COUSSIN — COUSTOU
ornant le fond du chœur % Notre-Dame, à Paris, que brills
tout l'éclat du ciseau de Coustou : cette riche composition,
connue sous la dénomination du Vœu de Louis XIII, est
d’un ensemble graddiose, qui émeut par la force et la diver-
sité d'expressions caractérisant chaque acteur de cette
scène majestueuse. La même église renferme un Saint Denis et un crucifix que l’on doit au même auteur. On cite
encore, parmi les travaux de Nicolas Coustou, le tombeau
du prince de Conti, une figure en bronze de La Saône, de
3,25 de stature, et Le Passage du Rhin, bas-relief qu’il était près d'achever lorsque la mort vint le frapper en 1733,
le premier jour de mai.
Le monarque français, qui mettait sa gloire à récompenser le mérite, même étranger, n’oublia pas l’homme qui contribuait si puissamment à illustrer son règne : il lui fit donner d’abord une pension de 2,000 livres , à laquelle on réunit plus tard celle de 4,000 livres, que Coysevox recevait pendant sa vie. La ville de Lyon s’empressa de payer un modeste tribut à celui qu’elle avait vu naître, et les 500 livres qu’elle lui faisait remettre chaque année à titre d'encouragement sont une preuve de toute sa sollicitude pour lui.
Le style de Coustou est agréable plutôt que grandiose et simple, comme celui des chefs-d'œuvre antiques : il y a un cerlain laisser-aller dans les ouvrages du sculpteur moderne. Ses formes, tout en ayant une sorte de pureté, manquent souvent d'élégance; mais il n’est guère possible de mieux travailler le marbre que cet artiste ne l’a fait, et s’il n’eût pas fait tant de concessions au goût dominant de son époque, il se fût élévé bien plus haut encore dans l'estime des amis du beau.
COUSTOU (GuiLcaume), frère de Nicolas, naquit en 1678, à Lyon, et suivit les leçons de Coysevox, ainsi que son aîné, qu’il a dépassé dans la carrière semblable que tous les deux ont suivie. Appelé par concours à jouir de la pension de Rome, il ne rencontra que déboires et misères dans cette ville, et fut obligé, afin d’y vivre, de travailler pour le compte du statuaire Legros, qui s’y trouvait occupé. Quand Guillaume revint en France, l'Académie le reçut au nombre de ses membres. Il était d'usage, en entrant dans ce corps, que chaque élu offrit un ouvrage comme titre de réception : l'Hercule sur le bücher fut son offrande. On retrouve d’heureuses inspirations de l’Atalante antique dans la figure de Daphné, qui faisait pendant à celle d'Hippomène dans les délicieux jardins de Marly, que déjà Coustou avait enrichis d’un groupe de L'Océan et de La Méditerranée, conception tout à la fois recommandable par la disposition et l'exécution de ses diverses parties. La ville de Lyon montre avec orgueil une statue du Rhône, en bronze, et de 37,25 de proportion, ornant le vestibule de l’hôtel de ville, et faite par celui dont elle a vu la naissance et les débuts. Son Bacchus et son bas-relief représentant Jésus-Christ dans le temple au miliea des docteurs, tous deux placés à Versailles, sont d’une facture aisée et large. L'hôtel des Invalides possédait anciennement, en outre des figures de Mars, de
Minerve, d’Hercule et de Pallas , un beau bas-relief de la
main de Coustou, et qui décorait l’une de ses portes : on y voyait Louis XIV à cheval et deux Vertus assises à ses côtés. La simplicilé de la composition, le mouvement des figures, et les oppositions résultant de l'effet général , y faisaient heureusement ressortir {out le génie de l’autéur.
Louis XV entre la Justice et La Vérité, dans la grand’ chambre du Palais de Justice ; les statues de Louis XIIT el du Cardinal Dubois, sont cités parmi les productions les. plus estimées de Guillaume; mais ce qui lui assure à jamais un haut rang dans l'histoire des sculpteurs de notre pays, ce sont ces deux groupes admirables placés aujourd'hui à l'entrée des Champs-Élysées : un cheval qui se cabre et un écuyer qui le retient, tel est le thème de chacun de ces deax pendants, pleins de goût et de vie. Le bonheur
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