des deux côtés ; celui du côté gauche entourant la crosse de l’aorte, d’où résulte des douleurs au c o a lorsque cette artère se trouve dilatée dans le cas d’anévrisme, tandis que le nerf récurrent droit embrasse l’artère destinée au bras droit, ce qui semble enchaîner lun à l’autre les gestes et la voix.

La prépondérance du côté droit sur le gauche n’est pas douteuse, Les muscles situés à droite du corps sont plus gros, plus forts, plus agissants; les os eux-mêmes sont im peu plus gros, et les inégalités servant à l'insertion des fibres musculeuses en sont plus prononcées. Les nerfs aussi ont un peu plus de volume, de même que les veines et les artères : le pouls, en conséquence, a plus de force à droite, au bras, au cou, à la cuisse. En plaçant le sp kygmomètre sur les artères des deux bras, on peut vérifier que l'instrument marque ordinairement un ou plusieurs degrés de plus à droite. Si l’on fait marcher une personne après lui avoir bandé les yeux, on s'aperçoit bientôt qu’elle suit une ligne qui dévie sensiblement à gauche, tant le côté droit prédomine sur l’autre, Mais d’où cela provient-il? Serait-ce le résultat de l’organisation primitive, disposition transmise des pères aux enfants par hérédité? ou bien le surcroît de volume et d'énergie des organes du côté droit serait-il l'effet de lhabitude où sont presque tous les hommes d’exercer plus fréquemnent ces organes? Quant à cette influence de l’erercice réitéré ou de l'habitude, nous la regardons comme bien réelle. Toutetois , elle n’est pas la seule, puisque nos deux jambes, qui agissent autant lune que l’autre, sont pourtant presque aussi inégales que nos deux bras. Les habitudes sociales et l'éducation première n’ont guère d’empire que

Sur les parlies supérieures du corps, les seules qui se laissent aller à l’ascendant de la politesse et de l’imitation. Comme c'est toujours du bras droit que Penfant apprend à faire usage, il en résulte qu’on réduit presque à l’inertie les muscles de son bras gauche; on l’oblige de la sorte à n’agir que d’une main; et nos exemples, unis à nos leçons, paralysent pour ainsi dire l’un de ses petits membres. C’est ainsi que la plupart des enfants deviennent droitiers, à l'exemple de ceux qui les instruisent. Voilà donc déjà une des causes probables de la prépondérance du côté droit. Nous en trouxerons de plus puissantes dans les commencements de lorganisation, de même que dans les habitudes de la vie,

Le squelette de l’homme , comme celui des animaux des classes supérieures, est primitivement formé de deux parties séparées, l’une droite et l’autre gauche, et ce n’est que par degrés insensibles que ces deux moitiés d’homme se réunissent l'une à l’autre pour ne former qu'un corps unique. Des traces de cette dichotomie originaire subsistent encore après la naissance ; c’est ainsi que les os du crâne ne sont encorequ’imparfaitement réunis, comme le prouvent les fo ntanelles; les pubis sont encore mous, les lèvres quelquefois fendues ; le palais parfois est divisé, et les organes génitaux mâles, pour n'être pas entièrement suturés, paraissent quelquefois équivoques. Lorsque la nature oublie d'accomplir cette réunion mitoyenne ou médiane, il en résulte des difformités dont la liste serait innombrable. Il peut aussi arriver que l’une des moitiés du corps se développe beaucoup plus que l’autre et au détriment de celle-ci : nouvelle source d’inégalité entre les deux moitiés droite et gauche du corps.

Après cela, si nous nous représentons quelle est la position du fœtus dans le sein maternel, peut-être trouveronsnous en cela fertile matière à conjectures. Presque toujours le fœtus, de même que le berceau charnu qui le nourrit, qui le renferme et le protège, repose sur le côté droit; il a de plus la tête en bas, les pieds en haut , et la face tournée en arrière. Or, dans cette situation , qui est favorisée par celle que la mère prend durant le sommeil, on concoit que le sang, comme tous les fluides qui émanent du sang, a de la propension à se diriger plutôt à droite qu’à gauche. Aussi les organes du jeune être sont-ils plus injectés et plus colorés du côté droit ; et nous ne mettons pas en doute que cette circonstance n’influe assez puissamment sur le surcroît de volume des organes du côté droit. Un autre résultat du même fait, c’est l’engorgement du cerveau du fœtus, vers le côté droit principalement : injection sanguine qui à pour conséquence la débilité des muscles du côté gauche,

Ainsi donc, la situation du fwtus dans le sein de sa mère, la circonstance d'être né de deux êtres ayant eux-mêmes le côté droit prépondérant, l'influence de la première éducation et de l'exemple, l’ascendant de l'instinct d'imitation, la différence déjà indiquée des artères se distribuant aux deux côtés du corps, l'énergie acquise par un plus fréquent exercice , telles sont les principales causes de la prédominance du côté droit.

Le côté droit est plus souvent afteint d’inflammations, d'hémorrhagies, de coups de sang, d’apoplexie, de fluxion de poitrine, de bruissements d'oreille, de sarcocèle, d'ophthalmie; le nez est fréquemment incliné à droite, l'épaule droite est presque toujours la plus grosse, etc. A gauche, au contraire, on observe plus souvent de l’engourdissement, dela paralysie, des maux de nerfs, la sciatique, desulcères, des varices, des claudications, destubercules; le poumon gauche est le plus souvent eaverneux, le plus exposé à la phthisie.

Le canard mâle a une excavation osseuse au côté gauche de la trachée-artère, ce qui rend sa voix si criarde, tandis que la patte droite du crustacé nommé l'ermile est beaueoup plus grosse que la gauche. Le côté droit des oiseaux et des poissons est ordinairement le plus succulent, le plus savoureux ; les plumes de l'aile droite sont les plus fortes,

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