‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 451 sur 607 · COTES — COTHURNE · texte numérisé non relu

COTES — COTHURNE

Cotes donna en 1713 la seconde édition des Principia mathematica de Newton, qu'il enrichit d’une excellente préface. C’est, avec un mémoire d'analyse intitulé Logometria, et la description du grand météore vu en Angleterre le 6 mars 1716, insérés l’un et l’autre dans les Transactions Philosophiques, tout ce que la mort prématurée de l’auteur lui permit de faire imprimer lui-même. Son théorème était resté inédit avec quelques fragments que Robert Smith, son parent et son successeur dans la chaire d'astronomie qu'il occupait, réunit en un ouvrage sous le titre de Harmonia Mensurarum (Cambridge, 1722, in-4° ). Robert Smith fit également imprimer un traité de physique très-estimé que Cotes avait laissé.

Cotes fut vivement regretté des savants anglais. C’est de ‘ui que, au sujet de quelques recherches d'optique dont il s'était occupé, Newton disait : « Si ce jeune homme eût vécu, nous saurions quelque chose. »

COTES-DU-XORD (Département des). L'un des cinq qui ont été formés de la Bretagne, il est borné au nord par la mer de la Manche, à l’est par le département d’'lleet-Vilaine, au sud par celui du Morbihan, et à l’ouest par celui du Finistère,

Divisé en cinq arrondissements, dont les chefs-lieux sont Saint-Brieuc, Dinan, Guingamp, Lannion, et Loudéac, il compte 48 cantons, 387 communes, et 622,295 habitants (1872). Il envoie treize députés à l’Assemblée. Il appartient au 23e arrond, forestier, forme la 4e subdivision de la 16e division militaire, ressortit à la cour de Rennes , et compose le diocèse de Saint-Brieuc, suffragant de l’archevêché de Tours. Il comprend 1 lycée, 3 colléges, 5 institutions libres, 715 écoles primaires et 25 salles d’asile. On n’y trouve que 183,357 personnes sachant lire et écrire, un peu plus du quart de la population totale.

Sa superficie, d’après le cadastre, est de 688,562 hec-

tares, dont 424,136 en terres labourables ; 56,725 en prés; ‘

36,143 en bois et forêts; 128,048 en landes, etc. On y compte 5 usines. La valeur de la production agricole était estimée, en 1862, à plus de 103 millions, dont 67 pour les céréales. Les bêles à cornes y étaient alors au nombre de 236,365 et les moutons de 130,000.

Situé dans les deux bassins de la Manche et du golfe de Gascogne, mais en plus grande partie dans le premier, ce département est arrosé au nord par un grand nombre de petits fleuves, affluents de la Manche, et dont les principaux sont la Rance, l’Arguenon, le Goriet, le Trieux et le Guer; au sud par le Meu et l’Oust, affluents de la Vilaine; par le Blavet, par l’Aven, affluents de l’Aulne. Le pays esi veu élevé; il est traversé de l’est à l’ouest par la chaîne basse qui sépare les bassins de la Manche et du golfe de Gascogne, et se bifurque à l’ouest en formant les deux chatnes des Montagnes d’Arrez et des Montagnes Noires. Les côtes sont très-sinueuses, et leur développement est d’environ 245 kilomètres; elles sont formées de falaises granitiques escarpées, au pied desquelles s'étendent des grèves souvent assez larges. On trouve quelques bons ports à l’embouchure des petits fleuves. Le département comprend encore plusieurs petites îles de la Manche, entre autres celle de Bréhat et celles du groupe des Sept-Iles. Le sol est trèsfertile sur le littoral.

Les forêts abondent en animaux de toutes espèces ; on y trouve des loups, des renards, des blaireaux, des chevreuils, des sangliers, etc. Le pays renferme un grand nombre d’oiseaux terrestres et aquatiques. Les côtes sont très-poissonneuses et abondantes en mollusques. Les essences dominantes des forêts sont le chêne, le hêtre, le bouleau et les conifères. L'exploitation minérale est assez peu considérable, et ses deux grands produits sont le fer et le sel marin; toutefois, on trouve aussi de très-beau granit, de la pierre à chaux, des ardoises et de la terre à poterie.

