CROCHET
parties d'un vêtement, les deux bouts d'une ceinture, On donne le nom de crochets à une espèce de châssis en bois sur lequel les porte-faix placent les fardeaux qu'ils doivent transporter d’un lieu dans un autre peu éloigné, Les mécaniciens appellent crochet un outil recourbé avec lequel ils tournent le fer, l'acier, la fonte de fer, etc. En termes d'imprimerie, les crochets sont des caractères qui ont la figure de lignes droites recourbées en haut et en bas! ]. Ils servent en général de parenthèses. Nous les employons dans notre ouvrage pour indiquer des parties d’articles appartenant à un autre auteur que ce qui précède. Les menuisiers appellent crochet la patte de fer dentée contre laquelle butte la planche qu’ils rabotent. Les voleurs, les serruriers font usage de crochets, petites tiges de fer recourbées, pour faire jouer le pène d’une serrure dont ils n’ont pas la clef. Crochet est souvent synonyme de croc, On dit proyierbialement étre aux crochets de quelqu'un pour dire qu’on vit à ses dépens : cette locution fait probablement allusion aux crochets de porte-faix. TEYSSÈDRE.
En chirurgie, les crochets sont des instruments de fer ou d'acier, les uns aigus, les autres émoussés, tantôt nus, ou à gaine, dont on se sert pour l'extraction d’un fœtus ; d’autres instruments, en forme de crochets, servent à saisir les artères pour en faire la ligature (fenaculum des Anglais), ou sont employés aux dissections (érignes).
En ostéologie, certaines éminences osseuses recourbées | sont ainsi nommées ( crochet de l’apophyse ptérygoïce, erochet de l'os unciforme).
Les médecins vétérinaires donnent le nom de crochets aux dents canines des chevaux et des ânes; elles sont au nombre de quatre, deux pour chaque mâchoire, et n'existent communément que dans les mâles, et très-rarement chez les femelles, Les juments qui offrent” ces crochets, ordinairement très-petits, ayant été àtort considérées comme infécondes, sont appelées pour cette raison bréhaignes. Entre les erochets et la première dent molaire est l’espace vide où l’on place le mors. Les crochets des juments qui en sont pourvues n’éprouvent aucune usure; mais ceux des chevaux s’usent em frottant les uns contre les autres; ou bien, le crochet inférieur frotte contre la dent du coin de la mâchoire supérieure, et le crochet supérieur reste intact et devient trèslong.
Les maturalistes se sont servis fi équemment du mot crochet pour désigner : 1° deux protubérances qui dans les coquilles bivalves couronnent la charnière et se recourbent l’une vers l’autre; 2° les mandibules des insectes aptères masticateurs; 3° des pinces dont l’anns des forficules ou perce-orilles est armé ; 4° un prolongement très-fort qui termine la jambe des mantes; 5° des appendices crochus placés à l’extrémité des tarses de quelques hyménoptères ; 6° des pièces recourbées qui fixent l'aile inférieure à la supérieure de certains lépidopières; 7° l'extrémité crochue des soies de certains annélides ; 8° en botanique, des divisions crochues de l’extrémité des poils de certaines plantes, L. LAURENT.
CROCHETEUR, commissionnaire qui, dans les grandes villes, transporte des marchandises sur des crochets, On dit d’une profession que c’est un métier de crocheteur, pour dire qu’elle est grossière et pénible. CrocAeteur est un mot injurieux , qui est synonyme de grossier, brutal.
CROCIDISME. Voyez CarPhoLocir.
