COUSTOU — COUTEAU
avoc lequel il a vaincu la difficulté d’une répétition fait le plus grand honneur à l'esprit ainsi qu’au jugement de Coustou : l’action des chevaux et des cavaliers cherchant à les maintenir est parfaitement ‘rendue par la disposition des figures et l'expression bien sentie qui caractérise les efforts - antagonistes des hommes et des animaux. Ces belles compositions avaient été commandées pour l’abreuvoir de la terrasse de Marly : c’est de cet endroit qu'elles ont été tirées pour occuper la place où elles sont maintenant. Guillaume Coustou a produit beaucoup d'ouvrages, qui se distinguent par une grande recherche de la nature et la
suavité d’un habile ciseau On a peine à concevoir une exis-
tence aussi laborieuse, lorsque l’on songe que cet artiste a, dans les premiers temps de sa jeunesse, employé pour d’autres son fertile talent, et que les fonctions de directeur de l’Academie de peinture et de sculpture, qu’il exerça plus tard, durent nécessairement lui enlever encore une partie des moments que ses inclinations natives le portaient à consacrer exclusivement aux beaux-arts. Guillaume Coustou a terminé sa brillante carrière à Paris, le 22 février 1746. COUSTOU (GuizuaumE), fils du précédent, naquit à Paris, en 1716. Moins renommé que son père , il a néanmoins laissé des preuves d’un mérite d'autant plus recommandable qu’il a dû subir plus impérieusement encore que ses prédécesseurs l'influence du mauvais goût, qui commençait à s’introduire dans les arts du dessin. Il n'avait que dix-neuf ans lorsqu'il obtint le premier prix de sculpture, et passa à Rome en qualité de pensionnaire du roi. De retour en France, il aida son père; et plusieurs travaux personnels Jui ayant xalu quelque célébrité, l’Académie lPadmit dans son sein en 1742, sur la présentation d’un Fulcain attendant les ordres de Vénus pour forger les armes d'Énée. En 1746 il fut élu professeur de l’école, puis recteur, et enfin trésorier de la compagnie à laquelle il appartenait. L’Apothéose de saint Xavier, pour les jésuites de Bordeaux, les statues de Mars et de Vénus, que le roi de Prusse lui commanda, et surtout le mausolée du dauphin, qu'il exécuta pour la ville de Sens, montrent tout ce que l’on était en droit d'attendre de Guillaume Coustou, s’il n’eût écouté que les dispositions rares qu’il avait reçues de la nature; mais, peu persévérant dans sa marche, il s’abandonnait trop aisément à la paresse, et confiait presque constamment la confection en marbre de ses modèles à des sculpteurs peu favorisés de la fortune, et n’apportant pas dans leur travail la chaleur que l'inventeur ÿ aurait fait passer. Un bas-relief en bronze de la Visitation, dans la chapelle de Versailles, ainsi que la figure de saint Roch, dans l’église de ce nom à Paris, sont dus au ciseau de Coustou, qui mourut le 13 juillet 1777, quelque temps après que le roi lui eut envoyé le cordon de Saint-Michel, J.-B. DELESTRE.
COUT. C’est, en style de pratique, le prix du salaire qui est attribué aux huissiers pourles actes de leur ministère, Ils sont tenus, sous peine de cinq francs d'amende, de l’énoncer sur les originaux et sur les copies de chacun de ces actes. On appelle loyaux coûts tout ce qui a été payé légitimement, à raison de son acquisition, par l’acheteur d’un bien, qui, s’en trouvant depossédé ensuite par l'effet de l’éviction ou par l'exercice de la faculté de rachat, a le droit d’en exiger le remboursement contre son vendeur. COUTANCES, ville de France, chef-lieu d’arrondissement dans le département de la Manche, à 28 kilomètres au sud-ouest de Saint-Lô, au confluent de la Soulle et du Bulsard, avec une population de 8,064 habitants, un tribunal de première instance, un tribunal de commerce, an iycée, une bibliothèque publique de 7,000 volumes. Siège d’un évèché suffragant de Rouen et de la cour d'assises, cette ville possède deux typographies, un atelier de marbrerie, des fabriques de tissus de coton, de cotonnades, de madapolams et de lacets. Le commerce consiste en grains , beurre, volailles, bestiaux, chevaux, œuts, graine, lin, cire. En fait
de monuments, on ne peut y citer que sa magnifique cathédrale gothique, consacrée en 1056.
