‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 584 sur 607 · CROCODILE — CROISADES · texte numérisé non relu

CROCODILE — CROISADES

rouge est employé dans la peinture sur toile ct sur porce. laine: il fournit une très-belle couleur jaune.

CROCUS, genre de la famille des iridées, Les cr ocus ont des fleurs assez semblables à celles des colchiques; mais on les en distingue facilement par leurs trois étamines, par un seul style chargé de trois stigmates allongés, colorés, roulés en cornet, et souvent découpés au sommet en forme de crête. La éorolle, pourvue d’un long tube grèle, a son limbe pärtagé en six divisions égales. Le fruit est une capsule inférieure, presque triangulaire, à trois valves, à trois

. loges, renfermant plusieurs semences arrondies. Les feuilles,

étroites , linéaires , traversées par une ligne blanche plus ou moins saillante , sortent d'une bulhe couverte de \ariaues sèches, et d’où les fleurs naïssent immédiatement.

Le crocus vernus où safran printanier est l'es sauvage la plus généralement répandue , celle qui fournit, le plus grand nombre de variétés. Sa. floraison a lieu au printemps; les feuilles paraissent à peu près en même temps. que les fleurs. Le style est à peine plus long que les étamines, en y comprenant les stigmates, qui sont courts, droits, de couleur orangée , divisés en trois lobes quelquefois un peu découpés. La corolle est blanche, violette, purpurine so lilas, quelquefois agréablement panachée, selon 1 variél Le crocus vernus croît dans les plaines des Alpes, du J ura, des Pyrénées, en Suisse, en Hongrie, etc.

Le crocus salivus ou safran cultivé est l'espèce la plus intéressante par la beauté de ses fleurs et par ses propri économiques et médicales (voyez SarrAn). On le distingue des autres espèces par la longueur de ses stigmates pendants, d’un rouge orangé, d'une odeur aromatique, renflés et divisés en trois lobes à leur sommet. Cette plante fleurit en automne ; lés feuilles se montrent peu après l'apparition des fleurs.

On plante les oignons de crocus en bordures; un des plus grands emplois des oïgnons du crocus vernus est aussi de les élever dans l’intérieur des habitations, sur les croisées, les cheminées, etc., dans des soucoupes ‘remplies à moilié d’eau , où ils fleurissent parfaitement, soit posés,à nu dans l’eau , soit enveloppés de mousse ou de coton mouillé; les crocus se plantent aussi très-abondamment dans les jardinières d'appartement , ave les narcisses, jacinthes, tulipes odorantes , etc.”

CROISADES. L'histoire appelle ainsi les diverses expéditions entreprises en Orient par les populations chrétiennes de l'Occident à l'effet de conquérir la Palestine, depuis la fin du onzième siècle jusqu’à la fin du treizième. À la rigueur, on devrait même y comprendre la guerre entreprise dans le même but, dès la fin du dixième siècle, .pard’empereur grec Jean Zimikès. Ce prince avait fait peindre sur ses drapeaux l'image de la Vierge, lui avait attribué ses succès, et, plaçant la statue de la mère de Dieu sur un char magnifique, lui avait accordé à Constantinople les konneurs du triomphe. Mais comme aucun prince d'Occident n'y prit part, les historiens ne rangent point cette expédition au nombre des croisades,.

De bonne heure s'était introduite parmi les chrétiens la pieuse coutume d’aller en pèlerinage à Jérusalem, prier sur le tombeau du Sauveur, de visiter les lieux autrefois témoins des actes de l’'Homme-Dieu, où il avait vécu, où il était mort. Malgré son grand âge, sainte Hélène, mère de Constantin le Grand, était venue elle-même en pèlerinage à l'église magnifique que son fils avait fait construire sur l’emplacement du saint Sépulere. Cette coutume devint de plus en plus générale à mesure que la foi chrétienne se répandit dans l'Occident et dans le nord de l’Europe. Maïtres de la ville sainte dès la fin du septième siècle et respectant le sentiment religieux auquel obéissaient les pèlerins dont ils partagearent d'ailleurs jusqu’à un certain point la vénération pour le nom de Jésus-Christ, les Arabes leur permirent d'y construire des églises, des chapelles et jusqu’à un hôpital

