‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 475 sur 607 · COUP DE SOLEIL — COUP DE THÉATRE · texte numérisé non relu

COUP DE SOLEIL — COUP DE THÉATRE

tuel ; et c'est pour ainsi dire par exception que la salue de la liberté n’élait pas voilée. Sous la Restauratiog , nous avons vu maints coups d’État s'effectuer seulement et trèsheureusement à coups de plume : telle a été la fameuse ordonnance du 5 septembre. Les ordonnances de Charles X, coup d'État stupide, misérablement exécuté, donnèrent lieu à un nouvel ordre de choses qui put bien aussi revendiquer la triste gloire des coups d'Etat. L'ordonnance concernant l’état de siége en 1832 et le ministère des trois jours en 1834, ces puériles saturnales du pouvoir, comparés aux coups d’État de Louis XI et de Richelieu, nous ramènent à Lilliput. De tels actes sont dignes de figurer dans Vhistoire des turpitudes humaines, à côté du parlement Maupeou, honteuse création de Louis XV endormi dans les bras d’une courtisane : car les rois indolents et faibles ont plus que les autres la manie des coups d’État. Les princes véritablement grands se mettent peu dans la nécessité de recourir à cette fatale ressource. Quand un monarque fait un coup d’État, il joue sa couronne sur un coup de dé. Ainsi la risqua le défunt exilé de Prague, dont l’exemple fut une Jeçon perdue pour son successeur. Une grande mesure politique, qu’on a souvent confondue avec un coup d’agiotage, a été le système de Law. C'était vraiment un coup d'Etat. « Outre les changements qu’il fit, si brusques , si inusités, si inouïs , il voulait ôler les rangs intermédiaires et anéantir les corps politiques ; il dissolvait la monarchie, etc. » Ainsi s'exprime Montesquieu; et le régent avait trop de pénétration pour ne pas sentir toute la portée d’un semblable projet.

Depuis le médecin Gabriel Naudé, écrivain très-avance dans les idées de liberté, qui vivait sous Louis XIIT, jusqu'à l'académicien Aïgnan, qui, après avoir été maître de cérémonies de Napoléon, s'était fait brochurier libéral sous Louis XVIII, tous les livres qui traitent des coups d'État ou de l’histoire des révolutions des empires nous apprennent que les coups d’État n’ont jamais été avantageux à une nation ni même au pouvoir, « Tous les siècles attestent, dit De Meunier dans l'Encyclopédie méthodique, que la patience et la modération des chefs des peuples sont le meilleur des remèdes contre les calamités physiques, morales et politiques. L'expérience démontre d’ailleurs que les administrateurs qui ont des talents et de la vertu n’ont pas besoin de recourir à la violence, aux suppressions, aux proscriptions, aux inquisitions, pour diriger ou réformer des sujets. » Ces vérités peuvent paraître triviales, mais elles n’en sont pas moins bonnes à répéter dans un temps où la science politique a suffisamment prouvé que rien n’était plus facile à faire et à subir qu’un coup d’État dans toutes les règles. Ce ne fut cependant pas pour un coup d'État que périt la monarchie constitutionnelle en France; mais ce fut par un coup d’État (voyes DÉcEmBRE) que l’empire s’y rétablit. ; Charles Du Rozoi.

COUP DE THEATRE. Ce mot, en termes de littérature dramatique, se dit d’un événement imprévu , d’une situation surprenante qui frappe subitement l'esprit et les yeux des spectateurs, parce qu’ils ne s’y attendent pas, et qui ajoute à l'intérêt de la pièce, soit en compliquant l’intrigue, soit en la développant ou en amenant le dénouement. Il y a deux sortes de coups de thcdtre ou de gur-

prise, l’un d'action, l’autre de pensée. Le premier a plus de

force que le second, et produit toujours plus d'effet, On en trouve plus d’un exemple dans Molière : la scène de Z'£cole des Maris où Valère êst amené à Isabelle par son tuteur même, celle de Georges Dandin où Angélique fait seinblant de se tuer; celle où Orgon sort de dessous la table ct surprend Tartufe qui cherche à séduire sa femme, etc. Mais ces sortes de coups de théâtre sont bien plus fréquents, bien plus remarquables et plus sentis dans les tragédies et dans les drames. On a reproché, peut-être avec quelque raison, à Corneille, à Racine’, de n'en avoir pas assez

