‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 564 sur 607 · CREUSE · texte numérisé non relu

CREUSE

enquête agricole de 1862 la valeur totale de la production élait estimée à 60,586,000 fr., dont 25 millions pour les céréales et 22 pour les prairies, On y compte 7 mines exploitées, et 17 établissements pourvus de machines à va- NT Excepté une très-petite partie au sud; située dans le bassin de la Garonne, tout ce département appartient au bassin de la Loire. Il est arrosé par un grand nombre de cours d’eau peu considérables, qui tous y ont leur source , et dont les principaux sont le Cher et son affluent la Tardes, la Creuse, qui donne son nom au département, et son affluent la Peite-Creuse, la Gartempe, la Vienne et son affluent le Thorion, tous affluents ou sous-affluents de la Loire, et le Cha- -vanon, qui se jette dans la Dordogne. Le pays est assez élevéet très-montagneux, quoique les montagnes n’atteignent pas des hauteurs considérables : la plus haute d’entre elles, celle de Meymac, n’a que 978 mètres; il est déchiré de vallées profondes et encaissées. Le sol est peu fertile, excepté dans le fond d’un petit nombre de vallées.

On y trouve en abondance du gibier de toutes espèces et quelques animaux sauvages, des loups et des renards. Les rivières et les étangs sont poissonneux. Les arbres les plus communs dans les bois et les plantations isolées sont le chêne, le hêtre, l’orme, le bouleau, le peuplier, l’aulne et le chàtaignier, Les principaux produits minéraux exploités sont la houille, du granit, des pierres de taille, de la terre à poterie, du gypse et du mica pour sable de bureau. Il y a aussi des mines de plomb argentifère et d’antimoine non exploitées ; des sources thermales et des bains ussez fréquentés à Évaux.

Quoique la Creuse soit un pays agricole, l’agriculture y est très-arriérée ; on ne fait qu'une récolte insuffisante de cé-

réales et on n'obtient pas de vin. En revanche les fruits y viennent en abondance; les châtaignes suppléent en partie au manque de céréales, et l’on fait un peu de cidre. La culture du chanvre y a de limportance. On élève beaucoup de bétail, moutons et porcs; des chevaux, en général de race amélidtée, et une grande quantité d’abeilles, qui donnent un miel excellent. L'émigration annuelle de la population est le trait distinctif de la Creuse; tous les ans 35,000 maçons, tailleurs de pierres, couvreurs, et ouvriers ou manœuvres en bâtiments, sortent de leurs communes respectives et se répandent sur toute la France, et principalenient à Paris, pour y trouver du travail. On considère à tort cette émigration périodique comme la vie du département ; c’est an contraire la cause du peu de progrès de son industrie, puisqu'elle porte la consommation ailleurs et limite d’autant la production.

L'industrie manufacturière est très-bornée ; ses produits les plus importants sont les célèbres tapis et tapisseries d’Aubusson et de Felletin. Nous citerons encore des lainages communs, des cuirs, quelques tissus de coton, du papier, des verres, des tuiles et un peu de porccuine.

2 chemins de fer, 6 routes nationales, 9 départementales et 855 chemins vicinaux sillonnent la Creuse. Ses principales villes sont: Guéret, chef-lieu ; Aubusson; Bourganeuf, sur le Thorion, à 32 kilomètres au sud-ouest de Guéret, ayec 3,591 habitants, un tribunal de 1re instance, une fabrication de porcelaine et de toiles @e chanvre; des tuileries, des papeteries. Au quinzième siècle, Zizim, frère du sultan Bajazet IL, résida plusieurs années à Bourganeuf, où l'avait envoyé le grand-maître de Malte Pierre d'A ubusson, prieur de Bourganeuf; une vaste tour, qui existe encore, doit lui avoir servi de prison ou avoir été bâtie par lui; Boussac, au confluent du Beyroux et de la Petite- Creuse, à 40 kilom. au nord-est de Guéret, avec 1,0 11 habifant, d'importantes tanneries, u 1 commerce de cuirs, de bestiaux et de laines : c’est une ville ancienne entourée d'une enceinte de vieilles murailles et dosnin ée par un chàfeu fort; les voitures n’y parviennent que par une seule

