COTE-D'OR — COTÉ DROIT, COTE GAUCHE
sont, après celui des Aschantis, Axim, avec la factorerie hollandaise du même nom et le fort San-Antonio, à l'embouchure de l'Ancobra; et Fanti, avec la ville et le fort d'Elmina, chef-lieu des possessions hollandaises dans ces parages, construit en 1482 par les Portugais sous le nom de Saint-Georges della Mina, et cédé à la Hollande en 1637. On trouve également dans ce royaume la forteresse de Cape-Coast-Castle ou Cabo-Corso, principal établissement des Anglais, plus Dix-cove, Succandi, Comenda, Annamaboe, Tantam, Winebach et Accra, qui ne sont guère d’ailleurs que des stations ou de petits forts. Les possessions hollandaises dans cette contrée et sur la côte des Esclaves, qu’on évalue à 275 myriamètres carrés et 110,000 habitants, contiennent aussi le fort Hollandia, fondé sous le nom de Fredericsherg ou Brandenburg par le grand-électeur Frédéric-Guillaume pour la société de commerce de Brandebourg, mais que dès 1720 le roi de Prusse Frédéric-Guillaume Ier vendait à la Hollande. La France possède dans cette partie de l’Afrique les comptoirs de Grand- Bassam et d’Assinie, qui fournissent de l’huile de palme, de la poudre d’or et de l’ivoire. Consultez Beecham, Ashantee and the Gold-Coast (Londres, 1841).
CÔOTE=D’OR (Département de la). Formé de la partie septentrionale dela Bourgogne etd’une partie de l’Auxerrois, il est borné au nord par les départements de la Haute- Marne, de l’Aube et de l'Yonne; à l’est, par ceux de la Haute-Marne, de la Haute-Saône et du Jura; au sud, par ceux du Jura et de Saône-et-Loire; et à l’ouest par ceux de la Nièvre et de l'Yonne. Son nom lui vient d’une chaine de petites montagnes qui s’étendent de Dijon, par Nuits, Beaune et Châlon, jusqu’à Mâcon.
Divisé en quatre arrondissements, dont les chefs-lieux
sont Dijon, Beaune, Châtillon-sur-Seine et Semur, il compte 36 cantons, 717 communes et 374,510 habitants (1872). Il envoie huit députés à l’Assemblée. Il forme le 3° arrond. forestier, la 3° subdivision de la septième division militaire, dont le quartier général est à Besançon, ressortit à la cour d’appel de Dijon, et compose le diocèse de Dijon, suffragant de l’archevêché de Lyon. Son académie comvrend une faculté des lettres, une faculté des sciences, une faculté de droit, une école préparatoire de médecine et de pharmacie, un iycée, une école normale primaire, 6 collèges communaux, 19 pensions, 1,015 écoles primaires et 48 salles d’asile, Le degré de l'instruction publique y est assez élevé : on n’y trouve que 87,000 individus entièrement illettrés.
Sa superficie totale, d’après le cadastre, est de 876,116 hectares, dont 461,044 en terres labourables; 63,560 en prés; 28,466 en vignes; 201,064 en bois et forêts; 35,254 en landes, pâtis et bruyères; etc. D’après l'enquête de 1862 la valeur des céréales y atteignait près de 62 millions de francs, et celle des vignes 30 millions. On y compte 160 établissements pourvus de machines à vapeur, 22 usines et plus de 350 fabriques,
Le département de la Côte-d'Or est situé dans les trois bassins de la Seine, du Rhône et de la Loire, mais en grande partie dans les deux premiers. Il est arrosé au nord-ouest par la Seine, qui y a sa source, et par ses affluents ou sousaMuents, l’Aube, l’Ource, l'Armançon et le Sérain; à l’est,
par la Saône et ses affluents, la Vingeane, la Tille, lOuche etla Dheune;au sud-ouest, par PArroux, affluent de la Loire. Le pays est assez élevé; iloffre quelques plaines à l’est et au nord-ouest ; les contreforts de la petite chaîne de la Côted'Or, qui le traverse en partie du sud au nord et lie la chaine
des Cévennes au massif du plateau de Langres, occupent *
presque toute sa superficie. Cette chaîne fait partie de la ligne de faite qui sépare le bassin de la Méditerranée de celui de l'Océan, et le contrefort qu’elle envoie à l’ouest pour former le massif des montagnes du Morvan sépare e bassin de la Seine de celui de la Loire. Le sol est niche et
fertile dans la partie méridionale du département ; ailleurs il est en général pierreux. é
Outre les animaux nuisibles, tels que le loup, le renard, le blaireau, etc., les bois renferment une grande quantité de gros gibier ; le menu gibier y est aussi très-commun. Les rivières sont poissonneuses. Les essences dominantes dans les forêts du département sont le chêne et le hêtre. Le charme et le tremble forment une portion considérable de taillis, Le tilleul , l'érable et le platane sont plus rares. Les produits minéraux exploités sont du fer, qu’on y trouve en grande quantité, de l’anthracite, des pierres à bâtir et à chaux, des marbres, des gypses, des pierres lithographiques , des pierres meulières, des pierres à aiguiser et de Pargile à poterie. Il y a de nombreuses sources d’eau minérale, mais elles sont peu fréquentées. Il y a des sources thermales à Cessy, à Prémeaux et à Alise.
