‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 455 sur 607 · COTON — COTONNIER · texte numérisé non relu

COTON — COTONNIER

remonte pas au delà de la fin du dix-septième siècle. Dans les premiers temps nous tirions par Marseille tous nos cotons du Levant, car nos colonies ne nous en fournissaient

qu’une très-pelite quantité, Ainsi, en 1668 l'importation

fut de 200,000 kilogrammes de coton en laine et 700,000 de coton filé. En 1750 elle était sept fois plus considérable. Amiens fut une des premières villes où la fabrication fut établie en grand ; aujourd'hui on travaille le coton sur tous les points du territoire. Nous avons de nombreuses fabriques à Saint-Quentin, Tarare , Lille, dans les départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, dans la Normandie, à Troyes, Lyon, Paris, Reims, Montpellier, ete. Cette industrie occupait, en 1861, 518,170 personnes , el meltait en mouvement plus de 5 millions de broches; ses produits fabriqués étaient évalués à 800 millions de francs.

L'mdustrie cotonnière est aujourd’hui répandue en Suisse, en Allemagne et en Belgique; mais ce sont pour nous des concurrences peu redoutables, Nous n’avons à craindre que Angleterre et l'Amérique.

Le métier à la main fut seul employé en Angleterre pour la filature du coton jusqu’en 1750, époque à laquelle John Kay, de Bolton , imagina la navette volante. Bientôt la division du travail fit classer en opérations distinctes la préparation, le cardage, le filage et le tissage du coton, et les perfectionnements dans chacune de ces opérations se succédèrent rapidement. De 1750 à 1770, Hargreaves, de Blackburn, inventa et propagea son métier (la Jenny) qui permit à une jeuue fille de faire fonctionner de dix à vingt fuseaux au lieu d’un seul. Mais la Jenny n’était applicable qu’à la filature des fils de trame, et ne donnait pas des fils assez résistants pour les fils de chaîne. C’est à Arkwright que revient l'honneur d’y être parvenu par l'invention du Trostle ou métier continu. Arkwright créa aussi les machines appliquées au cordage. Enfin, de l'invention de la Jenny et du Trostle, de la combinaison de ces deux modes d’étirage, est née la Mull-Jenny, inventée en 1775, par Samuel Crompton, de Bolton-le-Moors. C’est de cette époque que date le gigantesque développement des manufactures anglaises.]

En 1780, époque à laquelle Roland de la Platière publia l'Art du Fabricant de Velours et de Coton, plusieurs manufecturiers possédaient, depuis un temps que l’auteur n’a pu déterminer, des machines à cylindre propres à carder le coton, nommées cardes à loquettes, de grands rouets à une seule broche pour filer en gros et en fin le coton préparé par les cardes, et des machines à filer en fin , connues sous le nom de mécaniques à chariot, au moyen desquelles une seule personne pouvait filer de 20 à 84 fils à la fois. C’est en 1785 que le gouvernement français accorda pour les filatures continues au sieur Miln, Anglais, une somme de 60,000 fr., un local et un traitement annuel de 6,000 fr., et une prime de 1,200 par chaque assortiment de machines qu’il justifierait d’avoir fourni en France à des fabricants,

Le principe des mécaniques à la filature continue est tout entier dans l’idée du lamino1ir, composé de deux et même de trois paires de cylindres à étirer, montés sur la même cage. Pour filer, on sait qu’il faut non-seulement tordre, mais étirer en même temps, c’est-à-dire distribuer les filaments en plus petit nombre sur une plus grande longueur : c’est ce qu’exécute la machine qui étire successivement le coton cardé en ruban , au moyen de plusieurs paires de cylindres qui le compriment, et dont la vitesse de rotation s’accroit d’une paire à l’autre ; en sorte que si les pre: miers cylindres ont tiré un mètre de ruban, et qu’en même temps les seconds en tirent trois mètres, il faudra que les filaments qui étaient distribués sur un mètre de longueur derrière ceux-ci Le soient sur trois en sort@it, et que par conséquent il y en ait trois fois moins sur chaque mètre. Si ia distance entre les paires de cylindres est plus grande que la longueur des filaments,,î ne pourra y avoir aucun fila-

