CRESCIMBENI — CRESSON
poémes dent Crescimbeni donna lecture à cette occasion “obtinrent un grand succès. À peu de temps delà, Crescimbeni entra dans la société de Jésus; et il mourut, le 8 mars 1728. Le nombre de ses ouvrages de circonstance et de ses éloges est très-grand. Il en fit paraître un recueil intitulé : Le Vite degli Arcadi illustri, scritle da diverti autori (5 vol., Rome, 1700). Son Zs{oria della Volgar Poesia (Rome, 1698), œuvre d’un infatigable collectionneur, mais dépourvue de critique et de méthode, etson Trattato della Bellezza della Volgar Poesia (Rome, 1700) ne sont compréhensibles qu’à l’aide de ses Commentar) intorno alla Storia della Volgar Poesia(5 vol., Rome, 1702). Après sa mort, ces trois ouvrages ont été réunis sous le titre primitif de Zstoria della Volgar Poesia (6 vol., Rome, 1731).
CRESPI (G10vanni-Barrisra), surnommé il Cerano, du lieu de sa naissance, né vers 1557, est du nombre des peintres les plus importants qui florissaient à Milan vers la fin du seizième siècle, Élevé à Rome, non pas seulement pour la peinture, mais aussi pour la littérature, les arts d'agrément et les exercices chevaleresques, versé également dans l'architecture et la sculpture, il seconda à la cour de Milan le cardinal Federigo dans toutes ses grandes entreprises, en même temps qu'il dirigeait les travaux de l'académie. C’est dans les églises de Milan et dans ia galerie de la Brera que se trouvent ses principales œuvres. Il mourut en 1633.
CRESPEL-DELLISSE (Louis-François-XAVIER-J0sEPH), né le 22 mars 1789, à Lille, fonda, en 1809, dans sa ville natale, avec l’aide d’un ami et de son beau-frère, Dellisse, la première fabrique de sucre de betterave. De 500 kilogr, de sucre brut obtenu en 1810, le produit s’éleva, l’année suivante, à 10,000. Lors de la première invasion la fabrique de Crespel fut dévastée; il transporta son industrie à Arras, perfectionna et modifia les appareils, et alla jusqu’à les construire lui-même. Ses ateliers étaient ouverts à tous ceux qui se présentaient pour apprendre à travailler; il encourageait l'installation de fabr:ques nouvelles, et il exploitait dans les départements du Pas-de-Calais, de la Somme et de l'Oise huit sucreries, où il parvint à produire 2 millions et demi de kilogr., extraits presque en totalité de betteraves cultivées sur ses terres. A l'exposition de 1827 il obtint la grande médaille d’or, et à celle de 1855, une médaille d'honneur. A la suite de Ja crise commerciale de 1857 Crespel fut forcé de liquider ses affaires. Une pension de 6,000 fr. lui fut accordée en 1864 à titre de récompense nationale, Il mourut le 23 novembre 1865, à Neuiily-sur-Seine.
CRESPY (Traité de). Le traité de Crespy mit fin à la guerre qui en 1542 avait éclaté entre François IT et Charles-Quint, et dans laquelle ce dernier, de concert avec le roi d'Angleterre, Henri VIIL, avait envahi la France. Elle avait duré deux ans. La disette se faisait sentir dans l'armée de Charles-Quint; d'autre part, le dauphin ( depuis Henri 11), évitait constamment la bataille; l’empereur n’osait l’attaquer dans son camp avec des troupes harassées et beaucoup diminuées , et il renouait sans cesse des conférences sans cesse intérrompues. La paix n'était pas difficile à conclure entre deux princes dont l’un la désirait ardemment et l’autre en avait la plus grand besoin. Elle fut signée à Crespy en Laonnois, bourg du département de l'Aisne, le 18 septembre 1544, Les principaux articles furent que des deux côtés on se restituerait toutes les conquêtes faites depuis la trêve de Nice; que l’empereur donnerait en mariage au duc d'Orléans, second fils de François 1°", sa fille aînée, ou la seconde fille de son frère Ferdinand ; que si c'était la sienne , il lui céderait, à titre de dot, les provinces des Pays-Bas en toute souveraineté, pour passer aux enfants mâles qui naîtraient de ce mariage ; que s’il préférait ‘onner sa nièce , elle apporterait à son mari l'investiture du