CROISADES

qui fut placé sous l’invocation de saint Jean-Baptiste. Mais lorsqu'au commencement du dixième siècle, la Palestine tomba au pouvoir des Fatimides, les pèlerins devinrent de leur part l’objet d’avanies de toute espèce. Le khalife Hakem se montra surtout impitoyable, aussi bien à l'égard des indigènés professant la foi chrétienne qu'à l'égard des pèlerins étrangers. Fils d’une mère chrétienne, il voulait sans doute, à force de cruautés, repousser loin de lui tout soupçon de pactiser en secret avec les chrétiens et leurs doctrines. Il proscrivit donc sous les peines les plus sévères l'exercice du eulle de Jésus-Christ dans les pays soumis à son obéissance. L’oppression des chrétiens et des pèlerins devint plus insupportable encore en 1078, quand les Seldjoucides se furent emparés de Jérusalem et du saint Sépulcre. A partir de ce moment, les pèlerins de l'Occident, quand ils rentrèrent dans leurs foyers, y rapportèrent des détails toujours plus désolants sur les profanations dont les saints lieux étaient le théâtre, et sur les cruels traitements qu’on faisait subir en Palestine aux adorateurs de Jésus-Christ qui se hasardaient à venir prier sur son tombeau.

Ces douloureux récits, loin de refroidir dans les masses le zèle pour le pèlerinage aux saints lieux, inspirèrent aux chrétiens de l'Occident la sérieuse résolution de venir au secours de leurs coreligionnaires opprimés et persécutés, et d’arracher la terre saïnte des mains des infidèles. Les papes virent avec joie l'enthousiasme et le fanatisme religieux se propager de plus en plus parmi les peuples de l'Europe. C’était là en effet une direction d'idées éminemment favorable à leurs ambitieux projets, et dont ils espéraient tirer bon parti dans l'intérêt de leur influence et de leur suprématie. Ils comptaient que des expéditions mililaires dans les contrées au pouvoir des infidèles y répandraient la connaissance de la religion chrétienne, ramèneraient au giron de l'Église des nations tout entières, en même temps qu’elles auraient pour résultat non pas seulement de ranger les populations de l'Orient sous l'obédience du saint-siége, mais aussi d'offrir à l’exubérante activité de cette puissance tem- . porelle qui si souvent avait été un obstacle à l'expansion de la puissance’spirituelle, un théâtre d’autant moins redoutable pour le saint-siége, qu'il serait plus éloigné, et qu’elle s’y trouvait dès lors exposée à to:te espèce de dangers. Déjà le pape Sylvestre IF avait eu le projet de conquérir la Palèstine ; mais il ne lui avait pas été donné de pouvoir le mettre à exécution. Grégoire VII reprit ce plan, auquel il en rattacha un autre, ayant pour but d'opérer la réunion de l'église grecque avec l’église romaine; mais, lui aussi, il ne pot le réaliser, par suite de ses démélés avec l’empereur Henri EV. Il était décenté à Urbain LI de donner la prewière impulsion à ce grand et incomparable mouvement de Migration des peuples. Le pieux fanatisme entretenu par le clergé de ce temps-là dans les esprits de la multitude, le génie guerrier de la noblesse, le développement pris en Espagne, en France et en Allemagne par la chevalerie chrétienne et religieuse, institution qui s’épura et acquit toujours plus de force, le goût général des aventures par lequel les Normands se distinguaient, en Italie surtout, enfin l'espérance pour les petits vassaux et les serfs, sinon d’acquérir de la gloire et des richesses en prenant part à de telles entreprises, du moins de parvenir ainsi à s'affranchir de la lourde oppression que faisait peser sur eux la haute noblesse, furént autant de circonstances qui favorisèrent la politique des papes et contribuèrent à donner naissance aux croisades.

Dans l’état où se trouvaient les esprits, il devait suffire du plus léger incident pour amener une vaste conflagration; Pierre d'Amiens, dit Z’Ermile, le fit naître. Revenu en Europe, en 1094, d’un pèlerinage en Palestine et porteur de suppliques adressées à la chrétienté par le patriarche Siméon de Jérusalem, il s’en alla trouver le pape Urbain 1, lui dépeignit dans les termes les plus navrants la déplorable posi- |

tion des chrétiens en Orient, et lui raconta comment Jésus- Christ lui-mème lui était apparu en songe et lui avait ordonné d'appeler toute la chrétienté à délivrer le saint Sépulcre. Urbain, comprenant bien vite les suites que devait avoir une telle entreprise, et résolu de la réaliser sans retard, envoya Pierre, muni de sa bénédiction, en Italie et ‘en France. L'extérieur du missionnaire pontifical n'était rien moins qu’imposant : Pierre était petit, maigre, mal vêtu, sans chaussure, et n'avait, dans ses longues et pénibles pérégrinations, qu’un âne pour monture, Mais sa mission était d’exciter la pitié, et partout il réussit. Sa voix éloquente retentit dans les palais, dans les chaumières, et provoqua dans les esprits l'agitation la plus féconde et la plus puissante.

