‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 483 sur 607 · COUR — COURAGE · texte numérisé non relu

COUR — COURAGE

Pétersbourg devint toute française : on s'y amusait noblenent, poliment, comme à Versailles. La maitresse y avait aussi ses petits appartements, mais avec toute la politique virile de Richelieu ou de Pierre le Grand. Quel courtisan que ce Potemkin, qui sur nous ne savons combien Je verstes de pays improvisa pour Catherine une Crimée en pleine culture, comme on change à yue une décoration d'opéral La cour de Marie-Thérèse n’était pas aussi sans agréments : cette cour nous donna la vive et sémillante Marie-Antoinette, cette reine d’abord si jeune, si folle, et plus tard si grande dans l'infortune.

Les niveleurs de 1789 à 1793 croyaient avoir détruit de fond en comble la vieille cour. Is ont passé bien vite, ces gens qui eurent successivement pour courlisans le noble peuple qui fit le 14 juillet et défit la Bastille, puis ki canaille, Les pourvoyeurs .de la guillotine, voilà quels éaient les courtisans en veste des Robespierre, des Dantonet des Marat. Après eux, la cour de la régence, avec quelques vices de moins, se retrouva dans les salons du Directoire. La cour de Louis XIV se refit avec des proportions rowaines sous Napoléon. fl tomba, et Louis X VIIL recomposa avec de vieux débris une sorte de cour qui ne manquait pas de décence : malgré ses infirmités, on peut dire qu'il u'y représeutait pas mal. Napoléon cependant avait autour de lui, à Sainte-Hélèue, les plus respectahles des courtisans, ceux du malheur, Dieu sait ce qu'est devenue la cour de Charles X! Au jour de sa disgrâce trouva-t-il un seul courtisan pour le défendre? En 1830 on vit, comme en 1793, certains personnages se faire un instant les humbles courtisans du peuple; mais ce culte pour l'idole de Juillet dura à peine quelques semaines. Bientôt ceux qui flallaient le kon populaire pour l’endormir se tournèrent vers une autre idole. Mais pouvait-on dire qu'ils formassent une cour ay roi-citoyen ? Charles Du Rozorn.

La république de 1848 a eu ses cowrlisans comme sa sœur aînée : administrateurs, officiers généraux, magistrais, prêtres même, n’ont pas manqué aux salons de MM. de [amartine et Ledru-Rollin, des généraux Cavaignac, Courtiis et Clément Thomas, et même à ceux des citoyens Caussi- Jdière et Flocon. Quand le vent a tourné du côté de la P:ésidence, on les y a retrouvés non moins assidus, non moins empressés; ils n'ont pas fait davantage défaut aux Tuileries après la résurrection de l'empire, dont la cour devint en miniature Le calque déteint de celie du grand conuérant,

COUR. Ce mot, synonyme de tribunal, vient du latin curia, curie, assemblée où se discutaient les intérêts de l'État, Cour s’entendait aussi, comme on l’a vu, de la résidence du souverain (aula), et de là venait le nom composé cour aulique, tribunal où le souverain siégeait luimême. Dans les temps modernes, cetitre de cour aété attribué aux parlements, qui parfois s'occupaient des affaires publiques. Cette qualification s’est étendue plus tard, et a été généralement appliquée aux tribunaux jugeant souverainement. Pendant la Révolution il n’y eut plus de cours de justice, il n’y eut que des tribunaux; on disait tribunal d'appel, tribunal de cassation, Napoléon croyait à l'influence dés mots sur les institutions : les peuples avaient gardé le souvenir de cette dénomimtion de cour, sous laquelle ils avaient connu les grands corps demagistrature, et, par le sénatus-consulte du {8 mai 1804, il crut devoir rendre ce titre au tribunal de cassation ainsi qu'aux tribunaux d'appel et de justice criminelle, Depuis, et par la loi du 20 avril 1810, les cours d'appel reçurent le nom de cours impériales, les cours de justice criminelle furent supprimées et leurs attributions réunies à celles des cours impériales ; des cours d’as sises, qui n'étaient à vrai dire qu'une section des cours impériales, leur furent substituées. En 1814, les cours de vinrent royales; et en 1848 elles reprirent le nom de cours d'appel; après 1852 clles furent de nouveau im-

périales jusqu'en 1870, où elles sont redevenues cours d'appel; mais si les cours changent de nom, les magistrats sont inamovibles, La courdes comptes fut instituée pour remplacer les anciennes chambres des comptes.

