‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 528 sur 607 · COUZA — COVENANT · texte numérisé non relu

COUZA — COVENANT

des principautés, il s’éleva contre es rendances du kaïmakan Vogoridès en même temps qu’il combattit de toutes ses forces l'influence de l'Autriche. 11 s'était démis de ses fonctions administratives, lorsqu'il fut élu membre de PASsemblée nationale (1858). Le gouvernem ent provisoire le chargea du portefeuille de la guerre. Par suite d’an accord tacite les assemblées de Moldavie et de Valachie le nommèrent à l'unanimité hospodar de l’une et de l’autre province (17 janvier et 5 février 1859). Cette double élection jeta les grandes puissances dans un grand embarras : tandis que l’Autriche et la Turquie en réclamaient lannulation, la France, la Russie, l'Angleterre et la Prusse finirent par la reconnaitre, mais en mettant à leur consentement cette condition que le nouvel élu maintiendrait à chaque principauté une administration séparée. Couza attendit jusqu’en septembre 1860 pour aller recevoir du sultan linvesliture solennelle, il fut recu avec de grands honneurs et demeura près d'un mois à Constantinople. 4 la fin de 1861 la Porte accorda par un firman l’uni-nadministrative et législative de la Moldavie et de la Valachie pendant tout le règne du prince. Un parlement unique prit la place des deux assemblées, etil n’y eut plus qu’un ministère pour les deux provinces, désormais conn ues sous le nom de Roumanie.

Cependant la popularité de l’hospodar commençait à baisser : de graves dissentiments avec les libéraux l'avaient amené à changer plusieurs fois ses ministres; des actes de sévérité contre la presse, des impôts nouveaux, avaient poussé le peuple « un soulèvement réprimé par les armes. L'antagonisme que nous avons signalé aboutit à une sorte de coup d’État : le prince con gédia brusquement l’Assemblée, changea la constitution et en soumit une dont ilétait l'auteur à un plébiscite par oi et par non (1864). Le peuple lui donna raison, et Couza fit re ctifier ces mesures hardies par le sultan et les autres puissances. Une émeule éclata pourtant à Boukarest, qui fut encore rpérimée (15 août 1865). Couza n’en fut que plus détesté. Le 23 février 1866, de grand matin, il fut surpris dans son sommeil par une troupe d'officiers, et après avoir signé entre leurs mains son abdication, il fut conduit en voiture jusqu’à la frontière d'Autriche. Depuis cette é poque il a résidé successivement en Italie, en France et en Allemagne. IL est mort le 15 mai 1873, à Heidelberg.

COVENANT, mot anglais qui signifie conven’ion et dérivé du latin conventus. En 1588 Philippe IT avait résolu de conquérir l’hérétique Ang leterre ; depuis trois années il avait employé toute la puissan ce de ses domaines d'Europe et épuisé tous les trésors de l'Inde en immenses préparatifs de guerre. L’armad a était réunie. Cemenaçant orage n’intimida pas Elisabeth, dont un des premiers soins fut de s'assurer de l'amitié du roi d'Écosse, Jacques VI, qui en conséquence leva des troupes et se int prêt à repousser l'invasion des Espagnols. Le zèle religieux du peuple écossais ne le céda point à celui de son roi. La Bible était alors dans toutes les mains. Elle montrait les Israélites s'engageant par des pactes solennels à la défense de leur religion, chaque fois qu’ilsétaient frappés par quelque événement extraordinaire ou alarmés par un danger public. Les Écossais regardèrent cet usage des Juifs comme un usage sacré qu’ils devaient imiter. Roi, clergé, nobles, bourgeois ou paysans, tous, en face du péril qui menacait la réforme, s’empressèrent de signer une déclaration contenant : une profession de foi protestante, une renonciation particulière aux erreurs de la religion romaine, et la promesse solennelle de se tenir inséparablement unis les fans aux autres pour combattre le papisme de toutes leurs orces. Ce pacte de défense mutuelle fut appelé covenant. La destruction complète de l'invincible armada rendit cet acte pour le moment sans objet.

