COTTAGE — COTTIN
Grégoire de Tours en parle; mais l'usage n'en devint com
mun que depuis la bataille de Poitiers, en 732; Charles Martel y dépouilla de ses cottes l'innombrable cavalerie arrasine. Un savant antiquaire, Allou , était d'avis que ce fut dans
le onzième siècle que s’introduisit l’usage des cottes ou
chemisettes de mailles, qui d’abord ne descendaient qu’aux genoux, et finirent par envelopper le corps tout entier jusqu’aux extrémités des pieds et des mains, formant
autour de la tête un capuchon. Il est possible que ce soit dans le onzième siècle qu’une révolution dans la forme de la cotte se soit opérée, quoique, suivant quelques opinions, le privilége de l’armure à haubert ou cotte complète ait pris naissance après le huitième siècle; mais il est ceitain que Charlemagne et une partie de sa garde portaient comme arme défensive la cotte de mailles : le moine # Saint-Gall
en témoigne, et on voit dans Willemin l’image du costume
de mailles complet du dixième siècle. L'Espagne au temps des Maures était devenue le centre de la fabrication des testrices ou cottes de mailles; et Walter Scott nous apprend que dans le onzième siècle c'était de là que l’Angleterre tirait les cottes de mailles les plus estimées. La cotte se mettait par-dessus la matelassure nommée gambeson , et elle se portait en outre du plastron ou des platines de fer. Sous le règne de Jean, l'usage de la cotte de mailles commence à passer, et l’armure de fer plein lui est préférée. La mode en était tout à fait établie dans la cavalerie de Charles VII; mais l'infanterie de François 1°" avait encore
des cottes de mailles légères; ce sont les dernières que
l’histoire de France mentionne. Jusqu’à ces derniers temps, des cavaliers turcs, les Circassiens de l’armée russe, quelques Mameloucks et la cavalerie irrégulière de la milice persane portaient encore la cotte de mailles. G*! Barpin.
COTTEREAU (Lesfrères). Voyez Caouans et CHOUAN- NERIE, Le dernier mourut à Saint-Ouen des Toits, à l'âge de quatre-vingt-deux ans , au mois de mai 1846.
COTTEREAUX. Voyez COTEREAUX.
COTTIENNES (Alpes). Voyez ALres.
COTTIN (Sorue RESTAUD, connue depuis sous le nom de Mme), naquit à Tonneins, en 1773. Elevée à Bordeaux, par les-soins d’une mère qui aimait les arts et les lettres , elle croissait loin des plaisirs de son âge, préférant le calme de ses pensées au vain bruit du monde, et le charme de l'étude aux distractions de la société, quand un riche banquier de Paris la vit et ne put résister à cette douceur angélique, à cette modestie attrayante. Mariée à dix-sept ans, elle se trouva tout à coup transportée du fond de la solitude dans un des plus beaux hôtels de Paris; mais en changeant de fortune elle ne changea point de caractère, et les goûts simples la suivirent dans ses salons dorés. Elle trouva de plus dans sa richesse le moyen de répandre secrètement de nombreux bienfaits. Son époux fut malheureusement enlevé trop tôt à son amour et aux béncdictions de l'infortune, dont elle l'avait rendu le consolateur. Cette perte irréparable donna à son caractère, naturellement triste, une teinte de mélancolie qui ne s’effaça jamais. A peine âgée de vingt ans, c’est dans l'étude qu’elle trouve ses plus douces consolations. Sa bienfaisance survit à sa fortune. Son adversité lui sert à distinguer dans la foule de ses amis ceux qui lui sont sincèrement attachés d'avec ceux chez qui l’amitié n’est qu’un vain mot.