ment de rompu, et si elle n’est pas beaucoup pius grande,

ils se soutiendrent mutuellement et conserveront leur paral-

lélisme dans l'étirage. Cette idée une fois bien conçue, le reste pouvait être trouvé sous différentes formes par tous les hommes versés dans la mécanique et les travaux des manufactures. Les machines construites par Miln, établies à Orléans, diffèrent de celles qu’il avait déposées comme modèles et que l’on voit encore au Conservatoire des Arts et Métiers; elles diffèrent aussi de celles construites par son fils à Neuville, près Lyon. Celles que Martin a fait faire dans l’établissement de l’Épine, près d’Arpajon; celles de Décrétot et compagnie, à Louviers ; de Buyer-Fonfrède , à Toulouse, établies à peu près dans le même temps, en diffèrent encore, commes elles diffèrent toutes entre elles; mais toutes ces variétés ne sont que le développement d’une même idée.

Le coton filé aux mécaniques continues , ayant reçu des préparations qui tendent toutes à rendre ses filaments paralèles et suflisaminent tordus, convient particulièrement à la chaîne de toutes les étoffes de coton; mais ce genre de filature laissait à désirer une qualité de coton propre à la trame , qu’on n’obtenait pas avec économie des mécaniques continues. La #ull-jenny, réunion ingénieuse des deux autres moyens, rémédie à cet inconvénient. Ce métier produit une filature qui joint à la douceur de celle qu’on obtient des mécaniques à chariot l’egalité de la filature continue : ce coton sert à former la trame des étoffes. Il peut aussi servir pour la chaîne, parce qu’on peut régler les tors du fil à volonté. Les machines préparatoires sont les mêmes pour l’un et l’autre système. En 1789 Morghan et Massey, d'Amiens , firent construire une mull-jenny de 280 broches : le gouvernement leur accorda 12,000 fr. d’encouragementf. PELOUZE père.

Ce fut à Cromford, en Derbyshire, que Arkwright construisit sa fabrique, en 1771, avec l’eau pour moteur. La machine à vapeur ne fut appliquée à l’industrie du coton qu’en 1790. Mais à partir de cette première application, le progrès s’est incessamment élevé jusqu'aux colossales proportions qu'il a prises dans notre temps.

Les perfectionnements du tissage sont contemporains de ceux de la fiature. Cartwright, en 1774, créa le métier : mécanique qui fut perfectionné au commencement de £e siècle par Bennet, Woodcroft, Jacquart, etc.

La guerre civile qui éclata en 1861 entre les États de Union américaine, détermina une crise effroyable dans le commerce et l'industrie du coton en Europe. Les Elats du Sud , qui devaient surtout leur prospérité au coton, se regardèrent comme ruinés par l'élection d’un président qui semblait les menacer d’affranchir les seuls ouvriers de celle culture, c'est-à-dire les esclaves, et proclamèrent leur indépendance. Il s’ensuivit une guerre de quatre années, qui détruisit d'immenses quantités de coton, et empêcha pour un temps le transport qui se faisait par les Etats du Nord. La culture cotonnière, ruinée momentanément, ne tarda pas àse relever en ayant recours aux travailleurs libres. Le manque de coton se fit surtout sentir en Angleterre; à la fin de 1862 il y avait 200,000 ouvriers sans {ra vail dans le Lancashire; il fallutrecourir aux sous criptions publiques pour soulager tant de misères. C’est ce qu'on appela la cotton famine. La crise ne fut pas moins cruelle pour les ouvriers français; les pertes des fabricants furent énormes. Commela guerre se prolongeait aux Etats-Unis, on chercha alors, pour s'affranchir de leur dépendance, à développer de tous côtés la culture du coton. Dans l’Inde, au Brésil, en Chine, au Japon, dans lAsiemineure, on en acliva la production; des plantations nombreuses furent faites enItalie, en Égypte, en Algérie, au Maroc, au Sénégal, etc. Malgré ces encouragements, le prix de cette matière monta, en 1862, à un taux plusélevé de 100 pour 100 que celui de 1859. La crise ne cessa qu'à

' Ja fin de 1864,

De furent l'Inde anglaise et l'Égypte qui tirèrent le plus grand bénéfice de cet état de choses sans précédent dans l’histoire du commerce. Durant la guerre civile (1861- 1865) l'exportation cotonnière totale des États-Unis en Angleterre fut de 4,500,250 quintaux métriques, chiffre inférieur à celui de la seule année 1860. De l’Inde l'Angleterre reçut, dans ces cinq années, 9,777,950 quintaux métriquesde coton; et de l'Égypte 2,256,800; ce qui donne pour les deux provenances un total de 12,034,750 quintaux métriques.

