‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 456 sur 607 · COTONNIER — COTTA · texte numérisé non relu

COTONNIER — COTTA

s'aperçoit dès les premiers pas que la tâche est impossible : on plonge jusqu'aux genoux dans les couches superposées de soufre et de cendres qui, à quelques centimètres de la surface, gardent une chaleur de 50 à 60°, et Ja respiration est singulièrement gênée par les exhalaisons sulfureuses du terrain, qui s’échappent en jets phosphorescents des parties frappées par un corps extérieur.

COTRE, Voyez Currer.

COTRONA, l’ancienne Crotone, ville forte de l'Italie méridionale (Napolitain), dans la province de Reggio, au pied du Carvaro et à l'embouchure de l’Esaro dans le golfe de Tarente, avec un port petit et ne pouvant admettre que des bâtiments du commerce, mais sûr, est le siége d’un évêque, et possède un château fort ainsi que de hautes murailles, datant de l’époque de Charles-Quint, une cathédrale, 6,000 habitants, un commerce d'huile, de vin, de miel et de térébenthine, et, dans son voisinage, d'importantes mines de sel. Aux environs se trouvent les ruines d’un temple de JunonLucine, sur le Capo delle Colonne ou Capa di Nau, le promontoire Licinium ou Naus des anciens,

COTTA, famille romaine, qui a produit plusieurs consuls et généraux, parmi lesquels nous citerons :

COTTA (Marcus AURELIUS), consul romain avec Lucullus, lan 74 avant J.-C: Il fit la guerre contre Mi thridate avec peu de succès, et prit Héraclée par trahison; ce qui lui fit donner lenom de Pontique.

COTTA (Caïus AureLius), orateur distingué, était de Pécole de Lucius Crassus. Il florissait au barreau de Rome

personne ne lui donna plus d’émulation dans la carrière de l’éloquence que Hortensius et Cotta. L’élocution de ce dernier était calme et coulante, sa diction élégante et correcte. Exilé au temps de Marius, il fut rappelé par Sylla, et appelé au consulat l'an 75 avant J.-C.

COTTA (AuruncuLeilus). C’étaitle second des lieutenants de César qui commandaient la légion et les cinq cohortes massacrées par les Gaulois Éburons, dans le guet-apens que leur avait dressé le chef d’une moitié de cette nation, A mbiorix. Ce fut un grand malheur que le commandement en chef w’appartint pas ce jour-là à Cotta ; car dans le conseil où l’on examina quelle foi il fallait faire aux communications et aux offres d’Ambiorix, il avait donné le meilleur avis. Selon lui, il ne fallait point agir au hasard, ni quitter les quartiers d’hiver sans l'ordre de César; il n’y avait pas de forces ennemies auxquelles on ne pût résister dans des quartiers bien fortifiés ; témoin l'attaque récente des Éburons, rendue si vaine par le courage des Romains; la légion ne manquait pas de blé; en peu de temps il leur

proches; « enfin, disait-il, quoi de plus léger et de plus honteux que de prendre de si graves résolutions sur l'avis d’un ennemi? » Le conseil donné par Cotta était doublement bon, car il était inspire à la fois par la prévoyance et par le sentiment du devoir, Sabinusle combattit par des raisons spécieuses et par la peur dissimulée sous des bravades. Ni l’un ni l’autre ne voulant céder, les soldats les entourèrent, les conjurant de ne pas tout compromettre par leur division et leur opiniâtreté, Le débat se prolongea jusqu'au milieu de la nuit. Enfin, soit conviction, soit plutôt déférence envers son collègue, Cotta se laissa ébranler; d céda, et le départ

| fut fixé au matin,

| Quand la légion, engagée dans une vallée étroite et encaissée, se vit enveloppée de toutes parts, et qu’il fallut organiser la résistance , les deux lieutenants se montrèrent dans l’action ce qu'ils avaient été dans le conseil. Sabinus, en homme qui n'avait pourvu à rien, faisait toutes choses précipitamment et avec timidité, comme si tout lui eût manqué à la‘fois. Cotta, qui avait prévu l'événement, et qui pour cette raison s'était opposé au départ, n'oubliait rien

