‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 464 sur 607 · COULANGES — COULEUR · texte numérisé non relu

COULANGES — COULEUR

coulant soit lorsque aucune consonnance n'y frappe désagréablement l'oreille, soit encore lorsque toutes les expressions en sont bien fondues et forment un ensemble dans lequel rien n'arrête l'esprit, 11 est impossible de trouver quelque chose de plus opposé au s/yle coulant que le style de beaucoup de nos auteurs à la mode, sorte de jargon prétentieux et barbare, dans lequel, après les plus pénibles recherches, on entasse les mots les plus durs, les plus hé. térogènes, et qui coûte autant d'efforts à lire qu'à composer. Sans doute, être coulant ne prouve pas qu'on possède une des grandes qualités du style, mais il ne faut pas non plus, même dans les ouvrages inspirés par le génie, que l’ha rmonie manque complétement ou toujours.

SAINT-PROSPER

COULE (cuculla, pallium ), ancienne robe munacale, qui était à l’usage des bernardins et des bénédictins; il y en avait deux espèces, l’une b'anche, lautre noire. Les fondateurs d'ordres religieux l'adoptèrent d’abord par humilité. Mais bientôt elle devint commune aux laïques, surtout dans les pays froids, et on la portait dans plusieurs pays de l’Europe il y a trois siècles.

COULE , terme de musique ou de danse, notes ou pas exécutés d’un seul trait ou liés ensemble. En musique, le coulé se fait lorsqu’au lieu de marquer chaque note d’un coup d’archet sur les instruments à corde, ou d’un coup de langue sur les instruments à vent, on passe deux ou plusieurs notes sous la même articulation en prolongeant l'expiration ou en continuant de tirer ou pousser l’archet aussi longtemps qu’il est nécessaire. Sur les instruments à touches, tels que le piano, l'orgue, etc., le coulé paraît presque impossible à pratiquer; cependant on parvient à l'y faire sentir par un toucher doux et lié, plus facile à pratiquer qu’à décrire.

Le coulé se marque par une liaison dont on couvre toutes les notes auxquelles il se rapporte.

COULEÉE, sorte d'écriture liée et penchée, dont les déliés joignent les traits ou le corps dela lettre, en partant de bas en haut,

COULEUR ( ?Aysique, Histoire naturelle), du latin color. La couleur d’un corps est l'impression que produit sur notre vue la lumière réfléchie par ce corps. Anssi cette couleur disparaît-elle dans l'obscurité et varie-t-elle avec la nature des rayons lumineux auxquels elle est exposée.

L'expérience du spectre solaire nous démontre que la lumière blanche est composée de sept sortes de rayons dont les couleurs ont reçu le nom de couleurs simples, . c’est-à-dire indécomposables par l'action du prisme : ce sont le rouge, l'orange, le jaune, le vert, le bleu, l'indigo et le violet, Toutes les autres couleurs sont dites couleurs composées ; car on peut les foriner en combinant les couleurs simples en proportions Convenables. Les couleurs de deux rayons dont la réunion reproduit la lumière blanche, sont des couleurs complémentaires :le rouge est complémentaire du vert ; en général la couleur qui résulte de la combinaison d’un nombre quelconque de rayons du spectre solaire est complémentaire de celle que forme la réunion des rayons restants,

La théorie des couleurs est loin de reposer sur des bases certaines. Dans le système des ondulations, généralement admis aujourd’hui en oplique, on est obligé d'abandonner l’explication qu'avait donnée Newton, On suppose alors que, suivant leur constitution moléculaire, les corps exposés à la lumière blanche absorbent certaines couleurs du spectre et en laissent passer d’autres. Cette hypothèse une fois admise, les phénoinènes de coloration s'expliquent très-naturellement.

