COUP DE THÉATRE — COUPE
était-il plutôt l’auteur des modèles d’après lesquels différents ouwriers avaient pu travailler. Athénée, en rapportant la pompe triomphale de Ptolémée-Philadelphe , dit que l’on y portait un grand nombre de vases et de coupes, dont une, en or, contenait 15 mesures de 100 livres chacune : elle était nommée laconique; deux autres, en argent, avaient 12 coudées de larges, (6 mètres environ) et 6 de haut ; seize autres, aussi en argent, pouvaient contenir de 5 à 30 mesures chacune. On rencontre parmi les monuments antiques quelques grandes coupes en marbre. Les modernes en ont fait aussi de cette matière, puis, en bronze et en fonte de fer, pour orner et recevoir les eaux d’une fontaine jaillissante : elles ont alors un diamètre de { à 4 mètres, et duns ce cas elles portent plutôt le nom de vasque.
L'usage des coupes remonte à la plus haute antiquité : la Genèse fait mention de la coupe de Josep h, qui fut placée dans le sac de Benjamin , afin d’avoir l’occasion de le retenir comme ayant dérobé un objet d’une haute importance, Dans l'Olympe, Hébé d’abord et ensuite Ganymède étaient chargés d'offrir la coupe aux dieux et de la remplir de neCtar. Les princes et les héros ne se servaient également dans leurs repas que d’une seule coupe, que l’on remplissait alternativement pour chacun des convives.
Il existe à Gênes une coupe d’une grande célébrité, connue sous le nom de sacro catino (bassin sacré) ; elle est de forme octogone, verte, et d'environ 40 centimètres de diamètre. On prétend que c’est celle dont se servit Jésus-Christ lorsqu’il fut reçu à souper par Nicodème. Lors de la conquête del’Italie par Napoléon, ce précieux objet fut apportéà Paris, pour être déposé au cabinet des antiques; mais avant de ly placer les conservateurs firent reconnaître que cette coupe, qui depuis si longtemps avait la réputation d’être en émeraude, n’était autre chose que du verre fondu, dans lequel même il était facile d’apercevoir de petites bulles d'air. Cette coupe sacrée a été restituée depuis, et en retournant à son ancienne place peut-être lui a-t-on rendu sa réputation de pierre précieuse. |
Nous trouverons encore un témoignage du prix que l’on mettait aux coupes, dans le testament de Léodehode , abbé de Fleury, qui vivait dans le septième siècle, et légua à son abbaye deux coupes dorées de Marseille, qui avaient au milieu des croix niellées.
Coupe était autrefois en Auvergne Je nom d’une mesure qui formait le trente-deuxième d’un septier.
Coupe est aussile nom de l’une des constellations de l’hérnisphère méridional : les étoiles dont elle se compose sont au nombre de onze,
Coupe, en architecture, est le nom que l’on donne au dessin d’un monument supposé coupé sur sa longueur ou sa largeur, et par le moyen duquel on peut étudier l'épaisseur des murs, celle des voûtes et des planchers, ainsi que la construction des combles. On ne peut bien connaître un édifice que lorsque l’on a sous les yeux plans, élévations et coupes. Les dessins de cette espèce portaient autrefois le nom de profil ; mais celui de coupe convient beaucoup mieux, et il est maintenant seul en usage.
Coupe , en construction, est le nom que l’on donne au joint d’une pierre lorsqu'il est incliné, ainsi que cela se trouve dans tous les voussoirs ou fragments de voûte. Comme ce travail exige des études approfondies, et offre même d'assez grandes difficultés, on l’a nommé l’art du trail ou de lacoupe despierres,oubienlas{éréotomie.
Coupe est aussi l'expression employée, en littérature, pour désigner l'arrangement des diverses parties qui cotnposent un poëme lyrique. Ainsi, dans un opéra nouveau il se trouvera de bonne musique, mais les morceaux de chant seront mal placés ; le sujet du poëme sera dramatique, mais dans les personnages quelques-uns ne se trouveront pas placés convenablement; les décorations seront bélles, mais les baliets et les divertissements mal amenés : alors on dira
qu'il n'a pas eu de succès, parce que sa coupe était mauvaise. Lorsqu'à une première représentation l’auteur s'aperçoit que sa pièce est languissante dans quelques partiés, il s’empresse de faire des coupures, pour la représentation suivante.