Dans un concile qui se réunit en mars 1095 à Plaisance, en plein air, à cause de la foule innombrable qui s’y rendit, et dans une seconde assemblée de ce genre tenue avec b/en plus de succès encore au mois de novembre suivant à Clermont, en France, il réussit à enflammer les fidèles d’une telle ardeur pour la cause du Christ, que bientôt on n’entendit plus partout retentir que ce cri : Diex li volt ( Dieu le veut! ), et que dans la foule ce fut à qui s’attacherait à l'épaule ure croix rouge en signe de ferme résolution de prendre part à une expédition à la tête de laquelle se metlait résolument l’évêque du Puy, Adhémar. Une lettre tombée du ciel et d’autres faits miraculeux de ce genre achevèrent de porter l'enthousiasme à son comble ; et dès le mois de mai 1096 une armée de 40,000 hommes, composée de Français, de Normends, de Flamands, de Lorrains, d’Italiens et d’Allemands, incapables d’attendre plus longtemps que tous les préparatifs nécessaires pour une entreprise de ce genre eussent été terminés, se metlait en marche sous les ordres de Pierre l’Ermite, de Gautier de Pexejo et de son neveu Gautier Sans-Avoir. Mais comme une autre bande, tout aussi nombreuse et commandée par le prêtre allemand Gotischalk, cette cohue armée, étrangère à la moindre idée de discipline, périt presque tout entière dans sa marche à travers la Hongrie et la Servie, ou bien à son arrivée en Asie, Commettant partout sur sa route les plus horribles dévastations, par suite de l'obligation où elle était de pourvoir à sa subsistance de chaque jour dans des contrées où il n'avait été fait aucun des préparatifs qu'eût nécessités la mise en mouvement de masses d'hommes si considérables, son passage mettait en tous lieux le désespoir au cœur des populations, qui se vengeaient en massacrant sans pitié ni merci tous les trainards, tous les pillards isolés. Les historiens tracent de ces bandes fanatiques la plus étrange peinture: Les routes étaient encombrées de croisés, nobles, roturiers, moines, religieuses. Des femmes suivaient leurs maris, d'autres leurs amants; des prostituées, qu’on appelait alors folles de leur corps ou ribaudes, accompagnaient l’armée, et marchaient à sa suite sous la conduite d’ën moine noir, leur auméônier. Ces masses bruyantes, désordonnées, allaient précédées de corps de musiciens; et aux chants pieux se mélaient presque toujours les profanes accents de la débauche la plus effrénée. L'armement de cette tourbe fauatique présentait la plus bizarre et la plus pittoresque des confusions; C’élait un péle-mêle de lances, de javelots, de hallebardes, de casques , de cuirasses, de pertuisanes, d’arbalêtes, de haches d'armes, etc.

Partis trois mois plus tard que cette espèce d'avant-garde, Godefroi de Bouillon, duc de la basse Lorraine, et son frère Baudouin, réussirent à amener, par l’Allemagne-et la Hongrie, sous les murs de Constantinople une armée ré. gulière, forte de 80,000 hommes bien armés, qui rallia en route les débris des bandes de Pierre l'Ermite, de Gautier Sans-Avoir et de Gottschalk , échappés au fer des Hongrois, des Serviens et des Bulgares. Godefroi et son frère ne tardérent pas à être rejoints par Hugues de Vermandois, fils du roi de Franee Henri, et frère de Philippe 1°", roi régnant ; par Étienne, eomte de Blois et de Chartres, petit-fils ds