Pays vinicole et agricole, l’agriculture y est avancée ; les céréales et les vins y viennent en grande abondance ; on fait aussi une récolte importante de chanvre et de colza, de légumes, de fruits et de betleraves à sucre. Les crûs des contreforts orientaux de la Côte-d'Or, dits la côte de Nuits, et la côte de Beaune produisent en abondance les célèbres vins fins de la haute Bourgogne, qui sont comptés parmi les premiers vins de France. Les plus fameux sont : les vins rouges de laRomanée-Conti, Chambertin, Richebourg, Clos-Vougeot, Pomard, Volnay,la Romanée-Saint- Vivant, Vosne et Nuits ; les vins blancs de Puligny, de Montrachet, de Meursault et les vins rouges mousseux préparés dans les meilleurs crûs. On élève beaucoup de chevaux estimés, des moutons en général de race améliorée, des gros bœufs dans le Mo r van et une grande quantité d’abeilles.
La branche la plus importante de l’industrie manufacturière est la préparation et le travail des fers et aciers. Les produits des usines alimentent des tréfileries, des fabriques de tôles, de fers noirs, de limes et de rapes. Parmi les autres produits de la fabrication, nous citerons les tuiles et carreaux en très-grande quantité ; de la faïence et de la poterie estimées ; les papiers, les draps et laïinages, les cuirs, le sucré de betterave , la bière, les eaux-de-vie de grains et de sucre la moutarde renommée de Dijon, etc.
9 routes nationales, 20 routes départementales, 3,660 chemins vicinaux sillonnent ce département, qui possède en outre deux canaux, le canal de Bourgogne et celui du Rhône au Rhin. Le chemin de fer de Paris à Lyon et ses embranchements le traversent dans sa plus grande largeur.
Les principaux endroits du département sont : Dijon, cheflieu; Beaune, Chétillon-sur-Seine, Semur, Auxonne,Nuits,Montbard, Fontaine-Française, avec une population de1,044habitants, célèbre par la victoire qu'Henri IV y remporta en 1593 sur Ferdinand de Vélasco et sur le duc de Mayenne. Elle possède un beau château et kn monument élevé en l'honneur de Henri IV ; Saint-Jeande-Losne, sur la rive droite de la Saône , à Ia jonction du
canal de Bourgogne et de celui du Rhône au Rhin, avec 1,597
habitants, exporte par la Saône et par les deux canaux du fer, du bois, du charbon, du foin, du blé, des pierres, des briques. Cette ville, l’une des plus anciennes de la Bourgogne, mérite d’être citée d’une manière particulière dans les fastes de notre pays pour le courage héroïque avec lequel ses habitants repoussèrent, en octobre 1636, l’armée impériale, commandée par le grand-duc Galéas, qui, après quelques attaques opiniâtres, fut obligée d’en lever le siége. COTE DROIT , COTE GAUCHE. Dans le langage politique, ces expressions servent à désigner deux sections d’une assemblée, séparées l’une de l’autre par le bureau du président. Cette dénomination est senue de ce que les par: tisans de la monarchie, dans l’Assemblée constituante, puis dans l’Assemblée législative, et ceux des principes modérés dans la Convention, avaient coutume de s’asseoir au colé droit du président; et les partisans de la
révolution au côté gauche. Si dans la Convention le côté droit fut réellement celui des patriotes les plus sages et peut-être aussi les plus sincères, on ne peut pas dire qu'à l’Assemblée constituante le côté droit ait été celui ‘de la raison ni de la modération. Ce fut le foyer d’une résistance imprudente, désespérée, provocatrice, aux conséquences les plus naturelles de la Révolution, que Louis XVI avait moins commencée que déclarée par la convocation des états généraux ; c'était la lutte des intérêts anciens, des droits acquis , contre des intérêts, des droits nouveaux; et les membres qui soutenaient la lutte, confondant avec leur cause celle de la royaulé, que leurs adversaires les plus ardents voulaient renverser, étaient excusables peut-être de s’écarter des voies d’une résistance modérée en présence d’une majorité oppressive, ou du moins irrésistible par sa force numérique, et dont l'attitude calme avait quelque chose de menaçant.