On croit généralement que cette ville doit son nom à Constance Chlore, qui lafit entourer de fortifications et y établit une garnison. C’est probablement de cette époque que date l’aqueduc romain dont on voit encore quelques arches , connues sous le nom de Piliers. Le siége épiscopal de Coutances fut fondé par saint Ereptiole, qui en fut le premier évêque. Saccagée et en partie dépeuplée en 866, cette ville fut cédée aux Bretons par Charles le Chauve en 886 et l'évêché transféré d’abord à Saint-Lô, puis à Rouen vers 888. En 943, Hérold, roi de Danemark, ayant été détrôné , se réfugia près de Guillaume II, duc de Normandie, qui lui donna le Cotentin, et Hérold fixa sa résidence à Coutances. Pendant la guerre avec les Anglais, cette ville, ayant embrassé le parti des étrangers, fut ruinée par Charles V en 1378. Reprise et pillée par les Anglais, en 1431, elle fut reconquise en 1449 par l’armée française sous les ordres du duc de Bretagne. En 1465 elle se soumit au duc de Berry, révolté contre le roi. Les protestants s’en empa: rèrent en 1562, et en furent chassés en 1575. Le présidia du Cotentin y fut établi en 1580.
COUTEAU (du latin culter). Il yen a de toutes sor. tes ; les plus simples sont à lame fixe : ce sont des espèces de poignards, qu’on ne peut porter sur soi qu’en mettant la lame dans une gaîne. Les couteaux à lame mobile ont un manche formé le plus souvent de plusieurs pièces, assemblées avec des clous rivés, et qui laissent entre elles une rainure ou fente dans laquelle se loge le tranchant de la lame quand on ferme le couteau. 11 y a, du reste, une infinie variété de couteaux, depuis le simple eus{ache, tant admiré par Fox, parce qu’il ne coûte qu’un sou, jusqu’au couteau de poche, au couteau-poignard, au couteau de table pointu ou arrondi, à manche d’argent, d'ivoire, d'os, d’ébène ou de bois, jusqu’au éranche-lard du cuisinier, au couteau à découper, jusqu’au coufelas des bouchers, qui sent déjà son couperet.
Les balanciers appellent couteaux les chevilles d’acier fixées à angle droit au milieu et vers les extrémités d’un fléau, sur les arêtes desquelles sont suspendus les plateaux de la balance : l'instrument oscille sur le couteau du milieu.
Les horlogers appellent suspension à couteau le système dans lequel le pendule qui règle une horloge oscille sur l'arête d’une pièce semblable aux couteaux d’une balance : . cette pièce est fixée vers l’extrémité supérieure de la tige qui soutient la lentille du pendule, TEYSSÈDRE.
Dans les sacrifices, le couteau, qui a joué un si grand rôle chez les anciens, était un instrument pointu, ou tranchant sans pointe, dont les victimaires se servaient pour égorger ou dépouiller les victimes : ils en avaient de plusieurs espèces. Le plus connu était le secespita, glaive aigu @ tranchant, qu’ils plongeaient dans la gorge des animaux, et dont la figure, suivant la description de Festus, approchait de celle d'un poignard. La seconde espèce était le couteau à écorcher les victimes (culter excoriatorius ), qui était tranchant, maïs arrondi par le haut en quart de cercle. On faisait ceux-ci d’airain, comme l’étaient presque tous les autres instruments des sacrifices ; les côtés du manche en étaient plats, et à son extrémité était un frou qui servait à y passer un cordon, afin que le victimaire pût le porter plus aisément à sa ceinture. La dissection ou partage des membres de la victime se faisait avec une troisième espèce de couteaux , plus forts que les premiers, et emmanchés comme nos couperets : c'est ce qu'ils appelaient dolabra et scena. On en voit sur les médailles des empereurs, où cet instrument est un symbole de leur dignité de grand-pontife; les cabinets des antiquaires en conservent. encore quelques-uns. CHAMBERS,
Les chirurgiens se servent aussi de couteaux, notamment dans les amputations.
