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révélé son existence? Par des réimpressions, des traductions, avec ou sans commentaires. C'est quelque chose, si l'on veut, mais ce n’est pas de la philosophie. On a, direzvous, tout exprès pour elle rouvert une académie. C'est bien; mais quelles sont, je vous prie, les questions que cette académie propose pour encourager l'étude de la philosophie? Des questions d'histoire, Des concours d'agrégation existent, pépinière de professeurs destinés à répandre dans toute la France les lumières philosophiques. Mais quel est l'objet principal des exercices dans ces concours? De prouver qu’Aristote a dit ceci, que Platon a dit cela. Les véritables discussions philosophiques sont bannies du concours de philosophie. Ce qui prouve tout le respect que les éclectiques ont inspiré à leurs contemporains pour les études philosophiques, c’est qu’on-a pu agiter en 1844, au sein de la chambre des pairs, la question de savoir si on ne les supprimerait pas en France, ou si du moins on ne les renfermerait pas dans des limites plus restreintes qu’au moyen âge. Menace qui s’est réalisée en 1852. Après de tels faits, la tendance de l’éclectisme à limmobilité, pour ne pas dire plus, n'est-elle pas suffisamment démontrée?
Si M. Cousin avant de s'attacher à l’éclectisme avait vu les abimes où peut entrainer cette doctrine transformée en système, et en système définitif, assurément il ne l’eût point professée, Mais il n’en a vu que les côtés brillants , les tendances bienfaisantes, et il s’est consacré au culte d’une idée qu'il croyait excellente, et qui l'était en effet au moment où il est venu. Or, cette idée n’est fausse que parce qu’elle est incomplète, et M. Cousin a payé son tribut à la fragilité humaine en échouant sur un écueil que lui-même avait si expressément signalé . C.-M. PAFFE.
COUSIN-DESPREAUX (Louis), né à Dieppe , le 7 août 1743, se livra avec succès à la culture des sciences et des lettres. Le premier ouvrage qui fixa sur lui l'attention fut une Histoire générale et particulière de la Grèce (1780-89, 16 vol., in-12). Un autre ouvrage, qui conservera plus longtemps la mémoire de Cousin-Despréaux, ce sont les Leçons de la Nature, ou l’histoire naturelle, la physique et la chimie, présentées à l’esprit et au cœur. Il entreprit ce livre d’après les conseils de l'abbé Gérard, à qui le livre est dédié. Un auteur allemand, Sturm, avait déjà traité ce sujet au même point de vue religieux, dans un ouvrage intitulé : Considérations sur les œuvres de Dieu dans le règne de la nature et de la Providence. En imitant l’auteur allemand, Cousin-Despréaux sut le surpasser par le charme dustyle, par l’ordre et l’enchatnement qu’il établit entre les objets divers des trois règnes. Aussi son ouvrage a-t-il conquis depuis longtemps une place honorable dans les bibliothèques de la jeunesse. On regrettait seulement que des longueurs, des répétitions, une certaine monotonie dans les réflexions morales qui terminent les chapitres, et quelques erreurs scientifiques, inconvénients inséparables de l'époque où l’auteur écrivait, déparassent l’œuvre de Cousin-Despréaux.M. Desdouits, en publiant une nouvelle édition de cet ouvrage, sous le titre du Livre de la Nature, en à fait disparaître ces défauts, Cousin-Despréaux mourut le 30 octobre 1818. CHaAmPAGNAC.