Flandre, beau-père des rois de France et d’Angleterré; par Raymond, comte de Toulouse, l’un-des plus riches princes de l’Europe ; enfin par les prenx descendants de ces braves Normands, conquérants et fondateurs des royaumes de Naples et de Sicile, Bohémond, prince de Tarente, et le sage et valeureux Tancrède, duc de la Pouille, dont le génie du Tasse a immortalisé le nom et les exploits; les uns et les autres venus à la tête de nouvelles bandes : de telle sorte que l’armée des croisés avait fini par présenter un effectif de 600,000 hommes. Les environs de Constantinople, à vingt lieues à la ronde, ne tardèrent point à être dévastés, pillés et incendiés comme l’avaient été tous les endroits par lesquels avaient passé les croisés. L'empereur Alexis n'eut dès lors rien de plus pressé que de faciliter de tous les moyens en son pouvoir le passage en Asie de ces hôtes si incommodes et si dangereux. Cette immense armée, à la suite de combats opiniâtres et après avoir essuyé des pertes énormes, tant par le fer de l'ennemi que par les affreux ravages exercés dans ses rangs par des maladies de toutes espèces, s'empara, en 1098, d’Antioche et d’Édesse. Elle était réduite des quatre cinquièmes quand, au mois de juin 1099, elle arriva enfin devant Jérusalem, sur les hauteurs d'Emmaüs.

La ville sainte est devant les croisés. A cette vue un cri spontané part de tous les rangs : Jérusalem! Jérusalem! Diezx li volt! Diex li volt! Tous s'arrêtent et se prosternent. Bientôt la trompette les rappelle au combat, qu’ils croient devoir être le dernier. Une nombreuse armée d’infidèles leur présente un vaste rempart de fer et de feu ;-les murs de la cité sainte sont couverts de soldats. Godefroi de Bouillon, après quelques jours de repos, a fait avancer toutes les machines de siége alors en usage, les tours mobiles, les catapultes, La plus haute de ces tours a atteint les murs, le pont a pu être jeté, et Godefroi à la tête des siens s’est élancé sur les assiégés , tandis que Tancrède et d’autres chefs attaquent d’autres points. La victoire est vivement disputée; les assiégeants sont forcés de se replier. Mais leurs chefs parviennent à les rallier et à recommencer le combat. Cette fois, les assiégés se voient contraints de fuir en désordre et de chercher avec la population un asile dans les mosquées. Les croisés s’y précipitent après eux. Ce n’est plus un combat, mais une boucherie, Femmes, enfants, vieillards sont impitoyahlement massacrés: et un historien, témoin de cet effroyable carnagè d'êtres sans défense, rapporte que devant le péristyle de la grande mosquée s’étendait une mare de sang dans laquelle les chevaux qui la traversaient en avaient jusqu’au poitrail. En vain Godefroi s’efforce d’arrêter une tuerie désormais sans objet, sa voix est méconnue, Alors il dépouille son armure, et entre pieds nus dans le sanctuaire. Aussitôt la scène change : chefs et soldats s'agenouillent ; aux cris de fureur et de rage succèdent les humbles accents de la prière et les sincères actions de grâces d’une soldatesque que le combat et le carnage ont pu enivrer, mais qui a toujours conservé dans son cœur la foi à l’idée qui lui a mis les armes à la main. Journée tout à la fois de deuil et de triomphe, le 15 juin 1099 vit l'étendard de la croix flotter enfin victorieux sur les remparts de Jérusalem. Mais ce triomphe coûtait cher. L'armée des croisés ne présentait plus guère qu’un effectif de 35,000 hommes avec 5,000 chevaux. C'était tout au plus ce qu'il fallait pour conserver la conquête, en attendant l’arrivée de nouveaux renforts d'Europe. Les eroisés comprirent dès lors l’urgente nécessité d'organiser avanttout un gouvernement régulier, et, au refus du comte de Toulouse et du duc de Normandie, ils élurent pour roi Godefroi de Bouillon, C’est assurément quelque chose de bien remarquable que cette élection faite à une époque où le saintsiége, surtout depuis le pontificat de Grégoire VIT, prétendait posséder exclusivement le droit de disposer des couronnes, A peine assis sur le trône, le nouveau roi fut obligé de marcher à la rencontre du soudan d'Égypte, s’avançant sur Jérusa-

CROISADES

France et gendre du roi d'Angleterre ; par Robert, comte de *

lem à la tête d’une armée considérable. Les deux armées se rencontrèrent le 15 août, et cette fois encore la victoire resla aux croisés, en dépit de leur infériorité numérique, et par suite de l'avantage que leur donnaïent leur tactique et leur discipline sur une multitude aussi mal armée qu’indisciplinée. Godefroi, d'ailleurs, ne jouit pas longtemps de son triomphe; dès l’année suivante il descendait au tombeau.