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fait usage, et d’avoir trop souvent mis en récit des événements qu’ils auraient pu amener par un coup de théâtre. Mais pense-t-on que le duel entre le Cid et le père de Chimène eût été plus beau que la scène de défi qui le précède? Le dénouement en action tenté par Saint-Foix pour l’Zphigénie en Aulide de Racine a-t-il pu se maintenir et faire abandonner l’admirable récit qu’il avait remplacé? Voltaire, qui a multiplié les coups de théâtre dans Sémiramis, en a été sobre dans Mérope. Crébillon, dans A/rée ét Thyeste; Guimond de la Touche, dans Zphigénie en Tawride; Lemierre, dans Hypermnestre, dans Guillaume Tell, dans La Veuve du Malabar, n'ont pas négligé les coups de théâtre.

Quant aux coups de théâtre ou surprises de pensée, Riccoboni, dans ses Observations sur Le génie de Molière, n’en cite pour exemple que la scène où la princesse d’'Élide et le prince son amant, afin de s’éprouver, se font réciproquement le faux aveu d’un autre amour. Mais toutes les comédies de Marivaux, La Surprise de l'Amour, Les Fausses Confidences, Les Jeux de l'Amour et du Hasard, Le Legs, ete., ne sont basées que sur des coups de théâtre de cette espèce, et l'on peut dire que cet auteur en a vraiment abusé. 1 faut avouer aussi que les coups de théâtre en ac- . tivn sont devenus bien plus communs encore aujourd’hui, les auteurs trouvant plus facile et plus commode de parler aux yeux qu'à lesprit, au cœur et à la raison. Aussi la plupart des pièces ne sont-elles plus divisées en actes, mais en lableaux : les coups de théâtre y sont prodigués jusqu’à satiété, et presque à chaque scène. Faut-il donc s'étonner si, ne devant leur succès qu’au décorateur, au machiniste, au costumier, et quelquefois au talent de deux ou trois acteurs, ces ouvrages, même les plus vantés, cessent après un an ou deux de reparaitre sur la scène, lorsque leurs coups de théâtre n’offrent plus rien de neuf ni de piquant à la curiosité blasée du public? H. AUDIFFRET.

COUP D’OEIL. Cette expression singulière se prend pour limpression que l’on éprouve en un seul instant, et - qui fait juger à la simple vue de la grandeur et de la proportion de l’objet qu’on examine. Le coup d’œil a plus ou moins de justesse, suivant la capacité de l'individu, mais une longue habitude peut ajouter aux dispositions données . par‘la nature. On dit qu'un général a un coup d'œil excellent quand il voit tout de suite les avantages qu'il peut tirer de la situation où il se trouve et des dispositions qu’il voit faire à l'ennemi. On dit qu’une maison, un jardin, plaisent au premier coup d'œil, mais que l’examen fait découvrir - plusieurs inconvénients. Une terrasse, une montagne, offrent le plus beau coup d'œil, c'est-à-dire un aspect, une vue des plus agréables. Dans les arts, le coup d'œil est le meikleur guide du dessinateur : la règle et le compas ne peuvent y suppléer. Düucuesne aîné.

COUPE. C’est le nom que l’on donne aux vases qui ont plus de largeur que de hauteur. Le goût seul détermine leur galbe et leur dimension; néanmoins, les coupes ne sont généralement pas grandes. Elles servaient aux anciens dans leurs repas. Les plus précieuses sont en agate, en sardoine ou autres pierres dures. On trouve quelques coupes dont le pied et les anses sont en or ciselé ou émaillé. On a aussi des coupes en bronze, en albâtre et en marbre. Les plus nombreuses sont en terre cuite, avec des ornements ou des sujets peints, et proviennent des fabriques grecques. On fait maintenant des coupes en porcelaine et en cristal.

Les écrivains de l'antiquité parlent de plusieurs coupes “célèbres et remarquables : telle est une coupe d’ambre jaune, qui se voyait dans le temple de Lindos, et avait été consacrée à Minerve par Hélène; sa grandeur est désignée comme …— étant celle de l’une des mamelles de la donatrice. On van-

tait, sans doute à cause de leur forme, les coupes faites par Tériclès de Corinthe, et l’on dit qu'il y en avait en terre, en or, et aussi ên bois de térébinthe. Peut-être alors Tériclès

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