Personne n’était encore dans la confidence de ses travaux littéraires. Le secret deson talent fut révélé par l’arrivéed'unede ses cousines. Depuis longtemps elles correspondaient ensemble, Cette parente fut étonnée de voir que tout le monde ne partageait pas son admiration pour une femme qui écrivait de si jolies lettres. Elle les lut aux amis de sa cousine , parmi lesquels on comptait des hommes aussi recummandables l'élévation de leur esprit que par la pureté de leur goût. Surpris de voir un si rare talent uni à une modestie plus rare encore , ils manifestèrent unanimement le regret qu'il
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ne fût pas employé à la composition d'un ouvrage. Ce ne fut pas sans peine que Mme Cottin se rendit à leurs instances. Inquiète sur la nouvelle carrière qu’on veut lui faire parcourir, elle a bien soin de nous apprendre dans la préface de Claire d'Albe qu’elle n’écrit qu’un récit qu’elle a entendu faire, et qu’elle le retrace avec rapidité, ne se donnant ni la peine ni le temps de le revoir. Ce roman parut en 1798, et malgré les événements politiques de l’époque, qui étaient peu favorables à de pareilles publications, on applaudit au talent qu'il annonçait à la France; on admira l'élégance et la facilité du style, la simplicité de l’action dégagée d’inutiles épisodes , la marche admirable de l'intrigue, les situations qui se lient sans efforts, et surtout la gradation sensible de cette passion qui subjugue les deux amants et finit par les perdre. Ce roman, dit-on, fut écrit en quinze ours.
Mme Cottin consacra deux ans à écrire Malvina, qui vit le jour en 1800. Cette œuvre, conçue sur un plan beaucoup plus vaste que la première, ouvre un champ plus libre aux inspirations de l’auteur; elle y met en action la vie de chàteau. Le produit de ce roman fut consacré à une œuvre de bienfaisance : un ami de M" Cottin venait d’être proscrit; il était dénué de toute ressource; M”*° Cottin, qui n’était pas riche, lui remit le prix qu'elle venait de recevoir de Malvina, et lui fournit ainsi le moyen de chercher un refuge sur la terre étrangère. Amélie Mansfield, sujet plus difficile, fut publié en 1802. La conception en est plus forte, les caractères en sont plus prononcés. Mathilde parut en 1805. M%° Cottin n'avait pris encore ses héros que dans les classes moyennes; soudain elle s’élève jusqu’au genre héroïque, son style devient plus mâle et plus vigoureux, elle chante l’amour le plus pur, luttant contre les lois sévères de la religion. Il n’y avait qu’un an que Mathilde était publiée, quand Élisabeth parut en 1806. Ici M”° Cottin abandonne le pinceau gracieux et brûlant dont elle s’est servie quatre fois pour nous offrir l'amour. Elle veut peindre maintenant la vertu la plus pure et la plus héroïque. C’est Élisabeth venant à pied, à travers les frimas, des extrémités de la Sibérie à Moscou , demander à l’empereur la grâce de son père innocent. Ce fut dans l’espace de huit ans environ que M°° Cottin fit paraître ses cinq romans. La prise de Jéricho, qui vit le jour en 1802, dans les Mélanges de Littérature de M. Suard, doit être considéré comme son premier ouvrage, quoique l’on ignore l’époque précise de sa composition.
Si l’on en croit lady Morgan, l’auteur de Mathilde n’aurait fait que reproduire dans &3 romans l’image fidèle de ses sensations. M€ Cottin possédait un petit ermitage dans la vallée d'Orsay. Ce fut sous ses bosquets verdoyants qu’elle créa le beau caractère de Malek-Adel. « Dépourvue de beauté, dit lady Morgan, n’ayant aucune de ces grâces qui en tiennent lieu, M®° Cottin inspira deux passions fatales : son . jeune parent, M. D..., se tua d’un coup de pistolet dans son jardin, et son rival sexagénaire et non plus heureux, M. M..., s’empoisonna, de honte, dit-on, d’éprouver une passion sans espérance et trop peu en harmonie avec son âge. »
