COLOMB
dans l'ile de Cuba, où ilarriva le 19 janvier 1796, et où il fut déposé en grande pompe dans la cathédrale de la Havane. Un magnifique monument lui a été élevé dans l’église des “chartreux de Séville, avec cette inscription :
A Castilla y a Leon Nuevo mundo dio Colon.
Colomb laissa deux fils: Diego, qui hérita de ses titres et
de ses droits, et Ferdinand, qui a écrit une courte mais intéressante biographie de son père. Elle a été imprimée dans les Historiadores Primitivos de Barcia (tome 1°; Madrid, 1749). Voir aussi Navarete, tomes I et JI de ses Viages de los Españoles (5 vol. ; Madrid, 1825-1837), où figure le Journal du premier voyage de Christophe Colomb, écrit par Aui-même; livre aussi intéressant qu'important, qui a été reproduit en français avec des notes de Rémusat, Balbi, Cuvier, etc. ( Relation des quatre voyages entrepris par Colomb, suivie de diverses lettres et pièces inédites [3 vol., Paris, 1824 |). Les biographies les plus récentes de Chris- ‘“tophe Colomb sont : Vi£a di Columbo, par Bossi (Milan, 1818; trad. en franç., Paris, 1824); Life and Voyage of Colombus, par Washington Irving (4 vol., Londres, 1828); Vita di Colombo, par Sanguinetli (Gênes, 1846); Select letters of Columbus (Lond., 1849, in-8); Vie el voyages de Colomb, par Roseliy (Paris, 1856, 2 vol.). On trouvera les discussions provoquées par les documents originaux défectueux relatifs à Christophe Colomb, exposées dans l'Examen critique de l'Histoire de la Géographie, etc., par M. de Humboldt (Paris, 1834-1835),
COLOMBAIRE (columbarium). C'était le lieu où les Romains déposaient les urnes cinéraires d’une même famille, Les vases appartenant à une famille aisée étaient réunis en un même caveau, dans des niches pratiquées à la muraille ; ils y étaient rangés par étages, et scellés dans un ordre méthodique. Une inscription tracée sur chaque urne apprenait le nom de la personne dont elle renfermait les cendres. La similitude de ces niches, dans leur disposition, avec celles qu’on destinait aux pigeons pour faire leurs nids , fit donner à ces monuments le nom de columbarium. Leur forme extérieure n'avait rien de remarquable, et ils n'étaient éclairés à l’intérieur que par la lueur des lampes qu’on y tenait allumées dans les cérémonies des funérailles. Le co/umbarium . de la famille Pompeia est un des plus beaux monuments que
le temps ait conservés ; celui de la maison de Livie, c'est-àdire de ses officiers, de leurs femmes et de leurs enfants, est aussi très-remarquable, Le P. Montfaucon a fait graver le dessin d’un colombaire.
Champollion le jeune a popularisé, par une spirituelle allusion, l'emploi du mot dont il s’agit , en qualifiant du titre de Columbarium de l'Histoire égyptienne le réduit poudreux et négligé d'un musée où le hasard lui avait fait découvrir, entassés parmi d’autres papyrus, des documents hiéroglyphiques du plus haut intérêt pour lesannales de l’antienne Égypte. Nestor L'HôrE,
COLOMBAN (Saint), né en Irlande, vers l'an 560, devint moine dans le monastère de Benchoe, dirigé par saint Commogelle, et se rendit à l’âge de vingt ans, avec douze compagnons en Bretagne et en France, où il obtint la faveur toute particulière du roi Sigebert d’Austrasie, En Bourgogne il fonda les monastères de Lu xeuil et de Fontaine, où se rendaient des religieux de tous pays jaloux de vivre sous sa règle. I1y passa vingt années, objet d’une considération t} extrême, même de la part du roi Thévdoric, cousin de Sigebert. Mais, ayant osé adresser à ce prince des reproches au sujet de sa vie licencieuse, il fut banni, à la demande de Brunehaut, grand'mère de ‘rhéodoric. 11 se rendit alors avec Gallus, qui plus tard fonda le monastère de Saint-Gall, à Bregerz, sur les bords du lac Constance , et trois ans plus {ard en Italie, où, de l'aveu du roi des Lombards, il fonda le Monastère de Bobbio, et où il mourut, en 615, Son ordre se
COLOMBF
réunit au neuvième siècle avec celui des Bénédictins. Saint Colombanarendit de grands services à la discipline des couvents, de même qu'à la propagation du christianisme. Ses lettres à Grégoire 1°" ct à Boniface IV témoignent de ce qu'il y avait de générosité et de courage dans son caractère. Il existe une édition de ses œuvres, publiée par Flemming (Louvain, 1667). L'Église célèbre sa mémoire le 21 novembre.