On reconnaissait autrefois d’autres tribunaux auxquels le titre de cour était accordé : telles étaient les cours des aides, les cours des monnaies. La cour d’Église était une juridiction ecclésiastique exercée autrefois par le clergé en matière temporelle sur les ecclésiastiques et sur les laïcs ; Ja cour des maréchaux ou connétablie, qui connaissait de toutes les affaires ayant trait au point d'honneur, et jugeait les personnes impliqués dans des duels. Toutes ces différentes juridictions , ainsi que celle qui est connue sous le nom de cour prévotale, tribunal militaire dont les fonctions appartenaient autrefois à la maréchaussée ou gendarmerie, et qui à été rétabli un instant, sous d’autres formes, dans les premières années de la Restauration ; toutes ces juridictions, disons-nous, ont été supprimées, et, à l'exception des conseils de guerre, que l’on appelait autrefois cours martiales, il w’y a plus d’autres cours ou tribunaux que ceux dont l'existence régulière et permanente est consacrée par les lois générales du pays. Sous la monarchie copstitutionnelle, La cour des pair s connaissait des crimes de haute trahison et d’attentats contre la sûreté de l'État. Ces crimes rentrèrent, depuis 1848, dans les attributions de la haute-cour de justice.

On appelle cour souveraine un tribunal supérieur et de premier ordre qui connaît souverainement et sans appel des matières de sonressort, La cour decassation et la cour des comptes sont aujourd’hui lesseuls tribunaux auquels on puisse donner ce nom. Ii yen avait autrefois un bien plus grand nombre ; tels étaient les parlements, le grand conseil, les chambres des comptes, les cours des aides, les cours des. inonnaies et les conseils supérieurs établis dans quelques provinces, comme en Alsace, en Roussillon, etc.

COUR (Fou de). Voyez Fou pe Cour.

COUR (Haute). Voyez HaurTE Cour DE Jus21CE.

COURAGE. On attache toujours à l’idée que ce mot exprime celle d’une disposition dans un individu à agir d'une manière hardie et difficile, à braver les dangers et les obstacles. Il en est de ce sentiment comme des talents ou des facultés intellectuelles particulières : on trouve des individus qui possèdent le courage à un très-haut degré et d’autres à un degré excessivement faible ; et entre ces extrémités il y a uneinfinité de nuances en force et en activité. Examinez les enfants du peuple , lorsqu’ils sont entre eux ; vous verrez qu'il y en à qui provoquent partout des disputes et des rixes, qui aiment le danger et cherchent continueliement à faire preuve de leur courage, et qu'il y en a d'autres qui sont pacifiques, timides, qui fuient le danger et sont regardés avec mépris par les premiers, qui les appellent des poltrons. Ce n’est pourtant ni l'éducation ni l'influence des circonstances extérieures qui ont fait cette différence de caraclères. De pareils hommes sont tels que la nature les a faits : chaque individu s’abandonne sans réserve à ses penchants ; et toutes ses actions portent l’empreinte de son organisation. Ce fut en comparant l’organisation cérébrale de ces deux classes d'hommes, braves et poltrons, que Gall découvrit que les premiers ont la tête, immédiatement derrière et au niveau des oreilles, beaucoup plus large que les poltrons.

