‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 501 sur 607 · COURRIER — COURS · texte numérisé non relu

COURRIER — COURS

de Paris, Sans compter beaucoup de journaux de départements qui onf paru ou paraissent sous ce titre, H, AUDIFFRET.

Dans la presse périodique on a donné le nom de courrier et ensuite celui de chronique à des articles où Pon fait dans une forme légère une sorte de revue des heures et des choses du moment. Eugène Guinot, Mme de Girardin ont inauguré, sous Louis-Philippe, ce genre littéraire avec succès,

COURROIE (du latin corium, cuir), bande prus ou moins large de cuir, simple ou composée de plusieurs pièces ; on en fait usage dans la sellerie, la carrosserie, etc. Le cuir ayant de la souplesse et beaucoup de tenacité, les mécaniciens tirent un excellent parti des courroies fermées ou sans fin (dont les bouts sont cousus ensemble) pour transmettre le mouvement d’une roue à des poulies sans gorge, des bobines; ils préfèrent ce mode à l'emploi de chaînes ou de cordes, parce que les courroies, ayant beaucoup de largeur, glissent moins sur les surfaces, durent plus longtemps que les cordes, et coûtent moins cher que les chaînes.

COURROUX, sentiment tantôt impétueux, tantôt concentré, et qui est le résultat d’une irritation violente. On peut dire que le courroux forme la partie la plus élevée de la colère; aussi cette expression n'est-elle employée que du supérieur à l’inférieur : un soldat tiendra tête à la colère d’un autre soldat ; il tremblera à la pensée de la colère de son chef, parce que dans ce dernier cas la volonté de nuire est appuyée sur l'autorité. La colère du peuple est terrible, mais oublieuse; le courroux d’un homme qui commande se contraint en général ; il a de la patience et du coup d'œil, il ne retarde le coup que pour frapper mieux et plus fort. On dira la colère d’une femme, et non pas son courroux, à moins qu’elle n’exerce le commandement suprême, comme une souveraine dans un État despotique. SainT-PROsPER.

COURS ( du latin cursus ). Au propre, ce mot signifie flux, course, direction d’un fluide qui suit sa pente. C’est aussi le nom de certains lieux où l’on se promène, Au figuré, cours se dit de la direction, de la marche que prennent certaines choses ou qu’on leur donne; il signifie aussi durée, suite, enchaînement. Il se dit, on outre, pour vogue, crédit; et, en termes de commerce, du prix actuel des marchandises, lu faux auquel est le change, la rente, etc.

En style universitaire, on donne le nom de cours à la durée du temps employé, soit par un professeur à enseigner publiquement par ses discours ou à démontrer par ses expériences les principes et les avantages d’une science, d’un art, d’une branche quelconque de la littérature, soit par un élève à étudier ces principes, et à s’y perfectionner : ainsi, l’on dit que tel professeur a fait son cours avec distinction, que son cours «a été brillant, ou a été peu suivi; qu'un élève a fait avec succès au collége ses cours d’humanités, de rhétorique, de philosophie ; qu’un jeune homme a £erminé à l’université son cours de théologie, de droit, ou de médecine. On dit encore qu’on a assisté à tel cours ; qu’on a suivi le cours de tel ou tel professeur. On appelle aussi cours les livres et ouvrages imprimés qui expliquent et développent les éléments des sciences, des lettres, des arts, et présentent ce qu’il importe le plus d’en savoir, soit que ces ouvrages aient été composés dans un but spécial, soit qu'ils contiennent le résumé ou l’exposé d’un cours fait en public : ainsi l’on dit, le Cours de Mathématiques de Bezout, le Cours d'Études de Condillac, le Cours de Chimie de Chaptal, le Cours de Littérature de La Harpe, etc.

