COURTS — COUSIN
Non réélu en 1824, il quitta la scène politique, car les fonctions de chef du parquet à la cour royale de Lyon touchaient peu aux affaires -de gouvernement, I y eut donc étonnement général lorsque le Moniteur du 9 août 1829 annonça que M. de Courvoisier et M. Chabrol de Crousol étaient appelés à faire partie du ministère Polignac. Mandé à Paris par une dépêche télégraphique, M. de Courvoïisier alla trouver le prince de Polignac, et le pria de soumettre au roi ses objections et ses craintes; mais Charles X, avec qui il eut le jour même une entrevue, le pressa d’accepter les sceaux, disant qu’il connaissait les opinions constitutionnelles de M. de Courvoisier, mais qu'il pouvait le rassurer, que son intention à lui-même était d’affermir à la fois le trône et les libertés publiques ; que les bons esprits différaient sur les moyens, mais que tous reconnaissaient la nécessité d'accomplir la charte.
On connaît les événements qui suivirent l’adresse mémorable des 221. La chambre fut dissoute en mars 1830. Le 21 avril le prince de Polignac soumit à la délibération du conseil la question suivante : « Que féra-t-on si les nouveaux choix présagent une opposition plus violente, une majorité plus hostile? M. de Courvoisiér opina le premier : son avis fut qu'un ministère sans majorité devait se démettre; il ajouta que si cette opinion ne prévalait pas, il ne pourrait continuer de faire partie du conseil. M. de Chabrol opina dans le même sens. Cette double retraite, et celle de M. de La Bourdonnaye, qui eut lieu peu de teiups après, auraient dû dessiller les yeux le plus opiniâtrement férmés à la lumière. 1 n’en fut pas ainsi; et le 19 décembre, sept mois après avoir abdiqué ses fonctions, M, de Courvoisier venait déposer à la cour des pairs dans le procès des ministres de Charles X. Interpellé par M. Pasquier, président, sur la question de savoir si M. de Polignac ne paraissait point céder à un empire irrésistible, M. de Courvoisier fit cette réponse significalive : « Revenant de Saint- Cloud à Paris avec M. de Polignac dans la même voiture, je l’ai trouvé animé des sentiments les plus sincères pour le maintien de la charte; plusieurs fois il m’a exprimé les mêmes opinions, mais le lendemain il hésitait. Sa ferme résolution paraïssait rencontrer des obstacles qu'il ne pouvait vaincre, » Je dois dire ici, comme témoin oculaire, que M. de Polignac repoussa par un geste expressif cette interprétation favorable donnée à sa conduite. La douleur occasionnée à M. de Courvoisier par des événements qu’il n'avait pu empêcher hâta sans doute la fin de ses jours, Il mourut en 1833, dans son pays natal, BRETON.
COUR WEHMIQUE,. Voyez WEHMIQUE.
COUSIN. Ce mot, qui n'est qu'une corruption de cuxsanguin, ou qui vient du latin congenitus, sert à exprimer divers degrés de parenté en ligne collatérale et désigne tous ceux qui sont issus de frères et de sœurs ou de leurs descendants, Les cousins sont paternels ou maternels, les uns par rapport aux autres, suivant qu'ils se rattachent les uns aux autres par leur père ou par leur mère; il résulte de là qu’on peut avoir un cousin maternel dont on est soimême le cousin paternel et réciproquement, Les cousins sont à des degrés plus ou moins rapprochés suivant le plus on moins d’éloignement de la souche. Les entants de frères et de sœurs sont dits cousins germains : ce sont des cousins du premier degré, et ils sont parents entre eux au quatrième degré. Leurs enfants s'appellent cousins issus de germains ; ils sont cousins du second degré et parents entre eux au sixième degré. On emploie quelquefois aussi pour la génération suivante, qui donne des parents au huitième degré, l'expression de cousins arrière-issus de germains : ce sont des cousins du troisième degré. Quant aux autres plus éloignés, on les appelle cousins au quatrième, au cinquièine degré, etc, parce qu'ils ne sont en effet séparés que par quatre ou cinq degrés des frères et sœurs qui établissent le cousinage; mais ce chiffre n’exprime pas, on le voit du
TS
. d’eau :