COURRIER
devenu l’une des principales branches des revenus de l'État, ! fatiguée contre celle toute fraîche du premier voyageur qu'ils ne date que de 1630. On appelle courrier tout homme qui | rencontrent. Dans divers pays, on s’est servi et on se sert
fait métier de courir la poste, soit à cheval, soit en voiture , précédé ou conduit par un postillon. Il y a plusieurs sortes de courriers à cheval : les courriers ordinaires, payés par administration pour porter les lettres dans les diverses villes qui ne sont pas situées sur les lignes-de poste; les courriers extraordinaires , expédiés par de riches particuliers pour annoncer un mariage, un décès, un héritage, ou par des banquiers , par des négociants, pour donner avis de la conclusion d’une affaire, de l’arrivée d’un navire, pour porter des ordres d’achat ou de vente, informer du cours des effets publics ou de telle ou telle marchandise; mais les courriers extraordinaires sont plus souvent dépêchés par des généraux , des gouverneurs, des préfets, des magistrats , pour annoncer plus promptement la nouvelle d’une défaite, d’une révolte, d’un arrêt, ou de tout autre événement important, On appelle courriers de cabinet ceux qui portent les dépêches du chef de l'État et de ses ministres à des fonctionnaires civils et militaires, à des ambassadeurs. Ils sont appointés à l’année, Mais il y a aussi des courriers qui dans des circonstances importantes, ou pour des missions secrètes et délicates, sont choisis dans les hautes classes de la société ; on dit alors : Monsieur A..., le comte C... sont parlis en courriers pour Londres, pour Vienne, etc. Ces courriers ne voyagent pas à franc étrier, comme on pourrait le penser, mais dans de bonnes chaises de poste.
Courrier de malheur se dit au figuré d’une personne qui nous apporte une mauvaise nouvelle. Courrière ne s’emploie qu’en poésie en parlant de la lune : Pinégale courrière des nuits,
De tous les courriers en voiture, les plus connus, les plus utiles étaient les courriers de La malle, faisant le service ordinuire de la poste aux lettres, tant en Fran ce que dans tous les États de l'Europe, pour toutes les villes situées sur les principales routes de communication, chemins de fer, ou autres. Leur nom vient de ce qu'autrefois ils étaient entassés pêle-mêle avec leurs paquets de dépêches dans le fond d’une voiture grossièrement construite et couverte en cuir, en forme de malle. Vers 1840, ces malles-poste derinrent des berlines fort commodes pour les soyageurs. Le courrier se plaçait dans le coupé de devant, et les lettres étaient dans un coffre derrière la voiture. Ces courriers passaient une moitié de leur vie dans leur malle-poste, se réveillant à chaque relai, à chaque bureau de poste, et l’autre moitié dans la ville qui était le terme de leur voyage, où ils se reposaient comme s'ils n'avaient pas dormi en route. Leur existence d’ailleurs était assez agréable sous le rapport physique : bien nourris par les voy ageurs et par les citadins pour lesquels ils faisaient des c ommissions, ils achetaient et revendaient pour leur propre compte les poulardes du Mans, de la Bresse et de Caen, les pâtés d'Amiens et de Strasbourg, les saumons et les sardines de Bretagne, le thon et les ortolans de Provence, les truffes du Périgord, ete. Ils devenaient gros et gras, et faisaient ordinairement fortune, quand ils avaient de l’ordre et de l’économie. Les courriers de la malle ont disparu en 1856, et ont été mis à la retraite par suppression d'emploi, Les chemins de fer ont apporté d’importan tes modifications au service des dépèches; partout les mailes ont élé remplacées sur les lignes de parcours par des wagons-poste, contenant des employés qui distribuent aux stations les lettres à des courriers intermédiaires, Les courriers à cheval ont plus de fatigues et de maux à supporter, et ne peuvent point exercer de petit commerce en v oyageant; maïsils sont plus largement rétribués,
Les courriers de la Porte Ottomane sont des Tatars, quit parcourent à franc étrier les provinces de l'empire, changean de cheval dansles villes où ils en trouvent à leur disposition,
