‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 49 sur 607 · COLOMBE — COLOMBIE · texte numérisé non relu

COLOMBE — COLOMBIE

. chêne , auquel elle donna la vertu de rendre des oracles ; l'autre s’en alla en Lybie, où ellese plaça entre les cornes un bélier, d’où elle publia ses prophéties. Celle-ci était blanche, l’autre était d’or. La colombe d'or, qui avait transmis le don de prophétie aux arbres, ne le perdit pas pour cela. On lui faisait des sacrifices, et ses prêtres vivaient dans l'abondance. Ce fut elle qui annonça à Hercule sa fin malheureuse, La colombe, enfin, était le seul oiseau qu'on laissât vivre aux environs du temple de Delphes. Après la mort de Sémniramis, on publia que cette reine s'était envolée sous la figure d’une colombe, et dès lors les colombes furent consacrées parmi les Assyriens, qui les portèrent dans leurs enseignes. C'est à ce respect pour ces oiseaux, peints dans les étendards des Assyriens, que fait allusion l’£criture Sainte, dans l'endroit où il est dit : Fugile a facie gladii columbæ. Les habitants d’Ascalon avaient un souverain respect pour les colombes : ils n’osaient ni en tuer ni en manger, de peur de se nourrir de leurs dieux. Philon assure qu'il avait vu dans cette ville un nombre infini de colombes qu'on nourrissait, et pour lesquelles on avait une vénération particulière. Tibulle a très-heureusement exprimé ce respect des Syriens pour les colombes, dans ces deux vers :

Quid referam, at volitet crebras intacta per urbes Alba palæstino saneta columba Syro.

Ce respect, cette vénération pour la colombe, avait passé chez quelques nations modernes, et il n’y a pas longtemps encore que les Russes se seraient fait scrupule de se nourrir de la chair de cetoiseau, qu'ils regardaient comme sacré, le Saint-Esprit s'étant montré sur la tête du Sauveur sous la forme d’une colombe quand il fut baptisé par saint Jean. Depuis en effet on a constamment représenté le Saint-Esprit sous cette forme. Ce fut aussi une colombe qui sortitla première de l'arche après le déluge, et quirapporta à Noéune branche d'arbre, à la vue de laquelle il comprit que les eaux s'étaient retirées de la terre. La loi de Moïse ordonnait que les femmes apportassent au temple une paire de colombes lors de leur purification. Enfin, l’Écriture parle en plusieurs endroits de la simplicité de la colombe unie à la prudence du serpent. À

Si la colombe était en sigrande vénération chez quelques nations, d’autres avaient des idées bien différentes sur cet oiseau : les Perses, par exemple, regardaient surtout les colombes blanches comme des oiseaux de mauvais augure; ils les détestaient. Persuadés que le soleil les avait en horreur , ils n’en souffraient point, dit Hérodote, dans leur pays.

Aulu-Gelle raconte qu'Archytas,de Tarente, avait construit une colombe artificielle qui volait d’elle-même.

On donne encorelenom deco/ombe, en termes de charpente,

à toute solive posée debout dans les cloisons et pans de bois pour la construction des maisons et des.granges. En terme. de layetier, c'est un instrument percé à jour comme le rabot, et garni d’un fer tranchant destiné à dresser le bois. Les tonneliers appellent de même une sorte de grande varlope renversée, dont ils se servent pour pratiquer des joints au bois. Enfin, c’est le nom de l’une des constellations de la partie méridionale du ciel. Edme HÉREAU.

COLOMBE (Mlle), actrice célèbre de la Comédie italienne au siècle dernier, naquit à Venise, en 1757, et mourut octoginaire à Paris, en 1837. Amenée fort jeune en France, elle fit d’abord partie du corps de ballet. Ses débuts dans Les rôles d'antoureuse eurent lieu en 1772 dans le Huron, et ils furent si brllants qu’elle passa aussitôt chef d'emploi. Elle avait, nous dit Grimm, une voix charmante et de grands yeux, les plus beaux du monde. COLOMBEL (Nicoras), peintre français, né en 1646, à Sotteville, près de Rouen, et mort à Paris, en 1717, fut élève de Lesueur, et est le seul artiste distingué qu’ait produit l’école de ce grand peintre. 11 fit un long séjour en

DICT. DE LA CONVERS. — T. VI

Italie, où il étudia surtout les œuvres de Raphaël et du Poussin : il en fit des copies estimées. Son tableau de Rhea Sylvia et Mars, qui fait partie de la collection du Louvre, lui ouvrit les portes de l'Académie de peinture en 1694. Ses tableaux sont froids, mais d'un goût (rès-pur; la perspective en est savante et les fonds d'architecture magnifiques. Plusieurs appartements de Versailles furent décorés par cet artiste.

