‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 45 sur 607 · COLMAN — COLMAR · texte numérisé non relu

COLMAN — COLMAR

derne des Anglais; Who Wants a Guinea? (1885); The Africans (1808); X, Y,Z (1810); The Law of Java (1822), etc.

Colman était recherché dans les cercles, à cause de son caractère gai et amusant. Georges IV le protégea toujours d’une manière particulière; il l’admettait fréquemment à sa table avec Sheridan, et tous deux, parleur esprit comptant, savaient faire oublier à leur royal amphytrion les soucis de son existence dorée. La direction théâtrale de Colman finit cependant par ne pas être heureuse, pécuniairement parlant, J1 contracta des dettes, et dut subir un assez long emprisonnement au King's Bench. La protection royale le tira de ses embarras et lui valut en outre une place de censeur théâtral (Licenser }, rapportant de 3 à 400 liv. sterl. par an, et dans l'exercice de laquelle il s’attira l’inimitié des auteurs dramatiques par son extrème sévérité. Quoique ses propres pièces ne brillassent pas toujours par la morale la plus pure, il se montrait, comme ceuseur, inexorable pour les moindres atteintes au décorum, et excellait surtout à flairer et découcouvrir les allusions politiques.

Indépendamment de ses nombreuses farces et comédies, Colman a aussi composé divers poèmes burlesques, qui parurent d’abord en 1797, sous le titre de My Nightgown and Slippers, puis en 1802, comme seconde édition, revue et augmentée, sous celui de Broad Grins. Il est aussi l'auteur de Poetical Vagaries, Vagaries vindicated et Eccentricities for Edinburgh, toutes productions où l’Auwmour britannique ne s’en tient pas toujours aux limites exactes de la décence. La dernière production de ce jovial écrivain fut les Mémoires de sa vie, plus particulièrement de sa jeunesse, qu’il publia sous le titre de Ramdom Records (Londres, 1830). Colman je Jeune mourut à Londres, le 26 octobre 1836.

COLMAR, ville de France, chef-lieu du département du Haut-Rhin, à 425 kilomètres de Paris, située au milieu d’une plaine fertile, au confluent de la Lauch et d’un bras du Fecht affluant dans VIII, à 3 kilom au-dessous de la ville. Peuplée de 23,669 habitants (1872), cette ville possède une église protestante consistoriale, une synagogue consistoriale, une cour d’appel dont le ressort comprend les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, des tribunaux de première instance et de commerce, un lycée, une école normale primaire départementale, une école de sourdsmuets, une bibliothèque publique de 50,000 volumes, un musée qui contient d'excellents tableaux de Martin Schœn, un médaillier de 13,000 pièces, une pépinière et une orangerie départementales, Elle est le chef-lieu de la deuxième subdivision de la sixième division militaire, L'industrie y y est active: on y fabrique des toiles peintes, des indiennes et des calicots, des tissus métalliques, des madras, des rubans de coton et de soie, et des pâtés de foie d’oie; on y trouve des teintureries, des lanneries, des chamoiseries, des filatures de coton, des imprimeries de tissus, des brasseries. Cette ville est Pentrepôt d’un commerce actif en produits manufacturés de l'Alsace, fers, grains, vins, plants d'arbres, garances, et en denrées coloniales pour la Suisse.

Colmar est une ville laide et irrésulièrement bâtie. L'édifice le plus remarquable est la cathédrale, ancienne collégiale, construite en 1363, et qui offre quelques beaux détails d'architecture gothique; on peut citer ensuite le palais de justice, l'hôtel de la préfecture, les statues de Pfeffel, Rapp et Bruat, les hôpitaux, etc, Les eaux de la Fecht, après avoir alimenté de nombreux établissements d'industrie et vivifié de jolis jardins, se répandent dans les rues, où elles entretiennent la propreté. Colmar est une station du chernin de fer de Strasbourg À Bâle.

Telle était la situation de Colmar avant la déplorable guerre de 1870, à la suite de laquelle elle est tombée avec l'Alsace sous la domination prussienne. Ville ouverte et laissée sans défense, elle fut occupée dès le 16 septembre par un corps de 5,000 Bavarois, qui y entrèrent après un

léger engagement. Elle est restée le chef-lieu du cercle: du Haut-Rhin, et le siége des autorités étrangères.