, le ce qui pouvait contribuer au salut de l’armée; et rem

viendrait des secours, soit de César, soit des quartiers les plus

COTIA — COTTAGE

plissait à la fois tous les devoirs du général et du soldat. Après une lutte héroïque, nul espoir n’étant plus permis , les deux caractères demeurèrent tels qu’on les avait vus dans le conseil et dans le combat. Sabinus accepta l'offre que lui avait faite Ambiorix de venir à un entretien, lui assurant la vie sauve, et, pour celle de la légion, se bornant à promettre qu'il la demanderait à ses soldats, avec l'espoir ae l'obtenir. Cotta, blessé d’un coup de fronde au visage, au moment où il allait de rang en rang exhorter les cohortes, &rotesta qu’il ne se rendrait pas auprès d’un ennemi armé, «t refusa de suivre Sabinus. Sabinus fut misérablement massacré dans la conférence où il discutait avec Ambiorix les conditions de sa soumission. Pour Cotta, il périt en combattant, avec la plus grande partie des soldats. Désiré NisarD, de l’Académie francaise,

COTTA (JEan-Frévéric), par son activité, sa connaissance des affaires et des hommes, devint en quelque sorte le roi de la librairie allemande, et occupa sans conteste le premier rang dans une profession que sa familie exerçait depuis deux siècles. Né à Tubingue, le 27 avril 1764, il fit de bonnes études, et se mit de bonne heure en état de juger d’une manière compétente les ouvrages dont il serait un jour l’éditeur, 11 avait un tact tout particulier pour découvrir les écrivains dont la collaboration pouvait lui être avantageuse, une rare pénétration pour pressentir les destinées d’un livre, apprécier sa valeur commerciale et littéraire, prévoir s'il ferait sensation , quel serait son succès, combien de temps il obtiendrait la vogue. Que de jeunes talents lui durent d’être tirés de l'obscurité ! que de talents formés et reconnus échappèrent par lui au besoin ou reçurent enfin la juste rémunération qu’ils méritaient! On prétend qu’il devina M. Thiers, et que les premiers ducats touchés par cet écrivain, à qui la fortune avait l'air de montrer d’abord de l'indifférence et du mépris, sortirent de la caisse de Cotta. Tous ceux qui maniaient une plume allemande devinrent bientôt les amis ou les vassaux de ce libraire célèbre. Jamais aucune de ses spéculations n’avortaïit. Plein de finesse et de prudence, il savait à la fois satisfaire le goût du public pour les idées nouvelles, et ménager la susceptibilité des gouvernements, qui auraient voulu s’en tenir aux idées d’autrefois. Ce fut lui qui fonda la Gazette universelle d’Augsbourg, organe im- passible de toutes les opinions, exemple sérieux de toutes les palinodies. En peu d’années il acquit des richesses considérables ; et comme il joignait à une profonde capacité une ambition ardente, quoique couverte, il voulut s'élever audessus de son état, sans renoncer aux avantages dont il était la source durable. Il resta libraire : il le fut à Stuttgart, à Leipzig, à Munich, partout; mais ces succursales étaient des espèces de fiefs qu’il régissait en grand seigneur. Il fut créé baron. Il n’en resta pas là : il reçut du roïde Bavière la clef de chambellan, et, quoiqu’on fût moins prodigue alors de rubans qu’on ne l’est aujourd’hui, après de nouvelles révolutions démocratiques, il se vit décoré de plusieurs ordres. En même temps il siégea sur le banc des chevaliers dans la chambre des députés de Wurtemberg, et obtint la vice-présidence de cette assemblée. Le 29 décembre 1832 mit fin à sa laborieuse carrière.

De REIFFENBERG.

Son fils, Jean-Georges Cotra, né le 19 juillet 1796 s'occupa de bonne heure des affaires commerciales et redigea le Morgenblatt!, qu’il céda plus tard à Hauff. En 1832, il prit la direction de la librairie paternelle et en augmenta l'importance par une bonne collection de classiques allemands. IL siégea quelque temps à la seconde chambre. C'était un agronome de mérite, Il mourut d’apoplexie, le 1er février 1863, à Stuttgard. —Son second fils lui a succédé dans la librairie.