Pays agricele, la culture y est cependant très-arriérée ;

les céréales et les pommes de terre y viennent en grande abondance, ainsi que le lin et le chanvre; on récolte aussi de bons légumes et des betteraves à sucre. Il n’y a pas de vignes, et la culture des arbres fruitiers est complétement négligée, sauf celle des pommiers, qui produisent ducidre en quantité plus que suffisante pour la consommation du pays. On élève beaucoup de gros bétail, des chevaux estimés et des abeilles en grande quantité.

La principale industrie du département, c’est le filage du lin et du chanvre et la fabrication des excellentes toiles dites loiles de Bretagne, des toiles à voiles et autres. D’autres produits assez considérables sont les fers, les cuirs, les peaux et les papiers; ensuite, de la cordonnerie de pacotille, des lainages communs, de la faïence et de la poterie, et du sucre de betteraves.

7 routes nationales, 17 routes départementalel, 1,318 chemins vicinaux sillonnent le département, qui possède en outre deux Canaux, le canal d’Ille-et-Rance et celui de Nantes à Brest, et un chemin da fer.

Les principales villes et endroits remarquables du département sont : Saint-Brieuc, chef-lieu, Dinan, Guingamp, Loudéac, Lannion, sur la rive droite du Guer, près de son embouchûüre dans la Manche, avec une population de 6,223 habitants, un tribunal de première instance, un collége et un port qui peut contenir 46 bâtiments de 600 Lonneaux. Le château de Lannion fut enlevé en 1346 par les Anglais. Ure insurrection causée par des achats de grain y éclataen 1789 : elle fut promptement réprimée; Lamballe; Quintin, sur le Gouet, avec 3,411 habitants, un tribunal de commerce, une chambre consultative des arts et manufactures et une fabrication d’excellentes toiles, dites de Quintin : on y fait un commerce de fils retors, cuirs, veau en vert, grosse chapellerie, papeterie, miel, bestiaux ; Paimpol; Tréguier; La Roche-Derrien, sur le Jaudy, avec 1,765 habitants et un port, à 6 kilomètres au-dessus de Tréguier, asséchant à toutes les marées, et pouvant recevoir des bâtiments de 150 à 200 tonneaux. Cette ville, jadis fogtifiée, a soutenu plusieurs siéges.

COTHIER ou COTTIER. Voyez CovTHier.

COTHURNE (engrec x60opvos ). Les anciens appelaient ainsi une espèce de chaussure élevée qui s’attachait au milieu de la jambe avec des courroies, et qui à l’origine fut portée en Crète par les chasseurs de cerfs et de chamois, à l'effet de se préserver du choc des corps étrangers en marchant sur des surfaces inégales, ou bien en sautant; et plus tard aussi en Laconie, ce qui en fit attribuer l'origine à Diane et à la suite qui l’accompagnait à la chasse. Eschyle le premie en fit porter aux acteurs dans la tragédie, vraisemblablement parce que les courroies à l’aide desquelles on les nouait étaient susceptibles de plus d’ornementation et en même temps parce qu’elles entouraient d’une manière plus élégante le pied des danseurs dans les chœurs. Parmi les diverses espèces de cothurnes, nous mentionnerons surtout le cotkurne tragique, celui que chaussaient les acteurs chargés des rôles de dieux ou de héros. 11 consistait en une quadruple semelle de liége, de quatre doigts d’épaisseur au moins, et quelquefois de bien davantage; la forme en fut d’abord carrée, jusqu’à ce que le goût finit par l’arrondir davantage suivant la conformation du pied. Plus {ard le cothurne devint l’embléme de la tragédie; il servit à désigner la langue et l'expression tragiques, quelquefois aussi, comme aujourd’hui, un style emphatique et exagéré.

