‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 553 sur 607 · CREDI — CRÉDIT · texte numérisé non relu

CREDI — CRÉDIT

il excellait à exécuter des madones et des saintes familles avec une grâce el un charme de coloris peu ordinaires. On retrouve dans ses ouvrages des inspirations qui sont évidemment l'écho de Léonard de Vinci, de Raphael et du Pérugin. C’est surtout la galerie degli Ufizii de Florence qui possède des ouvrages de cet artiste; nous mentionnerons particulièrementune Hadone adorant l'enfant Jésus. Mais son principal ouvrage est sa Mativilé, qu'on voit à l'Académie de Florence, toile immense, où la manière du Pérugin se trouve alliée avec beaucoup de bonheur au style, plus libre, de l’école de Florence. Le musée de Berlin possède de ce peintre plusieurs toiles peintes en détrempe , notamment une Madeleine d’un charme tout particulier, On voit aussi de lui au Louvre une Vierge présentant l'enfant Jésus à l’adoralion de saint Julien et de saint Nicolas, l'une de ses plus remarquables productions.

CRÉDIT. C’est la faculté qu’un homme , une association, une nation, ont de trouver des prèteurs. Le crédit se fonde sûr la persuasion où sont les prêteurs que les valeurs qu'ils prêtent leur seront rendues, et que les conditions du marché seront fidèlement exécutées. Le crédit ne multiplie pas les capitaux, c’est-à-dire que si la personne qui emprunte pour employer productivement la valeur empruntée acquiert par là l'usage d’un capital, d’un autre côté la personne qui prête se prive de l’usage de ce même capital. Mais le crédit en général est bon, en ce qu’il facilite l'emploi de tous les capitaux, et les fait sortir des mains où ils chôment pour passer dans celles qui les font fructifier. Cela est vrai surtout du crédit des particuliers, qui attire les capitaux vers l’industrie où ils se perpétuent, tandis qu’ils sont ordinairement anéantis quand ils sont prêtés à PÉtat. Il y a plus de confiance, plus de disposition à prêter, là où les entreprises industrielles ont plus de chances de succès. Le déclin de l’industrie entraîne le déclin du crédit.

J.-B. Say.

Le crédit n’est autre chose, comme on vient de le voir, que la confiance accordée par de capitaliste à Pindustriel, à l'acheteur parle vendeur, au consommateur par le producteur ; plus généralement, aux travailleurs par les possesseurs des instruments de travail. Dans l’enfance des sociétés, lorsque le crédit était nul et les relations difficiles , rares et bornées entre les hommes, aucun échange ne se faisait que par tradition manuelle d’un objet contre un autre : c'était l'absence de tout crédit, puisque des deux parties contractantes aucune n’avait assez de confiance en l’autre pour se dessaisir autrement qu’à la condition de l'échange immédiat de l’objet désiré par elle contre l’objet qu’elle livrait elle-même. L'invention de la monnaie fut un pas iñnmense dans la voie du crédit : l'échange au moven du numéraire ne supposepasencore une confiance bien étendue, puisque dans ce contrat l’on ne se dessaisit d’une denrée qu'à la condition de recevoir immédiatement une autre denrée de prix égal; cependant la transaction faite à cette condition suppose toujours foi dans les conventions établies : confiance que tout homme reconnaitra au numéraire reçu le prix que vous lui reconnaissez vous-même; conviction que le développement de la production est assez considérable et assez régulier pour que l’approvisionnement des choses nécessaires à la vie soit en harmonie avec les besoins de la consommation, En effet, tous ceux quireçoivent dunuméraire ne le font que dans la croyance qu'ils pourront à volonté l'échanger contre des habits, de la nourriture, du logement, etc., etc.