COUSINERY (Esrrrr-ManriE), numismate, naquit à Marseille, le 8 juin 1747, et embrassa de bonne heure la carrière diplomatique. En 1793, il était consul à Thessalonique, lorsqu'il entreprit un voyage à Constantinople, où M. de Choiseul-Gouffier représentait alors la France. On lui enleva son consulat, et on inscrivit son nom sur la liste des émigrés. Il vécut ensuite presque constamment à
Smyrne, tout entier au soin d’augmenter sa collection numismatique. À son retour à Paris, en 1803, M. de Talleyrand lui fit accorder une pension de 6,000 fr. Ayant vendu sa collection au cabinet de Munich, qui lui en proposait 136,000 fr., M. de Champagny, alors ministre, lui retira sa pension en 1811. Il fut assez heureux pour réussir, à
DICT, DE LA CONVERS. — T, VI
force de travaux et d'efforts, À réunir une seconde collection numismatique, que son fils vendit, en 1816, au roi de Bavière; puis une troisième, que l’empere ur d'Autriche lui acheta en 1817; enfin une quatrième, que le cabinet de Paris lui paya, en 1820, 60.000 francs. Ses principaux ouvrages sont : Les Monnaies d'argent de la Lique achéenne (1825), et Voyage dans la Macédoine (2 vol., 1831). COUSIN-MONTAUBAN (CnanLes-GuircLAumEe-MAa - RIE-APOLLINAIRE-ANTOINE), COTE DE PALIKAO, général, né le 24 juin 1796, à Paris, fut employé de bonne heure en Algérie, où ilservit dans la cavalerie. Chef d’escadron aux spahis en 1836 et colonel du 2° de chasseurs à cheval en 1845, il devint général de brigade en 1851 , et général de division le 28 décembre 1855. Il commandait la division d'Oran lors de l'attaque de la diligence de Tlemcen, qui amena le capitaine Doineau.en cour d'assises (1857), et de son témoignage dans ce procès il ressortit ce fait que les bureaux arabes exerçaient un pouvoir absolu et que les officicrs généraux s’inquiétaient peu d’en limiter ou d’en contrôler l'exercice. Rappelé en France, il fut mis à la tête de la 21e division militaire. M. Cousin-Montauban n’était jusqu'alors connu par aucun fait particulier de guerre; i! touchait à la vieillesse, et comme administrateur il avait laissé en Afrique des souvenirs équivoques. Ce fut pourtant sur lui que Napoléon III, qui le tenait en haute estime, jeta les yeux pour prendre le commandement en chef de l'armée expéditionnaire qui devait opérer en Chine avec le concours de l’armée anglaise (1860). La prise des forts de Takou (20 août), le combat victorieux de Palikao (21 septembre), le pillage et l'incendie du palais d'Été (10 octobre), tels furent les évènements remarquables de cette promenade militaire, qui valut au général en chef la grand’croix de la Légion d'honneur, le rang de sénateur (4 mars 1861), et le titre de cômte de Palikao (22 janvier 1861). A la tête du 4° corps d'armée depuis 1865, il fut appelé le 9 août 1870 à Paris et chargé du ministère de la guerre. Lors de la révolution du 4 septembre, il s'enfuit en Belgique. COUSSIN. L'usage des coussins sur les meubles ne remonte pas chez nous à une époque reculée. Jadis, nos Français s’asseyaient sur des chaises en bois, dont quelquesunes sont parvenues jusqu’à nous. Souvent on en garnissait le siége d’une pièce de tapisserie. Nous trouvons cependant quelques rares exemples de coussins employés sur les siéges dans les premiers temps de la monarchie : ainsi, nous lisons dans le moine de Saint-Gal, historien de Charlemagne, la description d’un repas que donna un évêque à deux officiers de ce prince, dont il voulait capter la bienveillance. Les convives étaient assis sur des siéges garnis de coussins en plume; mais c'était un luxe inaccoutumé , et l’escabeau ou banquette en bois était seule d’un commun usage. li y avait encore une habitude très-répandue au moyen âge, et que les croisades en Orient avaient probablement établie en Europe : c'était de s’asseoir par terre, sur un quarel de nattes ou de tapisserie. Parfois, quand ces meubles manquaient, ou s’ils étaient de bois, pour qu’ils fussent moins durs, on détachait son manteau, que l’on pliait en forme de coussin. Dans un roman composé au plus tard au milieu du treizème siècle, dans Aimery de Narbonne, les chevaliers français envoyés à la cour du roi de Palerme pour lui demander sa fille en mariage, sont introduits auprès de la princesse. Tous, en s’asseyant, se font un coussin de leurs riches manteaux; puis l’un d’eux se lève pour retourner vers son maître lui annoncer les dispositions bienveillantes de la princesse à son égard. Dans son empressement, il oublie son manteau; un serviteur du palais court après lui pour l’en prévenir. « Ami, répond le chevalier, ce n’est pas mon usage d'emporter avec moi le quarel où je m'assieds. Garde-le pour toi. » Le valet rentre et fait admirer à sa maîtresse la grandeur d’un tel prince, dont les chevaliers sont si généreux. Pareille aventureadvint à un marchand de
Valenciennes, un siècle plus tard à peu près. Ce bourgeois - se nommait Jean Party. Riche et vaniteux, il se présenta à a cour du roi de France couvert d’un manteau chamarré d’or et de perles. Personne ne s’avança pour lui offrir un coussin ou quarel de tapis en usage à cette époque; mais lui, détachant son manteau, le plia et s’en fit un coussin; puis, quand il voulut partir, il l’abandonna dédaigneusement aux valets, en disant : « que ce n’était pas la coutume de son pays d’emporter son quarreau quant et soy. », Depuis le seizième siècle l'usage des coussins est très-répandu, C’est aujourd'hui un meuble usuel et journalier, et Boileau a dit dans Ze Zutrin, en faisant le portrait du prélat chez qui la Discorde descend :
La jeunesse en sa fleur brille sur son visage; Son menton sur son sein descend à double étage, Et sou corps, ramassé dans sa courte grosseur , Fait gémir les coussins sous sa molle épaisseur, E. LEROUX DE LinCY.