Coupe, dans l’art de graver sur bois, suivant la méthode décrite par Papillon, et qui maintenant a subi de grands changements, était le nom que l’on donnait à la première opération dans laquelle le graveur, tenant sa pointe un peu inclinée, suivait alternativement chaque taille d’un côté, puis, retournant sa planche en sens inverse, il traçait la faille de l’autre côté, ce qui se nommait recoupe, et faisait par ce moyen sauter chaque entretaille en petit copeau triangulaire.
Coupe, en termes d’eaux et forêts, est l’expression que l'on emploie, soit pour l'opération d’abattre les bois, soit pour désigner la localité sur laquelle est le bois abattu , soit enfin pour indiquer les divisions d’une forêt ou d’un bois, qui doivent être exploitées chaque année. La coupe d’un taillis se fait de vingt-sept ans, etc. (voyez AMÉNAGEMENT, Bois, etc.)
L'agriculture fait également usage de ce mot : c’est en juin qu’a leu la coupe des foins; lorsque de bonnes années ou des terrains humides permettent de faucher une seconde ou une troisième fois, on donne à ces récoltes le nom de regain.
Coupe est aussi d'usage dans quelques arts et métiers comme synonyme de {ailler : ainsi, on dit qu’un coiffeur est renommé pour la coupe des cheveux, et qu’un tailleur est très-habile pour la coupe d’un habit.
Coupe est encore le nom que dans tous les jeux de cartes on donne à la division en deux parties par un autre joueur que celui qui les a mêlées. On dit d’un joueur qu’il a la coupe heureuse ; tel autre se plaint de se trouver sous la coupe de celui qui a la main malheureuse. C’est une insigne friponnerie au jeu de faire sauter la coupe, C’est-àdire de replacer sans que l’on s’en aperçoive le jeu dans la situation où il se trouvait avant que l’on fit couper.
Coupe, enfin, est le nom que dans la natation on donne à certaine manœuvre dans laquelle le nageur, retirant alternativement hors de l’eau chacun de ses bras, l’étend autant que possible en avant de sa tête, puis, l’entrant dans l’eau, le ramène en passant sous sa poitrine, Un nageur ne peut aller vite que s’il sait bien aire la coupe.
. DucnEsne aîné.
COUPE, pas de danse, mouvement de celui qui en dansant se jette sur un pied et passe l’autre devant ou derrière. En termes d’escrime, on nomme coupé l’action de couper sous le poignet avec l'épée. Un coupé est aussi une sorte de voiture à quatre roues, ou de demi-calèche, qui diffère de la calèche en ce que le coupé a sa caisse coupée par-devant à partir dela portière.
COUPE ( Blason) se dit d’un écu divisé par le milieu et en deux parties égales, de droite à gauche , par une ligne parallèle à l'horizon , ou dans le sens de la fasce. Onledit aussi des pièces honorables, et même des animaux et des meubles qui chargent l’écu, quand ils sont divisés également dans le même sens, en sorte toutefois qu'une partie soit de couleur et l’autre de métal.
COUPE-CERCLE. On nomme ainsi un com pa s dont l'une des pointes, rendue tranchante, sert à diviser circulairement le papier ou le carton sur lequel on l’appuie, Les menuisiers donnent aussi ce nom à un vilbrequin armé à son extrémité d'une couronne tranchante, au centre de laquelle il y a une pointe qui fixe l'instrument, et qui sert à percer un trou tandis que la couronne emporte une pièce circulaire.