Ausièclesuivant les Ecossais l'invoquèrentæour défendre | saient depuis plusieurs années

la constitution de leur Église contre les prétentions de Charles Ier, L'Église d'Écosse avait adopté presque Lou entière dans sa discipline le rigorisme et la simplicité presbytérienne : indépendance complète du pouvoir temporel, et parfaite égalité entre tous les membres, tels

étaient ses premiers dogmes. Charles, dont cette organi-

sation blessait les préjugés, voulut introduire dans l’ancien royaume de ses ancêtres le rituel anglican, et rendit un édit dit de co»formilé. Les Écossais regardèrent le: cérémonies imposées par celle liturgie comme une messe déguisée, et comme unemesure préparatoire à la prochaine introduction dans le pays de toutes les abominatlions du papisme.

Tout le pays se souleva, et quatre conseils, composé: de la noblesse, des ministres ecclésiastiques et des bourgeois, s'assemblèrent à Édimbourg (28 février 1638). Le premier acte de ce parlement improvisé fut de renouveler le covenant de 1588. Charles dirigea contre l'Écosse une armée d'environ 30,000 hommes ; mais, grâce à l’ardeur religieuse qui enflammait toute la nation, quelques jour: suffirent aux Ecossais pour jeter sur la frontière une armée égale en nombre à celle qui s’avancait contre eux. Les deux parlis se rencontrèrent près de Berwick; quelque temps ils restèrent à s'observer. Tout à coup le roi propose aux Ecossais un projet de pacification; puis, sans attendre le complet résultat de cette transaction, il licencie ses troupes, et revient à Londres. Les Ecossais semontrèrent moins faciles; leur parlement regarda les articles proposés comme non avenus. Cédant à la mobilité de ses impressions, une seconde fois Charles résolut d’aller soumettre l’Ecossais à ses prescriptions liturgiques. Cette déterminaiion irréfléchie ouvrit la série de luttes et de malheurs qui conduisit ce prince sur l’échafaud. Mais dès la première rencontre à Newburn (1640), cette armée, mal disciplinée, se laissa battre: et le roi fut réduit à ouvrir à Ripon de nouvelles négociations,

L'année qui suivit fut tout entière occupée par la lutte qui s’éleva entre Charles et la chambre des communes, Les Écossais en restèrent simples spectateurs. Toutefois, la fortune des armes semblait devenir contraire aux communes, lorsque leurs membres les plus habiles s’avisèrent de recourir à l'alliance du parlement d'Écosse, alors réuni. Dans les derniers jours de juin 1653, une ligue solenn Ile, ou nouveau covenant, fut conclue entre les parlements des deux nations; cet acte, plus étendu dans ses formules que les précédents, fut suivi d’une levée de 20,000 hommes appelés aux armes dans l'intérêt de la cause commune. Une troisième fois, les Écossais entrèrenten Angleterre, prirent d'assaut Newcastle ,s’établirent dans les provinces du nord, ettinrent en échec une partie des troupes du rei Charles.

A peu de temps de là cependant, ce prince atlaqué et défait sur tous les points , réduit à quelques milliers d’hommes désunis, mécontents et mal payés, bloqué pour ainsi dire dans la seule place importante qui lui restât, la ville d’Oxford, prenait tout à coup le parti de confier sa fortune et sa vie à l’armée covenantaire d'Écosse. Cette détermination s'explique par une modification profonde qui était survenue dans la situation respective des alliés. Les Ecossais en effet avaient cru s’apercevoir qu’à mesure que leur assistance de: venait moins nécessaire, le parlement anglais attachait mois de prix à leurs services. Ils étaient fort alarmés du progrès de la secte des indépendants, secte à la tête de laquelle était Olivier Cromwell, et qui proclamait à haute voix ses projets de république ; tandis que les covenantaires, intraitables sur le chapitre des prélatures , se montraient moins opposés à l'autorité royale. La brusque apparition du roi jeta les chefs écossais dans le plus grand embarras; leur armée était à Ja solde de la chambre des communes anglaises, et un énorme arriéré lui était dû. Les amendes, les confiscations qui pesur le parti royaliste don-