Indépendamment de ce royaume de Jérusalem, de petits Éfats chrétiens, organisés d’après le système féodal en usage en Europe, furent fondés par Baudouin à Édesse, par Tancrède à Tibériade, par Raymoné à Laodicée, par d’autres encore, à Antioche, à Tripoli de Syrie, etc. Chacun de ces chefs ne fit plus à partir de ce moment la guerre sainte que pour son propre compte. Dès lors ül wy eut plus d'ensemble, plus d'unité de vue et de plan; dès lors aussi les pays conquis au prix de tant de sang et de sacrifices, attaqués de nouveau par les infidèles , ne pouvaient que retomber successivement en leur pouvoir. L'intérêt bien compris de tous les chefs eût commandé un système commun de défense; mais chacun d’eux persistait à agir isolément, dans l'espoir de l’arrivée prochaine de renforts. Et en effet on voyait chaque jour de nouvelles colonnes arriver d'Occident , parce que le bruit de la conquête des saints lieux par les croisés ne s’était pas plus (ôt répandu en Europe que partout. avaient surgi comme à l'envi de nouvelles bandes d’aventuriérs, jaloux de partäger la gloire et les dangers de leurs devanciers. Il s’en organisa nofamment en Allemagne, sous le commandement du duc Guelie de Bavière, de même qu’en Italie et en France. Et alors, fortes ensemble d'environ 260,000 hommes, ces nouvelles bandes se mirent en marche pour la Palestine; mais elles parvinrent à peine aux confins de Asie, anéanties qu'elles furent en détail sur leur route, tantôt grâce à la perfidie des Grecs qui leur servaient de guides dans des régions jusqu'alors inconnues pour elles, tantôt par le fer des Turcs.

La seconde croisade fut déterminée par la consternation profonde que répandit en Europe la prise d’Édesse par les

Turcs, en 1144; désastre qu’il faut attribuer autant aux ja- »

lousies mutuelles et aux dissensions intestines des chefs chrétiens qu'au refroidissement de l'enthousiasme religieux de leurs troupes. La nouvelle de la destruction de cette ville (1146) ne causa pas seulement un deuil général en Europe; elle y fit craindre à bon droit que la chrétienté ne perdit avant peu tout le fruit des si rapides conquêtes faites en Orient par les croisés. 11 y a lieu de penser que l'évêque de Zabulon, ambassadeur du roi.de Jérusalem, n'aurait pas réussi à déterminer Louis le Jeune à se mettre à la tête de cette seconde croisade, s’il n’eût été secondé par saintBer nard, l’un des hommes les plus éloquents et les plus influents de son siècle. Vainement le sage S uge r représentait à Louis les dangers d’une expédition si lointaine et si hasardée, aïnsi que la nécessité de ne pas quitter ses États; en vain il lui rappelait l'exemple de son aïeul et deson père, qui, fidèles à leurs serments, à leurs devoirs de rois et de chrétiens, n’avaient point abandonné l'administration que Dieu leur avait confiée , et n’en avaient pas moins secondé de tous leurs vœux, de toute leur puissance, les efforts de l'Europe chrétienne pour la conquête des saints lieux. Rien ne put détourner Louis le Jeune de sa résolution.

Ce monarque convoqua un grand parlement à Vézelay, petite ville de Bourgogne. L'assemblée se tint en rase campagne, Le roi et saint Bernard s'étaient placés au centre, sur un échafaudage richement décoré, Un énorme ballot de eroix que l'abbé de Clairvaux avait fait apporter ne put suffire; et il futobligé d’en taire confectionner d’autres avec ses vêtements. La reine voulut se croiser, et un grand nombre de nobles dames l'imitèrent, Elles se divisèrent en escadrons, dont la reine prit le commandement, Saint Bernard écrivit à Conrad, empereur d'Allemagne , et à tous les princes du Nord. Il ré-

| pétait dans ses circulaires ce qu'il avait dit dans ses sermons.

