‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 508 sur 607 · U COURT — COURTENAY · texte numérisé non relu

U COURT — COURTENAY

promettre; son pinceau n’a plus la même vigueur ; ses portraits même sont moins bien peints ; cependant on a remarqué, en 1855, à l'exposition universelle, ceux de PéeIXet du maréchal Pélissier. Cet artiste est mort le 23 janvier 1865, à Paris. Il était conservateur du musée de Rouen

COURTAGE. Voyez COURTIER.

COURTAUD , individu dont la taille ramassée manque de souplesse et d'élégance. Par extension, on a donné le nom de courtaud aux garçons de boutique et de magasin, nouveaux débarqués dans le commerce , et dont la tournure et les manières ont quelque chose de lourd et d’épais. Dans

l’ancienne société, où en naissant on était irrévocablement destiné à telle ou telle carrière, chaque profession avait une physionomie pour ainsi dire ineffaçable ; il suffisait d’être vu pour être classé. Aujourd’hui les provinces envoient aux courtaudsde continuelles recrues, qui perpétueront longtemps encore l'honneur de lespèce à Paris : ce sont de jeunes garçons qui, après avoir reçu dans leur village les premiers éléments d’une éducation vulgaire, viennent chercher fortune dans la capitale, moyennant quelques sacrifices que s'impose leur famille. Quelquefois le courtaud devient chef de maison; mais il n’en reste pas moins courtaud comme devant. SAINT-PROSPER.

COURTAUT. Voyez Canon.

COURTENAY (Maison de). Deux familles historiques ont successivement porté le nom de Courtenay, qui est celui d’une ancienne principauté du Gâtinais français, aujourd’hui chef-lieu de canton dans le département du Loiret. La première a fourni au comté d’'Édesse, dépendant des empereurs de Constantinople, trois personnages remarquables :

Josselin Ier pe CourTENAy, digne successeur des deux Baudouin appelés à aller régner à Constantinople, tua de sa propre main, en 1125, Balac, redoutable émir turcoman, qui Pavait fait prisonnier trois ans auparavant. Sa mort fut digne de sa vie : retenu au lit par de graves blessures, que lui avait causées l’écroulement d’une tour d’un château qu'il assiégeait, il apprend que le sulthan d’Iconium vient de mettre le siége devant une de ses forteresses, se fait porter en litière au point menacé, force les musulmans à lever le siége, et meurt en recevant cette nouvelle.

Josselin II be Courtenay, dit le jeune ou du Cange, fils du précédent, fut aussi très-libéral et très-vaillant, mais malieureusement adonné aux excès de tous genres. Il eut la douleur de voir Édesse tomber au pouvoir des sulthans de Mossoul, qui y commirent des atrocités. Cet événement eut un retentissement immense en Europe, et détermina la seconde croisade.

Josselin III ne Courrenay, non moins brave que ses aeux , essaya vainement de reconquérir ses États en /248, et mourut prisonnier des infidèles à Alep.

La seconde maison des Courtenay était une branche de la faruille capétienne. Elle descendait de Pierre, l’un des fils de Louis le Gros, qui par son mariage avec Élisabeth, dame et héritière de Courtenay, devint, en 1150, propriétaire de cette seigneurie. Il accompagna son frère, le roi Louis le Jeune , à la seconde croisade, et mourut en 1183. Son fils aîné Pierre II DE CourTENAY, après avoir suivi en 1190 Philippe-Auguste à la Terre Sainte, épousa, en 1184, Agnès, héritière des comtés de Nevers et d'Auxerre, Devenu veuf en 1192, il se remaria l’année suivante à la sœur de Bauduin et de Henri 1”, qui furent les deux premiers empereurs latins de Constantinople, et de laquelle il eut dix enfants. Élu lui-même empereur après la mort du dernier de ses beaux-frères , il fut fait prisonnier par un seigneur grec appelé Théodore-Lange, à qui il avait vainement essayé de reprendre le château de Durazzo, et mourut après deux ans de captivité.

