‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 562 sur 607 · CRESSON DE PARA — CRÈTE · texte numérisé non relu

CRESSON DE PARA — CRÈTE

u , cresson de Para (spilanthus oleracea, Jacq. ), encore nommé vulgairement abécédaire, paraît être originaire du Brésil, où Plumier le découvrit dans les environs de Para. C'est une plante à tiges basses, souvent uen à longues de 16 à 18 centimètres. Les feuilles sont opposées, un peu épaisses, glabres, presqu’en cœur, à dentelures obtuses, de la longueur des pétioles ; les pédoncules, longs, solitaires, sont terminés, vers le mois d’août, par une assez grosse fleur hémisphérique à corolles jaunes, toutes flosculeuses et tachetées, et à réceptacle conique, garni de paillettes.

Le cresson de Para est conseillé comme un bon antiscorbutique, capable de remplacer efficacément le cochlearia dans les pays chauds, où celui-ci ne croît pas. On en fait des teintures alcooliques qui se reconnaissent aisément à leur saveur âcre et poivrée. Une de ces teintures est connue sous le nom de paraguay-roux : c’est un remède employé contre les maux de dents. R

CRESSON DES PRES ou CRESSON ÉLÉGANT.

Voyez CARDAMINE,

CRESSON DE TERRE ou CRESSON VIVACE, plante indigène du genre erysimum, de la famille des crucifères. Elle a beaucoup de rapports avec le cresson de fontaine, qu’elle peut remplacer.

CRESSON D'INDE. Voyez CaPucIve.

LD RESSONNIÈR ©, Voyez CRESSON.

CRÉSUS (en grec Kpoucos ), fils d'Alyatte, auquel il succéda, l’an 571, et suivant d’autres l’an 567 avant J.-C., fut le dernier et le plus célèbre des rois de Lydie. Il dut cette illustration à sa grandeur d’âme, à sa générosité, à ses richesses, à son orgueil, à sa vanité même, à l'éclat de ses prospérités, à ses malheurs, à ses rapides conquêtes, à sa chute plus rapide encore, et à l’insigne renommée de son vainqueur, Après avoir contrainl les Grecs de l'Asie Mineure, la Lycie et la Cilicie exceptées, à lui payer tribnt, il étentendit sa domination jusqu’à l'Halys ; et, tant par les contributions qu’il préleva sur les peuples vaincus que par l'exportation des mines d’or situées dans ses États et des sables aurifères du Pactole, il acquit des richesses si immenses, que l’usage s'établit dès lors de dire riche comme Crésus pour désigner un homme possédant des biens considérables. Magnifique dans toutes ses habitudes et dans ses moindres actions, il semait à pleines mains l’or sous ses pas, et s'estimait le plus heureux des mortels, Cependant, par un de ces jeux et une de ces ironies qui lui sont ordinaires, la fortune l’avertissait par d’amers chagrins, dont elle mélait ses dons inouïs, des revers terribles qu’elle lui réservait : il eut deux fils; lun était muet, l’autre, nommé Atys, jeune prince de la plus brillante espérance, fut tué par mégarde à la chasse, d’un javelot lancé par Adraste, son ami, son compagnon d'enfance. !

son expédition contre Cyrus put seule distraire le roi de Lydie de si noires douleurs. Il n’eut garde d’ailleurs de commettre sa dignité avec les îles de l’Archipel, dont les habitants semblaient ignorer qu’il fit trembler la grande Grèce sous ses lois. Essayer de les soumettre ne lui eût offert d’autre chance qu’une guerre de pirates, sans gloire et sans fin. Ce fut donc conire un plus digne ennemi qu'il tourna son esprit guerrier, contre Cyrus, dont les conquêtes étaient l'effroi et l'admiration de toute l'Asie. Crésus fit de grands préparatifs pour attaquer; il eut même la précaution d’ensoyer consulter l’oracle de Delphes , corroborant sa demande d'avis par des offrandes d’une valeur de vingt millions, parmi lesquelles étaient des briques d’or tirées des mines du Pmolus, montagne où le Pactole prenait sa source, et que la Pythie accepta au nom de son dieu, qui, interrogé « si Crésus devait passer l’Halys et marcher contre les Perses, » iépondit, par la bouche de sa prêtresse, que « lorsque le soi de Lydie aurait traversé ce fleuve, il détruirait un grand empire », L'aveugle Crésus, trompé par l'ambiguïté de loracle, traversa l'Halys à la tête de 420,000 hommes, dont