COUPE DES PIERRES ou STÉRÉOTOMIE. IL ne faut pas croire que cette science soit celle d’un simple appareilleur, ou tailleur de pierre; elle nécessite des connaissances en géométrie, statique et dynamique, « Il faut, dit
COUPE -- COUPELLATION |
Mathurin Jousse, plus d'industrie qu’on ne le pense pour que toutes ces pierres soient faites de façon que, quoique de formes et de grandeurs différentes, elles concourent chacune en particulier à former une surface régulière, et qu’elles soient disposées de manière qu’elles se soutiennent en l’air, en s'appuyant réciproquement les unes sur les autres, sans autre moyen que celui de leur propre pesanteur, car les liaisons de mortier ou de ciment doivent être comptées pour rien. » Les Égyptiens ignoraient entièrement cet art : tous leurs plafonds et leurs architraves étaient monolithes (voyez ARCHITECTURE). Les Grecs et les Romains les ont souvent imités. Cependant, ces derniers ont connu l’art de la coupe des pierres, et leurs monuments offrent plusieurs exemples de voûtes et de plates-bandes en claveau. Les églises construites dans les douzième et treizième siècles , et improprement nommées gothiques, sont celles où l’on trouve les exemples les plus nombreux et les plus remarquables de la coupe des pierres, à cause de la légèreté et de la hardiesse des voûtes, ainsi que des compartiments qui les composent. Ce qu'il y a de plus étonnant dans ces constructions, ce sont les clefs, soit qu’une seule serve à plusieurs voûtes, soit que, dans l'intention de montrer un travail plus surprenant encore, on ait fait des clefs retombantes.
Il ne nous est rien parvenu de ce que les anciens peuvent avoir écrit sur l’art de la coupe des pierres. Philibert de Lorme, architecte de Henri II, est le premier qui ait . écrit sur ce sujet (1567). Mathurin Jousse a aussi donné quelques principes à cet égard en 1642. Depuis, le P. Deran, Abraham Bosse, Desargues et De la Rue, ont publié divers ouvrages relatifs à cet art? le plus volumineux de tous est celui de l'ingénieur Frézier (3 vol. in-4°); mais l’auteur est diffus, et semble avoir pris à tâche d'employer des expressions scientifiques qui ne sont pas à la portée de tout le monde. M. Douillot a publié depuis un ouvrage assez estimé sur cet objet. DuCHESKE aîné.
COUPE DE TANTALE,, instrument de physique amusante. Figurez-vous deux coupes soudées par leurs bords, placées l’une dans l’autre, de manière qu’il règne un certain espace vide entre elles; dans cet espace est placé un siphon dont un des orifices communique avec le fond dela coupe intérieure , et l'autre avec le fond de la coupe extérieure : il est aisé de masquer ces orifices. Lorsqu'on verse un liquide dans la coupe intérieure, il s’y maintient, pourvu qu’on ne dépasse pas une certaine hauteur. Alors on présente la coupe à une personne, et l'on fait en sorte qu'elle la porte à sa bouche en l’inclinant d’un certain côté, celui vers lequel se trouve le coude du siphon, le liquide atteint ce point de lPinstrument ; l'écoulement s’établit, et la coupe se vide par le pied, quoi que fasse la personne qui la tient.
TEYSSÈDRE
COUPE-GAZON. Deux instruments portent ce nom : le premier est un grand couteau emmanché en biais ; le second est un disque d’acier coupant , tournant sur un tourillon. Tous deux agissent en glissant le long d’un cordeau ; le premier est en usage en Suisse, et le second en Angleterre. Ce dernier est prompt et économique pour faire des rigoles propres à l'irrigation des prés. Il fait rapidement les deux tranchées qui indiquent la largeur des rigoles dont on enlève ensuite les terres à la bêche.