COTONNIER, genre de plante de la famille des malvacées. Le coton du commerce est le duvet floconneux qui enveloppe leurs graines: les flocons se gonflent etdébordent de toutes parts lorsque la capsule s'ouvre à sa maturité. Outre ce caractère, les cotonniers se ‘reconnaissent à un involucelle triphylle, à un calice intérieur plus court, et à des capsules ovoïdes à trois ou cinq valves avec autant de loges polyspermes.

Le cotonnier herbacé (gossypium herbaceum, Linné) porte un nom assez inexact, puisque cette plante, qui ne s'élève pas quelquefois, il est vrai, au-dessus de 50 centimètres, et estdans ce cas une plante herbacée véritablement annuelle, devient dans certaines localités un arbuste de 1760 à 2 mètres, dont la tige est ligneuse par le bas, Ilse reconnaît à la brièveté des lobes de ses feuilles, qui sont courts, arrondis et terminés par une pointe brusque, et à la glande qui existe à leur base. La fleur est d’un jaune pâle, avec une tache pourpre au bas de chaque pétale. Cette espéce, originaire de l'Orient, est celle qui aurait réussi le mieux en France (voyez Coton).

Le colonnier arborescent (gossypium arborescens), que l’on trouve aux Indes, en Arabie et en Chine, d'où il a été transporté aux Canaries eten Amérique, atteint une hateur de cinq à six mètres. Sa tige est ligneuse par le bas; ses rameaux, glabres dans leur partie inférieure, sont pubescents au sommet. Les feuilles, portés sur des pétioles allongés et bien stipulées, sont divisées en lobes profonds, Les fleurs sont axilliaires et solitaires, Lout à fait purpurines.

Lesautres espècesse rapprochent plus ou moins des deux précédentes.

COTON-POUDRE, Voyez Fucmr-Corox.

COTON SAUVAGE, Voyez Apocyn.

COTOPAXI, montagne vomissant des flammes , haute de 5,900 mètres au-dessus du niveau de la mer, à 8 myriamètres au sud-est de Quito, est couverte de neiges jusqu’à son sommet, offre à son extrémité la forme d’un cône régulier et rejette incessamment des scories, de la pierre ponce, de l’eau et des blocs de glace. C’est de toutes les cordillères de Quito la plus etfrayante; et les scories ainsi que les quartiers de roche qu’elle a vomis successivement ont fini par couvrir une surface de plusieurs myriamètres. Ses éruptions les plus mémorables furent celle de 1698, qui ensevelit dans ses cendres plusieurs villages et la ville de Tacunga avec les trois quarts de sa population, puis celles de 1738, 1744, 1766, 1768 et de janvier 1803. Lorsque celte dernière eut lieu, il y avait vingt ans que le cratère n’avait laissé échapper ni feu ni fumée ; mais dans une seule nuit le feu souterrain prit tout à coup une telle activité, que dès lelendemain des torrentsrapides, formés par la subite fonte des neiges, se précipitaient à travers les vallées voisines et y portaient la désolation et la mort. En 182, M. de Humboldt essaya de gravir le Cotopaxi; mais, après avoir eu à lutter contre les plus grandes dificultés, il ne parvint poiat à franchir la limite des neiges éternelles.

La base du cône le plus élevé n’est pas fort difficile à atteindre; on y arrive comme par échelons à l'aide d’une vingtaine de collines, dont les unes sont âpres et stériles, et les autres riches d’une végétation splendide et toujours verte, Mais si l’on essaie d’escalader l’arête du cône, on

quand Cicéron était jeune encore. Cet illustre orateur dit que

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