‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 530 sur 607 · COWLEY — COWPER · texte numérisé non relu

COWLEY — COWPER

Poelical Blossoms ( Fleurs poéliques), et qui contenait entre autres sujets : Les Amours de Pyrame et Thisbé, écrits à dix ans; puis Constantin et Philétas, composés à douze. C’est encore au collége qu’il fit sa comédie pastorale intitulée : Énigme de l'Amour.

Devenu maître ès arts à Cambridge, il fut forcé, en 1643, par le triomphe des parlementaires, de quitter cette université; et s'étant alors réfugié à Oxford, il y publia sa satire Le Puritain et le Papiste. Son zèle pour la cause de Charles 1°", ses connaissances et son esprit attirèrent bientôt sur lui l'attention de plusieurs des chefs du parti royaliste ; et lord Falckland le recommanda si vivement à la reine, qu’elle l'emmena avec elle à Paris. Employé dans la chancellerie secrète de cette princesse, il resta à son service pendant douze ans. C’est à cette époque qu’il fit paraitre un recueil de poésies érotiques, The Mistress (1647). Revenu en Angleterre pour se renseigner sur la véritable situation de son pays, sous prétexte d’y vivre désormais dans la vie privée, il fut arrêté comme suspect. Rendu à la liberté par l’intervention d’un protecteur, il renonça aux affaires de la politique, se livra à l'étude des sciences naturelles, auxquelles il rendit de notables services, et fut reçu docteur en médecine. 11 fut déçu dans son espoir de parvenir, après la Restauration, à d'importantes fonctions. On se rappela en effet à la cour que dans sa jeunesse il avait composé une Ode à Brutus, qui était peu d'accord avec les opinions royalistes qu’il professait maintenant. Cependant, grâce à l'intervention du duc de Buckingham , il obtint la jouissance d’un domaine rural appartenant à la reine Henriette-Marie et rapportant 300 liv. st. par an. Mais la vie des champs, qu’il a dépeinte avec de si poétiques couleurs, ne lui allait guère dans la pratique. Sa santé s’altéra, et, pour changer d’air, il vint s’établir à Chertsey sur la Tamise, où il mourut, le 28 juillet 1667. Enterré dans l’abbaye de Westminster, près de Chaucer et deSpenser, on lui a donné sur sa tombe les surnoms de Anglorum Pindarus, Flaccus et Maro; mais la postérité ne les lui a pas conservés. Toutefois ses poésies anatréontiques sont les premières imitations heureuses des modèles grecs que possède la littérature anglaise. Parmi ses odes on distingue surtout l'ode à l’Esprit et l'ode à La Société royale. Son poeme épique Davideis est demeuré inachevé.

Il est facile de juger, et dans les œuvres de Cowley, et dans ses préfaces, et surtout dans ses lettres, recueillies et publiées par Brown, que ce n’était pas un esprit de premier ordre. Son grand mérite est d’avoir, par la hardiesse des pensées et par l'énergie de l'expression, élargi dans sa langue maternelle le domaine de la poésie lyrique, bien qu’il n’ait pu se préserver de l'influence du mauvais goût de son époque.

Aïkin a publié ses œuvres complètes (Londres, 1802, souvent réimprimées depuis ), dans lesquelles se trouvent aussi des Essays dont Johnson admire beaucoup le style.

On a l’histoire de Cowley écrite par le docteur Speal; mais l'amitié a fait de cet ouvrage plutôt une oraison funèbre qu’une biographie.

CO WLEY (Henri WELLESLEY, lord), fils puîné de Garret Colley Wellesle y, comte de Mornington, et frère du duc de Wellington, naquit le 20 janvier 1773. Destiné de bonne heureà la carrière diplomatique, il entra en 1795 au foreignoffice en qualité de rédacteur ( precis-wriler ), accompagna lord Malmesbury au congrès de Lille, et, au mois d’octobre 1797, suivit, avec le titre de secrétaire particulier, son frère aîné, envoyé aux grandes Indes comme gouverneur général, En 1800 il fut l’un des agents députés à Mysore; et l’année suivante, par une habile négociation, il fit passer sous la domination anglaise le territoire d’AouGh, province qu’il administra ensuile comme vice-gouverneur. Cependant, dès 1803 il était de retouren Angleterre, où il épousa la fille du comte Cadogan. Sa femme s'étant fait enlever en 1809 par Jord Paget (aujourd’hui marquis d’Anglesey), un divorce ântervint. Élu en 1807 membre de la chambre des communes

