COURBE — COURBET
3. L'hélice, laloxodromie, sont les plus simples exem: ples de courbes à double courbure. La partie de la géométrie qui traite de ces courbes est une des plus ardues. Aussi est-on frappé d’admiration lorsqu'on pense que Clairaut n'avait que seize ans quand il fit paraître ses savantes recherches sur ce sujet difficile. E. MERLIEUX. COURBET (Gusrave), peintre, né le 10 juin 1819, à … Ornans (Doubs), est le fils d’un petit agriculteur comtois. Il renonça à l'étude du droit pour se livrer à celle de la peinture; il étudia librement, à sa fantaisie et sans maître, travaillant à la fois d’après le modèle vivant et les chefsd'œuvre du Louvre, et s’attachant de préférence à surprendre les secrets des Flamands, des Hollandais et des Vénitiens. « Ce qu’il révait, dit M. Castagnary, c'était d'approÿrier la peinture à son époque, telle qu’il lui était donné de läcomprendre; etil ne cherchait dans la coñnaissance de la tradition que le sentiment raisonné et indépendant de sa propre individualité. » Son premier envoi au Salon date de1844: plein de la lecture de Gœthe, il avait choisi un sujettoutromantique, a Nuit de Walpurgis. L'expo sition enfèrement libre de 1848 lui per mit d’y faire voir dix tableaux ou dessins, peu remarqués du publie, mais qui eurent parmi les artistes un succès inattendu. Associantidès lors la cause de la peinture à celle que
Champfleury défendait en littérature sous le nom de réa-
lisme, le maitre peintre (c'était la qualité qu’il aimait à prendre) se laissa aller à des exagérations systématiques qui soulevèrent autour de chacune de sesœuvres les critiques les plus ardentes. En 1849, il donna la mesure de son lalent dans /’Après-dince à Ornans, toile jugée digne d'une seconde médaille, et qui fut acquise par le gouvernement pour le musée de Lille, L'année suivante il exposa l’Enterrement, les Casseurs de pierres, el un portrâit dit {’ Homme à la pipe, œuvres étranges, mais marquées au coin d’une puissante personnalité. Les Demoiselles de village (1852), Les Lutteurs et Les Baigneuses (1853), Les Cribleuses de blé (1855), les Demoiselles des bôrds de la Seine (1856), parurent autant de défis jetés au sentiment de réprobation générale qui frappait des ouvrages sans idéal et sans beauté. Enfin les esprits st calmèrent. Quelques paysages d’un effet saisissant, valurent
à M. Courbet un retour de l'opinion publique : une Chasse ”
au chevreuil et La Biche forcée (1857), le Combat de cerfs(1861), La Vallée du Puits noir (1865), La Vague, (1870). En revanche, dans La Femme au Perroquet, le Mendiant (1868), et d’autres tableaux de genre, il semblait n'avoir même plus le moindre souci des formes pratiques de son art. A l'exposition universelle de 1867 il s'était tenu à l’écart, et, comme il avait déjà fait en 1855, il ouvrit dans les Champs-Élysées une exposition particulière de ses œuvres,
D'un esprit vigoureux mais lourd , d’une humeur originale mais naïve et crédule, M. Courbet, travaillé d’une immense vanité que des arhis complaisants accrurent encore par leurs louanges excessives, se jeta dans l’opposilion la plus violente ; il se montra dans les réunions pu
bliques, il refusa avec éclat la croix d'honneur en 1870 ; de |
républicain il se fit socialiste. Pendant le siége de Parisil fit partie d'une commission qui veilla à la sûreté des richesses artistiques du Louvre, et ilsut se rendre utile. Aux élections générales du 8 février 1871, on vit son nom parmi ceux des candidats les plus avancés du parti révolutionnairé; mais il ne recueillit qu'un petit nombre de Voix. Cet échec semblait l’avertir de retourner à ses pinceaux. Il n’en fit rien, et les élections complémen tairesdu 16 avril l'envoyèrent siéger à la Commune. On l’attacha à la commission d'enseignement, puis on lui fit présider celle aes artistes, Aux diseussions de l’hôtel-de-ville, il ne prit la parole que pour réclamer la chute de la colonne Vendôme, dont Félix Pyat avait obtenu la destruction le 12 avril. H
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