L'origine des cours scientifiques et littéraires pourrait bien remonter jusqu’à Homère, qui tenait, dit-on, son école sur un rocher de l’île de Chio. Plus tard, Pythagore, dans les diverses villes où il résida pendant ses longs voyages, Platon à l'Académie et sur le cap Sunium, Aristote, en se Promenant dans le Lycée, instruisaient leurs disciples et Propageaient leur doctrine. Jésus-Christ lui-même n’enseigna

la morale dans les environs de Jérusalem que sous la form: de cours publics. A son exemple, les théologiens, tant orthodoxes qu’hérétiques, employèrent longtemps cette manière toute naturelle d'instruire, de persuader un plus grand nombre de prosélytes. Comme la théologie fut la première science qu'on enseigna dans les écoles universitaires du moyen âge, elle dut s’y présenter aussi sous la forme de cours, et l’on adopta depuis cette méthode pour toutes les autres sciences. Le cours de théologie était précédé de celui de philosophie, subdivisé en cours de logique, de métaphysique, de morale et de mathématiques. L’adjonction de cette dernière science, où tout est positif, aux trois autres, et surtout aux deux premières, où tout est plus ou moins arbitraire et systématique, s’est perpétuée jusqu'a nos jours, malgré son anomalie et son absurdité. Aussi, dès le dix-septième siècle, Saint-Évremond avait-il remarqué qu’on n’apprenait dans les cours de théologie et de philosophie qu'à s'exercer à la dispute,

Il aurait pu en dire autant de l'étude du droit, qui n'a produit que trop d’argumentateurs et de chicaneurs, plaidant Lour à tour, suivant leur caprice ou leur intérêt, le pour et le contre, et habituant ainsi leur jugement et leur éloquence à cette flexibilité, à cette versatilité que nous avons vuese manifester jusque dans les fonctions législatives. Quant aux médecins, Molière, à la même époque, sut fort bien signaler leur ignorance, leur charlatanisme et la barbarie du langage qu’on parlait à leurs cours. Plus instruits aujourd’hui sous le rapport des connaissances générales et de la science médicale, mais trop livrés peut-être aux plaisirs de la société, où ils figurent avec autant d'agrément que de distinction, les médecins sont-ils véritablement plus habiles dans l’art de guérir ? Et chaque cours de la Faculté de Médecine ne serait-il pas une école particulière, où le professeur, jaloux de passer pour novateur, enseigne un système qui, adopté aveuglément par la mode, est ensuite souris à tous ses caprices? Quoique Hippocrate, le père de la médecine, ne l’ait probablement pas apprise en suivant des cours, nous sommes loin de blâmer ceux qu’on a successivement établis : les diverses sciences qui se rattachent à celle du médecin, l'anatomie, la botanique, la chimie, la pharmacie, la physique, la chirurgie, etc., exigent tant d'expériences, de démonstrations, de recherches, d'appareils, d'instruments et de frais, qu’elles rebuteraient le zèle et la patience de la plupart des aspirants, et dépasseraient les bornes de leur fortune, s’ils n'étaient aidés par les leçons de leurs ancien: et par les secours du gouvernement. Mais pour cela le: cours des Facultés de Médecine de Paris, Montpellier, Strasbourg et Toulouse, ceux des nombreuses écoles secondaires de médeu:: e éparses dans les départements, ceux des écoles de pharma. *,du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, de l’amphithéât, d’anatomie, et ceux que Pon fait dans les hôpitaux, sont plus que suffisants, s’il est vrai qu’il y ait plus de médecins que de malades. On pourrait dire aussi qu’il y a autant d'avocats que de procès, grâce aux cours de la Faculté de Droit de Paris et à ceux des Facultés des départements; et pourtant le barreau est une des nécessités de la France, pays populeux, où les ressources manquent à la jeunesse, pays démoralisé, où la mauvaise foi et la cupidité en progrès fournissent matière à tant de débats, à tant de crimes.

La théologie catholique a ses cours en France, ainsi que la théologie caviniste, et la théologie luihérienne. Ces cours et ceux des séminaires satisfont aux besoins des cultes religieux. Les sciences, les lettres, les arts, sont enseignés dans des cours publics à la Sorbonne et au Collége de France; les langues orientales au Collége de France, à la Bibliothèque Impériale et surtout au lycée Louis-le-Grand. Il y a des cours de sciences, de lettres et d’arts indispensablement annexés à diverses institutions spéciales, au Collège de France, à l'Ecole des Mines, à celle des Ponts et Chaussées, au Muséum d'histoire naturelle, au Conserraloire des

arts et métiers, à l'École des hautes études, etc. H. AUDIFFRET.

