‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 521 sur 607 · COUTEAU — COUTHON · texte numérisé non relu

COUTEAU — COUTHON

des rasoirs. Quand une pièce est ajustée et trempée, elle est ensuite dégrossie ou affûtée, affilée, puis polie. L’affütage s’opère sur des meules de grandeur variable, suivant la nature des objets à affüter. L’affilage se fait au moyen de meules de bois appelées polissoirs : elles sont entourées d’une bande de cuir, sur laquelle on répand des poudres minérales très- ” fines. Enfin on donne le poli avec du rouge d'Angleterre très-

fin, sur des meules en bois recouvertes de peau de buffle.

Cette industrie est pour la France l’objet d’un commerce trè-étendu. La beauté et la qualité de ses produits les font rechercher de toute l'Europe, malgré la concurrence de l’An-

-gletere. Plusieurs villes importantes doivent leur prospérité à la fabrication presque exclusive de quelques-unes de ses branches. Les principales fabriques sont celles deLangres, Nogent, Châtellerault, ThiersetSaint-Étienne.Caena eu longtemps la vogue pour tous les genres, Cosne pour le commun fermant. La coutellerie de Moulins est tombée enfièrement. Enfin, là comme dans les autres industries, Paris tient son rang pour les objets de luxe.

La concurrence anglaise s'exerce surtout à Birmingham età Sheffield; beaucoup demontures se font à Londres, Cette coutellerie est plus soignée que la nôtre, maïs moins élégante.

COUTHON (Geonces), naquit en 1756, à Orsay, aux environs de Clermont en Auvergne. Avoc*t,avant'la révolution, près le tribunal du district de cette ville, 1l fut nommé, en 1789, président au même tribunal, puis en 1791 élu par ses concitoyens député à l’Assemblée nationale législative. Dès l’âge de vingt ans il avait perdu l’usage de ses jambes : un soir qu’il se rendait près de sa maîtresse, il s’enfonça jusqu’à mi-corps dans un bourbier, et depuis resta affligé d’une paralysie incurable. Malgré cette grave infirmité et la faiblesse de sa constitution, il déploya une activité surprenante dans le cours de sa carrière politique. Dès son entrée à l’Assemblée législative, il prit rang parmi les ennemis les plus acharnés de la monarchie, et fut le premier qui osa porter la main sur ce que la Constituante avait laissé au trône de majesté et de priviléges. Dans la séance du 5 octobre 1791, il demanda qu'il fût permis aux membres de Passemblée de s'asseoir devant le roi, disant qu’observer l’ancien cérémonial serait ressembler à des aufomales qui se meuvent par la volonté d’un homme; il proposa aussi un décret qui abolît les titres de sire et de majesté, pour ne laisser subsister que celui de roi des Français. Son idée dominante dès le principe fut d’écraser la royauté : c’est ainsi qu’on le voit sans cesse s’efforcer d’affranchir les lois de la sanction du roi; c’est ainsi que, dans les séances des 4 et 7 janvier 1792, il propose que les décrets rendus pour compléter l’organisation de Ja haute cour nationale soient exceptés de la sanction royale; que, le 28 avril, il demande l'ordre du jour sur la proposition de Torné, tendant à ce qu’on prononce la suppression de la corporation civile du clergé, comme n'étant pas assez expressément indiquée dans le décret de la suppression des ordres : « Le clergé est détruit, disait-il; et sile roi venait à frapper votre nouveau décret d’un veto , les prêtres croiraient qu'ils existent encore, et reprendraient leurs forces. » C’est toujours par le même motif que, dans la séance du 29, il demande le licenciement de la garde du roi, comme mesure de police générale exclusivement confiée au corps législatif; qu'enfin, le 21 juin, pour que le décret ne soit pas arrêté par le fatal ve/o, il propose que tous les décrets de circonstance soient affranchis de la sanction. C'était frapper la monarchie au cœur, c'était préparer le 10 août et le 21 janvier.

La Constituante, tout en suspendant les prêtres réfractaires, leur avait laissé une pension. Dès le 7 octobre 1791 Couthon se déchaïna contre les prêtres réfractaires, traça à l'assemblée un tableau énergique des vexations qu'ils faisaient éprouver aux prêtres assermentés ; puis, plus tard, demanda la suppression de leur traitement, et finit par récle-

CT

LE

Page 1