Robert pe Courtenay, fils du précédent, quitta la France pour aller prendre possession de l'héritage impérial de son

père, et entra à Constantinople en 1221. Mais il frouva ses États bien divisés : l'Orient comptait alors quatre empereurs : Robert à Constantinople, Vatace à Nicée, Théodore à Thessalonique, et Comnène à Trébizonde, L'armée de Vatace anéantit celle de Robert, et s’empara de ses meilleurs généraux. Celui-ci fit en vain un appel à lPOccident. Devenu odieux à son peuple par son inconduite, il partit pour Rome, où le pape Grégoire IX lui donna des conseils, des consolations, des secours, et l’exhorta à revenir dans ses États, pour y mener une vie meilleure. Mais s'étant remis en route, il mourut en trawersant l’Achaïe en 1228, à peine âgé de trente ans.

Baudouin II be Courrenay, frère du précédent, fut le dernier empereur latin de Constantinople (voyez Bau- DOUIN).

Philippe ve Courrenay, fils de Baudouin IF, qui avait remis son frère en otage aux Vénitiens pour les sommes considérables qu’il leur avait empruntées, épousa Béatrice, seconde fille de Charles d'Anjou, roi de Naples, lequel s'engagea, de concert avec les Vénitiens, à appuyer ses prétentions à l'empire et à faire la guerre à Michel-Paléologue ; mais les Vépres siciliennes empêchèrent que suite fut donnée à ce projet de restauration de la maison de Courtenay sur le trône de Constantinople. Il mourut en 1285.

Sa fille unique, Catherine ne CounTENAY, épousa, en 1300, son cousin, Charles de Valois, fils de Philippe le Hardi. Ainsi rentra dans la maison de France cette branche aînée de la maison de Courtenay, qui avait occupé le trône de Constantinople.

Les branches cadettes de ce nom s'étaient, pendant ce temps-là, étendues et multipliées. En effet, Pierre, fils de Louis le Gros, avait eu, outre Pierre II de Courtenay, deux autres fils : Robert, qui fut la tige de la maison de Courtenay-Champigneules, éteinte en 1472, et Guilluume, avec qui commença la maison de Courtenay-Taulay, également éteinte depuis longtemps. Mais, à leur tour, ces inaisons formèrent les branches de Bleneau, de la Ferlé-Loupierre, de Chevillon, de Bontin, demeurées les unes et les autres fort vbscures, mais qui toutes prirent le surnom et les armes de Courtenay, d’or à trois tourteaux de gueules, auxquels elles ajoutèrent un écu semé de fleurs de lis. Ce ne fut que vers la fin du seizième siècle, lorsqu'ils virent monter sur le trône une famille qui en était presque aussi éloignée qu’eux-mêmes, que les membres alors vivants des différentes branches de la maison de Courtenay firent des démarches pour être reconnus en qualité de princes du sang et faire constater leurs droits à la couronne de France, dans le cas où la famille régnante viendrait à s’éteindre. Ces demarches, conduites par Jean DE CouRTENAY, seigneur de Chevillon, échouèrent complétement sous Henri IV, malgré de savants mémoires composés à l’appui par les plus célèbres jurisconsultes d'Italie et d'Allemagne. Elles furent aussi inutilement renouvelées sous Louis XIII; et en 1614 Jean de Courtenay, prenant en aversion un pouvoir qui se refusait à reconnaître ses droits, demanda et obtint la perinission de se retirer en Angleterre, où il devint la tige des comtes actuels de Devon. Jacques I écrivit en sa faveur à Louis XIII, et dans le traité de Loudun le prince de Coati fit même insérer des réserves au sujet des pretentions de cette maisun. Mais toutes ces réclamations furent inntiles. Renouvelées au commencement de chaque règne, elles échouèrent auprès du régent comme auprès de Mazarin, Ce n’est pas cependant que le rusé Halien n ait eu un instant l'idée de tirer parti des Courtenay pour les opposer aux princes du sang, qui par leurs intrigues rendaient si difficile ia régence d'Anne d'Autriche; mais il dut renoncer à ses projets, nous dit Saint-Simon, en reconnaissant le complète nullité de celui des Courtenay sur lequel il avait jeté les yeux. Saint-Simon, qui avait en occasion de con. naître et de pratiquer les derniers représentants de cette

ces COURTENAY —

branche très-légitimement issue dela famille royale de France, ! n'hésite pas à attribuer la constante injustice dont elle fut victime à ce que jamais il ne se rencontra une intelligence de quelque valeur dans cette race dégénérée, qui s’éteignit en 1730, en la personne de l'abbé Charles-Roger ne Cour- TENAY, mort à l’âge de quatre-vingt-trois ans. Quelques années auparavant, son petit-neveu, l'unique héritier de ce grand nom, s’élait brûlé la cervelle.