60,000 de cavalerie, et fut aussitôt défait par le roi des Perses, à la bataille de Tymbrée. Apollon, qui y avait ne temple, ne se ressouvint pas des 20 millions qu'il avait reçus à Delphes ; il accomplit son oracle, et ne le sauva pas, Crésus prit la fuite, et avec les débris de son armée courut se ren. fermer dans Sardes, Sa capitale, Cyrus l'y suivit, l'y a5siégea , et le prit lui et ses trésors , l'an 545 avant J.-C.

Hérodote raconte qu’un bûcher fut aussitôt dressé en. présence de Cyrus, qui commanda d’y attacher le monarque vaincu et de l'y brûler vif. Crésus, voyant monter la flamme, se serait par trois fois écrié : « Solon! Solon! Solon ! » Le vainqueur lui aurait demandé la cause de cette exclamation, et l'illustre Lydien lui aurait répondu « qu’un jour, faisant parade de ses prospérités devant Solon, ce philosophe lui aurait dit que nul avant sa mort ne devait être appelé grand et heureux ». Et, toujours au rapport d’Hérodote, le roi des Perses, touché de compassion, et frappé de l'instabilité des choses humaines, aurait fait détacher le monarque vaincu, et par la suite en aurait fait son conseiller et son ami. Le goût dominant des Orientaux, même de nos jours, pour les contes sententieux, et la haute moralité de cette scène, nous portent à ranger cet événement au nombre de ces fables philosophiques dont Hérodote, ami du merveilleux, se sera avidement emparé.

Le caractère de Cyrus, l'admiration de Xénophon, son éducation, modèle de l’éducation des” rois, repoussent une pareille barbarie; Xénophon se tait sur ce drame; il dit que Cyrus traita en roi le roi vaincu, qu'il en fit son ami et le maître de son fils Cambyse, tâche que rendaient difficile fa violenge et la cruauté naturelles de ce jeune prince. Comme l’ancien roi de Lydie les lui reprochait, Cambyse, voulant se débarrasser d’un maître importun, commanda qu’on l'en défit en secret. On suspendit ses ordres sous quelque prétexte. Sa colère étant appaisée, il sut gré à ceux qui lui ramenèrent vivant son vieux conseiller. Est-ce encore un apologue oriental? L'épisode d’Atys et d’Adraste, cité plus haut, est-il un roman? Dans tous les cas, nous avons puisé ces faits dans l’histoire. Crésus fournit une longue carrière : il survécut à Cyrus et à Cambyse ; on ignore quelle fut sa fin. Sa vie se partage en deux moitiés bien distinctes : l'une fut tout éclat, l’autre tout obscurité. Son histoire n’est-elle pas celle de bon nombre de princés de la Bourse, de marquis du Report, de barons de Fin-courant, de votre connaïssance et de la mienne? DENNE-BARON. |

CRETE, l’une des plus grandes îles de la Méditerranée, formant l'extrémité méridionale de l’Europe, située à peu près à égale distance de chacun des trois continents dont se compose ce qu’on appelle l’ancien monde, au sud-est de Laconica, au sud-ouest de Rhodes, est traversée, dans la direction de l’est à l’ouest, par une chaîne de montagnes envoyant de nombreux prolongements au nord et au sud, dont le mont Ida, de forme conique, est le pic le plus élevé en même temps qu’il en est le plus central, tandis que dans sa partie occidentale on trouve les montagnes appelées Blanches (Albi Montes). Les belles et riches vallées de la Crète, arrosées par un grand nombre de cours d’eau prenant leur source dans les flancs du mont Ida, étaient déja célèbres dans l’antiquité par leurs épaisses forêts de cèdres, de cyprès et de myrtes, par la richesse de leurs récoltes en vins, blés et huiles, aïnsi que par une foule de plantes médicinales, entre autres par l'herbe merveilleuse appelée dic- Lamne.