COLOMBELLE, série de coquilles univalves marines, confondues par Linné parmi les volutes, et dont Lamarck a fait un genre pour dix-huit espèces seulement, au nombre desquelles se trouvent des mitres. Ce genre s'élant accru d’un nombre considérable d'espèces nouvelles, nous avons dû les grouper dans l’ordre naturel de leur construction, et les diviser en quatre séries, dont la première comprend toutes celles dont le dernier tour est lisse sur la presque totalité; dans la seconde ne figurent que celles qui sont complètement striées; la troisième est composée des espèces ayant des côtés à la manière des harpes; enfin, la quatrième et dernière, que nous avons nommée colombelles élancé’s, diffère des autres par une spire beaucoup plus longue et fort aiguë, comme l'ont certaines mitres et quelques fuseaux. Les caractères principaux que nous avons assignés aux colombelles reposent sur un renflement ou dépôt de matière testacée à l'intérieur du bord droit, et dans la présence d’un sillon canaliforme à la base de la columelle, persistant dans quelques espèces jusqu'aux premiers tours de la spire. La colombhelle pelite harpe, dont la grosseur ne dépasse pas celle d’une petite noiselle, se vend une livre sterling à Londres.

Duccos.

COLOMBES, commune de France (Seine), à 10 kilom. nord-ouest de Paris, avec 3,508 habitants, près de la bifurcation des chemins de fer de Saint-Germain et de Rouen. Il y a quelques fabriques.

COLOMBIE. Voyez CoLumera.

COLOMBIE (Colombia), république fédérative de l'Amérique méridionale, qui en 1831 s’est divisée en Lrois républiques indépendantes : la Nouvelle-Grenade, Venezuela et l’'Équateur, et qui depuis 1861 s’est réorganisée avec les Elals qui composaient la Nou velle- Grenade. L'ancienne confédération comprenait toute la vice-royauté espagnole de la Nouvelle-Grenade ainsi que la Capitainerie générale de Caracas, c’est-à-dire l'immense territoire qui embrasse le nord-ouest de l'Amérique du Sud entre les deux Océans. L’élendue et le défaut d'entente des pays qui la composaient amenèrent sa dissolution; nous ne nous en occuperons qu’au point de vue historique el parce qu’elle fut le berceau de l'indépendance des colonies espagnoles. La confédération actuelle, qui, quoique formée d’eléments moindres, a gardé le nom de Colombie, conlient la Nouvelle-Grenade tout entière. Elle s'étend sur une superficie d'environ 6,117 myriam. carrés, et a pour limites le Nicaragua et le golfe du Mexique au nord; l'Océan Pacifique à l’ouest ; lÉquateur et le Brésil au sud ; le Venezuela à l’est. La ligne équätoriale la traverse; la chaine des Andes, divisée en (rois cordilières, la parcourt du sud au nord. Le climat, dans l’intérieur du pays, est agréable et sain; à Bogola et dans le Popayan on jouit d’un printemps perpétuel. Les fruits d'Europe s’y marient à ceux des tropiques. Les gisements d’or, d'argent, de platine, de cuivre, de fer, de houille abondent. Sur les côtes on pêche l’huitre à perle et la nacre. La Colombie est divisée en neuf États fédérés : Antioquia, Bolivar, Boyaca, Cauca, Cundinamarca, Magda!'ena, Panama, Santander et Tolima. Bogota, capitale des États-Unis, forme un district fédéral. La populalion était estimée en 1864, d’après des données incertaines, à 2,794,473 habitants d’origine européenne, outre les Indiens dont le nombre ne dépassa t pas 170,000.

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