Au moment où M®° Cottin fut atteinte de la maladie qui l’enleva aux lettres et à l'amitié, le 25 août 1807, à l’âge de trente-quatre ans, elle travaillait à un roman d'éducation, dont elle avait déjà écrit les deux premiers volumes, C’était sur cet ouvrage, qui avait un but réel d'utilité, qu’elle voulait fonder sa réputation et obtenir, disaït-elle, la seule gloire à laquelle une femme doit aspirer. Elle avait aussi entrepris un livre sur la religion chrétienne prouvée par les sentiments. Qui mieux qu’elle était capable de l'écrire? Liée d'amitié avec M. Mestrésat, pasteur du saint Évangile, elle sentit profondément sa perte, et, prévoyant qu’elle le suivrait de près, elle manifesta la volonté d'être ensevelie à ses côtés. Eug. G.DE MONGLAYE,
COTTON (Pine ), célèbre jésuite, né en 1564, à Néronde (Loire), fut envoyé fort jeuue à Paris, puis à Bourges, où il étudia le droit. Il achevait ses cours à Turin, lorqu'un jésuite, qui était son confesseur, réussit à le décider à entrer dans son ordre. Son père, qui était secrétaire de la reine-mère, en jeta les hauts cris, et fit supplier par cette princesse le duc de Savoie de lui rendre son fils; tout fut inutile. Après avoir séjourné à Rome et dans plusieurs autres villes d'Italie, il revint en France, où il précha avec succès à Roanne, à Avignon, à Nimes, à Grenoble, à Marseille. Il fut appelé à la cour de Henri IV par le maréchal de Lesdiguières, dont il avait converti la fille, M®*° de Créqui. Peu après le roi le prit pour son confesseur. Le père Cotton gagna promptement la confiance de Henri IV, et on lui attribua une grande part dans le rappel des jésuites, qui avaient été expulsés de France après l'attentat de Jean Châtel. C’est à lui aussi qu’on rapporte l’origine du juron jarnicot{on, qui serait une corruption de je renie Cotton, paroles que le confesseur avait conseillé au roi, son pénitent, de substituer à ces mots je renie Dieu, espèce de serment auquel Henri IV s'était habitué. Son crédit donna lieu à quelques plaisanteries : on disait, par exemple, du roi, qu’il avait du co{on dans les oreilles. Après la mort de ce prince, Cotton fut aussi confesseur de Louis XIIE, et conserva ce titre jusqu’en 1617, époque où il quitta la cour pour aller en missionnaire précher dans le midi de la France et en Italie. On a accusé le père Cotton de n’avoir pas réprouvé la doctrine du régicide, prêchée par les jésuites, ses confrères, et même de n'être pas resté complétement étranger au crime de Ravaillac. Tel est le butde la satire amère qui parut en 1610, intitulée: l’'Anti-Cotton, où est prouvé que les jésuites sont coupables du parricide de Henri IV. Quoi qu'il en soit de cette accusation grave, à l'appui de laquelle on n’a jamais pu invoquer que des bruits vagues, l’ancien confesseur des deux rois mourut à Paris, dans la maison professe de son ordre, à l’âge de soixante-deux ans, le 19 mars 1626.
COTTU (Jean-François), magistrat et publiciste, dont le nom a été longtemps voué au ridicule, est né à Paris, le 13 mars 1778. Reçu à l'Ecole Polytechnique, il se destinait à la carrière du commerce maritime ; mais atteint par la conscription il fut envoyé à Port-Louis, dans un dépôt d’artillerie de marine, Au bout d’un an il obtint son congé, et se livra à l'étude du droit. Nommé juge au tribunal d’appel de Paris, devenu cour impériale en 1810 et cour royale en 1814, il perdit cette place pendant les cent-jours, mais il y fut réintégré en septembre 1815. Ses Réflexions sur l’état actuel du jury ( Paris, 1818 ) déterminèrent M. de Serre, alors ministre de la justice, à l'envoyer à Londres recueillir des renseignements relatifs à l'institution du jury et à la liberté de la presse. En mars 1819 il fut un des fondateurs de la Société royale pour l'amélioration des prisons et envoyé une seconde fois en Angleterre pour y chercher les moyens d'améliorer les prisons de France. A son retour, vers Ja fin de mai 1819, il fit partie de la commission chargée du projet de loi pour la réforme du jury. Un article de la Bibliothèque Historique, contenant une critique de la constitution temporelle de la religion catholique, plutôt qu’un examen de ses dogmes, ayant été poursuivi comme aftentatoire à la liberté des cultes et à la morale publique et religieuse, M. Cottu, président de la cour d’assises, tâächa d’influercer la décisions des jurés, et refusa la parole à M. Mérilhou, défenseur du gérant. L'avocat, n’ayant pu obtenir acte de ce refus, rédigea des conclusions pour lesquelles le ministère public requit son interdiction. M. Dupin aîné défendit son confrère, qui fut acquitté.