COTTABE (en grec, x6tTra60ç), jeu célèbre parmi les Grecs, d’où il passa chez d’autres nations, On en attribue linvention aux Siciliens. Les Grecs montraient tant de goût

pour ce jeu, que les riches avaient ordinairement dans leurs maisons une salle, nomme cottabéion, qui lui était spécialement destinée. Les femmes, d'ordinaire exclues de toutes les assemblées d'hommes, étaient sonvent admises au cottabéion, comme simples spectatrices toutefois, se bornant à aninrer le jeu par l'intérêt qu’elles y prenaient et par leurs applaudissements. Voici en quoi il consistait : au milieu du cottabéion était scellé, dans le pavé ou le plancher, un bâton placé dans une position perpendiculaire. Sur ce bâton on en mettait un autre, dans une position horizontale, et à chaque extrémité de ce dernier on suspendait un petit bassin en forme de balance, de manière à ce qu’il en résultât entre les deux bassins un parfait équilibre. Sous chacun d’eux on en mettait un plus grand, du milieu duquel s'élevait une sorte de petite pyramide, qu’on appelait manès ; et on avait soin que le petit bassin suspendu fût précisément au-dessus du sommet de cette petite pyramide, mais à quelques pouces de distance. On se livrait surtout à ce jeu à l'issue d’un festin. Les joueurs, une coupe à la main, après avoir bu le vin qu’elle contenait, à la réserve d’une petite quantité qu’ils laissaient au fond pour servir au jeu, se rangeaient en cerle autour de la petite balance. Alors, chacun à son tour jetait en l’air, le plus haut possible, ce qui était resté dans sa coupe, et tâchait de le faire avec tant d’adresse que ce peu de vin pût retomber dans un des petits bassins suspendus, et le faire incliner assez bas pour toucher au sommet du manès, et assez fort pour qu’il en résultât un son. Suivant que ce son était plus ou moins fort, on en tirait, relativement aux personnes présentes à la fête, des augures plus ou moins favorables. Le prix du vainqueur était ordinairement un gâteau, ou quelque autre pièce de fine pâtisserie, et quelquefois le droit d’embrasser la personne qu’il choisissait dans la galerie.

Il y avait une autre manière de jouer le cottabe, à table, au dessert, et sans sortir de la salle du festin. On laisait apporter un grand bassin plein d’eau, sur lequel on mettait plusieurs petits bassins qui y surnageaïient. L'adresse du joueur consistait alors, en jetant en l'air ce qui restait de vin dans sa coupe, à faire en sorte qu’il retombäât assez fort dans un des petits bassins non-seulement pour former un son dont on püt tirer des augures semblables à ceux du grand jeu, mais encore pour précipiter le petit bassin au fond du grand, qui était plein d’eau. Il y avait ceci de particulier dans cette manière de jouer le cottahe, que ehacun des petits bassins portait une marque particulière, à peu près comme nos dés à jouer; ce qui faisait de ce jeu une espèce de loterie : de sorte que, selon la marque ou le nombre porté par le petit bassin qu’il enfonçait, le joueur gagnait plus ou moins de pièces de pâtisserie ou plus ou moins de bäïisers.

Edme HÉREAU.

COTTAGE (On prononce coëtedge }, mot anglais signifiant au propre chaumière, et qui joue un grand rôle dans la vie réelle de nos voisins. La possession d’un cof{age bien confortable, loin de l'atmosphère toujours viciée de la ville, dans une paisible campagne et dans une situation aussi pittoresque que possible, tel est le but qu’assignent à leurs efforts, en Angleterre, cette foule de travailleurs de tout genre qui chez nous veulent bien que messieurs les vaudevillistes leur vantent sur tous les tons les délices de une chaumière et son cœur, mais qui bien rarement s’avisent de songer À réaliser ce rêve du vrai sage. La riche bourgeoisie de nos grandes villes ne se-résigne guère à vivre de la vie des champs que pendant quelques mois de la belle saison, et encore à la condition de pouvoir s'installer dans quelque château aristocratique, entouréde terres d’un bon produit, où le plus souvent elle réalise des économies. La bourgeoisie anglaise, au contraire, réserve tout son luxe pour l'habitation champêtre, imitant en cela l'aristocratie, qui déploie son faste dans les manoirs et les châteaux, où elle passe les trois quarts de l’année et surtout les mois d'automne et d'hiver,