Le couteau de chasse est une espèce de sabre court et fort,
" dont la garde n’a qu’une coquille, qu’une croix et qu’une
poignée sans pommeau; cette poiggée est généralement faite d’une corne de cerf ou autre.
Le couteau à couleur est formé d’une lame mince et flexible et qui sert à relever les couleurs sur le marbre où ellesont été broyées, et à faire les teintes sur la palette.
COUTEL (ANTomE), né à Paris, en 1622, mort à Blois, en 1693, n’est connu que par une pièce de vers qui fait partie d’un recueil intituié Promenades de messire Antoine Coutel, chevalier , seigneur de Monteaux, des Ruez, Fouynais, etc., imprimé à Blois, sans date. Sa pièce de vers, sur l’Indolence, offre un tel degré de ressemblance avec l’idylle Les Moutons, 1eM®* D'eshoulières, qu’il est de toute évidence que l'une a été calquée sur l’autre. La pièce de Coutel est coupée en quatrains de vers alexandrins; celle de Mme Deshoulières est en vers libres et sans divisions : mais pensées, expressions, rimes et vers entiers souvent, sont précisément les mêmes. La question est de savoir quel est celui des deux poëtes qui a volé l’autre. Mme Deshoulières est de seize années plus jeune que Coutel ; le style de celui-ci d’ailleurs est plus vieux et beaucoup moins pur, Les ouvrages de Mme Deshoulières ont été imprimés pour la première fois en 1687, et postérieurement, tout porte à le croire, au livre de Coutel. L’idylle Les Moutons est infiniment supérieure par sa forme aux vers sur l’Indolence , et il est peu vraisemblable qu’un auteur gâte volontairement les ouvrages qu’il s’approprie. Tels sont les motifs qui militent en faveñr de la priorité que l’on est tenté d'accorder à Coutel. D’un autre côté, bien que les vers sur /’Indolence soïent de même style et paraissent être de la main qui a écrit les Promenades, il faut avouer que les pensées de celle-ci ont une délicatesse qu’il serait bien difficile de retrouver dans aucune autre pièce du même auteur. En les relisant toutes attentivement, on reconnaît dans la quatrième chanson, qu’il donne comme de lui , plus que des réminiscences des stances célèbres de Bertaud : Félicilé passée , etc., ce qui paraîtrait indiquer que le bon Coutel mettait peu de scrupule à s'emparer des pensées d’autrui, La question demeure donc encoreindécise; et, quoi qu'il en soit, il reste à Mme Deshoulières assez de titres poétiques pour pouvoir se passer de l'honneur d’avoir rimé l’idylle des Moutons, pièce beaucoup trop vantée peut-être de son temps et du nôtre, VioLLEeT-LEDuC.
COUTELIER, COUTELLERIE. On nomme coutelier l'ouvrier qui fabrique et vend des couteaux. Cette profession, qui chez les modernes, et surtout de nos jours, a acquis un grand développement, dut se borner chez les anciens et pendant le moyen âge à la confection de couteaux simples, souvent grossiers et de mauvaise qualité, alors que les métaux, l'acier surtout, étaient rares. Aujourd’hui, les artisans qui exercent cette profession fabriquent des couteaux, des rasoirs, des canifs, des ciseaux, etc. Tous ces produits sont en général de bonne qualité, surtout depuis que l'acier fondu est devenu commun ; l’acier ordinaire est aussi moins imparfait et à plus bas prix qu’il ne l'était autrefois.
Parmi les produits les ‘plus intéressants de la coutellerie, on doit distinguer les instruments de chirurgie, dont plusieurs sont très-compliqués, ceux, par exemple, dont on fait usage pour briser la pierre dans la vessie. Les ouvriers qui exécutent ces instruments sont de véritables mécaniciens en fin.
Le coutelier se fait quelquefois bijoutier : il taille, polit, soude les métaux précieux ; il ciselle des ornements sur la nacre de perle, l’ivoire. :
Les outils du coutelier sont, à peu d’exceptions près, les mêmes que ceux d’autres professions qui travaillent les
ils ont des étaux, des marteaux, des limes, des [oe, un soufflet, etc. Leur enclume porte une i-cylindrique, sur laquelle ils forgent les lames