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duché de Milan, avec ses dépendances; que l'empereur déclas rerait dans l’espace de quatre mois le choix qu’il aurait fait entre les deux princesses, et que les conditions respectives pour la conclusion du mariage auraient lieu dans un an à compter du jour de la date du traité; qu'aussitôt que le dus d'Orléans serait en possession des Pays-Bas ou de Milan, François 1°" rendrait au duc de Savoie tout ce qu'il lui avait pris, excepté Pignerol et Montmélian; que ce monarque renoncerait à toutes ses prétentions sur le royaume de Naples , et sur la souveraineté de la Flandre et de l’Artois , et que Charles à son tour abandonneraïit les siennes sur le du ché de Bourgogne et le comté de Charolais; que François ne donnerait aucun secours au roi de Navarre dans sa retraite ; enfin , que les deux monarques feraient conjointe ment la guerre aux Turcs, et que pour cet objet le roi fournirait, quand il en serait requis par l’empereur, six mille gendarmes et dix mille hommes d'infanterie. Charles-Quint et Henri VIII étaient convenus de ne point traiter l’un sans l’autre. Au moment d’entamer des négo= ciations avec la France, Charles avait prévenu Henri ef l'avait invité à lever le siége de Boulogne-sur-Mer et de Montreuil, dont il était près de s'emparer. Le roi d’Angle= {erre s'y étant refusé, l’empereur se crut quitte envers lui, et libre de ne consulter que son intérêt. Du reste, le traité de Crespy ne fut pas beaucoup mieux observé que ceux qui avaient été conclus précédemment.
CRESSERELLE. C'est une espèce de la tribu des faucons (le falco tinnunculus), très-commune dans toute l’Europe, plus connue sous le nom d’émouchet dans la fauconnerie, où elle est assez estimée pour la chasse de petite volerie. Le mâle a dans son état adulte 0,38 de longueur, et 0,65 d'envergure. La cresserelle est rousse, tachetée de noir en dessus , marquée en dessous de taches longitudinales d’un brun pâle; la tête et la queue du mâle sont cendrées. La femelle est un peu plus grande; son plumage est plus varié en couleur. La cresserelle, dit Buffon, est l’oiseau de proie le plus commun dans la plupart de nos provinces. Il n’y a point d’ancien château ou de tour abandonnée qu’elle ne fréquente et qu’elle n’habite; et c’est surtout le matin et le soir qu’on la voit voler autour de ces vieux bâtiments, et on l’entend encore plus souvent qu’on ne la voit; elle a un cri précipité : pli pli pli, ou pri pri pri, qu’elle ne cesse de répéter en volant, et qui effraye tous les petits oiseaux, sur lesquels elle fond comme une flèche, et qu'elle saisit avec ses serres : si par hasard elle les manque du premier coup, elle les poursuit sans crainte du danger jusque dans les maisons. Lorsqu’elle a saisi et emporté l'oiseau, elle le tue, et le plume très-proprement avant de le manger ; elle ne prend pas tant de peine avec les souris et les mulots , elle avale les plus petits tout entiers, et dépèce les autres. Toules les parties molles du corps de la souris se digèrent dans l’estomac de cet oiseau ; mais la peau se roule et forme une petite pelotte qu’il rend par le bec. Quoique cet oiseau fréquente habituellement les vieux bâtiments, il y niche plus rarement que dans les bois, et lorsqu'il ne dépose pas ses œufs dans des trous de muraille ou d’arbre creux , il fait une espèce de nid très-négligé de bûchettes et de racines sur les arbres les plus élevés des forêts ; quelquefois il occupe aussi les nids que les corneilles ont abandonnés. Il pond plus souvent cinq œufs que quatre, et quelquefois six, et même sept. Les petits dans le premier âge ne sont couverts que d’un duvet blanc; la mère les nourrit d’abord avec des insectes, et ensuiteelle leur apporte des mulots en quantité. DÉMEZIL, , CRESSON , CRESSON DE FONTAINE ou CRESSON D'EAU, plante de la famille des crucifères, appartenant au genre nasturtium. Le cresson de fontaine (nasturtium of- Jicinale, R. Brown) a des tiges nombreuses , hautes d'a peu près 30 centimètres, vertes, creuses, cannelées, rameuses : les feuilles sont ailées avec impaire, sessiles, divisées en plu
sieurs folioles cordiformes , dont la terininaleest plus longue que les autres; les racines , blanches et filanrenteuses , partent des nœuds de la tige, qui plonge dans l'eau ou dans la têrre; les fleurs, blanches et disposées en corymbe,
s'élèvent très-peu au-dessus des feuilles; les fruits sont des siliques longues, à deux valves, renfermant des graines ar- :fondies et nombreuses, Toutes "es parties de cette plante “ont une saveur piquante et agréable; aussi la recherchet-on pour la manger en salade ou pour l’associer à des viandes rôties.
