‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 515 sur 607 · COURTRAI · texte numérisé non relu

COURTRAI

je parti d'attendre le choc des Français, et de se ranger en bataille dans la plaine en avant de Courtray, derrière un canal peu large, que l'ennemi n'avait pas même remarqué, et qui porte dans la Lys les eaux de ces campagnes. Les gentils-hommes flamands, qui seuls avaient des chevaux, mirent pied à terre pour partager la fortune des bourgeois. Ceux-ci, au nombre de vingt mille environ, armés de pieux ferrés, qu'ils nommaient guftentag, dont ils appuyaient le bout sur le sol, formaient des phalanges serrées et hérissées de fer. Des prêtres avaient célébré la messe devant eux; mais, au lieu de s'approcher pour recevoir la communion, chaque soldat, sans sortir de son rang, s'était baissé, avait pris à ses pieds un peu de terre qu’il avait portée à sa bouche, et s’était ainsi voué en silence, pour la défense de son pays, à une mort qui paraissait presque certaine. Guy de Flandre, cependant, et Guillaume de Juliers, parcouraient les rangs, rappelant à ces hardis bourgeois que la victoire seule les déroberait aux supplices que leur préparaient leurs ennemis; en même temps ils affectaient une grande confiance, et en tête des divers bataillons ils accordèrent l’ordre de chevalerie à Pierre Konig, chef de l’insurrection de Bruges, et à quarante de ses compagnons, comme lui chefs de métiers.

Robert d’Artois avait divisé son armée en dix colonnes : elles étaient commandées par les dix seigneurs qui lui avaient amené le plus grand nombre de chevaliers et de soldats. L'un d’eux, le connétable Raoul de Nesle, lui proposa une manœuvre par laquelle il aurait séparé les Flamands de Courtrai, et les aurait immanquablement mis en déroute. « Est-ce que vous avez peur de ces lapins, connétable, ou bien vous-même avez-vous de leur poil ? » lui dit le comte d'Artois. De Nesle, qui comprit qu’on voulait jeter sur lui un soupçon de trahison, parce qu’il avait épousé une fille de Guillaume de Flandre, répondit avec indignation. « Sire, si vous venez où j'irai, vous viendrez bien avant. » En même temps il se mit à la tête deson escadron, et il commanda la charge avec impétuosité. C'était le 11 juillet; la campagne était brûlée par le soleil, et de Nesle fut bientôt enveloppé par un nuage de poussière. Cependant, chaque escadron à son tour était parti pour le suivre, et l’armée entière marchant <ur une même colonne, les derniers poussaient les premiers de toutes leurs forces, sans soupçonner ce qui se passait à la tête. Là le connétable avait trouvé le canal qui couvrait les Flamands, et qui, n’étant indiqué par aucune inclinaison de terrain, dans cette plaine toute de niveau, n’était aperçu que quand on était dessus. Il n’avait que cinq brasses de largeur et trois de profondeur ; mais c’en était assez pour qu’on ne pôt pas le franchir sans pont, d’autant plus que ses bords étaient taillés presque à angle droit. La colonne pressant toujours les premiers rangs, il fut cependant bientôt comblé de chevaux et de cavaliers. Comme le fossé formait une demi-lune, il n’y avait aucun moyen, pour ceux qui arrivaient à la tête, de s’écouler par les côtés, et les chevaux, quand on voulait les pousser sur ce monceau de cadavres, se cabraient, renversaient leurs cavaliers, et angmentaient la confusion. La colonne française, arrêtée au front et sur les côtés , pressée en queue par les nouveaux arrivants, et resserrée au point de ne pouvoir se mouvoir, était jetée par les chevaux furieux dans le dernier degré de confusion. Ce fut le moment que saisirent Guy de Flandre et Guillaume de Juliers pour l’attaquer : ils commandaient aux deux ailes, et ils passèrent en même temps le fossé de l’un et de l’autre côté, en arrière du point sur lequel se précipitaient les Français, qu’ils vinrent ensuite prendre par les deux flancs. La résistance était déjà devenue impossible; les chevaliers, tout bardés de fer comme ils étaient, devaient attendre la mort, que leur donnait sans danger un fantassin presque nu, et qu’ils étaient accoutumés à mépriser.