Dans la cité de Londres, on voit tous les comptoirs se fermer peu de temps après la clôture des opérations de la Bourse. Il y a alors parmi les négociants comme un sauvequi-peut général; ils fuient à l’envi la grande ville, pour aller chercher dans leurs co{{ages et demander à la vie de famille et d'intérieur des distractions aux soucis et aux tracas des affaires. Toute l'ambition du modeste employé est de pouvoir quelque jour en faire autant à son tour; et si son cottage ne réumt pas, comme celui du patron, toutes les délicatesses du luxe, au moins la simplicité de l’ameublement n'en exclut-elle pas le comfort, cette chose si rare en France qu’elle y est sans nom, et que nous apprécions d’ailleurs si peu dans la vie ordinaire.

COTTE D’ARMES. Les historiens confondent coéte et cotte d'armes, les prenant également par opposition à cotte de mailles, maïs la cofte a été de toute ancienneté le vêtement militaire de dessus; la cote d'armes, proprement parlant, a été la cofte armoriée : car le mot cotte, bien plus ancien que les armoiries, vient de l’allemand kuéte, reproduit dans le bas latin et dans l'italien cotta, et resté dans l'anglais coaf. La colle ou sayon des Germains et des Francs, qui étaient en général hommes de pied, descendait jusqu'aux hanches; c'était un manteau court qu’une agrafe, une cheville ou fermail retenait par devant. La cof£e des Gaulois descendait jusqu'aux genoux, Les Francs, devenus hommes de cheval, portaient suus Charlemagne la cotte ample et longue. Au lieu de rester ouverte comme un manteau, ce qui eût été trop embarrassant , elle se fermait comme une chemise, Sous Louis le Débonnaire la cofte gauloise reprit faveur; mais après son règne les combattants à cheval en revinrent à la grande cotte fermée ou à la funicle d'étoffe éclatante, se terminant en caparaçon et s'étendant sur la croupe du cheval. Depuis les croisades, elle devint une espèce de vêtement d'uniforme, que les nobles, qui seuls avaient le droit d’être armés, portaient par-dessus la cuirasse ou le haubert. Elle prit le nom de cote saladine, en imitation des tuniques à orfévrerie des Sarrasins; les Français y ajoutèrent a pourpre de Byzance et les fourrures de l'Orient. Cette cotte était comparable à une dalmatique, à manches d’ange, et était accompagnée de lécharpe.

J'y aeu aussi des cofles d'armes, fort différentes et fort courtes : telles étaient la plaque ou le {abard des hérauts d'armes ; telle était la soubreveste des mousquetaires de la garde de Louis XIV. Quant à la grande cotte d'armes, elle cessa peu à peu depuis Charles VI d’être en usage, et fit place dans le quinzième siècle à la casaque et au hoqueton. On avait vu figurer à l’inhumation de Louis XIIL sa cotte d’armes, qui fut descendue sur le cercueil. Les enterrements de Louis XIV et de Louis XV furent moins pompeux; le cérémonial de la cotte d’armes y fut omis. De nos jours cet usage et ce mot semblaient oubliés, quand, à la cérémonie funèbre de Louis XVIII, on déploya une cotte d’armes en velours violet, semée de fleurs de lis d’or, à laquelle on donna le nom de cofte d'armes du roi, quoique Louis XVIII n’en eût jamais porté de sa vie. G*! Banni.

COTTE DE MAILLES, vêtement de guerre du moyen âge, consistant en une peau de cerf ou d’autre quadrupède, façonnée en camisole, et garnie extérieurement d’un tricot de mailles de fer. La brugne, le haubert, la brigandine, ont été des variétés de cette cotte, qui s’est aussi

pelée jaque, jaserand, jouque. De toute antiquité les

yptiens et les Chinois en ont fait usage; Virgile en mentionne d’une grande richesse :

Loricam consertam hamis, auroque trilicem..

De triples mailles d'or sa cuirasse étincelle.

La cotte française était une espèce de blouse, qui dans l’origine n'avait pas de manches, et qui à partir des hanches formait pans et tablier, Elle était imitée de l’armure romaine,

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