Le nombre des cours libres a beaucoup augmenté dans ces derniers temps; ces cours diffèrent des conférences en ce qu’ils se proposent d'enseigner une branche quelconque des connaissances humaines dans une série de leçons qui s’enchainent el se suivent. Pour faire uh cours libre l'autorisation du ministre de l’instruction publique est nécessaire. En 1867, on a installé à la Sorbonne et dans les mairies de Paris des cours libres pour les jeunes filles.

Une forte impulsion a été également donnée en France aux cours d'adultes; en 1846, on en comptait 6,877, fréquentés par 115,164 personnes; en 1867, il y en avait 32,883, et le nombre des auditeurs s'élevait à 829,555.

COURS D'EAU, On comprend sous cette dénomination générique les fleuves,rivières,torrents,ruisseaux, en un mot toutes les eaux courantes. Dans beaucoup de cas les canaux sont également compris parmi les cours d’eau. Les eaux courantes et le sol qu’elles occupent font l’objet d’une législation toute spéciale.

On distingue trois espèces de cours d’eau : les cours d’eau navigables et flottables, les cours d’eau flotlables seulement et les cours d’eau qui ne sont ni navigables ni flottables. .

Les cours d’eau navigables et flottables sont ceux qui sont susceptibles de porter bâteaux ou trains. C’est l’administration qui fixe, par des déclarations publiques, quels sont les cours d’eau navigables et à quel endroit précis ils commencent à l'être, Sont considérés comme navigables les rivières où la navigation n’est établie qu’à l’aide d’écluses et d’autres ouvrages d’art; les canaux de navigation, même lorsqu'ils sont cédés à des compagnies ; mais non les canaux de simple vicinalité creusés pour l’usage d’un .petit nombre de communes ou même seulement d’un particulier. Toutes les ri-

“vières navigables sont en même temps flottables et le flottage y a lieu par trains et non à bûches perdues, Ces cours d’eau sont considérés par le législateur comme des voies de communication, et font partie du domaine public; la pêche est affermée au profit de l’État, le lit est sa propriété, et les îles, flots et atterrissements qui s’y forment, lui appartiennent. Les riverains sont grevés des servitudes de halage et de marchepied, et n’ont sur les cours d’eau navigables et flottables aucune espèce de droit. Ils ne peuvent s’en servir pour l'irrigation de leurs propriétés ou pour mettre en mouvement des usines, qu'avec la permission de l'administration, qui n’accorde ces concessions qu’à la condition qu’elles ne nuiront pas à la navigation, et avec la réserve de pouvoir la révoquer à volonté. Quant aux contestations que soulèvent les intérêts particuliers, l’administration et les tribunaux administratifs sont seuls appelés à en décider.

Les cours d’eau flottables seulement n’entrent pas dans le domaine public; les propriétaires riverains ne sont assujétis qu’à livrer passage, dans le temps du lof, aux ouvriers du commerce des bois, chargés de diriger les büches flottables et de repêcher les bûches submergées. Le curage et l'entretien de ces sortes de cours d’eau sont à la charge des propriétaires riverains,

Quant aux cours d’eau qui ne sont ni navigables ni flotfables, le lit appartient aux riverains, quoiqu'un petit nombre d'auteurs soit de l'avis contraire; et comme ces riverains ont les charges fort dispendicuses du curage, outre l'impôt foncier, il est juste qu’ils trouvent un dédommagement dans la possession des pentes d’eau, la pêche, l’usage exclusif des eaux et l'interdiction de passage le long du cours d’eau. Cependant notre législation, qui proclame ces principes, admet aussi que le cours d’eau doit être rendu à sa direction naturelle si les propriétaires inférieurs ont acquis le droit de s’en servir; et comme le législateur a eu soin de réserver expressément tous les droits d'utilité ou