CROCRETT (Davi). Ce nom, inconnu en Europe, est des plus célèbres aux États-Unis; c’est celui d’un homme qui fut le type du colon dans les nouvelles provinces de l'Amérique du Nord; ses qualités et ses défauts lui valurent une immense popularité. Né dans le Tenessee, en 1780, Crockett était le quatorzième enfant dans une famille sans nulle fortune ; il chercha de bonneheure le moyen de subsister dans les plaines immenses qui s'étendent du Mississipi à la mer Pacifique, et se fit distinguer par son audace çt son
CROCODILE « 765 adresse à la chasse. Avide de périls, il ne se plaisait que dans des luttes sanglantes avec les plus farouches habitants de ces prairies qu'a si bien décrites Cooper. Il prit part aux campagnes du général Jackson contre les Indiens, et quoiqu’il ne sût lire que fort peu et à peine écrire, quoiqu'il fût dans la pauvreté, il fut nommé membre de la législature du Tenessee, et même choisi, en 1827, pour aller siéger au congrès. Partisan fougueux du principe démocratique, il attaqua avec violence le président Adams, et ses discours passionnés et empreints d’une originalité toute particulière, ses exclamations, ses interruptions, son mépris des formes parlementaires, tout cela, attirant sur lui les regards de la foule, le rendit cher au peuple, qui vit dans ce nouveau paysan du Danube l’image, la caricature si l'on veut, de lPAméricain du sud-ouest tel que l'exige la tâche de défricher des contrées nouvelles. Son portrait fut partout, sa vie fut écrite avec toute l'exactitude particulière aux biographes qui s'attachent aux individus devenus subitement illustres; des almanachs dont le débit fut immense le représentèrent, dans leurs vignettes sur bois, abattant sous sa carabine des buf- Îles ou des panthères, assommant des bandes d’ours et de loups , étranglant des Indiens qui se promettaient de le scalper. Il fut le héros des histoires les plus incroyables et partant les mieux crues. On lui prêta une multitude de mots à effet. Les journaux reconnurent longtemps pour leur providence ce représentant d’une race qu’on a comparée assez bizarrement à un être qui serait moitié cheval et moitié alligator. Tandis qu'il était à Washington, il reçnt une lettre d’un jeune homme qui s'offrait à lui comme gendre ; la proposition convint au législateur, et sa réponse, qui ne se fit pas attendre, portait l'empreinte du dégoût que lui inspiraït la tâche de noircir du papier. « Votre lettre m’est parvenue. En avant! David Crockett. » Rendu à la vie privée, et plein d'une vive horreur pour les débats et les travaux des assemblées délibérantes, Crockett sentit le besoin de se retremper dans une politique plusactive ; il prit part à l'invasion que des aventuriers américoins tentèrent sur le plantureux territoire du Texas. Toujours l’un des preiniers au combat lorsqu'il fallait se mesurer avec les soldats mexicains, sa témérité lui coûta enfin la vie; et il trouva en 1836, à l'attaque du fort d’A- Jamo, cette mort qui pendant tant d'années semblait n'avoir pas voulu de lui. G. BRUNET.
CROCODILE. Ce genre de repliles, érigé en famille sous le nom de crocodiliens, est subdivisé en trois sousgenres : les caîmans, les crocodiles proprement dits, et les gavials. Les crocodiles proprement dits, les seuls dont nous parlerons ici, ont le museau déprimé et oblong, les dents inégales, les quatrièmes d’en bas passant dans des échancerures (et non pas dans des trous, ce qui contribue à les distinguer des caïmans) de la mâchoire supérieure. JIs ont, du reste, tous les autres caractères des gavials. On en frouve dans les deux mondes. C’est à ce genre qu'appartient le crocodile vulgaire ou du Nil (crocodilus vulgaris, Cuv.), si célèbre dans l’antiquité par le culte que lui rendaient les Égyptiens. Il a tout le long du dos six rangées de plaques carrées à peu près égales; il est en dessus d’un vert de bronze plus ou moins clair, piqueté et marbré de brun; d'un vert jaunâtre en dessous, On le trouve dans les deux continents ; il habite le Nil, le Sénégal , probablement aussi les autres fleuves d'Afrique, ainsi que les lacs et les savanes noyées de l'Amérique méridionale. Il ne se rencontre aujourd'hui dans le Nil que vers la région supérieure de l'Égypte, où il fait frès-chaud, et où il ne s’engourdit jamais, tandis qu'autrefois il descendait dans les branches du fleuve qui arrosent le Della, où il passait, selon le rapport des anciens, quatre mois d' hiver engourdi dans des cavernes. Sa taille atteint jusqu’à huit et quelquefois dix mètres. II pond en deux ou trois fois, à des distances rapprochées, une vingtaine d'œufs à coque blanchâtre , qu’il enterre dans le sable, à deux ou {rois décimètres de pr: ofon: leur, Ilexhale une odeur
de muse qu'il communique aux eaux qu’il fréquente, et que conservé sa chair quand il est mort. Cependant les nègres la mangent volontiers, et ses œufs, qui ont la même odeur, sont un mets assez recherché.