Colmar est bâtie non loin d’une ancienne ville celtique, Argentuaria, devenue ensuite forteresse romaine sous le nom de Castrum Argenturiense, ce qui l’a fait regarder par quelques historiens comme ayant succédé à cet établissement ; mais c’est une erreur : outre qu'il y à presque”. une demi-lieue de distance de l’ancienne ville àla nouvelle, plus de quatre cents ans se sont écoulés depuis la destruction de l’une jusqu’à la naissance ou du moins jusqu’à la première mention faite de l’autre. Argentuaria avait été brûlée et rasée par les barbares en 407, et en 823 Louis le Débonnäaire fit donation à l’abbé de Munster ces forêts dépendant de son fisc royal de Columbarium. Il y a lieu de croire que sous les rois francs déjà, l'emplacement de Colmar était, avec les ruines d’Argentuaria, du domaine royal.

Cette ville a pour quelques étymologistes une origine latie, et ils disent Columba, Columbarium, Columbaria. D’autres l’appellent Colis Martis, colline de Mars, ou Collis Mari, colline de Marius; puis viennent les origines barbares, Colhambur, Columpurum , Colmir, etc., ou allemandes, Koklen Marckt marché aux charbons. Quoi qu’il en soit de ce culte de Mars ou de ce charbon, il parait que dans le moyen âge Colmar prit des accroissements rapides, car en 884 Charles le Gros y indique déjà une réunion de grands pour se concerter sur la défense de l’empire contre les invasions des Normands. La ville dut son principal éclat au chapitre collégial sous l’invocation de saint Martin, qui y avait été fondé par le chapitre de Munster. Frédéric-Barberousse fit trois séjours à Colmar; Frédéric I la fit entourer de murailles. Peu de temps après elle devint ville libre impériale. Dans le même siècle on voit Colmar figurer parmi les villes confédérées pour le maintien de la paix publique. Rodolphe de Habsbourg l’assiégea et la prit deux fois; Adolphe de Nassau en fit aussi le siége, et s’en empara à la faveur d'une émeute populaire. Au siècle suivant, Colmar se déclara pour Louis de Bavière, et soutint encore deux siéges. Les troupes de Colmar inquiétèrent le dauphin de France dans sa retraite, lorsqu'il quitta l'Alsace, où il s'était cantonné après la bataille de Saint-Jacques ; enfin, la ville envoya son contingent aux Suisses à Granson et à Morat. En 1552 elle fut entourée de tours et de fortifications, qui furent considérablement augmentées par la suite. Les Suédois l’occupaient en 1632; Louis XIV la prit en 1673, et en fit raser les fortifications. Elle a été réunie à la France en 1697 par la paix de Ryswick.

La plaine qui s'étend de Colmar aux Vosges, etqué partage un ruisseau appelé Logebach, a servi de champ de bataille à Turenne, qui y remporta sa célèbre victoire connue sous le nom de Turckheim ; et plus récemment il y eut entre Colmar et Sainte-Croix un glorieux combat de cavalerie entre les dragons de la division Milhaud et les forces, dix fois su périeures, des armées alliées, qui furent obligées de fuir devantun petit nombre de braves , le 24 décembre 1813,

Avant la Révolution Colmar était le siége du conseil souverain d'Alsace et de la haute cour de justice pour cette province. P. be GoLBéRY. ]

COLMAR (Conspiralion de), ainsi appelée parce que ce fut la cour d'assises de cette ville qui jugea le premier procès intenté contre les chefs présumés du mouvement insurrectionnel tenté en 1822 à Béfort. C'était plus qu'une conspiration. Les patriotes de l'Alsace, comme ceux des autres parties de la France, s'étaient con/édérés pour renverser le gouvernement des Bourbons, imposé au pays par la saintealliance, Un vaste plan d’insurrection avait élé provoqué et organisé par la société secrète si connue dans l’histoire de la Restauration sous le nom decAarbonnerie française. La confédération avait dans l'Alsace une grande force d'action, et elle se composait pour la plus grande partie de

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