COTON
tard. Pline est le premier auteur latin qui en fasse mention, Voici ce qu’il en dit! « La partie de l'Égypte supérieure voisine de l'Arabie, produit un arbrisseau appelé æilon par les uns , et gossypion par les autres. Son fruit, assez semblable à celui de l’aveline entourée de son enveloppe barbue, contient un duvet que l’on file et dont on tisse des étoffes. d’une blancheur éclatante et d'une grande Pexibilité. »
Le commerce des tissus de coton remonte à une époque également très-reculée; mais ce n’est que vers le commencement de l'ère chrétienne qu'il s’étendit de l'Orient dans la Grèce et dans l'empire romain. On pense qne c’est aux Musulmans qu’on doit la culture du cotonnier en Afrique et la mise en œuvre de ses produits. On saït que vers le treizième siècle il y avait à Maroc et à Fez des manufactures très-florissantes, et que vers la fin du seizième siècle on apporta à Londres des toiles de coton fabriquées à Benin.
L'introduction du cotonnier en Europe remonte au neuvième siècle, et est due aux Arabes d’Espagne, qui firent leurs premières plantations dans les plaines de Valence. Bientôt des manufactures furent établies à Cordoue , à Grenade, à Séville; et au quatorzième siècle les étoffes fabriquées dans le royaume de Grenade étaient regardées comme supérieures en finesse et en beauté à celles de Syrie. C’est encore aux Maures d’Espagne qu’on doit la fabrication du papier de coton, dont leurs ancêtres avaient appris le secret à Samarcande, au septième siècle.
En 1807 la France fit des essais de culture du cotonnier. Les essais furent assez satisfaisants ; cependant on y renonça. Les tentatives faites depuis en Algérie ont eu des résultats bien plus sérieux. Le nombre d'hectares ensemencés en coton, qui n’était pas de 3 en 1851, est monté à 20 en 1852 et est aujourd’hui de plus de 700.
Ce n’est que vers le quatorzième siècle qu’on trouve des traces de la fabrication des tissus de coton en Italie et en Belgique. A cette époque les Vénitiens et les Génois importèrent en Angleterre des cotons, qui ne furent employés qu’à faire des mèches de chandelles. En 1430 quelques tisserands des comtés de Chester et de Lancastre fabriquèrent des futaines à l'instar de celles de Flandre. Cet essai ayant réussi, des armateurs de Bristol et de Londres allèrent chercher du coton dans le Levant. Henri VII et Édouard VE favorisèrent cette industrie, qui sous Georges III occupait déjà 40,000 personnes, et produisait 15 millions de francs. Pour suivre sa marche toujours croissante en Angleterre , il suffit de comparer les chiffres suivants d'exportation : en 1701, 583,750 francs ; en 1764, 5,008,750 francs ; en 1833, 462,160,000 fr.; en 1864, 552,500,000 fr. ; enfin, en 1870, 205,000,000 fr. Cette fabrication occupait dans la Grande- Bretagne et l’Irlande 259,365 personnes en 1839; 330,924 en 1850; 451,569 en 1861; et 401,064 en 1868. Le nombre des broches en mouvement s’est élevé de 23 millions en 1856, à 38 millions en 1870. Le travail du coton s’est concentré dans le Lancashire, où près de 300 localités n’ont pas d’autres ressources.
Les Etats-Unis reçurent pour la première fois en 1786, et plantèrent en Georgie le cotonnier Sea- Island (Georgie à longue soie), qui leur fut envoyé de Bahama. Le sol convenait si bien à cette plante qu’elle y prospéra au-delà de toute attente, et fut mullipliée avec assiduité dans les États du Sud. En 1839 le chiffre de l'exportation dépassait 150 millions de kilogr. Le premier chiffre, en 1791, était de 85,323. Depuis, la production du coton s’est accrue dans des proportions fabuleuses. L'Angleterre, qui en reçoit plus des deux tiers, en exportait chez elle 3,285,788 quintanx métriques, en 1854 ; 5,077,302, en 1860 (la plus forteannée), et 3,258,915, en 1870, ayant une valeurde plus de 783 millions de francs.
L'établissement de l'industrie cotonnière en France ne