COUPE-GORGE, lieu écarté, obscur, désert, passage dangereux à cause des voleurs; tripot, mauvais lieu, maison de jeu clandestine, tapis franc, endroit où il est périlleux d’aller, On emploie aussi cette expression en remplacement de celle de coupe-cul au lansquenet, lorsque celui qui donne ne fait pas une seule carte et amène la sienne la première. On dit aussi jouer à coupe-cul, pour exprimer l'action de ne jouer qu'un coup, une partie, sans donnet revanche. «
COUPELLATION , action de mettre un métal à la coupelle, dans le but de séparer au moyen du feu l'or
COUPELLATION — COUPEROSE
el l'argent des autres métaux avec lesquels il sont unis, et particulièrement du cuivre. Quand, par exemple, on veut connaitre la quantité de cuivre qui peut être contenue dans
un lingot d'argent, on met du plomb dans une coupelle ;
on expose le tout au feu, sous une moufle; on prend un
petit morceau de l’alliage, et après l'avoir enveloppé dans
du papier, on le jette dans le plomb fondu ; on pousse le feu, l’alliage fond, et il se forme des oxydes de plomb et de cuivre dont une partie se volatilise, et le reste passe dans les pores de la coupelle, laquelle peut-être considérée comme une sorte de filtre : dans cette opération, il arrive un instant qu’on appelle l'éclair, où le bain prend une couleur brillante, et c’est alors que la séparation complète des matières a lieu. Le petit morceau d’argent pur qui reste dans la coupelle s'appelle bouton. Quand on opère dans de grandes coupelles, les oxydes de plomb s’écoulent par une échancrure qu’on approfondit à mesure que la surface des matières fondues descend. TEYSSÈDRE.
COUPELLE. Les chimistes appellent de ce nom un vase en forme de rnortier dont ils font usage pour séparer, au moyen du plomb, un métal allié avec de l'or, de largent, ete. Il y a deux sortes de coupelles, les petites et les grandes. Les petites coupelles ont quelques centimètres de diamètre, celui des grandes peut avoir jusqu’à un mètre. Les petites coupelles se font avec des os calcinés, broyés à un degré convenable et lavés à plusieurs reprises avec de l’eau de rivière. On comprime cette poudre dans un moule de cuivre composé de trois pièces, et le petit vase en sort tout formé ; il est indispensable que la porosité de ses parois n’excède pas une certaine limite; l'expérience et l'habitude font trouver le degïé convenable. Les grandes coupelles s'établissent sur un fond de terre, de brique, etc. Leur intérieur est couvert d’une couche d’os calcinés, de cendres lessivées, ou de terres argileuses mêlées de cendres ; cette couche est fortement foulée. On couvre les grandes coupelles d’une plaque de tôle enduite d’une couche épaisse d’argile,
Dans la fabrication des coupelles d’os calcinés ou de cendres de bois, on humecte les cendres afin de pouvoir donner au vase la forme convenable; comme dans l’usage qu’on fait des coupelles un reste d'humidité pourrait faire jaillir du plomb et occasionner des fentes aux coupelles, il faut les sécher entièrement : on atteint ce but en les faisant rougir sous la moufle dans un fourneau d’essai. Les coupelles faites avec des os calcinés exigent un quart d'heure, tandis que celles de cendres de bois demandent une heure de chaleur rouge pour les priver de toute humidité.
COUPER. En termes de marine, couper un câble est une manœuvre forcée, qui s'exécute en coupant le câble sur la bifte (assemblage de charpentes qui sert à tourner les câbles d’un vaisseau à l'ancre) à coups de hache; ce qui a lieu quand il faut appareiller sans délai, soit par la force du vent ou de la marée, soit dans une manœuvre désespérée, en virant vent devant près de la côte. Couper un mdt est une opération qui se fait également dans un danger imminent, soit sous voiles , soit à l'ancre, et qui demande beaucoup de dextérité et de précaution pour ne blesser personne. A la mer, on commence par couper les haubans de sous le vent; ensuite, on donne quelques coups de hache
. au mât, vers le vent, en pénétrant à peu près au quart de
son diamètre : on coupe alors tout aussitôt leshaubans du vent et l’étai le dernier; le mât, abandonné à lui-même, cède à trois ou quatre coups de hàche, puis la bande du vaisseau et la force du vent déterminent la chute sous le vent. Il est plus difficile de couper sur rade, car le mouxement du tangage tend à faire tomber le mât en arrière, <e qui est fort dangereux et peut produire des accidents grayes. On doit en cette circonstance garder l’étai, que l’on ne Coupe qu'après la chute du mât, et couper celui-ci du côté opposé à celui sur lequel on veut le faire tomber. Enfin, on
coupe le gréement d'un ennemi en lui tirant à mitraille dans sa mâture.
