‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 507 sur 607 · COURSIER -— COURT · texte numérisé non relu

COURSIER -— COURT

auraït à parler, Ce ne fut qu'à quarante-huit ans qu'il se détermina à publier le plan détaillé de cet ouvrage, sous ce | titre : Plan général et raisonné des divers objets des découvertes qui composent le monde primitif (Paris, 1772, in-4°). Jamais homme n'avait tenté une aussi vaste entreprise à lui seul. D’Alembert demandait s’il y avait quarante hommes pour exécuter un tel plan. Les savants les plus distingués de l’époque doutèrent même que la société la plus savante pût y réussir, tant les difficultés étaient effrayantes. Cependant l'ouvrage parut successivement de 1773 à 1784, à Paris, en 9 volumes in-4°, avec des planches, sous ce titre : Le monde primitif analysé et comparé avec le monde moderne. Le mécanisme de la parole, lexistence d'une langue primitive’, l’origine, la filiation des langues, la recherche des étymologies, les principes des caractères hiéroglyphiques et de l'écriture alphabétique, l'explication de tous les mystères allégoriques de l'antiquité, et la chronologie, qui sert de lien entre les temps historiques et les temps fabuleux, tels sont les nombreux objets qui devaient être exposés et discutés dans cet immense ouvrage. L’annonce du Monde primitif devait faire et fit en effet une brillante réputation à Court de Gébelin. Deux fois il obtint de l'Académie Française le prix annuel, fondé par M. de Valbelle dans le but de récompenser l’auteur de l'ouvrage le plus utile, Quoique protestant , il fut nommé aux fonctions de censeur royal. Le célèbre Quesnay, le chef des économistes, l’appelait son disciple bien aimé. Enfin, Court de Gébelin fut appelé à la présidence du Musée littéraire, présidence qui lui attira bien des tracasseries. Des chagrins domestiques altérèrent gravement sa santé. Comme il était parlisan du magnétisme, il crut y trouver un remède à ses maux. Un soulagement momentané le fortifia dans cette croyance ; mais une rechute détruisit tout espoir, et Gébelin mourut le 10 mai 1784.

Des neuf premiers volumes du Monde primitif, c'est celui qui contient son Histoire naturelle de La Parole qui est justement regardé, malgré ses imperfections, comme le meilleur des ouvrages de l’auteur. On ne peut nier que Court de Gébelin n’ait fait preuve d’un esprit extraordinaire, d’une érudition prodigieuse. Il possédait une imagination vive, souvent trop peu réglée, un style facile, brillant, animé, quoique diffus; mais il n’y avait point équilibre entre son savoir ef sa critique ; cette dernière manquait fréquemment de cette justesse qui fait son grand mérite. Lanjuinais publia une édition nouvelle de l'Histoire naturelle de la Parole, avec un discours préliminaire et des notes (Paris, 1816, in-18). Court de Gébelin fut aussi l'éditeur de plusieurs ouvrages de son père. Ce sont : Le Français patriote et impartial (Villefranche, 1754, 3 vol.), ouvrage sur la tolérance religieuse; et l'Histoire des Cévennes, ow la guerre des Camisards sous le règne de Louis le Grand (1760, 3 vol.). CHAMPAGNAC.

COURT (Joseru-DésiRé), peintre, néà Rouen, en 1797, élève de Gros, remporta en 1821 le grand prix de peinture sur ce sujet : Samson livré aux Philistins. Pendant son séjour à Rome, il composa une Scène du Déluge etun Faune au bain, attirant à lui unejeune fille, qui firent sensation. Son tableau de Za Mort de César, qui fait aujourd’huipartie dela galerie du Luxembourg, et par lequel il débuta au salon, en 1827, vaste toile où l'on remarqua une grande énergie de conception, une rare intelligence des formes, une science étendue d’expression et de dessin, fut regardé comme le morceau capital de l'exposition, et plaça tout de suite l’artiste parmi les maîtres de l'École française actuelle, Six ans plus tard, parut le Boissy d’Anglas saluant la tête de Féraud, page immense , dans laquelle se trouvent réunis tous les éléments d’untalent de premierordre, et qui acheva de populariser le nom de ce peintre. Malheureusement , depuis lors les tableaux que produisit M, Court, bien loin d'ajous ter à sa réputation, auraient pu, à ce qu'il semble, la com-

Page 1