COUSSINET, derni-cylindre en métal ou en bois trèsdur. C’est entre des pièces de ce genre, encore appelées empoèses ou empoises, que sont maintenus et tournent les tourillons d’un axe de machine. Les pierres dures sont aussi de très-bons coussinets, Dans tous les cas, pour conserver les coussinets et éviter un frottement nuisible à l’effet des machines, il convient d’y entretenir de la graisse non oxydable, de l'huile d’olive ou de pied de bœuf. Une graisse très-bonne à cet usage consiste en un mélange de trois parties de saindoux et une partie de plombagine finement porphyrisée. PELOUZE père.
COUSSINET (| Botanique). Voyez AIRELLE.
COUSTILLIERS ou COUTILLIERS. Voyez ORpoN- NANCE ( Compagnies d’ ) et Cnevau-LÉGERs.
COUSTOU (| Nicoras), statuaire, naquit à Lyon, le 9 janvier 1658. A l’âge de dix-huit ans, il vint à Paris continuer, sous la direction de son oncle Coysevox, ses études, que son père, sculpteur en bois, n’était pas en état de pousser plus loin. 11 fit de rapides progrès à cette nouvelle école, et ce fut à vingt-trois ans qu'ayant remporté le grand prix de sculpture à l’Académie, il alla consulter à Rome les ouvrages des anciens, et surtout ceux de Michel-Ange et de l’Algarde , qu'il comprenait mieux, C’est à cette époque qu’il sculpta la copie de l’Hercule-Commode, conservée à Versailles, et dont l'exécution accuse une liberté de modelé ne rendant pas toujours fidèlement l'original. A son retour de l'Italie, où il ne resta que trois années, Coustou travailla pour les jardins de ces maisons royales, que la magnificence du chef de l’État se plaisait à décorer de toutes les richesses que les beaux-arts pouvaient offrir alors. Une réputation justement acquise lui ouvrit, en 1693, les portes de l’Académie, à laquelle il présenta pour morceau de réception un bas-relief exprimant la joie des Français à l’occasion du rétablissement de la santé de Louis XIV.
Le groupe de La Seine et de la Marne, figures de 2",90 de proportion, autour desquelles on voit des enfants chargés des altributs de ces deux rivières, qui se joignent, est une production remarquable par la manière large et habile dont elle est traitée. Le jardin des Tuileries, où se trouve cette œuvre capitale, possède également quatre autres statues de Nicolas Coustou : le Jules César, deux Vénus, l’une tenant en main une colombe, et l’autre tirant une flèche du carquois de son fils, qui se tient auprès d’elle; enfin un chasseur assis sur un tronc d'arbre et ayant son chien à ses pieds. Ces marbres, où l’on voudrait moins de lourdeur dans les formes, n’ont pas toute la noblesse désirable , mais ils sont empreints d’un grand caractère de vérité, et de cette beauté de travail que l'on observe généralement dans les sculptures du siècle de Louis XIV. Le groupe des tritons de la cascade de Versailles atteste la facilité du talent fécond de cet ar- Uste; mais c'est principalement dans sa Descente de Croix,