Le cresson vit préférablement autour des sources d’eau vive; sa présence est même l'indice de la pureté de; ce liquide, On le trouve aussi sur les rives des ruisseaux limpides ou le long des fossés remplis d’une eau claire, La grande consommation de cresson qu'on fait à Paris, soit comme aliment, soit comme médicament, a engagé plusieurs personnes à en tenter la culture dans les jardins maraîchers : ou y est parvenu en le semant-dans des fosses parallèles, larges de 3 mètres environ sur 40 centirètres
. de profondeur, et disposées de manière à pouvoir être submergées à volonté par des sources naturelles ou par des réservoirs. C'est ce qu’on nomme des cressonnières, Cette méthode de culture a été rapportée, en 1810, d'Allemagne. Quelle que soit la culture du cresson, celui qui proyient .des jardins ne vaut jamais celui qui croît aux lieux où une eau transparente so.t d'un terrain sablonn‘ux.
Il yapeu de plantes auxquelles on ait accordé plus de propriétés favorables pour la santé qu’au cresson de fontaine. En qualité d’aliment , le cresson est réputé comme étant très-sain, et même comme rafraîchissant. C’est une assertion qu'on peut contester hardiment; il suffit à cet effet de citer combien de personnes ne peuvent user de cette plante sans que l'estomac en renvoie la saveur à la bouche Jongtemps après le repas; ce qui n'arrive pas quand un aliment est digéré facilement. Pour s'en convaincre encore, il suffit de regarder le visage de ceux qui ont mangé du cresson : on le voit souvent s’animer , rougir jusqu’à devenir pourpré; et plusieurs femmes sont pou ce seul motif contraintes de s’en abstenir. Non certes le cresson n’est pointun alimentrafraichissant, il est, au contraire, unéchauffant très-actif : il rafraichit comme la moutarde ou comme le poivre; aussi cette dernière substance a-t-elle une réputation égale et aussi peu fondée chez le vulgaire. Les personnes qui ont l'ésftomac sain, ce qu'on reconnait à lexcéllencé de leur digéstion, peuvent en user comme d’un mets ou d’un assaisonnement agréable, n'ayant pas plus d'inconvénients que d’autres stimulants culinaires ; mais culles cliez lesquelles la digestion est pénible , qui ont des dispositions aux congestions sanguines , qui ont des affections de la peau , qui sont sujettes aux hémorrhagies, doivent s’en abstenir rigoureusement.
C’est sous le rapport des propriétés médicales du cresson qu’il existe encore dans le public des préjugés qu’il convient de combattre : il est, dit-on, le remède antiscorbutique par excellence. Cetié renommée lui fut acquise par des navigatéurs qui, durant de longues traversées de mer, ayant été affectés du scorbut, furent guéris après un séjour de quelquetémps à terre, où ils s'étaient nourris de viandes fraîches, dé végétaux, au nombre desquels figure principalement le crésson : on en à conclu que leur rélablissement était dù à cette dernière substance. Cette déduction parait plausible au premier aperçu; mais en l’examinant avec la sévérité qu'on exige aujourd’hui, on ne peut l’accepter sans douter. Les causes qui engendrent lé scorbut sont une alimentation insuffisante et de mauvaise qualité, des eaux irpures, des fatigues excessives, l'influence d’un air froid et humide; ennn, toutes les misères inséparables de la condition des matelots, une des plus dures de la vie humaine. Quand ces hommes, reélâchant sur une Côte, prennent du repos, substituent des viandes fraiches et des végétaux à des chairs preservées de la