CROISADES

11 promettait aux croisés de grandes et infaillibles victoires. Il parcourut bientôt la Flandre et l'Allemagne, et le 16 février 1147 il rejoignit le roi à Étampes , où se trouvait assemblé un autre parlement, pour régler la marche des troupes et pourvoir à l'administration de la France pendant l'absence du roi. Suger fut nommé régent. Le pape Eu gène III se rendit en France, donna au roi le bourdon de pèlerin et l’oriflamme déposée à l’abbaye de Saint-Denys. Le commandement général de l’armée fut d’abord déféré à saint Bernard, qui refusa. 11 ne voulut pas même être le témoin des succès miraculeux qu’il avait si souvent prédits dans ses sermons et dans ses lettres, et se retira dans son abbaye de Clairvaux. L'empereur Conrad partit de Nuremberg avecles croisés du Nord le 29 mai 1147. Louis le Jeune ne quitta la France que le 14 juin suivant. Son frère, le comte de Dreux ; Henri, fils de Thibaut, comte de Champagne ; Guy, comte de Nevers; son frère, Renaud, comte de Tonnerre; Yves, comte de Soissons ; Archambault de Bourbon et un grand nombre de princes, de seigneurs, de prélats, avaient pris la croix avec lui. Tous les prélats de France, les chefs des monastères, avaient secondé par leur influence et leurs moyens d’action le zèle et l’éloquence de saint Bernard; cependant le nombredes croisés ne s’éleva pas cette fois à plus de 80,000 hommes au lieu du chiffre de 600,000 qu'avait atteint l’effectif de l’armée des croisés dans la première croisade. Cette énorme différence provient de ce que l’affranchissement des communes avait attaché la nouvelle génération à ses institutions. La première croisade n'avait trouvé que des serfs abrutis par une longue servitude, et la seconde trouva cette même France peuplée d'hommes libres : des citoyens avaient remplacé des esclaves. L'armée des croisés du Nord n’était pas plus nombreuse que celle des croisés de France : seulement elle la précéda.

Louis le Jeune, après des marches pénibles, était arrivé à Constantinople. Il y fut accueilli avec une pompe extraordinaire. L'empereur d'Orient voyait cependant avec peine les croisés de France prolonger leur séjour dans ses États ; il imagina, pour bâter leur départ, de faire courir le bruit que l’empereur Conrad et ses Allemands avaient signalé leur entrée en Palestine par d’éclatantes victoires. Louis le Jeune, jaloux du succès de son rival, pressa son départ. Vainqueur des infidèles sur les bords du Méandre (janvier 1148), il fut mis en pleine déroute dans la Pamphilie, et n’arriva qu'avec peine à Jérusalem. Parvenu à rallier les débris de son armée, il se mit en campagne, et entreprit le siége de Damas : une dernière défaite mit sa liberté et sa vie en danger. Il avait rempli son vœu de chrétien, il s’était prosterné devant le-saint sépulcre, mais il n’avait plus d’armée. Il s’embarqua pour l’Europe. Pris dans la traversée par les infidèles, il dut son salut à un capitaine génois. L'empereur Conrad n'avait pas été plus heureux : il avait repassé les mers. Il ne lui restait de sa fastueuse entreprise que le souvenir de ses revers. Si le roi et l’empereur eussent réuni leurs armées, combiné leurs opérations, leur expédition n’eût pas été sans gloire pour eux ni sans utilité pour les chrétiens d'Orient. Mais les deux monarques avaisnt agi séparément : Conrad ne voulait pas recevoir d’ordres de Louis, ni Louis de Conrad. Fier de son litre d'empereur, Conrad se croyait audessus d’un roi de France, et celui-ci le regardait à peine comme son égal. Réunis, ils pouvaient vaincre; séparés, ils ne pouvaient échapper à une double défaite. Une des principales causes de tant de revers fut la défection des seigneurs français établis en Orient depuis la première croisade, Nés en Orient, ils en avaient contracté les mœurs et les usages. Plus occupés de leurs plaisirs que de leurs devoirs de chrétiens, ils désiraient à tout prix se maintenir dans leurs principautés et leurs seigneuries, et n'étaient nuilement disposés à comprometire leur présent et leur avenir en s’ailiant franchement aux vœux et aux efforts des croisés, qui ne pouvaient leur garantir ni l’un ni l’autre.