« La nature, dit Lacépède, en accordant à l'aigle les hautes régions de l'atmosphère , en donnant au lion pour domicile les vastes déserts des contrées ardentes, a abandonné au crocodile les rivages des mers et des grands fleuves des zones torrides. Cet animal énorme, vivant sur les confins de la. terre et des eaux, étend sa puissance sur les habitants de la mer et sur ceux que la terre nourrit. L'emportanñt en grandeur sur tous les animaux de son ordre, ne partageant sa subsistance ni avec le vautour, comme. l'aigle, ni avec le tigre, comme le lion, il exerce une domination plus absolue que celle du lion et de l’aïigle, et il jouit d'un empire d’autant plus durable qu'appartenant aux deux éléments , il peut échapper d'autant plus aisément aux pièges ; qu'ayant moins de chaleur dans le sang, il a moins besoin de réparer des forces qui s’épuisent moins vite; et que, pouvant résister plus longtemps à la faim, il livre moins souvent des combats hasardeux..…... Le crocodile fréquente de préférence les rives des grands fleuves, dont les eaux surmontent souvent les bords, et qui, couvertes d’une vase limonense, offrent en plus grande abondance les tesfacés , les vers, les grenouilles, les lézards, dont il se nourrit. Il se plaît surtout dans l'Amérique méridionale, au milieu des lacs marécageux et des savanes noyées..….… C’est dans ces terrains fangeux que, couvert de boue, et ressemblant à un arbre renversé, il attend, immobile, le moment favorable de saisir sa proie. Sa couleur, sa forme allongée , son silence, trompent les poissons , les oiseaux de mer, les tortues, dont il est avide. Il s’élance aussi sur les béliers, les cochons, et même sur les bœufs. Lorsqu'il nage en suivant le cours de quelque grand fleuve, il arrive souvent qu'il n’élève au-dessus de l’eau que la partie supérieure de sa tête. Dans cette attitude, qui lui laisse la liberté des yeux, il cherche à surprendre les grands animaux qui s’approchent de lune ou de l’autre rive, et lorsqu'il en voit quelqu'un qui wient pour y'boire, il plonge, va jusqu’à lui en nageant entre deux eaux, le saisit par les jambes et l’entraine au large pour l'y noyer. Si la faim le presse, il dévore aussi les hommes... Les très-grands crocodiles surtout, ayant besoin de plus d'aliments, pouvant être aperçus et évités plus facilement par les petits animaux, doivent éprouver plus souvent et plus violemment le tourment de la faim, et par conséquent être quelquefois très-dangereux , particulièrement dans l’eau, C’est en effet dans cet élément que le crocodile jouit de toute sa force, et qu'il se remue avec agilité, malgré sa lourde masse, en faisant souvent entendre une espèce de murmure sourd et confus. S'il a de la peine à se tourner avec promptitude, à cause de la longueur de son corps, c'est toujours avec la plus grande vitesse qu'il fend l'eau devant lui pour se précipiter sur sa proie Lorsqu'il est à terre, il est plus embarrassé dans ses mouvements, et par conséquent moins à craindre pour les animaux qu'il poursuit; mais, quoique moins agile que dans l’eau, il avance très-vite quand le chemin est droit et le terrain uni : aussi, lorsqu'on veut lui échapper, doit-on se détourner sans cesse. » Déuezir.
CROCQÏSE ou PLOMB ROUGE. Ce minéral, d’une belle couleur rouge hyacinthe tirant sur le rouge aurore, à poussière orangée, est remarquable par la découverte du chrome à laquelle son analyse a donné lieu. C’est en effet un Chromate de plomb, ainsi composé : oxyde de plomb, 68; acide chromique, 32, Sa densité est égale à 6.
La crocoïse ne se rencontre qu'à l'état cristallin, en prismes obliques , alongés, d'un vif éclat et d'une couleur intense ; ils sont rassemblés par veines dans des quartzites micacés où talqueux, généralement aurifères, à Bérésof | {Sibérie) et à Congonhas do Campo (Brésil), Le plomb |