par le bourg d’Eye, il fut en même temps nommé par le ministère Portland l’un des secrétaires de la trésorerie. Quoique bon financier et orateur disert, il ne joua jamais de rôle important au parlement. Quand son frère revint d’Espagne , en 1809, il alla le remplacer dans la péninsule en qualité d’ambassadeur; et le rôle qu’il y joua appartient à l’histoire contemporaine. Ses services furent récompensés en 1812 par la croix de chevalier de l’ordre du Baïn ; et après la restauration de Ferdinand VIII sur son trône, il resta encore accrédité auprès de lui jusqu’en 1822, sans pouvoir toutefois exercer d'influence modératrice sur la politique absolutiste de ce prince. En 1823 il fut appelé au poste d’ambassadeur à Vienne, qu’il conserva jusqu’en 1828, époque où il fut créé pair du royaume, sous le nom de Lord Cowley, en même temps que l’arrivée des whigs aux affaires avait pour résultat de l’en éloigner. Ce fut seulement en 1841 que le ministère Peel lui confia l’ambassade de France ; et par ses qualités privées, de même que par son habileté diplomatique, il y contribua efficacement au maintien de ce qu’on appela l’entente cordiale des deux gouvernements. Lord Palmerston ayant succédé en 1846 à lord John Russell comme ministre des affaires étrangères, lord Cowley fut remplacé dans son ambassade par le marquis de Normanby. Mais après un court séjour en Angleterre, il revint s'établir comme simple particulier à Paris, qu’il continua d’habiter jusqu’à sa mort, arrivée le 27 avril 1847.

COWLEY ( HENRY-RICHARD-CHARLES WELLESLEY, lord ), fils aîné du précédent et héritier de son titre, néle 17 juillet 1804, se destina aussi à la carrière diplomatique, et fut d’abord attaché à l'ambassade de Vienne. En 1832 il fut nommé secrétaire de légation à Stuttgard, poste qu'il conserva longtemps, après avoir épousé, en 1833, Olivia FirzcERALD, fille de lord de Ros. Ce ne fut qu’en 1843 qu'il obtint le poste, beaucoup plus important, de secrétaire de légation à Constantinople, où, en l’absence de sir Strafford Canning, il remplit pendant une année les fonctions de chargé d'affaires; et l’habileté dont il y fit preuve appela sur lui l’attention de son gouvernement. Quand il revint en Angleterre prendre son siége dans la chambre haute, on lui destinait l'ambassade de Suisse, dont l’importance était des plus grandes à ce moment (janvier 1848 ). Mais les événements qui vinrent à peu de temps de là bouleverser la face de l'Europe donnèrent une tout autre direction à sun activité. En effet on l’envoya à Francfort représenter le gouvernement anglais près du nouveau pouvoir central allemand; et il prit une part essentielle aux négociations qui se suivirent alors. Sa protestation contre l’accession de l'Autriche à la confédération germanique avec tous ses États, donna lieu à un échange de notes des plus actifs. Il se vit contraint, en décembre 1851, de retourner en Angleterre par congé, Au commencement de 1852, son gouvernement l’envoya remplacer à Paris lord Normanby. Il prit part au congrès de Paris en 1856, et conclut dans cette ville avec la Perse un traité (4 mars 1857), qui lui valut le titre de comte. Au moment où allait éclater la guerre d'Italie il fut envoyé à Vienne afin d’amener l’Autriche à un accommodement; mais il échoua dans cette mission difficile, et revint à Paris. Remplacé au mois de juillet 1867 par lord Lyons, il à quitté la vie politique.