L'élite de la noblesse de France et d'Allemagne avait péri dans cette funeste expédition. Un cri général d'indignation s'élevait dans toute l'Europe contre l'abbé de Clairvaux, qui au nom du ciel avait annoncé un avenir de gloire et de bonheur aux princes, aux seigneurs, aux populations entières, qu’il avait appelés en Orient. Saint Bernard ne rétracta point ses prédictions : il rejeta sur les péchés des croisés la honte de leurs revers. Il leur reprochait leurs débauches et leurs brigandages de tous genres, et les faits ne manquaient pas pour justifier ses paroles.

Les aventures galantes de la reine Aliénor ou Éléonore de Guienne avec son oncle, le prince d’Antioche, et avec le jeune Saladin, l’un des chefs des infidèles, coûtèrent à la France plusieurs provinces, et lui valurent une longue suite de guerres avec l'Angleterre.

La prise de Jérusalem par Saladin,en 1187, à la suite de la sanglante bataille de Tibériade, amena la troisième croisade. La rivalité de Raymond IJ de Toulouse, comte de Tripdli, et de Guy de, Lusignan, parvenu au trône de Jérusalem du chef de sa femme, Sibyle, sœur de Baudoin IV , avait amené cette catastrophe. Il s'était allié à l’ennemi de la croix; il avait abjuré la religion de ses pères, et livré la cité sainte, la Palestine, le roi Guy de Lusignan et sa famille, à l’heureux Saladin. Le pape Urbain III en mourut, dit-on, de douleur. Grégoire VIII, son successeur, ordonna des prières et des jeûnes. « Les cardinaux jurèrent de renoncer à tous les plaisirs, de ne recevoir aucun présent, de ne point monter à cheval tant que la cité sainte serait au pouvoir des infidèles ; enfin, de se croiser les premiers , d’aller à pied en Palestine, de se mettre à la tête des pèlerins , et de demander l’aumône par les chemins. » Mais ce beau dévouement ne fut qu’un vain bruit. Les cardinaux interrompirent à peine leurs douces habitudes de luxe et de mondaines jouissances, tout en gémissant en public sur les malheurs des chrétiens de la terre sainte.

Clément III fit publier une troisième croisade avec la plus grande solennité; il envoya Guillaume, archevêque de Tyr, et le cardinal Henri, évêque d’Albano, aux rois de France et d’Angleterre, alors en guerre l’un contre l’autre. Les deux monarques se réconcilièrent ; les princes, les principaux seigneurs de leur cour, se croisèrent avec eux. Mais cette paix n’était qu’une trève, que le moindre incident pouvait rompre. Philippe-Auguste, roi de France, et Richard Cœur de Lion, fils et héritier du roi d’Angleterre; les princes, les grands vassaux , les seigneurs de leur cour, se croisèrent; ce fut alors que l'on adopta une couleur différente pour les croisés de chaque nation. Les Français portaient la croix rouge, les Anglais blanche, les Flamands verte, les Allemands noire, les Itahens jaune.

Pour subvenir aux frais de cette expédition, les deux rois ordonnèrent que ceux de leurs sujets qui ne partiraient pas pour la croisade payeraient une Jois pour toutes le dixième de leur revenu , sans distinction de laiques et d’ecclésiastiques. Cependant les chartreux, les bernardins, les moines de Fontevrault, en furent exemptés. C’est ce qu’on appela la dime saladine. Une nouvelle querele qui éclata entre Richard Cœur de Lion, devenu roi d’Angleterre, et Philippe-Auguste , faillit faire échouer l’entreprise à peine commencée. L'intervention des prélats détourna lorage, et Richard resta fidèle à ses premiers engagements. Les luttes anglaise et française devaient se rencontrer à Messine : Philippe-Auguste y arriva le premier, la flotte de Richard ayant été retardée par les onragans. Le roi de France el son armée partirent de ce port, en mars 1191, et arrivés devant Ptolémais, l’armée en forma le siége, qui fut couverti en blocus jusqu’à l’arrivée de Richard Cœur de Lion, avec tequel Philippe-Auguste voulait partager l'honneur d’une st huportante conquête. Les deux arinées réunies présentaient un effectil de 200,000 hommes. Saladin n’eût pu résister à des forces si considérables. Mais les deux rois ne purent s'entendre sur

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la priorité du commandement. Toutefois, on pressa le siége de Jérusalem, qui capitula le 11 juillet 1191.