CREUSET 744 route très-étroite ; Felletin, sur la Creuse, à 11 kilomètres d'Aubusson, avec 3,210 habitants, une institution , une célèbre manufacture de tapis ras et veloutés et de moquettes ; des filatures hydrauliques de laines, des teintureries, des papeteries et un commerce de sel ; Chambon, au confluent de la Tardes et de la Vouise, à 20 kilomètres au sud-est de Boussac, avec 2,262 habitants, un tribunal de première instance, des tanneries et un commerce de bétail. C’est une ville trèsancienne ; on y voit les restes d'un temple gaulois.

CREUSE, fille de Pria m etd'Hécube, fut la première épouse d'Énée et la mère d'Ascagne ou lule, dont Jules César se vantait de tirer son nom, Plus heureuse que ses sœurs Polyxène et Cassandre, lächement égorgées, et que sa mère, esclave d'Ulysse, elle ne tourna point le fuseau près du lit des princesses grecques. Comme elle suivait avec peine, à travers les rues de Troie embrasée,,son époux pieusement chargé de son père et de ses dieux. et tenant d’une main le petit Ascagne, elle s’égara.

Fervenu sur la hauteur où était le temple de Cérès, Énée s'aperçoit alors seulement de l'absence de Créuse. Éperdu, il laisse dans une vallée profonde, à la garde des dieux, son père, son fils et ses pénates, reprend le chemin de Troie, l'épée à la main, s’élance de nouveau à travers les flammes, pénètre jusqu’au palais de Priam, et là fait wainement retentir du nom de Créuse les portiques encombnrés de femmes tremblantes. Il parcourt à grands pas des rues brûlantes, quand un fantôme lugubre et d’une taille audessus de la taille humaine se présente à ses regards : c’était l'image de Créuse : « Pourquoi, cher époux, cette peine inutile? ait-elle, l’auguste mère des dieux me retient à jamais sur ces bords. Adieu! chéris toujours le gage mutuel de notre amour. » Puis, cette ombre s’évanouit dans les airs. .

C’est Virgile qui fait ce récit, peut-être d’après d’anciennes chroniques latines. D’ailleurs , dans son poëme, il avait besoin d'isoler Créuse d’Énée, qui, sans une séparation éternelle, n’eût pu épouser Lavinie, ni fonder l’empire romain. DENNE-BaRoN

Parmi les autres femmes de l'antiquité qui portèrent le nom de Créuse, il faut encore citer la fille de Créon, roi de Corinthe, que Jason devait énouser. Mais, jalouse de son sort, Médée lui envoya comme présent une couronne, et suivant d’autres une ro qui prit feu aussitôt qu’elle voulut s'en vêtir, et qui la cunsuüma en même temps que sonpalais,

CREUSE. Beaucoup de gens ne se doutent guère de l'immense importance de la fabrication des creusets. A la perfection de cette fabrication tient le succès d’une muititude d'opérations qui seront profitables en employant de bons creusets, et qui ne manquent presque jamais de deyenir ruineuses quand ces instruments ne remphissent pas les conditions de leur appropriation spéciale. Cela est rigoureusement vrai pour les travaux de l’industrie; et de leur côté les chimistes savent combien il y a eu d'expériences manquées à cause de l’imperfection des creusets, combien d'essais utiles à faire et auxquels on a renoncé par la même raison.

Les matières employées pour les creusets sont presque aussi variables que les formes qu’on leur donne. Pour les laboratoires de chimie, on fait principalement usage de creusets de platine, d'argent, de fonte, de fer forgé; on en a aussi en grès dur, en porcelaine, en plombagine. Les creusets en platine exigent un haut degré de purification de ce métal, d’un prix fort élevé, et cette purification ajoute encore beaucoup à leur prix. L'argent pour les creusets doit également être à un très-haut titre; on y emploie ordinairement le métal réduit du chlorure d’argent. Ces derniers creusets sont spécialement réservés pour attaquer par les alcalis les pierres alumineuses et siliceuses. Les creusets de fonte, et quelquefois de fer battu, sont les instruments

