COURSES DE CHEVAUX — COURSIER
Depuis 1814, le goût de ces luttes s’est répandu dans ‘toute l'Europe. Après avoir traversé l'Allemagne et la Hon: grie, il a pénétré jusque dans l’empire russe. L’Autriche, la Prusse, le Hanovre, le Mecklembourg, comptent aujourd'hui de nombreux hippodromes ; les courses y sont à peu près ce qu’on les voit en France; elle n’ont également qu’un but, l'amélioration des races. Les courses qui se font en Russie se ressentent de la nature à demi sauvage des races de chevaux de cet empire, et de l’immense étendue du sol qui lui est soumis : les chevaux tatars, kalmouks et cosaques que l’on y voit figurer ne se bornent pas, comme dans le reste de l'Europe, à franchir une distance de quelques mille mètres : ce sont des myriamètres qu’ils leur font parcourir, Le 15 novembre 1827, une course fut proposée sur lesrives du Don, par l’hetman comte Platoff; 67 verstes ( 81 kilomètres e” siron ) séparaient le but du point de départ; vingt-cinq chevaux se présentèrent ; tous partirent, montés par de jeunes Tatars; dix arrivèrent; le reste tomba mort en route ou près du but. Les 81 kilomètres avaient été franchis par le vainqueur en deux heures cinq minutes.
Achille DE VAULABELLE.
Les courses de chevaux ont prisen France untrès-grai. développement. En 1860, il n’y avait que 63 hippodromes, avec une dotation de 862,700 fr., entrées non comprises; en 1867, le nombre des terrains de course était de 122, et leur dotation de 2,183,975 fr., fournis par l’État, par les lépartements, les villes, les sociétés hippiques , les compagnies de chemins de fer et les particuliers. Les principaux hippodromes sont, à Paris, ceux de Longchamps et de Vincennes; en province, ceux de la Marche, de Chantilly, de Porche-Fontaine, de Versailles, de Dieppe, de Rouen, du Mans, de Caen, de Bordeaux, etc. Des courses ont été inaugurées, en 1858, à Bade. Dans ces derniers temps les chevaux qui ont remporté le plus de prix sont Fille de l'air et Gladiateur ; ce dernier coureur a fourni en 2’ 47/ la distance de 2,400 mètres. — Les courses sont ordinairement de trois sortes : 1° les courses plates, c’està-dire de vitesse, sans obstacles; ce sont les plus utiles el celles qui ont acquis les sympathies du public; 2° les courses à obstacles, genre auquel appartiennent les s/eeplechases (courses au clocher), qui consistent à franchir les fossés, haies, ruisseaux, {aillis qui interceptent la route; 3° les courses au trot. Un arrêté ministériel du 30 janvier 1862 réglait tout ce qui concerne les courses; il a été abrogé par un autre arrêlé du 16 mars 1866, d’après lequel les hippodromes sont régis, d’après la nature de la course, par les réglements de chacune des trois sociétés autorisées, à savoir la Société d'encouragement pour l’amélioration de la race chevaline, dont le criterium est la course plate au galop, la Société générale des s{eeple-chases (courses à obstacles), et la Société pour l'amélioration du cheval français demi-sang (courses au trot). Il s’est formé, à l'oceasion des courses, des entreprises connues sous le nom d'agences des poules, et dont les opérations constituent une véritable loterie. En outre, il y a dans Paris des bureaux spéciaux où le prix des enjeux est à la portée de toutes les bourses.
COURSIER, « grand et beau cheval, dit l'Académie, propre pour les batailles et les tournois. » On ne se sert guère de ce terme que dans la poésie ou dansle style élevé et sévère.
Dans les constructions hydrauliques, coursier, synonyme dechenal,est le courant d’eau pris à une chute de ce liquide, et qui est amené entre deux murs ou entre des planches ou madriers disposés à cet effet, jusque sur les aubes d’une roue hydraulique. Ce coursier peut varier de forme et de dimensions, tant en largeur qu’en profondeur. Le plus souvent il est construit en pierres jointes à ciment de chaux et de briques, de pouzzolane, etc.; ou bien on établit sur deux lignes des rangs de pilotis qui supportent le
coursier, formé de fortes planches ou madriers de chène. A l'origine du coursier, il y a une vanne, qu’on abaisse à volonté, ou qu’on relève pour défendre ou permettre l’entrée de l’eau dans le chenal. Il faut que le coursier atteigne jusqu'aux aubes de la roue, sans quoi tonte l’action du liquide, avec toute sa vitesse, ne serait pas utilement employée. PELOUZE père.