nalent au parlement anglais le moyen de s'acquitter. Charles, au contraire, élait pauvre; sa cause était désespérée. L’abandon de ce prince fut résolu. Mais il s'agissait de trouver un moyen d'arriver à ce résultat sans paraître fouler aux pieds toutes les lois de l'honneur et de la loyauté la plus commune. Le double fanatisme des ministres presbytériens et du roi vinrent trancher la difficulté. Des conditions d’accommodement furent soumises à Charles, qui se montra prêt à tout accepter, moins toutefois les articlos relatifs à la juridiction épiscopale. Les prédicateurs jetèrent aussitôt les hauts cris; ils s’'emportèrent contre la mollesse des chefs, qui, dociles à ces clameurs religieuses, livrèrent Charles aux Anglais. La honte de cet infâme marché fit une si vive impression sur le parlement d'Écosse, qu’il déclara que le roi serait protégé et sa liberté demandée à tout prix. Mais l'assemblée générale du clergé presbytérien ayant prononcé bientôt après que Charles, en rejetant obstinément le covenant , s'était rendu indigne de l'intérêt et de la pitié des amis du ciel, le parlement fut obligé de retirer sa déclaration.

Les indépendants, maîtres de la personne du roi, ne tardèrent pas à froisser l’irascible amour-propre des covenantaires. En pleine chambre des communes, plusieurs membres donnèrent au covenant le nom profane d’almanach hors de date, et pas une voix ne s’éleva contre cette monstrueuse impiété! Au lieu de régler et d'établir l’orthodoxie par l’épée et par de vigoureux statuts, l'armée de Cromwell demandait cette absolue liberté de conscience que les presbytériens avaient en horreur; il n’était pas jusqu'aux violences exercées contre le roi que les Écossais ne regardassent alors zomrhe une violation du covenant.

Cette disposition des esprits parut favorable aux partisans de Charles pour tenter d’arracher ce prince des mains du long parlement; ils agirent si puissamment sur la partie modérée du parlement écossais, que, sous prétexte de défendre les intérêts de la religion, une armée de 40,000 hommes fut confiée au marquis d'Hamilton, qui au mois août 1648 franchit les frontières anglaises. Ce général, dévoué à la cause de Charles, bien que chaud covenantaire, devait être appuyé par des corps nombreux de royalistes anglais; mais tel était l’esprit de l’époque qu’à peine réunis à ces auxiliaires, les Écossais voulurent leur faire adopter le covenant ; les royalistes ayant refusé , les troupes d’Hamilton repoussèrent tout contact avec ces profanes. On vit alors les deux troupes armées pour la même cause marcher de ‘ront, mais toujours à une certaine distance l’une de l’autre, 2t sans vouloir combiner leurs mouvements ni s’entr’aider. Cromwell sut mettre à profit cette désunion : il attaqua chaque corps d’armée séparément, les battit tour à tour, puis, pénétrant en Écosse, remit tous les pouvoirs entre les mains des covenantaires les plus exaltés. Le vainqueur, rappelé par le besoin de préparer et d’assurer la condamnation du roi Charles, ne tarda pas à rentrer en Angleterre, laissant le covenant et ses plus chauds apôtres régir sans partage ‘Écosse politique et religieuse. Cette domination du parti le plus opposé aux intérêts et aux doctrines royalistes se maintint rigide et exclusive jusqu’à la fin de 1649.

La tête de Charles 1°" venait alors de tomber. Immédiatement après cette exécution , le parlement anglais avait invité les chefs de l'Écosse à soumettre également leur pays à la forme républicaine. Les covenantaires refusèrent; et comme un article du pacte saint les obligeait à défendre et à maintenir la monarchie, Charles 1° mort, ils proclamèrent Charles 11, son fils, pour successeur, mais à condition « qu’il tiendrait une sage conduite, qu’il observerait le covenant, et qu'il ne souffrirait autour de lui que des personnes bien disposées et fidèles à lagmême obligation », Le nouveau roi ne vit dans cet acte qu’un commencemment de soumission à ses droits; à ses yeux le moindre effort devait suffire pour renverser le double établissement covenantaire et presbytérien, Montrose reçut dé lui l’ordre de s’embarquer

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