COUTIL — COUTUME
"un peu en avant de la pointe du soc. Il ÿ a des charrues qui
COUTRE (de culter, couteau). C’est le nom d’une sorte de coutelas, qu’on adapte à la flèche d’une charrue pour fendre la terre, couper les herbes, les racines, etc. La direc- { tion du coutre est verticale ; son plan est parallèle à la ligne de traction de la charrue (celle de la flèche). Le coutre se place
ont plusieurs coutres , dont un précède la pointe du soc, et les autres sont fixés ou à droite ou à gauche; quelquefois la charrue à plusieurs coutres n’en a que d’un côté du soc. - On ne fait usage de coutres que dans les terres fortes , tenaces, ou qu’on défriche pour la première fois; dans les terres légères, sablonneuses, pierreuses, ils sont au moins inutiles. Le tranchant des coutres est d’acier trempé; le manche par lequel ils tiennent à la charrue est en fer. Il est prouvé par un passage de Pline que le coutre était connu des anciens. TEYSSÈDRE.
COUTTS (Tuowas), financier célèbre, l’un des rois de la Bourse de Londres au commencement de ce siècle, né en 1741, en Écosse, de parents peu fortunés, entra d’abord en qualité de commis, aux plus modestes appointements, dans une maison de banque, s’élablit ensuite pour son compte, participa aux immenses opérations qu’alimentèrent les emprunts contractés par l'Angleterre pour faire face aux frais d’une guerre longue et terrible, et réalisa des bénéfices démesurés. L'intelligence , la probité de Coutts, fondèrent son crédit sur les bases les plus solides ; il devint le personnage le plus opulent de son époque. Sa vie privée ne fut pas non plus exempte d’incidents romanesques; et c’est là une circonstance assez rare dans la biographie d’un banquier, pour qu’on la signale lorsqu’elle s’y montre, Très-jeune encore, il s’éprit d’une personne aimable et pauvre; il l’épousa, bien que cette démarche décisive fût u alors de sa part une véritable imprudence ; trois filles furent le fruit de cette union; toutes trois s’allièrent à d’illustres familles patriciennes : l’une devint marquise de Bute, l’autre comtesse de Guidford, la troisième épousa sir Francis Burdett. \
Coutts était déjà plus que septuagénaire, lorsqu'un soir le hasard le conduisit au théâtre de Drury-Lane; une actrice spirituelle et jolie, miss Mellon, fit sur le vieux Crésus une impression telle qu’il mit son cœur et ses millions aux pieds de l’enchanteresse. Les soupirants de ce genre trouvent rarement des cruelles; miss Mellon quitta le théâtre, et cette liaison s’afficha bientôt sans scrupule, quoique mistress Coutts vecût encore. Elle mourut enfin, et quarante: huit heures après, avant même que la défunte eût reçu les honneurs de la sépulture, Coutts épousait sa maîtresse. Il est beaucoup permis aux gens richisshnes; on trouva cependant que le banquier passait les bornes du pnvilége. Fort peu ému du scandale qu’il avait donné, Coutts vécut encore sept années. Il mourut nonagénaire, le 24 février 1822, laissant un testament de trois lignes, maïs si clair, si net, si précis, que nul homme de loi ne trouva à y mordre. Dans cet acte, il léguait à celle qui l’avait complétement captivé la totalité de son immense fortune, la rendant maîtresse absolue de tant de trésors. De ses filles, de ses nombreux petits-enfants, le banquier n’y disait mot. Son inconsolable veuve finit par convoler en secondes noces avec le duc de Saint-Albans, grand seigneur ruiné qu’elle fit riche, mais qui ne put réussir à en taire une grande dame G. BRUNET.
COUTUME. Les jurisconsultes romains .entendaient par ce mot un droit nouveau introduit par la tradition » OÙ qui modifiait en tout ou en partie une loi, l'abrogeait ou lui était substitué, oplima legum interpres consuetudo. La coutume chez les Romains obtenait l’autorité de la loi sans en avoir le caractère; elle était l’œuvre de la jurisprudence de l'opinion, comme, dans d’autres cas, les modifications aux lois sont l'œuvre de la jurisprudence des arrêts. Les coutumes romaines n’ont donc de commun que le non) avec celles qui depuis la chute du grand empire ont régi