Le jour où furent inventés la lettre de change et le billet, le crédit fit un. grand progrès; car ce jour-là un homme eut assez de confiance dans un autre pour lui abandonner une richesse présente, en échange d’une promesse écrite de remboursement, de restitution, de payement futur, C’est même en cela que consiste le crédit proprement dit, Tous les hommes qui peuvent et veulent travailler ne pos-

sèdent point les instruments nécessaires à leur travail; d’um autre côté, tous ceux qui possèdent des terres, des usines , ou le capital avec lequel on se procure les matières premières du travail, ne peuvent ou ne veulent pas toujours se servir par eux-mêmes de tous leurs instruments : si donc ces derniers n'avaient pas assez de confiance dans les premiers pour leur prêter sur simple promesse tout ou partie de leurs instruments de travail, il arriverait qu’un grand nombre d'hommes industrieux seraïent forcés à l’inaction, ou du moins à des travaux plus difficiles et moins productifs, en même temps qu'un grand nombre d'instruments de travail demeureraient inemployés, ou du moins employés moins productivement qu’ils n'auraient pu l'être : la société serait d'autant moins riche et prospère. Or, comme il y a toujours quelques risques à courir en livrant ainsi ses instruments de travail en échange de la promesse écrite d’un homme qui peut mourir, tromper ou faire de mauvaises affaires, indépendamment du prix exigé pour le loyer de l'instrument, le préteur prélève encore une prime d'assurance, plus ou moins forte, selon les risques plus ou moins grands qu’il consent à courir. Le moyen direct de perfectionner le crédit, d'augmenter et de rendre moins coûteuse la circulation utile des instruments de travail, consiste donc à diminuer le plus possible cette prime d'assurance : elle disparaîtrait entièrement si les relations des emprunteurs avec les préteurs étaient telles que dans aucun cas ces derniers n’eussent à subir de perte; en d’autres termes, si chaque emprunteur avait le moyen d’assurer à sa promesse une valeur telle que le prêéteur eût en elle parfaite confiance ef la reçût avec autant de sécurité qu’il recoit aujourd’hui du numéraire, la perfection du crédit serait atteinte.

Tel est donc le but idéal vers lequel doit tendre tout perfectionnement du système de crédit : quant aux moyens, ils doivent être analogues à ceux par lesquels on est parvenu à faire jouir d’une confiance entière et générale l’usage de la monnaie. Nul industriel, quels que soient les avantages de sa position, ne pourra donner cette pleine et entière garantie aussi longtemps que les travailleurs ne-seront pas associés ; tout industriel, si inférieure que fût sa position, pourrait donner cette assurance, si.tous les travailleurs formaient une grande association. Pour nous résumer, le système du crédit ne peut reposer que sur ces deux bases : le travail, l'association des travailleurs. Tout individu qui ne présente point de gage matériel ne peut mériter ni obtenir une confiance entière si ses promesses n’ont pour garantie un (ravail lucratif, assuré et solidaire. Favoriser le travail et les travailleurs, rendre plus faciles, plus accessibles, moins coûteuses, les conditions et les facultés du premier, moins chanceuses , moins embarrassées, plus confiantes, les relations des seconds entre eux et avec les possesseurs des instruments dont ils ont besoin, tel est en deux mots l’objet que doit se proposer tout système de crédit; le moyen

- consiste à généraliser et socialiser les garanties individuelles

que déjà les hommes se donnent entre eux.

Quoique dans ce qui précède nous ayons traité du crédit en général, nous avons cependant parlé plus spécialement des conditions de ce que l’on appelle ordinairement le crédit privé ; le crédit public ou la confiance que les gouvernements inspirent à ceux qui leur prêtent de l'argent ou leur font des fournitures , ne peut ni ne doit avoir d'autre base réelle que le crédit privé. L'amortissement et les autres jongleries financières dont les gouvernements ont voulu jusqu’à présent étayer de prétendussystèmes de crédit ont fait leur temps : on ne prête volontiers, et à bon marché, à un gouvernement que lorqu’on pense qu'il fers bien ses affaires. Or, nous ne connaissons pas de gouver-nement au monde qui ne laisse de ce côté beaucoup à désirer.

La plupart sont écrasés par une dette qui va chaque jour s'accroissant ; ils ne peuvent sortir des embarras financierà

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