Voici comment Nougaret s'exprime sur les côtés de la Constituante dans ses Anecdotes du règne de Louis XVI : « Soit effet du hasard, soit que l'identité de sentiments engageât les amis du peuple à se rapprocher entre-eux et à s’éloïigner de ceux qui ne partageaient pas leurs opinions, on s’aperçut qu'ils affectionnaient le cô/é gauche de la salle, et qu'ils ne manquaient jamais de s’y réunir. Ainsi l’on voyait à l’Assemblée nationale tout le contraire de ce qui est annoncé dans le Nouveau Testament , où Dieu dit que les bons et les justes sont à sa droite et les réprouvés à sa gauche.» Un plaisant, qui ne se passionnait pour aucun côté, fit à ce sujet ce quatrain, que Grimm n’a pas dédaigné de rapporter dans sa Correspondance :
Dans l’auguste assemblée on est sûr que tout cloche ; La raison, chacun l’apercoit :
Le côté droit est toujours gauche, Et le gauche n’est jamais droit,
Les habitués du côté droit, dans la Constituante, s’attachèrent à discréditer leurs adversaires ; ils ne les appelaient que factieux, par allusion aux desseins du duc d'Orléans , et donnèrent le nom de coin du Palais-Royal à la partie de la salle que leurs adversaires du côté gauche avaient adoptée. Ils les appelaient encore jacobins, du lieu principal de leur assemblée particulière, puis enragés, puis incendiaires , tandis qu’ils se nommaient entre eux les impartiaux, les vrais amis du peuple. Les membres du clé gauche n'étaient pas en reste à l'égard de leurs antagonistes : ils les qualifiaient d’aris/ocrates, puis d'augustins, de capucins, parce que ceux-ci s'étaient réunis dans ces deux couvents pour protester contre les décrets d'une majorité qui les écrasait : car, sur les 1,200 membres qui composaient l’Assemblée, ils étaient 295. De là aussi reçurent-ils le nom de protestants. On appelait en outre le côfé droit la faction verte , par allusion à la livrée du comte d'Artois, grand ennemi, comme on sait, de la Révolution. Comme le côté droit réunissait un grand nombre d’ecclésiastiques, on donna encore à ses membres le sobriquet de noirs. On nornmait alors par opposition les membres du côté gauche les blancs, et ceux qui flottaient entre les deux vartis , les gris. « La réunion des députés aristocrates enrageants , dit Nougaret , s’appelait le sabbat des noirs ou des maratles, » ou encore le cul-de-sac des noirs. On voit que l'esprit de parti aurait épuisé volontiers toutes les couleurs de l’arc-en-ciel pour y trouver des épithètes qualificatives de ses antagonistes. Bientôt le titre de blancs cessa d’être appliqué aux membres du côté gauche, et l’on se contenta de donner le titre d’aristocrates blancs aux ennemis modérés de la Révolution, tandis que ses adversaires les plus emportés consacrèrent celui d’aristocrales noirs.
Si dans la Constituante le côté droit n'avait pour lui ni l'avantage du nombre, ni celui de la popularité, il pouvait citer de grands et beaux talents, tels que Mzury, Cazalès,