Il y avait bien longtemps que la France n'avait éprouvé

RICT. DE LA CONVERS. — T, Vi.

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une aussi sanglante défaite; surtout, l'on ne se souvenait d'aucune où la noblesse eût autant souffert. Robert, comte d'Artois, y périt percé de plus de trente blessures. Jacques de Châtillon, frère du comte de Saint-Paul, et lieutenant du roi en Flandre; le connétable de Nesle, Guy de Nesle, son frère, maréchal de France; le chancelien Pierre Flotte, Godefroy, duc de Brabant, avec le seigneur de Vierzon, son fils; les comtes d’Eu, d’Aumale, de Dammartin, de Dreux et de Soissons ; Jean, fils du comte de Hainaut ; le comte de Tancarville, grand chambellan ; Renaud de Trie, Henri de Ligny, Albéric de Longueval, le comte de Vienne et Simon de Melun, maréchal de France, furent au nombre des morts, avec deux cents autres seigneurs de marque , et six mille cavaliers. Louis de Clermont, ancôtre de la maison de Bourbon; le comte Gui de Saint- Paul, et le duc de Bourgogne, n’échappèrent au massacre universel que parce qu’ils se dérobèrent au combat dès qu'ils virent que la fortune devenait contraire. Mais dès lors, dit Villani, is portèrent toujours grande honte et reproche en France. J.-C.-L. S. Sismonpr.

COURTS. C’est ainsi qu’on désigne les cours de justice en Angleterre, On les divise en courts of record ( de procédure écrite) et en courts of non record ( de procédure non écrite ). Le tribunal de la chancellerie ( court of chancery ), présidée par le lord high-chancellor et par trois vice-chanceliers, cour suprême du pays, et espèce de cour d'équité chargée de suppléer à l'insuffisance de la loi positive, en fait également partie. Il connaît de toutes les affaires d'hérédité ou de tutèle; et on ne peut appeler de ses déci sions qu’à la chambre haute, près de laquelle sont institués depuis 1851 des juges d’appel ( Lords justices ). La court of queen’s bench, dont le président porte le titre de lurd grand-juge d'Angleterre, connaît des affaires civiles et criminelles, et fonctionne aussi comme cour d'appel, tandis qu'on ne peut en appeler de ses décisions qu’à la chambre haute et à la court of exchequer ( cour de l’échiquier ou chambre du trésor ). Cette dernière, présidée par le lord chief-baron et par les quatre barons of the exchequer, juge en dernier ressort toutes les affaires intéressant 1es revenus publics, etc. Dans la court of common pleas ( cour des plaids communs ), devant laquelle se plaident des affaires réelles et personnelles, le président porte également le titre de lord grand-juge. On peut cependant en appeler de ses décisions au qucen’s bench. Devant toutes ces juridictions supérieures, les plaidoiries sont orales et publiques, Les tribunaux inférieurs, ou courts of non record, se composent des cours de comtés (county courts ), des tribunaux d'arrondissement (Æundred courts} et de quelques autres encore. Il existe en outre à Londres des police courts (tribunaux de police), présidées par des magistrats, unebankruptey court, etc. Les comtés palatins ( counties palatine ) de Lancaster et de Durham ont leurs tribunaux supérieurs particuliers, avec leurs chanceliers, conseillers et le reste du personnel judiciaire. Enfin il faut encore mentionner les tribunaux ecclésiastiques ( ecclesiastical courts ), tels que le college of doctors at law, vulgairement appelé doctor’s commons, dont la juridiction toutefois s'étend aussi sur les affaires de la vie civile, aitendu qu’il connaît non-seulement des dispositions testamentaires, des questions de succession, etc., mais encore des affaires dans lesquelles figurent des navigateurs. Vient ensuite le tribunal suprême de l’archevèché de Canterbury, la couré of arches ( curia de arcubus }), qui tire son nom de l’église de Saint-Mary le Bow de Londres, où elle se tenait autrefois;et qui connaît de tous les cas relatifs à la discipline ecclésiastique, ne ressortant pas à la prerogative court. Le président de tous ces tribunaux porte le titre de principal of the arches court, master of the prerogative court of Canterbury, and commissary of the deaneries of the arches of London, ete. I à pour sñtoints les jnges du tri

bunal de l’'amirauté, l’advocate general, le chancelier des divers diocèses et le vicaire général. Les appels ont lieu par devant le conseil privé, qui peut casser les jugements rendus par les tribunaux ecclésiastiques,