Depuis lors M. Cottu présida rarement les assises; mais il s’en dédommagea par la fécondité qu’il déploya à partis de ce moment comme publiciste, sans d’ailleurs faire preuve de beaucoup de fixité d'idées. Toutefois, on doit reconnaitre À
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sa décharge, qu’il était du nombre de ces hommes qui avaient pris le gouvernement de la Restauration et le principe de la légitimité au sérieux, et qui, tout en voulant que la royauté fût forte et considérée, ne la confondaient pas avec ses ministres, et surtout avec le parti prêtre. Les jésuites et leurs incessants envahissements trouvèrent donc en lui un dénonciateur intrépide, et les différentes brochures qu’il publia à ce sujet obtinrent un grand succès. En 1827 ilen fit paraître une sous ce titre : De La nécessité d’un changement de ministère. Rangé alors dans le parti de l'opposition, il avait cru accabler les ministres Villèle, Corbière et Peyronnet; mais, ayant échoué partout dans sa candidature pour la députation à la session de 1828, il devint subitement l’un des plus fougueux apôtres de l’absolutisme, et publia divers pamphlets dans lesquels il accusait l’opposition de républicanisme et de jacobinisme. A cet égard il allait sans doute trop loin; cependant il avaft parfaitement deviné les tendances secrètes des doctrinaires, qui n'invoquaient si haut la charte que pour la détruire et faire passer la couronne dans la branche cadette de la maison de Bourbon. En revanche, il était souverainement ridicule quand, dans les développements de sa thèse anti-révolutionnaire, il allait jusqu’à dire qu’il aimerait mieux être banneret ou simple écuyer que conseiller à la cour royale, quand il proposait de réduire le nombre des électeurs et d’en laisser la nomination au roi, qui devrait préférer des nobles, des hommes titrés, même aux riches propriétaires. Ces excentricités et ces variations de M. Cottu lui valurent une chanson qui eut beaucoup de vogue, et qui commençait par ce refrain, sur l'air : Faut d'la vertu, pas trop n’en faut.
Cottu, qu’es-tu?
Qu'’es-tu, Cottu?
Il n’y répondit pas; et si l’on adressait aujourd’hui la même question aux innombrables girouettes qui depuis 1830 ont tour à tour adopté toutes les opinions et encensé tous les gouvernements, elles ne seraient pas moins embarrassées que M. Cottu pour y répondre. Sous le ministère Polignac il publia encore diverses brochures, dans lesquelles il dénonçait avec la même ardeur les projets révolutionnaires de l'opposition, et réclamait pour le salut de la France l'établissement d’une dictature,
Après la révolution de Juillet, se croyant en danger comme un des chefs du parti qui venait de succomber, il fit un troisième voyage à Londres ; mais au bout d’un mois, quand il crut l'orage passé, il revint à Paris, Comme il s'était absenté sans congé et n’avait pas prêté serment au nouveau roi, il fut déclaré démissionnaire, par ordonnance du 18 septembre. Il s’en vengea en sjoutant à son nom la qualité de conseiller réputé démissionnaire, sur le titre des différents écrits qu'il publia depuis , par exemple : Théorie générale des devoirs des peuples et des gouvernements appliquée à la révolution de Juillet (1832); Appel à la France en faveur des prisonniers de Ham (1834); Guide politique de la Jeunesse, ou traité de l'ordre social, à l'usage des
eunes gens qui entrent dans le monde (1838). Retiré d’abord à Lausanne, il vint en 1836 se fixer à Versailles.
COTTUS, géant, fils d'Uranus et de Gæa, était l’un des centimanes à l’aide desquels Jupiter triompha des Titans,
COTUS. Voyez CONYICTOLITAN.
£OTUTEUR. On nomme ainsi celui qui exerce la tutelle concurremment avec letuteur en titre. Lorsqu'une femme veuve, qui est tutrice des enfants de son premier mariage, vient à convoler à de secondes noces, le conseil de famille qui est appelé à délibérer pour savoir si la tutelle ne doit pas lui être retirée, est tenu, en la confirmant, de lui donner son second mari pour cotuteur, afin qu’il devienne responsable de sa gestion.
COTYLE (du grecxorôkn, écuelle). On donne ce nom, en anatomie, à la cavité d’un os dans laquelle un autreos s'articule.