COWPER (WiLuiam), poëte mélancolique et élégiaque, naquit le 26 novembre 1731, à Berkhamstead, dans le comté d’'Hertford. AÏlié à de grandes familles , il reçut une éducation distinguée, qui ne fit que développer chez lui les dispositions rêveuses et la maladive sensibilité d’un caractère et d’un tempérament incompatibles avec le tracas des affaires et la lutte du monde social. Les rivalités du collége le blessèrent et l’étonnèrent jusqu’à l’accabler. La vie active Peffraya; l’homme avec ses passions, ses ambitions et ses violences , lui sembla le plus terrible ennemi que l'homme pût craindre. On espérait que la place honorable et mo-

deste de secrétaire-greffier de la chambre des communes apaiserait ce tourment secret et cette profonde anxiété d’une âme malade et d’une organisation faible. 11 n’en fut rien. Le jour où Cowper vint pour prêter serment devant la chambre, l'aspect seul de l'assemblée fit tressaillir et pälir le jeune homme , dont la langue resta muette, et qui tomba évanoui, Une sombre monomanie s’empara de lui. Croyant le monde réel à jamais fermé pour lui, il eut recours aux idées religieuses, et, se plongeant tout entier dans les plus sévères pratiques du calvinisme et de la prédestination , il se crut marqué du doigt de Dieu , condamné à la souffrance et à jamais damné dans cette vie et dans l’autre. Bientôt il fut atteint d’un complet dérangement d'esprit, et ne recouvra la raison qu'après un assez long séjour dans un établissement d’aliénés. A partir de 1767 il vécut dans le bourg d'Olney en commerce infÿjme avec le pasteur Newton, qui parfageait ses idées religieuses , mais qui ne connaissait pas assez le cœur humain pour pouvoir guérir l'esprit malade deson ami. Dans cette paisible retraite, Cowper ne s’occupait que de poésie, et traduisit quelques cantiques de madame Guyon, que Newton inséra dans ses Æymns of Olney. Mais les préoccupations religieuses reprirent alors en lui le dessus, et avec une telle force, qu’il passa plusieurs années dans le plus affligeant état. Le calme de l’espritneluirevint qu'en 1778. En 1782 il publia une édition de ses poésies, qui n’obtinrent point de succès, à cause de leurs tendances mystiques. C’est vers cette époque qu'il fit la connaissance de la bonne ef ingénieuse mistress Austen, qui habita longtemps le présbytère d’Olney, et qui, avec le tact merveilleux des cœurs féminins , devina la guérison possible de cette existence choisie et misérable, que l'excès de sa propre délicatesse achevait de détruire, C’est à son doux empire sur l'esprit de Cowper qu'on est redevable de la ballade coraique intitulée John Gilpin, et de La Tâche (1785), charmante galerie des impressions reçues par le poëte sous lPinfluence du paysage et du climat anglais, qui obtint un grand succès. Mais bientôt Cowper retomba dans sa mélancolie habituelle. Pour se distraire, il entreprit une traduction en vers blancs de l’Iliade et de l’Odysée (4 vol. Londres, 1316), et fraya la route d'un mode poétique plus franc, plus libre, plus sincère et plus varié que celui de lécole didactique, dont Pope avait fait la gloire. Une grâce pensive et naïve, une sensibilité toujours émue et toujours vraie, la reproduction la plus animée et la plus fraiche des tableaux de la nature, compensent les défauts que l’on peut reprocher à Cowper, la diffuston et le défaut d'ordre. Toujours malade, tourmenté, désespéré même par les prédications méthodistes, il mourut le 25 avril 1800, léguant à lord Byron et à Wordsworth le soin d'agrandir la nouvelle carrièrequ'il venait d'ouvrir. Ses divers ouvrages ont eu depuis de nombreuses éditions, qui témoignent des vives sympathies que ce poëte a fini par inspirer. J. Johnson a publié, d’après les papiers originaux, Private Correspondance of William Cowper (2 vol. Londres, 1824) : et on a de Taylor une Life of William Cowper (Londres, 1833 ).

COW-POX, Voyez VACCINE, COXAIGIE, maladie de la hanche. Voyez HANCUE. COXCIE , COCXCIE ou COXIS (MicneL), peintre flamand , né à Malines, en 1497, étudia son art sous la direction de Bernard d’Orlay. Plus tard il se rendit à Rome, où il se livra avec ardeur à l'étude et à limitation du style de Raphael, et où il exécuta divers travaux, notamment des peintures à fresque, par exemple à. Santa-Maria dell’ Anima, De retour dans sa patrie, il vécut jusque dans un âge fort avancé, déployant constamment une ardeur extrême pour k travail, et, par suite, jouissant d’une grande et honorable aisance. La plupart de ses tableaux sont passés en Espagne, Il mourut à Anvers en 1592, Cocxcie est du nombre de ces mältres de l’école flamande qui marquent la transition de l’ancienne manière au genre, plus moderne, des Italiens, et

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