On dit, par analogie, couper La terre, quand on l’aborde par la ligne la plus courte; on dit qu'on coupe la terre à un vaisseau quand on passe entre la terre et lui pour l’empêcher de l’accoster ou de s’y réfugier. On coupe un vaisseau quand on a sur lui une grande supériorité de marche ; on vire sur lui si l’on est sous le vent; dans le cas contraire, on porte sur lui en décrivant une courbe autour de lui, de manière à ce qu’il ne puisse échapper, et qu’on soit maître de lui passer sur l'avant et de l’approcher à volonté pour le reconnaître, lui parler ou le combattre. On coupe un ou plusieurs vaisseaux, quand on les sépare de leur armée et qu’on s'en empare. On appelle couper la ligne une manœuvre dangereuse pour celui qui la tente, et dont l’ennemi, s’il est bon manœuvrier, peut tirér un grand parti en la faisant tourner à son profit, et en trouvant la victoire là où un homme ordinaire rencontrerait une défaite assurée, « Si on veut empêcher l'ennemi de couper la ligne, dit M. de Morogues, ou rendre son entreprise inutile, l’armée se tiendra serrée, et si, malgré son intention, l'ennemi traverse, aussitôt que quelques vaisseaux auront pénétré, et avant que plusieurs aient mis à l’autre bord, l’armée virera toute en même temps, en sorte que, s’élevant au vent sur le même bord que les vaisseaux qui l’ont coupée, ceux d’entre eux qui se trouveront dans la ligne ennemie lors de ce mouvement seront entre deux feux, et bientôt désemparés; et ceux qui auront traversé les premiers seront eux-mêmes coupés et séparés du reste de leur armée, qui n’aura pas d'autre manœuvre à faire que de se mettre aussi à l’autre bord pour chasser l'ennemi au vent et ne point abandonner ses vaisseaux, qui de leur côté feront en sorte de rejoindre leur ligne. »
Couper l'équateur, c’est passer d’un hémisphère dans un autre, en traversant l'équateur. Couper La lame se dit quand la pointe du vaisseau fend le milieu de la lame, et passe au travers. On coupe égalernent l’eau oula lame d’eau en nageant. Enfin, couper chemin, c’est tirer un coup de canon à boulet en avant d’un vaisseau chassé. C’est un ordre à ce vaisseau de s'arrêter pour être arraisonné (lui demander qui il est, d’où il vient, où il va). S’il n’obéit pas, il annonce qu’il veut faire résistance, et dès ce moment le combat commence, si c’est un ennemi.
COUPE-RACINES, instrument qui sert à couper en
: tranches les racines fraîches que l’on donne aux bestiaux.
On en trouve de différentes formes chez les marchands d'instruments. Un des plus simples est une lame en fer de la forme d'un $S, emmanchée d’un bâton de plusieurs décimètres de longueur. Les racines étant posées à terre, ou mieux encore sur un assemblage carré de planches , on les coupe aussi menu que l’on désire en faisant agir le couperacines comme si l’on voulait les piler.
COUPERET , sorte de hachette, très-large couteau de cuisine, de boucher, de bûcheron, qui sert particnlièrement à débiter la viande. Le fer de la guillotine a de la ressemblance avec un couperet.
COUPEROSE. Trois sels métalliques sont connus en médecine, dans les arts et dans le commerce, sous le nom de couperose. Tous trois offrent une combinaison chimique de l’acide sulfurique avec une base. Ce sont : 1° le sulfate de zinc; 2° le sulfate de cuivre, et 3° le sulfate de fer. Le premier de ces sels n’a guère d’usages que dans la pharmaceutique ; les deux autres, et principalement le sulfate de fer, sont fort employés dans les arts,en même temps que dans la médecine.
