COURAGE
l’homme ne sont jamais l'effet d'une senle faculté mise en action , de l’activité d’un seul organe; mais elles sont le ré: sultat de l’influencce réciproque de toutes ses facultés. Ainsi, un organe naturellement très-faible peut être excité à une action plus énergique par des boissons stimulantes, par l'exemple, par l'espoir des distinctions, par l’amour de la gloire, par la nécessité même de se tirer d’un danger imminent: Mais, malgré cela, il y aura toujours une différence notable entre les individus naturellement courageux et ceux qui ne le sont que par circonstance. L'instinct de sa propre défense peut se trouver surexcité dans un individu indépendamment de toutes les autres facultés , et cette excitation peut dégénérer en monomanie. Les exemples de cette espèce d’aliénation mentale sont malheureusement très-fréquents,
Ily a des peuples qui sont plus portés aux combats et à la güerre que d’autres. Cette différence est due au climat, et surtout à l'organisation particulière des habitants du pays. Ceux qui admettent l'influence du physique sur le moral, croient encore généralement que c’est à la vigueur et au développement du cœur que l’homme et les animaux doivent leurs prélispositions au courage. D’autres pensent que le courage nât du sentiment de Ja force. Le cœur est un muscle destiné à lafonction principale de la circulation du sang; des observations récentes ont prouvé qu’il n’est pas vrai que les espèces timiles et faibles aient un cœur plus petit que les espèces courèigeuses, Le cœur du lièvre est beaucoup plus volumineux que le cœur du chat. Que si dans nos vives affections les fonctions du cœur se trouvent troublées, il en est de même de la couleur du visageet de la force des jambes, ét l’on ne s’est pas avisé de placer dans la couleur du visage où dans la vigneur des jambes le siége du courage. Quant au sentiment de la force, c’est encore une opinion démentie par les faits. II y a des hommes très-forts, et qui sont nonséulement pacifiques, maïs très-craintifs; et l’on voit, au contraire, des hommes très-grêles et lrès-faibles qui sont excessivement querelleurs et courageux.
Le penchant au combat et le courage ne sont pas la même close que le penchant à la cruauté et au meurtre. Les lâches et les poltrons sont ordinairement cruels, si le hasard les rend victorieux et leur donne la force dans les mains.
Le courage qui résulte de l'activité de l'organe de la propre délense est celui qui fait le bon militaire. Ce courage se maniféstera d'autant plus facilement que l'individu manquera de circonspection, qualité qui résulte également d'un organe particulier qui est dans le cerveau. Les étourdis courageux sont les plus propres à monter à l'assaut, ou à engager un combat; ils s’exposent sans calculer le danger et sans en tenir compte. Ce sont eux aussi qui engagent les premiers le combat dans une émeute ou dans les révolutions. La peur est une affection , un saisissement de l'organe de la propre défense, On peut être habituellement courageux et ressentir, éprouver de la peur, si le danger paraît évident. La po/tronerie, au contraire, est une disposition permanente dans un individu, Le poltron a peur quand même il reconnait qu’il n'y a point de danger imminent pour lui,
Il y a un genre de courage, le courage civil, beaucoup plus rare malheureusement que le courage militaire, qui ne vient pas de l'instinct de la propre défense, mais qui a sa source dans la fermeté du caractère. Les phrénologistes ont reconnu que le caractère de l’homme, la fermeté, la persévérance dans une entreprise ou dans une opinion adoptée, résultent d’une organisation particulière du cerveau, C'est celte qualité qui engendreles martyrs politiques et religieux, Des hommes ainsi organisés sont inébranlables dans leurs opinions et dans leurs résolutions : on les appelle courageux ; | ils sacrifient tout, la vie même, plutôt que de se plier à la volonté des autres. Cette qualité forme les grands hommes ou les grands criminels, selun que les idées, les opinions | ou les actions se portent sur des choses bonnes ouù mau=