[ La couleur des plantes est un des phénomènes les plus remarquables de la nature et sans contredit son plus bel orncment. C’est le Cœli enarrant gloriam Dei de nntre glose. En effet, quel plus beau spectacle que celui que les” plantes présentent pendant toute la durée de chaque époque

de végétation! Ici des prairies d’un vert tendre ou foncé , parsemées de fleurs aussi variées par leurs nuances que se 1) breuses par les espèces de végétaux qui les produisent ; là des champs couverts de toutes sortes de plantes utiles, particulièrement de céréales, dont les chaumes s'inclinent sous la pression des vents, et se relèvent ensuite, offrant différentes teintes de verdure, au milieu desquelles se montrent des fleurs brillantes de toutes sortes de couleurs, depuis le rouge vif jusqu’au blanc pâle; plus loin, des forêts plus ou moins étendues, riches par les nuances de leur couleur verte; enfin, jusqu’au fond des mers et des lacs, des cavernes et des souterrains , des plantes , offrant des couleurs plus dis- “tinctes, varient du vert noirâtre au rouge pourpre. Ainsi, soit qu’elles couvrent les continents, soit qu’elles végètent au fond des mers ou dans les souterrains de notre globe, les plantes offrent des couleurs variées, dont la couleur verte cependant est pour ainsi dire exclusivement celle des végétaux , terrestres et aériens , c'est-à-dire croissant à la superficie du sol, et s’élevant dans l'atmosphère. Mais la couleur des plantes, comme celle de tous les corps colorés, n’est point le résultat d’une matière particulière, sui generis : elle dépend des rayons lumineux, soit qu’ils vieunent directement du soleil, soit qu’on les produise par la combustion ou la combinaison de substances quelconques, lesquels étant diversement reflétés par chaque espèce de plante, et souvent d’une manière différente par chacun de ses organes, sont décomposés, comme par le prisme.

Chose prodigieuse! un petit nombre d’organes primitifs ou essentiels, à l’aide de leurs modifications constantes, dont

la couleur fait partie, suffisent pour séparer et faire recon-

naître le nombre très-considérable d'espèces de végétaux qui existent. Cependant, les travaux et les recherches d’anatomie végétale, auxquels M. Raspail a si puissanunent contribué, permettent d'apprécier la disposition des molécules dans les tissus organiques, ou à leur superficie, lesquelles réflètent, en les décomposant, les rayons lumineux, et sont le siége-de la couleur des plantes. CLARION. ]

{ Parmi les caractères différentiels que les naturalistes ont remarqués pour distinguer les espèces et les variétés des corps organisés, végétaux etanimaux, les couleurs des parties superficielles ou profondes méritent quelquefois d’être prises en grande considération , et peuvent acquérir une telle importance qu’elles soient, pour le botaniste comme pour le zoologiste, la caractéristique, sinon la plus philosophique, du moins la plus frappante. Mais ce n’est ni leur vivacité, ni leur éclat , ni l’affaiblissement , ni l'obscurité des teintes, qui les ont éblouis ou repoussés. C’éfait el ç'a été l'ordre dans la disposition de toutes les nuances des couleurs de l'enveloppe extérieure, qui par sa fixité et ses différences graduelles devait le plus frapper l'attention des observateurs judicieux. C’est dans les animaux surtout qu'il faut l'étudier avec toutes les précautions convenables, pour éviter les nombreuses erreurs dans lesquelles sont tombés beaucoup de zoologistes. A cet effet, il faudra s’enquérir de l’âge, du sexe, de la constitution propre aux individus qu'on examine, avoir égard au climat, aux saisons, à la domesticité ou à l’état sauvage et libre, aux mœurs habituelles de l'espèce, enfin , à toutes les circonstances qui modifient profondément l'organisme; car il ne faut pas se dissimuler ici que quoiquela coloration et la décoloration soient des caractères extérieurs et superficiels en apparence, elles n'en révèlent pas moins l’état normal ou anormal de la erâse ou composition des humeurs sous l'influence de la nourriture et de toutes les autres conditions du milieu ambiant.

Les parties dont les systèmes de coloration fournissent des caractères distinctifs sont : 1° dans Les végétaux, toutes celles qui composent la tige ou que celle-ci supporte ; 2° chez les animaux, toutes celles qui entrent dans la composition de l'enveloppe extérieure de l'animal. Sous ce nom, il faut comprendre non-seulement la peau plus ou moins nue,

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