encore pour courriers de certains animaux, tels que les chiens, les hirondelles, et surtout les pigeons , si utilement employés en Syrie, depuis le règne du sulthan Nour-Eddyn, au douzième siècle, et dont l'expérience a été renouvelée avec succès entre la Belgique et la France. On trouverait difficilement des courriers plus diligents, plus fidèles, plus désintéressés et plus économiques que ces intéressants oiseaux lorsqu'il ne s’agit que de les charger d’une lettre attachée sous une de leurs ailes. Ils font concurrence aux Chemins de fer, et seuls les télégraphes aériens et surtout mie transmettent les nouvelles avec plus de prompituae,
Les courriers apostoliques sont les messagers de le cour de Rome. Ils ont remplacé les courriers qui dans les premiers siècles de l'Église, et dans les temps de persécution, étaient chargés par les évêques d’informer les fidèles du lien et de l'heure où ils devaient se réunir pour célébrer l'office divin. Les courriers apostoliques convoquent les cardinaux, les princes et les ambassadeurs de la part du pape, pour assister à ses consistoires, à ses cavalcades et aux grands offices de ses chapelles. Ils convoquent aussi le sacrécollége pour l'élection d’un souverain pontife et pour les obsèques d’un pape ou d’un cardinal. Ils affichent les bulles, les décrets, les constitutions du saint-siége, aux portes de Saint-Jean de Latran , de Saint-Pierre de Rome, du palais de linquisition, de la chancellerie apostolique et du champ de Flore, Vitus d’une robe violette , ils portent un bâton d’épine quand ils sont en mission, et une masse d’argent lorsqu'ils assistent aux cavalcades du pape, dont ils entourent la litière. Ils sont au nombre de dix-neuf, et l’un d’eux remplit tour à four pendant trois mois les fonctions de maître: c’està luiseul que sont adressées les commissions signées par le souverain pontife et par le cardinal-préfet. Les cardinaux sont tenus de donner prompte audience, debout et tête nue, au cour rier apostolique, qui met un genou en terre devant eux.
Dans quelques ordres monastiques , le courrier ou célerier était un religieux chargé de courir pour les affaires temporelles de la communauté, tandis que ses confrères célébraient les offices. A la Grande-Chartreuse, le courrier élait proprement le procureur de la maison. Chez les évé. ques et archevêques, le courrier était autrefois un officier considérable, chargé de faire exécuter leurs ordres et leurs mandements. Il avait part au gouvernement, et tenait lieu de bailli : il était l'intendant , le procureur des prélats, des abbés et des prieurs. A Vienne, en Dauphiné, le courrier était tout à la fois le second magistrat de la ville, le lieutenant et le vicaire général de l'archevêque, dont il émanait : mais sa juridiction n’embrassait que les matières laïques et temporelles; il remplissait quelquefois les fonctions de juge, et même de procureur fiscal. Le courrier de l’évêque de Grenoble avait en outre le privilége de convoquer au nom du prélat l’arrière-ban, les milices, et de faire mettre les ha-
bitants sous les armes. Parmi les officiers de l'archevêque et |
du chapitre de Lyon, il y avait un courrier dont la charge était souvent exercée par un gentilhomme. Les princes laïcs, les seigneurs même, avaient aussi des lieutenants qu’on appelait courriers. Enfin, jusqu’à la Révolution, on a vu figurer au parlement et à la chambre des comptes un courrier
| qui servait de guide dans les cérémonies publiques.
et, à défaut, permutant de gré ou de force leur monture !
Le mot courrier s'emploie au neutre, pour signifier tout à la fois les lettres qui partent et arrivent par la poste, ainsi que le jour et l'heure du départ et de l’arrivée. Plusieurs journaux, à diverses époques, ont pris le titre de Courrier, pour exprimer sans doute la promptitude avec laquelle ils voulaient porter au loin des nouvelles. 11 ÿ a eu Le Courrier de l'Europe; Le Courrier d'Avignon ; Le Courrier des Spectacles ; Le Courrier des Dames ; Le Courrier des Salons ; Le Cour rier des Tribunaux; Le Courrier Français et Le Courrier