COURS

COURSE

de nécessité publiques, tels que l'obligation d'assurer à une communauté d'habitants l’eau qui leur est indispensable, il en résulte que le droit de propriété énoncé par la loi est plutôt encore un droit d’usage plein et entier qu'un droit de propriété véritable. Aussi toutes les fois que cela est jugé avantageux ou nécessaire, il doit être procédé par un règleglement administratif à la distribution des eaux : c’est là ce que l’on nomme les règlements d’eau. Ces règlements peuvent être arrêtés dans toutes les circonstances, dans l'intérêt général, pour empêcher par exemple la stagnation des eaux ou leur débordement. C'est par la même raison que l’administration autorise ou interdit les constructions d'usines sur ces cours d’eau. Les iles et atterrissements qui s’y forment appartiennent aux riverains du côté ou Pile s’est formée; si elle n’est pas formée d’un seul côté, elle appartient aux propriétaires riverains des deux côtés à partir de la ligne qu’on suppose tracée au milieu de la rivière, Toutes contestations au sujet des cours d’eau qui ne sont ni navigables ni flottables est de la compétence des tribunaux ordinaires ou de l’adininistration, suivant qu’elle a rapport à des intérêts privés ou qu’elle intéresse plus particulièrement l'intérêt public, et qu’elle est de la compétence de la voirie. Les tribunaux de police municipale répriment les contraventions aux règlements de police et d'administration, et leur compétence est bornée aux faits qui peuvent donner lieu à une amende de 15 francs et au-dessous. S’il y a lieu de prononcer une peine plus forte, le fait est un délit, et compète aux tribunaux de police correctionnelle.

COURS DE LA BOURSE. Voyez Bourse (Opérations de).

COURSE (du latin cursus). En langage usuel, ce nom signifie action de courir, assaut de vitesse, mouvement d’un animal qui court ; lieu pour les exercices de la course; ce qu'on donne à un commissionnaire pour sa peine, voyage que l’on fait pour quelqu'un, pour quelque affaire, figurément le cours d’un emploi, d’un travail.

En physiologie, on entend par course un mode de progression accélérée, composé de la marche et du saut parabolique , par lequel les animaux pourvus de membres se transportent plus ou moins rapidement d’un point de l'espace à un autre, à la surface d’un sol ou terrain. Le docteur Mouton admet pour l’homme trois sortes de courses, savoir : 1° La course en fauchant, dans laquelle on lance en avant les membres inférieurs en rasant à peine le sol ; 2° a course en saulillant : dans celle-ci, les pas ne sont pas plus grands que dans la marche ordinaire, mais ils sont plus rapides ou plus nombreux dans un temps donné; cette course a lieu par petits sauts sur la pointe des pieds, c’està-dire que la base de sustentation de tout le eorps ne porte que sur les phalanges des orteils et sur l'extrémité antérieure du métatarse, tandis que dans la marche ordinaire et dans la course en fauchant la totalité de la plante du pied est en contact avec le sol; 3° La course en sautant, qui n’est, comme son nom l'indique, qu'une succession de sauts et de bonds. Ces trois sortes de courses peuvent s’exéculer sur un sol plus ou moins égal et uni, ou inégal et raboteux, plus ou moins élastique ou inflexible, dont le plan peut être horizontal, ascendant ou descendant, Les effets physiologiques de la course sont l'accélération du cours du sang, qui, n'étant point portée trop loin, permet encore le passage de ce fluide à travers les poumons (la course peut alors être soutenue plus ou moins longtemps), mais qui devenue très-rapide produit l'engorgement du poumon, l’anhélation (agitation des poumons),l’essouffiement, la suffocation, et finit par déterminer une sorte d'apoplexie pulmonaire.

En hygiène, la course plus ou moins rapide, avec des alternatives de repos, est considérée comme un exercice favorable à la santé des personnes d’une constitution furie, dont la poitrine est bien développée , elle est défendue dans

L'ORET

Page 1