généralement employés dans les afeliers monétaires. Les premiers ont la préférence en Angleterre, et les seconds en France et en Allemagne. Quant aux creusets en platine, que leur haut prix écarte toujours des opérations en grand, ils offrent surtout de l'avantage quand à l’aide d’une haute température il s’agit d’attaqueræuelques substances réfractaires ou d’autres substances par des acides. Les creusets de plombagine, dont la presque totalité se tirent de Passau et d'Ypse, ont quelques appropriations spéciakes, cependant assez rares; car ces creusets sont mous, poreux et friables, . wais ils supportent on ne peut mieux les changements brusques de température, et sous ce rapport ils sont utiles pour ta fusion des métaux : les sels traversent leurs pores et se perdent. La composition des creusets de plombagine est un mélange de cette substance réduile en poudre avec des terres réfractaires cuites et crues. Leur mollesse permet d’en entailler les bords au couteau pour y ajouter les couvercles.

Les creusets en grès dur, en porcelaine, en terres réfractaires, remplissent assez bien plusieurs indications; mais ils ont l'inconvénient d’être promptement et profondément attaqués par la potasse, la soude, les oxydes vitrifiables de plomb, de bismuth, qui se combinent à une température élevée avec la terre du creuset. Ces creusets sont en général réservés pour les ateliers des orfèvres, et dans les laboratoires de chimie, pour la réduction des sulfates en sulfures au moyen du charbon; ils conviennent pour l'essai des mines; les fondeurs de matières d'or et‘d’argent, les fondeurs en cuivre, en bronze, en font usage. Ils servent encore dans la fabrication des fleurs de zinc et d’antimoine, dans la distillation du soufre, la réduction des oxydes métalliques par le charbon, etc. Dans cette dernière classe de creusets, ce sont ceux-dits de Æesse, et qui nous viennent d'Allemagne, qu’on doit généralement préférer. Les creusets de terre sont toujours d’autant plus réfractaires qu'ils contiennent moins de chaux et d'oxyde de fer.

Les deux conditions principales qui pourraient rendre les creusets parfaits sembient malheureusement se repousser mutuellement : c'est la compacité, l’imperméabilité d’une part, et de l’autre la propriété de passer brusquement d’une haute à une basse température sans se briser. Voilà la pierre d’achoppement dans cette fabrication. PELOUZE père.

CREUTZ (Gusrave-Purrirpe, comte pe), poête suédois, né en Finlande, en 1729, d’une des premières familles de Suède. Destiné, par sa naissance et son éducation, à la vie publique, sa prédilection pour le culte des Muses le porta le plus souvent à se retirer du monde pour habiter la campagne et s’y vouer à l'étude de ses écrivains favoris. Il tit alors partie d’un cercle restreint, mais choisi, dont Louise Ulrique, devenue plus tard reine de Suède, était l'âme, et dont les membres se livraient à l'étude de la langue et de la poésie nationales. 11 appartint aussi à cette époque à l’association de poëles qui se réunissaient autour de la bergère du Nord (Mme de Nordenflycht}). Son Atis og Camilla (Stockholm, 1761 ), poëme pastoral en cinq chants, est encore cilé aujourd’hui comme un modèle du genre tendre et gracieux; et il ne contribua pas peu à affranchir la poésie suédoise des entraves que lui avait imposées l’imitation de la poesie française,

En 1763 le roi Adolphe-Frédéric le nomma ambassadeur de Suède à Madrid, et quelques années plus tard il fut accrédité en la même qualité à Paris, où il se lia bientôt avec les hommes les plus distingués dans les lettres et les arts, et surtout de la manière la plus intime avec Marmontel et Grétry., Le 3 avril 1783, le comte de Creutz signa dans cette capitale, avec Franklin, un traité d'alliance et de commerce entre la Snède et la jeune république des États-Unis de l'Amérique du Nord. Peu de temps après, son souverain le nomma ministre des affaires étrangères et chancelier de l'université d'Upsal, Mais dès 1785 son corps, aflaibli, suc-

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