‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 452 sur 607 · COTHURNE — COTIN · texte numérisé non relu

COTHURNE — COTIN

de ses premiers essais, et tout aussi édifiant que ceux-ci l’é taient peu. C’est une pieuse épopée, intitulée les Travaux de Jésus, en huit parties, et eu soi-disant vers qui ne sont que de la mauvaise prose très-mal rimée, On lui doit encore des quatrains moraux, que Colletet faisait apprendre à son fils; Le Combat des Muses, poëme en l'honneur de Salomon Certon ; et Madonthe, tragédie extraite de l’Astrée. G. BRUNET.

COTILLON cotte ou jupe de dessous des femmes, et particulièrement jupon des femmes du peuple et des paysannes, d’où est venu l’expression d’aimer le cotillon, pour exprimer des amours peu recherchées.

Cotillon est aussi le nom d’une danse oubliée depuis longtemps : c'était une sorte de branle, à quatre ou huit personnes.

On dansait souvent les branles aux chansons, et probablement celui qu’on appelle cofillon fut d’abord accompagné de la vieille chanson française :

Ma commère, quand je danse, Mon cotillon va-t-il bien?

On donne actuellement le nom de cotillon à une danse polkée mêlée de scènes mimiques et chorégraphiques par laquelle on termine ordinairement le bal. Un jeune homme est chargé de menerde cotillon et de disposer les scènes de fantaisie qui en font tout le charme,

COTIN ( Cuarces ), conseiller, prédicateur et aumônier du roi, chanoine de Bayeux et membre de l’Académie Française, était né en 1604, à Paris, où il mourut en 1682. Blessé douloureusement par Molière et Boileau, il dut aux satires du second et aux scènes du premier une célébrité que son mérite seul n’aurait su lui faire. On a dit que son nom était entré dans les écrits de Boïleau pour la commodité qu’il offrait à la rime : un jour que celui-ci récitait sa troisième satire dans un cercle d'amis, il s’arrêta au miliec d’un vers, manquant de rime et d'idée pour le second hémistiche :

Jugez en cet état si je pouvais me plaire,

Moi qui ne compte rien ni le vio ni la chère, Si l’on n’est plus au large assis en un festin Qu’aux sermons de Cassagne, . . . . . ..

« Parbleu! dit Furelière, que ne mettez-vous ef de l’abbe Cotin ! » Le sort en fut jeté, et la destinée de Cotin attacha son nom aux satires de Boileau, Celui-ei était déjà peu disposé en faveur de l’abbé, qui l'avait mal reçu dans l’hôtel de Rambouillet, où il donnait le ton, et lui avait conseillé avec aigreur de quitter la satire pour cultiver un genre moins hostile. Depuis, il accrut l’amertume que ses dures leçons avaient déposée au cœur du jeune poête en s’immisçant dans les querelles survenues entreles deux Boileau , et soutenant le parti de Gilles contre Nicolas. D’autre part, Molière se plaignait que le duc de Montausier avait cru, sur les insinuafions malignes de Cotim, qu'il était l'original d’Alceste et le type du Misanthrope. Pour se ven ger, il joua notre abbé dans Les Femmes savantes, sous le nom de Tricotin d’abord, et ensuite de Trissotin, rendant ainsi le trait plus piquant, sous prétexte de mieux dégniser la personne. Qui pouvait s’y tromper? Imitant un peu les excès de l’ancienne comédie grecque, qui anasquait les noms et les visages, il avait poussé la malice jusqu’à faire acheter un habit de Cotin, et l'acteur en parut affublé. sur la scène. D'ailleurs, quiconque avait lu Cotin n'aurait pu méconnaitre le bel esprit de l'hôtel de Rambouillet à son langage, copié de ses écrits avec une fidélité parfaite, surtout quand à ces mots de Philaminte :

Servez-nous promptement votre aimable repas ! Trissotin répond :

Pour cette grande Jaim qu'à mes yeux one ; Un plat seul de huit vers me semble peu de ne,

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