On demande quel a pu être le but de la nature en donnant aux hommes le penchant à la rixe? On a trouvé que la faculté fondamentale n’est pas le penchant à se battre, mais simplement un instinct à la défense de soi-même et de sa propriété. En effet, la nature ne pouvait pas laisser les hommes et les animaux individuellement exposés à toutes sortes d'attaques de la part des êtres qui les environnent sans leur donner l'instinct de la défense, C’est là une fa culté commune et générale ; mais lorsque l'organe qui sert à la manifestation de cette faculté est irès-développé et très

actif, alors on ne se contente pas seulement de se défendre ; ou sent le besoin d’exercer cette même faculté, et l’on va jusqu’à chercher querelle et à provoquer les autres. L’instinct de sa propre défense est commun aux hommes et aux animaux. On accuse certains animaux, dit Gall, de manquer de courage, parce qu'ils se montrent craintifs dans des cas où il se volent assaillis par une force supérieure. Dans cette manière de voir, il n’existerait en général que de la témérité, et nulle part du véritable courage. Parmi les carnassiers, le chien est sans contredit l’un des plus courageux. Tant qu’il n’a point éprouvé la supériorité du lion, du tigre et du bison, il les attaque sans balancer; mais échappé à ce combat inégal, qui l’expose à une mort presque certaine, il fuit à l’approche de ces redoutables animaux. Le lièvre, le pigeon et d’autres animaux ne sont nullement craintifs, comme on le croit. Voyez-les se battre les uns contre les autres; ils se blessent, ils s’arrachent des lambeaux de peau; leur combat est quelquefois très acharné, Les animaux carnassiers n’ont pas plus de courage que les frugivores. Les chasseurs n'ignorent pas que le loup, à moins qu’il ne soit excité par la faim, prend la fuite à l'approche du moindre danger. Le tigre, qui est d’une force incroyable, armé de dents et de griffes, à l'attaque inopinée duquel rien ne résiste, mauque d’un courage soutenu, A peine un troupeau de buffles le voit-il arriver à pas de loup que le taureau chef de la famille se détache, présente le combat au tigre, et d'ordinaire en est vainqueur, Le courage du chamois et du bouquetin sont connus; les chasseurs en sont souvent victimes. Si les animaux de proie, armés comme ils le sont, de griffes et de dents, étaient doués encore d’un courage téméraire , rien ne pourrait leur résister ; mais il n’y a d’ordinaire que la faim qui puisse leur faire risquer quelque coup hardi.

L'instinct de la propre défense est donc un instinct commun à tous les animaux; inais il n’est pas également actif dans toutes les espèces. Certaines espèces vivent en paix et en société; d’autres, au contraire, non contentes de repousser les attaques, sont en guerre éternelle avec leur propre espèce et avec les autres.

Les individus de toutes les espèces diffèrent entre eux relativement au courage , selon que l’organe de la défense de soi-même et de sa propriété est plus ou moins développé chez eux. Il y a de gros et de petits chiens qui évitent tous

les combats; il y en a d’autres qui ne demandent qu’à se !

battre, et qui attaquent avec audace le sanglier écumant du rageet le taureau furieux. Il y a des oiseaux très-courageur et” querelleurs; il y en a d’autres qui sont très-timides, Le

milan prend la fuite lorsqu'il se voit aux prises avec quelque |

corbeau. Parmi les rongeurs, il n’y en a pas qui égale le hamster pour le courage et même pour la témérité, tandis que le cochon d’Inde, qui est de la même taille, est trèspacifique et très-craintif, Une telle différence de mœurs ehez les animaux ne peut s'expliquer que par une disposition innée, et conséquemment que par l’organisation. C'est un fait positif que l'on ne peut dresser pour le combat un chien d’un naturel poltron. Un jeune chien inexpérimenté peut bien, semblable à un conscrit, témoigner d’abord de la crainte; inais à peine sera-t-il familiarisé avec le danger que ce sera un chien de combat tout formé. Lorsqn'un troupeau d'animaux sauvages se trouve menacé de quelque danger, c’est toujours le plus entreprenant qui se met à la tête; c’est toujours le mâle le plus courageux qui est le conducteur des troupeaux de bisons et de chevaux sauvages. Les mêmes différences ont lieu dans l'espèce humaine. Le penchant pour les rixes et les combats se manifeste souvent dès l’âge le plus tendre, indépendamment de l'influence de l'éducation,

Nous devons faire observer cependant, que l'influence des circonstances extérieures peut produire, spécialement sur l'homme, des résultats qui ne sont pas en rapport direct avec Les prédispositions des individus, Les actes chez

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