‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 512 sur 607 · ALEXANDRE DÉTRUISIT THÈBES , PHRYNÉ L’A REBATIE · texte numérisé non relu

ALEXANDRE DÉTRUISIT THÈBES , PHRYNÉ L’A REBATIE

C’est elle encore qui donne une statue d’or massif au temple de Jupiter, avec une légende qui atteste qu'un pareil ex voto provient de ses complaisances pour les Grecs. « Il y a cowrtisane et courtisane, » dit Saint-Évremond; de même il ne faut pas confondre les deux Phryné. Nous venons de parler de celle qui savait garder pour les dépenser avec une noble munificence les trésors qu’elle amassait sans trop de peine; l’autre, bien différente, fut surnommée Le crible, parce qu’elle ruinaït tousses amants, sans en être plus riche, à peu près comme les Phrynés d’aujourd’hui. Phryné la riche fut accusée d’impiété à Athènes; et son avocat, se défiant de sa propre éloquence, y substitua un plaidoyer bien plus énergique : il arracha le voile qui couvrait les charmes de sa cliente : les juges sur-le-champ proclamèrent son innocence. Cette manière de justifier une accusée n’est point encore abolie : seulement la scène se passe d'ordinaire, dit-on, en tête-à-tête chez le juge, et non point au tribunal.

Comparez ces courtisanes de la Grèce avec les nôtres. ”

quelle différence! Pourquoi? Dans l’état d'isolement et presque d’esclavage où les Grecs, les Athéniens surtout, tenaient leurs épouses, celles-ci, uniquement livrées aux soins domestiques, ne quittant leur maison que pour assister silencieusernent aux cérémonies religieuses, étaient tout à fait dépourvues de ce charme séduisant que donnent la culture de l'esprit et l’usage du monde. Les courtisanes , au contraire, cultivaient toutes les sciences avec d'autant plus d’ardeur qu’elles y voyaient le moyen d’embellir par des plaisirs faciles le court espace qui nous sépare de la mort. Ainsi admises, ainsi placées haut dans la société des Grecs, les courtisanes s’atlachaïent à justifier la considération qui ne leur était pas refusée, à la mériter, sinon par les vertus de la fernne légitime, du moins par le brillant, par la solidité de leur esprit, et quelquefois, comme Aspasie, comme Léontium, par la sûreté de leur commerce. Elles étaient en général ce

que chezles modernesNinonde L’Enclos a été par excep-

tion. Dans plusieurs villes de la Grèce, à Corinthe, à Éphèse, il y avait des temples érigés à Vénus terrestre. Les courtisanes n’y étaient pas seulement toléréus, mais honorées comme prètresses de cette divinité complaisante. C’est ce qui a fait dire à Montesquieu, en parlant de Corinthe : « La religion acheva de corrompre ce que son opulence lui avait laissé de mœurs. Elle érigea un temple à Vénus, où plus de mille courtisanes furent consacrées. C’est de ce séminaire quesortirent la plupart de ces beautés célèbres dont Athénée a osé écrire

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