Couperose blanche, vitriol blanc, vitriol de Goslar; sulfate de zinc. Ce sel fut découvert en Allemagne vers le milieu du dix-septième siècle. Henkel et Neumann y démontrèrent les premiers la présence du zinc, et Brandt en détermina exactement la composition. On prépare le plus
généralement le sulfate de zinc en faisant griller la mine de zinc sulfurée que les minéralogistes ont appelée blende, et qui est ordinairement mêlée, en petites proportions, de sulfures de fer, de cuivre et de plomb; le grillage oxyde le soufre du sulfure, et il en résulte des sulfates de zinc, de fer, de cuivre, de plomb; on lessive la masse, on laïsse déposer les solutions, puis on les concentre jusqu'au point où la liqueur se prend en masse par le refroidissement. On coule alors dans des moules coniques ; le sulfate de zinc se prend en une masse dure,
. blanchâtre, qui exposée à l'air ne tarde pas à être parsemée
de quelque taches jaunes ; ces taches sont dues à la présence du sulfate de fer, qui absorbe l'oxygène de Pair et passe à l’état de trito-sulfate. Pour purifier le sulfate de zinc des autres sulfates qu’il contient, on fait bouillir sur de Voxyde de zinc. Celui-ci précipite les autres métaux de leur solution, en s’emparant de leur acide : on filtre la liqueur, ou on la laisse déposer; on fait évaporer, puis on décante le liquide clair dans des terrines, où il cristallise par refroidissement. Les cristaux de sulfate de zinc sont blancs, transparents; ce sont des prismes à quatre pans, terminés par des pyramides à quatre faces ; deux des bords opposés du prisme sont ordinairement remplacés par de petites faces qui les rendent hexaèdres; souvent aussi la cristallisation, opérée rapidement, est confuse et irrégulière, quoiqu’elle offre des cristaux assez volumineux. On peut encore obtenir le sulfate de zinc en faisant agir directement l’acide sulfurique fort étendu d’eau sur du zinc pur. Quel que soit ie mode de fabrication, la coupérose blanche est d’une saveur âcre, styptique , soluble à froid dans deux fois et demie son poids d'eau; elle s'effleurit à l'air; étant chauffée, elle se fond dans son eau de cristallisation. La consommation qu'on fait de la couperose blanche est très-minime ; elle n’est guère employée que dans la thérapeutique. On l’administre à l’intér'eur commeastringent, à l’extérieur dans des collyres pour les yeux, On l’employait autrefois comme émétique, pour exciter le vomissement. Le tartre stibié lui a été substitué dans ce cas avec avantage.
Couperose bleue, vitriol bleu, sulfate de cuivre. Ce sel est rarement formé par la combinaison directe de ses constituants; mais on l’obtient, soit par l’évaporation des eaux minérales qui le contiennent, ou en acidifiant le sulfur: de cuivre natif, par l’exposition à l’action de l’air humide, ou en brûlant son soufre à une température élevée. Quand le sulfate de cuivre est pur, il est d’une couleur bleue foncée; il cristallise généralement en rhomboïdes allongés. 11 s’effleurit légèrement à l'air, et cette efflorescence. est d'un blanc verdâtre; il est soluble à froid dans quatre parties d’eau, insoluble, comme la plupart des sulfates, dans lalcool; par la chaleur, il perd d’abord son eau de cristallisation et ensuite tout son acide. Le sulfate de cuivre à une saveur forte, styptique et métallique, et on s’en sert en médecine, principalement à l'extérieur, comme escarotique, pour ronger-les bords calleux et les excroissances fongueuses, comme un topique stimulant sur les ulcères de mauvais caractère, et comme styptique sur les parties saignantes. Pris à l'intérieur, il agit, à très-petites doses, comme un puissant émétique. 11 a cependant été donné, peut-être témérairement, dans la phthisie pulmonaire au premier degré, dans quelques fièvres intermittentes et dans Pépilepsie.
Couperose verte, vitriol de fer ou de mars, vitriol d'Angleterre, sulfate de fer (proto-sulfate). Le sulfate de fer du commerce s'obtient ordinairement par l'oxydation spontanée des sulfures de fer naturels, et subséquemment par lexiviation et cristallisation : dans ce cas, il n’est jamais parfaitement pur et souvent il contient du zinc, ou du cuivre, ou du sulfate d’alumine. Le cuivre peut en ‘être séparé en "inettant dans sa solution un peu de fer métallique, Inais nous n'avons aucun moyen de séparerle zinc : c’est pourquoi, dans la vue d'obtenir le sulfate de fer à l'état de pu-