COUVERTE
dressoir avec beaucoup de vaisselle, sinon d'argent, au moins de plomb et d’étain, » D'ailleurs, dans le commun usage de la vie, on ne servait pas, ainsi que de nos jours, plusieurs plats à la fois, mais un seul, auquel chacun puisait à son tour. Quant aux vases qui contenaient le vin ou toute autre boisson, ils étaient communément étalés sur le meuble nommé anciennement dressoir, crédence, au seizième siècle, et de nos jours buffet.
Au quatorzième siècle, chez les souverains et les riches seigneurs , au milieu de la table s'élevait une fontaine jaillissante. Elle fournissait pendant le repas le vin, l’hippocras et les autres liqueurs. Ordinaïrement il en coulait aussi de l’eau odoriférante, qui parfumait la salle, Quant aux gobelets ou vases à boire, ils variaient beaucoup, Les cornes d’animaux sauvages furent longtemps seules en usage chez les peuples du Nord; et sur les tapisseries de Mathilde, faites au onzième siècle, nous voyons encore ce meuble employé par les Normands. Nous trouvons ensuite les coupes de différentes formes et de divers métaux ; le Aanap, qui différait de la coupe, en ce qu’il était monté sur un pied plus élevé ; enfin la verroterie, qui au seizième siècle fut travaillée d’une manière si merveilleuse. Les gobelets de cuivre et de bois et les gourdes surtout étaient encore d’un commun usage parmi le peuple.
Les Celtes etles Germains séparaient leur viande avec un petit couteau, qu’ils portaient toujours à la ceinture. Ce meuble continua à être fort commun, et nous voyons plusieurs villes de France célèbres pour leurs fabriques en ce genre : Périgueux, Beauvais, furent très-connues à cet égard, dès le douzième et le treizième siècle, et nous lisons dans la Chronique Normande que le duc Robert récompensa richement un coutelier de Beauvais qui lui avait offert un chefd'œuvre de son art. Quant aux cuillères, Fortunat, qui écrivait dans le douzième siècle, met au nombre des charités de la reine Radegonde l’action de cette reine qui offrait à manger aux aveugles avec une cuillère ; et dans le testament de saint Remi il est parlé de cuillères tant grandes que petites. Dans le roman de Partenopex de Blois, composé vers la fin du même siècle, on lit :
Tables mises et doubliers,
Couteaux , sallières, et cuëllers,
Coupes, henas et escuelles D'or et d’argent.
Mais il n’est pas question de fourchettes. Ce n'est que dans un inventaire que le roi Charles V fit faire de son argenterie, en 1379, que l’on trouve ce meuble mentionné. A cette époque il était fort petit, et n’avait que deux branches: on le faisait encore ainsi au seizième siècle.
Ce fut aussi dans ce même siècle que de grands changements eurent lieu dans les meubles de table. La faience, qui fut découverte, et dont l’usage fut porté si loin par le fameux Bernard de Palissy, rexaplaça bientôt l’étain, le fer et même l’argent. Sa fabrication , devenue facile, rendit son prix assez modique. Il n’en fut pas de même de la porcelaine, qui, transportée d’Asie en Europe vers la fin du même siècle, fut longtemps très-chère et d’une fabrication inconnue chez nous. C’est au dix-septième siècle que le baron de Bœttcher, chimiste saxon, en découvrit le secret, et le naturalisa en Europe. LE Roux be LiNCY.