COURSIVE, terme de marine, sous lequel on désigne en général tout passage étroit pratiqué quelque part pour la commodité du service, et plus particulièrement pour le transport des poudres pendant le combat ou pour circuler sur le pont d’un navire, du gaillard d’avant au gaillard d’arrière, On la nomme aussi encore grand'rue, et par corruption grand run.
COURSON, nouvelle pousse produite par le tronc d’an arbre et conservée par le jardinier. On appelle aussi courson une branche d’un arbre fruitier, principalement de la vigne, taillée et raccourcie à trois ou quatre yeux, pour l'empêcher de courir, de s'étendre, et de s’énerver.
COURT ( Anrone), fondateur de l’école des pasteurs du désert, naquit à Villeneuve, en Vivarais, en 1696. Dès l’âge de dix-sept ans, bravant le reproche de faire La guerre à Dieu, il parcourut le Vivarais luttant courageusement contre les dangereuses doctrines des inspirés, qui déshonoraient la religion réformée par leurs superstitions. Le 21 août 1715, réuni dans un désert avec neuf des plus résolus du parti, il rétablit les synodes supprimés depuis trente ans, la discipline ecclésiastique, et se fit consacrer ministre en 1718. Dès lors commença pour lui un véritable apostolat; avec l’aide de quelques jeunes gens qu’il avait animés de la foi ardente, il réinstitua au péril de sa vie les assemblées du désert, et obtint bientôt une grande influence sur toutes ces populations; il ne s’en servit jamais que dans des vues de paix et de conciliation; c’est ainsi qu'il déjoua les projets du cardinal Alberoni, qui cherchait à créer parmi les protestants un parli en faveur de Philippe V d’Espagne : le due d'Orléans, pour le récompenser, lui offrit une pension considérable, la permission de vendre ses biens et de sortir du royaume; mais il préféra soutenir ses frères à ses risques et périls. Cependant la persécution ayant redoublé à la majorité de Louis XV, il fut enfin forcé de partir en 1729, et se retira avec sa femme à Lausanne. Là il s’occupa à fonder un établissement qui pourvût de pasteurs les églises françaises et remplaçât ainsi les écoles détruites de Saumur et de Sedan, Pour y parvenir, il composa des mémoires, entreprit des voyages avec un gentil-homme d’Alais, nommé Duplan, et recueillit par toute l'Europe protestante des collectes pour les fidèles sous la croix. Son zèle fut récompensé par le titre de député général des Églises. Son séminaire de Lausanne fut appelé l’école des pasteurs du désert, et pendant trente ans qu'il vécutencore, Court ne cessa de consacrer tous ses soins à cette grande institution religieuse. Cette école subsista jusqu’au jour où la création de la faculté de théologie de Montauban par Napoléon mit un terme naturel à sa mission. Court mourut en 1760, A. FEILLET,
COURT DE GÉBELIN (AnToiE), son fils, grammairien, linguiste et archéologue, naquit à Nimes, en 1725. Ce fut à Lausanne que le jeune Court s’initia de bonne heure aux mystères de la science. A douze ans il étonnait par l’étendue de ses connaissances. Histoire naturelle, mathématiques, langues mortes et vivantes, mythologie, archéologie ,ilembrassa tout, sans même négliger les arts d'agrément à d'utilité. Son père étant mort, il ne tarda pas à se rendre à Paris, où ses idées s’agrandirent encore dans le commerce des hemmes éclairés. Quoique travaillant sans cesse, il resta longtemps inconnu du- public comme auteur et comme écrivain. IH s’occupait d’un livre important, dont il bréparait les matériaux, analysant avec ardeur toutes les ton naissances humaines , et discutant tous les objets dont il