COLOMBARS. Voyez CoLomBE.
COLOMBE. Le genre columba de Linné, regardé par certains auteurs comme appartenant à l’ordre des oiseaux gallinacés, et qui a été pris par d’autres pour type d’un nouvel ordre, semble former le passage des gallinacés aux passereaux. Les espèces qu'il renferme habitent sur tous les points de la terre: elles sont plus nombreuses dans les climats chauds que vers le Nord, où on en voit seulement quelques-unes en été. Elles ont le bec voûté, les narines percées dans un large espace membraneux et couvertes d’une écaille cartilagineuse, qui forme un renflement à la base du bec; leur sternum est osseux et leur jabot fort dilaté; toutes ont les doigts libres et sans membrane, la queue à douze pennes et le vol étendu. Elles vivent constamment en monogamie, nichent sur les arbres et dans les creux des rochers, et ne pondent qu’un petitnombre d'œufs, ordinairement deux, que le mäle et la femelle couvent successivement : leurs pontes se répètent plusieurs fois dans la même année. Ces oiseaux nourrissent leurs petits en ieur dégorgeant des graines macérées dans le jabot; quelquesuns d’entre eux, sans être tout à fait réduits en domesticité, sont, pour ainsi dire, devenus nos tributaires ; ils viventautour de nous en captifs volontaires; d’autres sont asservis sans retour, et ce n’est que par nos soins qu'ils peuvent perpétuer leur race,
Le genre des colombes, qui comprend tous les oiseaux que l’on désigne vulgairement sous le nom de pigeons, peut être subdivisé en trois sous-genres, tous trois indiqués par Le Vaillant, et qui sont : celui des columbi gallines , celui des vraies colombes et celui des colombars : les premières se rapprochent plus encore que les autres des #allinacés, et sont caractérisées par leurs tarses élevés et leur bec grêle et flexible; elles vivent en troupes, cherchent leur nourriture à terre et ne se perchent point. Leur taille est assez considérable ; nous citerons entre autres le goura, ou pigeon couronné de l'archipel des Indes ( columba coronata de Gmelin), qui est tout entier d’un bleu d’ardoise, avec un peu de blanc et de marron à l'aile; sa tête est ornée d’une huppe de longues plumes effilées; ce bel oiseau se trouve à Java, ainsi que dans lesiles voisines; dans certains endroits on l’élève dans les basses cours.
Les vraies colombes, ou pigeons ordinaires, ont les pieds plus courts que les précédents, maïs le bec grêle et flexible comme le leur. Les espèces sont extrêmement nombreuses ; l'Europe n’en possède que quatre à l’état sauvage; ce sont leramier, le colombin ou petit ramier, le biset ou pigeon de roche, etlatourterelle; on voit aussi dans quelques contrées, mais seulement à l'état domestique, la lourterelle à collier ou rieuse, qui est originaire d'Afrique. Onne connaît que quelques espèces du sous-genredes colombars. Elles appartiennent à la zone torride de l’ancien continent. Ces oiseaux se reconnaissent à leur bec, gros, de substance solide, et comprimé sur ses côtés, à leurs farses, courts, et à leurs pieds larges ; ils vivent tous de fruits, On les trouve dans les grands bois. P. Gervais.
La colombe, célébrée par les poëtes, joue un grand rôle
dans l'antiquité, C’élait l'oiseau favori de Vénus. La déesse la portait à la main, l’attachait à son char, et prenait souvent sa forme, Jupiter fut nourri par des colombes, fable dont on attribue l’origine à ce qu'en phénicien colombe signifie prétre ou curèle. Il est fait mention de deux colombes fameuses 1 ne s’ nvola du côté de Dodone sur un