‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 50 sur 607 · COLOMBIE · texte numérisé non relu

COLOMBIE

La constitution du 8 mai 1863 porte que chaque État administre ses affaires locales, indépendamment du gouvernement fédéral, qui s'occupe des affaires extérieures, du crédit financier et de la sûreté publique. Le pouvoir exécutif est exercé par un président élu direc:ement pour deux ans et assisté de quatre ministres. Le congrès se composede deux chambres, l’une de 27 sénateurs, l’autre de 66 représen{ants. La liberté de la presse est absolue. Le budget de 1866-67 se divisait ainsi : recettes, 11,750,000 fr., tirées en grande partie des douanes et des salines; dépenses, 11,755,000 francs. La dette publique s'élevait, en 1867, à 248,230,000 fr.

Le commerce extérieur de la Colombie a pour prineipaux entrepôts les ports de Panama et de Colon, et il prend de jour en jour de l'importance, à cause de la situation géographique de ces deux villes qui, reliées l’une à l’autre par un chemin de fer, mettent les deux céans en communication. Ce commerce de transit atteignait, en 1867, une valeur totale de 461 millions de fr. En dehors de ce chiffre les importations et exportations de la Colombie s’élevaienten moyenne, pour chacunedes années 1863 à 1867, à 25 millions de fr.

Dans l'été de 1869 un traité a été conclu entre la Colombie et les États-Unis, d’après lequel cette dernière puissance est investie du droit exclusif de construire un canal destiné à faire communiquer les deux océans et qui doit traverser l’isthme de Darien. La propriété et l’exploitation du canal lui ont été garanties pour cent ans.

Après la découverte de la côte nord-ouest de ce pays,

en 1498, par Colomb, qui le premier le reconnut comme élant la terre ferme d'Amérique, il passa sous la domination de l'Espagne. Depuis lors, jusqu’à l’époque où il proclama son indépendance, ce pays demeura sans parlage en la possession des conquérants; car une lenfative faite en 1806 par Miranda pour l’affranchir du joug de l’Espagne échoua complètement. Le peuple n’était point encore assez mûr pour l'indépendance. Cette maturité, l’usurpation commise en Espagne par Napoléen devait la hâter'; et la Colombie était destinée à devenir le berceau de la liberté de l'Amérique espagnole.

Napoléon en effet chercha à faire passer ces vastes con- Lrées sous son autorité, el ses ouvertures furent favorablement accueillies par les gouverneurs de quelques provinces, aux quels il garantissait leurs charges et leurs dignils. Mais le peuple, auquel ces projets furent toujours odieux, expulsa les agents de Napoléon, et se livra même à des actes d’hoslilité contre des Français. Cependant une junte provinciale s'installa à Quito dès le mois d’août 1809. Jusque alors la population n'avait enrore jamais eu la moindre idée de se séparer de la mère-patrie; au contraire, elle lui avait prodigué tous les secours qu’il était en son pouvoir de lui donner.

“La première démarche du vice-roi de la Nouvelle Grenade, Amar, après la constitution de la junte de Quito, fut de convoquer les principaux habitants de Bogota pour leur demander leur opinion au sujet de cette junte. Contre l'attente du vice-roi, cette assemblée non-seulement approuva tout ce qui s'était fait à Quito, mais encore résolut de limiter; et l’emploi même de la violence ( 11 septembre 1809 ) fut impuissant à l'en empêcher, Alors le vice-roi du Pérou fit marcher contre la junte de Quito une division de troupes, qui la disversa et jeta ses membres dans les fers, en violation des assurances formelles qui leur avaient été données. Malgré ces mesures violentes, on ne tarda point à Caracas à déposer toutes les autorités royales, et à y constituer une junte suprême, Celte junte ne reconnut pas, il est vrat, la régence de Cadix, attendu qu'elle regardait la guerre d'Espagne à peu près comme terminée ; mais elle rendit tous ses actes au nom de Ferdinand VII, sans le moins du monde songer à se

soustraire à son autorité souveraine, Les collisions acciden= tellement survenues entre des indigènes et de vieux Éspagnols n’y eurent non plus d’autre résultat que l'institution d’une junte en septembre 1810 et la demande par les colons d’être traités sur le pied de l'égalité avec les Espagnols, mais nullement le désir de l'indépendance. '