La Crète fut de toute antiquité le siége primitif de la réligion de Zeus ou Jupiter, qu’on disait y être né et y avoir lé élevé. C’est également à cette ile que se rattachent les plus anciens souvenirs mythologiques, nofamment l’enlèvement d'Europe par Zeus, l’amour d'Ariadne, et la mort du Minotaure. Le labyrinthe que Dédale y avait construit par ordre de Minos était aussi en grand renom. Ses deux villes les plus célèbres, Gortyne, située au sud , et plus

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tard Cnosse, située au nord, qu'habitèrent Pythagore et Épiménide, parvinrent à une grande puissance et à une grande célébrité; aussi à l’époque où elles florissaient le plus la population de la Crète s'élevait-elle à un million d’âmes.

Il paraît que dès une époque fort reculée des navigateurs phéniciens vinrent s'établir sur les côtes de la Crète et y fonder des comptoirs , {tandis que suivant une antique tradition l'ile aurait d’abord été gouvernée par des rois particuliers, parmi lesquels on cite surtout Minos, célèbre par Ja sagesse de ses lois, et son petit-fils Idoménée, connu pour la part qu'il prit au siége de Troie. La Crète fut surtout peuplée à la suite d’une immigration de Doriens, qui vainquirent et soumirent les habitants aborigènes, et se donnèrent une constitution politique offrant beaucoup de rapports avec celle de Sparte pour ce qui était de la vie publique et privée. Des dissensions intestines eurent pour résultat de donner aux villes de Gortyne et de Cnosse la suprématie sur le reste de l'ile; et elles continuèrent à l’exercer jusqu'à ce que, par Jeur participation à la guerre du Pont et à la guerre des pirates, les Crétois eussent fourni aux Romains l’occasion et le prétexte qu’ils attendaient pour leur enlever leur indépendance. En l'an 66 avant J.-C., Quintus Metellus fit la conquête de la Crète, et mérita ainsi le surnom de Creticus. Sous Auguste elle ne forma avec la Cyrénaïque qu’une seule et même province; mais plus tard , sous Constantin, elle eut un gouverneur particulier.

Au neuvième siècle, sous le règne de Michel, empereur de Byzance, les Sarrasins établis en Crète ayant à la longue transformé en une ville, devenue bientôt florissante, leur camp retranché ou kkandar, ce nom, sous la domination des Vénitiens, qui firent la conquête de l’île en 1211, se modifia insensiblement en celui de Candida, et par contraction Candia, d’où l’on a fait Candie, sans que d’ailleurs - les habitants s’en servissent pour désigner leur pays.

Les anciens Crétois avaient chez les Grecs une déplorable réputation de déloyauté, de perfidie et de menterie; leur nom avec celui des Cappadociens et des Ciliciens constituait le triple kappa (K), auquel s’associait toujours une idée défavorable. Les antiquités et l’histoire'de la Crète ont dans ces dernières années été l’objet de nombreux travaux d’érudi- - tion, parmi lesquels nous citerons les Travels in Creta de Rob, Pashley (2 vol., Cambridge, 1837) et les Kpnrixé de Churmyzis (Athènes, 1842 ).

CRETE. Ce nom, dérivé du latin crisla, qui a la même signification, appartient à la fois au langage usuel et à celui des sciences naturelles et anatomiques. Il signifie, en général, une saillie longitudinale et aplatie sur les côtés, dont la nature et la forme sont très-variables. On en jugera facilement par l’'énumération des principales parties du corps des animaux auxquelles on l’a appliqué. Chacun sait que la crête de coq est une excroïissance ou caroncule charmue, plus ou moins rouge ou blanchâtre, qui est tantôt simple, tantôt double, tant: droite et redressée, tantôt tombante. On donne aussi le nom de créle; 1° à la huppe de certains oiseaux ; 2° à un appendice que quelques serpents ont sur la nuque; 3° à une sorte de membrane qui -wmonte le dos de certains reptiles, en particulier, des iguanes et des tritons; 4° à une saillie qui divise longitudiwalement le front de quelques poissons, comme les coryphènes. En ostéologie, des éminences ou des bords plus ou moins saillants ont été aussi appelés crétes; telles sont la crête de l’elhmoide, où apophyse crista galli, la créle iliaque, ou le bord supérieur de l’os des hanches, la créte du tibia, ou le bord antérieur du grand os de la jambe.

En entomologie, on nomme créle ou carène du corseet la saillie médiodorsale de cette partie du corps des insectes,

En géologie, on a aussi appliqué le nom de créle au sommet d'une chaîne ou d’un rameau de montagne qui ne correspond point à un plateau,

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