{ Cette chaussure que portaient les rois, les nobles, les gens opulents, et quelquefois les dames et les courtisanes de petite taille, était particulièrement affectée aux déesses sévères et aux grandes reines. Melpomène est toujours représentée avec le cothurne, et une statue de Cléopâtre porte cette chaussure. La semelle allait en s’étrécissant de la plante des pieds au sol, ainsi que nos patins, et une longue et ample robe ou manteau les cachait entièrement, Dans une pein-

ture d'Herculanum on remarque un cothurne composé en grande partie de réseaux et de filets. J1 y avait aussi des cothurnes rustiques : un vieux faune est figuré avec cette chaussure, à peu près la même que celle qu’affectaient de porter les philosophes. Elle était d’un cuir cru, mais souple, ainsi que celui des brodequins de voyage. Il y avait encore des cothurnes d’un cuir si luisant qu'Eustathe dit d’un jeune élégant que «le pré sur lequel il marchait se peignait dans sa chaussure comme dans un miroir. » Les Romains, quand ils se plaçaient sur le lit de table, les quittaient. Les rois d’Albe portaient des cothurnes couleur de pourpre, mode qu'ils tenaient des Étrusques, et qu’ils transmirent aux grands de Rome et à ses empereurs, qui ne cessèrent point de les porter de cette couleur. Plus ou moins riches , ils étincelaient parfois de pierreries, ou élaient ornés de minéraux artistement gravés. Dans certaines parties des Pyrénées, on en porte encore de corde, que l’on nomme espardilles ou abarcas.

Le cothurne par sa conformation s’adaptait également à chacun des deux pieds ; ce qui fit que les Athéniens surnommèrent Cofhornos un de leurs orateurs célèbres, Théramène, contemporain de Périclès, à cause de la facilité qu’il avait de se plier aux circonstances. DENNE-BARON. |

COTIA. Voyez Acouri.

COTICE (Blason). Voyez BANDE.

COTIER (Pilote). Voyez PILOTE.

COTIGNAC, chef-lieu de canton du département du Yar, avec 2,954 nabitants : fabrique de soie organsinée, tangeries , commerce de vin, de soie, de figues, d’huile d’olive, de fruits secs et de confitures estimées. Elle a donné son nom à une confiture de coin g, dont Orléans et Mâcon eurent aussi la renommée (voyez Conriseur ). Près de Cotignac se trouve une chapelle de Notre-Dame-de-Grâce , fondée en 1519 et objet de pèlerinages.

COTIGNON ( Pierre), sieur ne LA CHARNAYS, gentil-homme du Nivernais, poête peu connu, et qui ne mériterait guère de l'être, s'il n’avait pas fait partie de cette co- {erie de beaux-esprits qui se montrèrent peu après la mort d'Henri IV, rimeurs audacieux , cyniques, hantant fort les cabarets, dont Saint-Amand et Motin furent les chefs, et qui s'étaient décerné le nom de goinfres; Cotignon s’affilia à cette illustre confrérie. En 1623 ou 1626 il publia des recueils de xers, épigrammes, chansons, énigmes, le tout fort gai, mais sans grand souci des bienséances. Malgre leur allure beaucoup trop leste, ces poésies se vendirent peu, et, pour en faciliter l’écoulement, le libraire eut l’idée de substituer à leur titre une désignation plus alléchante; il remplaça le frontispice par cette autre étiquette : Vers satiriques du nouveau Théophile. Précisément le célèbre Théophile venail de mourir ; il avait été brûlé, mais en effigie seulement, et un livre placé sous son patronage devait se recommander à celte portion, toujours nombreuse, du public qui regarde le scandale coume un grand bien. Quelques années plus tard, Cotignon revit ses vers, les adoucit, supprima des plaisanteries par trop inconvenantes, et dédia le tout au cardinal de Richelieu, non pas à celui qui devint le véritable roi de France tandis que le fils d'Henri IV dormait sur le trône, mais à son frère, qui fut également prince de l’Église, grand-aumônier de France, archevêque de Lyon, et qui n’en est pas moins resté fort ignoré. Afin de ne pas faire les choses comme tout le monde , Cotignon avait employé dans ce nouveau volume une orthographe différant fort de celle qui élait alors généralement adoptée ; elle n’a pas fait fortune, 11 renonça au genre badin, et mit au jour un roman en prose dans le goût de l’Astrée, mais cent fois plus ennuyeux, et ce n'est pas peu dire. Dans cet écrit, intitulé Mes Bocages, il raconte la fuite de Cirine, la jalousie de l'Éliandre, la froideur de Héristel, l'ardeur de Filenie, les disgrâces de Ponirot. En devenant vieux, Cotignon, toujours altéré de #e voir imprimé, publia un poëme bien différent

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