La régence de Cadix, qui ne voyait dans la junte de Caracas qu’une réunion de rebelles, déclara, par un décret du 31 août 1810, toute cette province en état de blocus, en même temps qu'elle préparait une expédition destinée à la faire rentrer dans le devoir. Ces fausses mesures purent seules déterminer les habitants de Caracas à prendre des résolutions qui ne tardèrent point à se transformer en insurrection ouverte, quand Miranda eut de nouveau arboré le drapeau de l'indépendance. Dès lors les insurgés prirent le nom de patriotes. Partout il s'établit des juntes; le 2 mars 1811 elles se réunirent en congrès général à Venezuela; et le 5 juillet de la même année cette assemblée proclamait, au nom des États-Unis de Caracas, Cumana, Varinas, Barcelona, Merida, Truxillo et Margarita, indépendance de Venezuela, et confiait le commandement en chef de l’armée nationale à Miranda. Les députés américains qui se trouvaient à ce moment près des cortès espagnoles, n'ayant pas pu obtenir que les colonies américaines fussent en tout assimilées à la mère patrie, la scission fut définitivement consommée. Les troupes espagnoles qui à ce moment occupaient Valencia furent contraintes par Miranda de capituler, et le congrès de Venezuela adopta le‘23 septembre 1811 une constitution fédérative calquée sur celle des États-Unis de l’Amérique du Nord. Dès le mois de mars 1812 le nouveau congrès, réuni conformément à celte constitution, commença à fonctionner.

Pendant ce temps-là une révolution avait aussi éclaté à la Nouvelle-Grenade. Au mois de juillet 1810 il s'y était établi, à Bogota, une junte qui reconnut l’autorité de la régence de Cadix, et qui à l’origine fut présidée par le vice-roi don Amar. Mais bientôt des défiances s'élevèrent contre lui et les autres fonctionnaires royaux. Ils furent tous déposés et renvoyés en Europe. Des juntes se constituèrent sur tous les points de la Nouvelle-Grenade, et un congrès fut convoqué à Bogota pour établir une régence provisoire pendant la captivité du roi. Une tentative faite par le gouverneur du Popayan, Tacon, pour dissoudre le congrès, échoua; et ce gouverneur fut complétement battu par l’armée que le congrès fit marcher contre lui. Plus tard, il fit encore une autre tentative à Pasto; mais il fut de nouveau vaincu par les armées des juntes de Quito et de Popayan, et complétement anéanti vers la fin de 1811 par Rodriguez.

A Quito, après le massacre et le pillage dont il a été fait mention plus haut, le peuple, devenu furieux contre les troupes espagnoles, les força d’évacuer la ville. En septembre 1810 la junte de Carthagène publia un manifeste dans lequel elle invitait les provinces de la Nouvelle-Grenade à se constituer en État fédératif; idée réalisée, après divers incidents, le 27 novembre 1811. Ce résultat n'eut pas plus tôt été obtenu que la guerre civile éclata à la Nouvelle-Grenade, La province de Cundinamarca, avec Bogota, sa capitale, réclamait une autre constitution. Le congrès refusa d'accéder à ce vœu; il fit marcher une armée contre la province rebelle, avec laquelle d’autres étaient venues faire cause commune, et dont les troupes furent battues. L'armée du congrès vint aussi mettre le siége devant Bogota; mais elle dut le lever, après avoir perdu beaucoup de monde,

Vers le même temps, les Espagnols, commandés par Montès, débouchèrent du Pérou, et, après avoir défait les troupes de la junte de Quito, entrèrent dans cette ville, et y commirent les plus horribles massacres, en même temps qu’ils dévastaient toute la contrée environnante; puis ane partie de leur corps d'armée marcha sur Bogota. Le danger commun rétablit la concorde entre les différents partis

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