En Écosse il existe une court of session (tribunal civil), avec deux chambres, dont la première est placée sous un tord président et la seconde sous le Lord justice clerk, auxquels sont adjoints onze juges portant le titre de lords; plus une court of justiciary (tribunal criminel ), sous la présidence du lord justice general, avec l'assistance du lord justice clerk et de quelques membres de la court of session, faisant alors l'office de commissioners ; deux d’entre eux sont en même temps chargés de la présidence à la court of exchequer, dont les attributions répondent à celles de la chambre du trésor en Angleterre. On appelle de ces tribupaux au parlement ou au conseil privé, qui décide alors par une commission ( court of delegates ).

En Irlande l’organisation judiciaire répond de tous points à celle de l'Angleterre : on y trouve dès lors également une court of chancery, un queen’s bench, des common pleas, etc.

Dans les États-Unis de l'Amérique du Nord, il existe à New-York et dans les autres grandes villes, pour les procès civils ordinaires, une cowrt of common pleas. Chaque comté ( county ) possède d’ailleurs son tribunal particulier (county-court ). Les appels ont lieu par-devant les cours supérieures, dites supreme ou superior courts, et aussi courts of appeal ou courts of error. Il existe en outre des tribunaux spéciaux pour les affaires maritimes ( narinecourts), des tribunaux criminels (courts of oyer and terminer ), des tribunaux chargés de connaître des infractions aux devoirs qu'imposent des fonctions publiques , comme aussi des abus de pouvoir (courts for the trial of empeachements ) et des tribunaux de tutelle (probatecourts ). Dans quelques États on trouve encore des courts of chancery ; dans d’autres, par exemple à New-York, elles ont été abolies, ou bien leur juridiction a été considérablement restreinte, attendu que, comme en Angleterre, elles compliquaient beaucoup trop la procédure. II y a encore à côté, mais tout à fait indépendants des cours de justice des divers États, des tribunaux de la confédération, dont les fonctions sont déterminées par un article de la constitution fédérale. J1 porte que les États-Unis sont divisés en arrondissements judiciaires, dans lesquels sont établies des circuil courts, auxquelles sont encore suhordonnées des districlts courts. La dernière instance a lieu par-devant le tribunal suprême ( supreme court), à Washington, formé du grand-juge ( chief-justice ) et de huit juges, nommés var le président sous lapprobation du sénat. Ces fonctionaaires sont les gardiens suprêmes des lois de l'Union, les seuls interprètes légaux de l’acte fédéral. Ts peuvent annuler tout acte de la puissance civile qu'ils regardent comme confaire à la loi.

COUR VOISIER ( JEAN-JOSEPH-ANTOINE DE ), né à Baume, près Pesançon, en 1775, suivit son père en émigration, et servit dans l’armée &e Condé, où il obtint la croix de Saint-Louis. Rentré en France, en 1803, il fut appelé, en 1815, par le département du Doubs à faire partie de la chambre des députés. Pendant les huit années que durèrent ses fonctions législatives, il lutta avec MM. de Serre, Pasquier, Royer-Collard et de La Boulaye, contre

les prétentions des ultra-monarchiques de Pextrême droite.

De 1816 à 1819 il se montra l'un des plus zélés partisans du ministère du duc de Richelieu. Nommé procureur général à Lyon, i! mit heureusement un terme à la réaction du midi. En 1820, lors de la discussion de la loi électorale présentée lé 15 fevrier, le lendemain même de la mort du duc de Berry, ! présenta un système tout différent; mais il abandonna sans en expliquer les motifs la série d’amenderments qu'il avait proposés,

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