COURTIERS, COURTAGE. Ce sont des officiers publics, dont le ministère consiste principalement à s’entremettre près des commerçants pour faciliter leurs opérations, en leur faisant respectivement connaître leurs besoins réciproques. Ce ministère, étant une des nécessités du commérce des villes populeuses, a dû de tout temps s’y exercer. L’antiquité elle-même a connu les courtiers sous le nom de proxénètes. Montaigne désirait leur institution avant qu’elle eût lieu en titre d'office; mais déjà ils existaient, sauf l'investiture, qui ne tarda pas à leur être donnée, et l’une des premières places dans lesquelles des charges de cette nature furent créées fut précisément l’industrieuse cité dont le philosophe avait été maire. L’étymologie, fort apparente, du nom des courtiers indique assez le genre de leurs travaux. Il leur faut courir d'un négociant chez l’autre pour recevoir et rapporter les propositions et les réponses. De là, par une dérivation plus énergique qu’élégante, l’appellation de couratier, coureliers, dont nous avons enfin fait courtiers. Leurs offices, comme tous les autres, furent supprimés à l’époque de l’effervescence révolutionnaire, suppression prononcée au nom de la liberté de l’industrie. Mais on ne tarda pas à s'apercevoir que cette liberté illimitée, désirable en théorie, était impossible en pratique. Le courtage tomba aux mains d'hommes sans moralité, qui en firent un instrument de fraude et de spoliation. Mis forcément par leur position dans la confidence des négociants , obligés, pour économiser le temps, de recourir à leur intermédiaire, ils prévenaient les rapprochements qu’ils avaient promis d’effectuer, écartaient les vendeurs des acheteurs, en les trompant sur leurs désirs respectifs; et, instruits des besoins de chacun, faisaient pour leur propre compte les opérations qu'ils s'étaient chargés de procurer. Aussi le commerce élevait-il déjà depuis longtemps des réclamations unanimes, lorsque les titres de courtiers furent rétablis en l'an 1x par une loi, suivie bientôt de plusieurs arrêtés du gouvernement consulaire sur la matière. Par là les négociants retrouvèrent les garanties qu’on leur avait si imprudemment ôtées, la vérification de la capacité et de la moralité des sujets, le contrôle de la compagnie sur chacun de ses membres, et, plus que tout cela, la certitude pour chaque officier muni désormais d’un privilége réduisant la concurrence à des limites raisonnables, de pouvoir vivre avec aisance en exerçant avec honnêteté; certitude qui est l'âme de la probité de tous les titulaires de charges, et l'ultima ratio de leur privilége. Les personnes étrangères aux fonctions de courtier ne péuvent s’y immiscer sous aucun prétexte. La loi punit le courtage clandestin de la même manière qu’elle punit l’exercice illicite des fonctions d’agent de change,

Comme il y a diverses espèces d'industries, il y a aussi diverses classes de courtiers. En premier lieu on plaçait les courtiers de marchandises, dont la loi du 18 juillet 1866 a supprimé les offices, Celte profession est libre. Puis viennent les courtiers d'assurances, dont les fonctions ont pour but principal de négocier les conventions des com- Mmerçants qui, faisant des envois par terre ou par eau, veulent garantir leurs expéditions des risques du voyage. Ensuite, paraissent les courtiers conducteurs de navires, qui tiennent lieu d’interprètes et de conseils aux capitaines de bâtiments étrangers arrivant dans nos ports, leur indiquent la nécessité et leur facilitent l'accomplissement des formalités qu'ils ont à remplir, traduisent pour eux les pièces qui doivent être mises en notre langue, et font, soit pour

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