COUVERTE. espèce d'émail qui recouvre une poterie. L’antiquaire et l'amateur doivent également s'attacher à l'examen de la couverte , soit qu'ils étudient les antiques productions de l'Égypte et de la Grèce, ou que, cédant à l'influence du goût nouveau, ils recherchent dans un but de luxe et de décoration les bizarres et gracieuses porcelaines de la Chine et du Japon. L'usage de la couverte est le produit du perfectionnement dans la fabrication de la poterie, et tous les peuples l'ont connue et différemment employée (voyez CÉRAMIQUE ). L'Égypte en couvrait les scara-
bées d'argile ; la couleur de la couverte était alors grise, violette, brune, verte, blanche ou bleu de turquoise. La Grèce appliquait la couverte de ses vases après les avoir cuits très légèrement, pour obtenir ce que nous appelons le ‘biscuit. Appliquée dans tout autre moment, la couverte se serait incorpurée pour ainsi dire avec la terre, et aurait empêché d'exécuter avec une aussi grande délicatesse d'outil les dessins dont ces ouvrages sont ornés; tandis qu'il est aisé de l’enlever lorsqu'elle n’a reçu qu’une lésère cuisson, ou plutôt de la découper sans qu’elle laisse la trace la plus légère. Cette couverte était faite avec une terre bolaire, la même qui est employée aujourd’hui pour la faïence, et que Yon désigne sous le nom de manganèse, ou manganesia vitriariorum. Cette matière était préparée et broyée parfaitement, pour la mettre en état de s'étendre et de couler au pinceau , comme les émaux, Mais avant de mettre cette couverte noire sur leurs vases, les ouvriers étrusques avaient soin de tremper leurs ouvrages, ou de leur donner une couleur rougeâtre, claire et fort approchante de celle de notre terre cuite. Ils prenaient cette précaution pour corriger la teinte naturelle et blanchâtre de leurs terres , qui ne produisait pas l’effet qu’ils aimaient à réaliser dans leurs plus beaux ouvrages ; et le peintre ou le dessinateur ne commençait son travail que lorsque cette couverte rouge ou noire était entièrement sèche.
Quant aux porcelaines qui nous viennent d’Asie, on les reconnait encore à la couverte. Par exemple, la porcelaine dite fruitée (ainsi désignée sans doute à cause de sa ressemblance avec les écailles de la truite), et qui est la plus ancienne de la Chine, se reconnaît à sa couverte gercée en mille manières, et à sa pâte, fort grise. C’est ce genre de porcelaine que le comte de Lauraguais parvint à imiter parfaitement vers 1766, et l’on assure que la solidité de la couverte qu’il employait ne le cédait en rien à celle des Chinois. Les beaux produits en porcelaine de la Chine sont très-difficiles à distinguer de ceux du Japon , et la couverte sert encore à les faire reconnaître. La porcelaine du Japon a une couveïte plus blanche et moins bleuâtre que celle de la Chine ; il y a aussi moins de profusion d’ornements, et les bleus y sont plus éclatants. La porcelaine de la Chine, outre qu’elle est plus chargée de couleurs et ornée de dessins plus bizarres , a encore une couverte plus bleuâtre. La couverte glacée blanche et très-belle annonce la porcelaine dite Chine moderne ; celle qui est en véritable émail blanc distingue le Japon chiné. Toutes les couleurs, à l’exception de l’azur, s'appliquent sur la couverte. Une manière particulière et assez familière aux Chinois de peindre la porcelaine, c'est de-colorer la couverte tout entière, et il se fait des choses de fantaisie très-extraordinaires en ce genre. Ceux qui fabriquent des porcelaines doivent donc s’attacher surtout à avoir de belles couvertes, puisque de son plus ou moins grand degré de solidité et de sa belle application dépend souvent la belle exécution des ornements et des peintures, CuampoLLion-FiGEAc.
COUVERTURE, ce qui sert à couvrir. C’est le nom de pièces d’étoffes dont on se couvre ordinairement au lit (voyez COUVERTURIER ).
En termes de bâtiment, c’est ce qui couvre le toit des maisons ou des édifices. Toute matière imperméable à l’eau est propre à cet usage. Il y a donc des couvertures en gazon, chaume, planches, ardoises, tuiles, plomb, zinc, cuivre, tôle de fer, dalles de pierre, bitume et même en carton-pierre,
La matière dont on veut faire une couverture détermine en général la pente qu'i convient de donner au toit destiné à la porter (voyez Comes ); cette pente est la plus grande pour les couvertures en gazon; les Loits couverts en chaume exigent plus de pente que ceux qui sont couverts en ardoises, luiles, plomb.
COUVERTURIER,. C’est le nom qu’on donne au fabrieant de ces pièces de gros tissus, le plus souvent en laine