Philippe-Auguste tomba malade, et revint en France. Il s’embarqua vers le milieu du mois d'août, passa par Rome, et arriva dans ses États à la fin de décembre. Richard resta encore un an dans la Palestine, et après une campagne aventureuse , mêlée de succès et de revers , il signa avec Saladin une trève de trois ans. Cette trève laissait Saladin maitre de la Palestine, à l’exception des places maritimes, depuis Jaffa jusqu’à Tyr, et assurait aux chrétiens la liberté du passage pour entrer à Jérusalem, mais en petites troupes.

Les préparatifs de cette troisième croisade avaient duré plus d’un an. L'empereur Frédéric I", dit Barberousse, et ses Allemands, qui s'étaient croisés les derniers, étant arrivés les premiers en Palestine, ce prince et son armée avaient traversé l'empire grec en ennemis. Il avait pénétré en Thrace dès 1189; mais après être parvenu jusqu’à Séleucie, il périt dans les eaux du Calycadnus, en 1190. Son fils Frédéric, due de Souabe, avait conduit son armée au siége d’Antioche , et survécut peu à son père. Les croisés allemands, désespérés d'avoir perdu leur empereur et son fils, retournèrent, eux aussi, en Europe.

Au lieu de garantir la possession de Jérusalem par des établissements de défense et d'utilité, et de fixer les limites de ce royaume dans un rayon proportionné aux besoins de sa sûreté, les monarques chefs de cette croisade avaient épuisé leurs armées dans des conquêtes lointaines, et sans utilité réelle pour le but de leur expédition. Les mêmes désordres s'étaient manifestés dans-les armées; vainement on en avait éloigné les femmes, proscrit les lieux de débauche, les jurements, les blasphèmes, le pillage’ On avait vu se renouveler les mêmesexcès, les mêmes scandales que dans les croisades précédentes. Sans doute de brillants faits d’armes avaient signalé le courage des croisés et des princes qui les commandaient ; mais 200,000 hommes avaient perdu en moins de denx années de combats et de siéges la vie ou la liberté. La cité sainte avait été reconquise; mais que de batailles, que de siéges inutiles avaient précédé et suivi cette conquête, but unique de cette immense et dispendieuse expédition! D'ailleurs, les chrétiens et les infidèles étaient toujours en présence : l'intervention armée des plus puissants souverains de l’Europe n’avait fait que suspendre les hostilités locales.

Une expédition nouvelle, organisée en France par le pape Innocent IH, et que le doge de Venise, le politique Dandolo , promettait de soutenir avec la marine de la république , devait avoir pour base d'opérations l'Égypte, dont il aurait (allu préalablement faire la conquête et d’où les croisés comptaient ensuite marcher sur la Palestine, Mais la révolution qui renversa le trône des empereurs de Byzance, sur les débris duquel se constitua un empire latin de Constantinople, ne tarda point à faire échouer ce projet. Il en fut de même d’une autre expédition qu'Innocent tenta encore , dit-on , à l’instigation de quelques prêtres du Nord de l’Europe, qui s'étaient imaginé d'organiser une croisade d'enfants. Cette illusion , aussi funeste qu'inconcevable, fit pourtant de rapides progrès en Allemagne et en France, a C'était, disaient les nouveaux missionnaires, à des mains « innocentes, aux plus faibles de ses créatures, que Dieu « avait réservé la miraculeuse conquête des saints lieux, « qu'il avait refusée aux puissants, aux hommes forts, qui « s’en étaient rendusindignes par leurs péchés ». En France, plus de 30,000 enfants partirent sous la direction de quelques prêtres ou clercs; en Allemagne 20,000 autres pets croisés quittèrent leurs foyers paternels. Ceux-ci périrent presque tous en route, ou furent dépouillés par des voleurs. Ceux de France furent conduits à Marseille et confiés à des scvlérats, qui, affectant la piété la plus fervente et le dévoñment le plus désintéressé, s’engagèrent à conduire ces troupeaux d'enfants en Palestine, Deux vaisseaux

CROISADES

sur sept périrent dans une tempête. Les cinq autres arrivérent en Égypte; mais leurs peflides conducteurs vendirent

aux Sarrasins comme esclaves les malheureux enfants qu'on

leur avait confiés. Une autre croisade qu'Honorius III détermina, en 1217, le roi de Hongrie André II à entreprenûre, parce que ce prince lui avait à cet égard engagé sa parole, fat plus heureuse; et c'est à elle que les historiens donnent le plus ordinairement le nom de quatrième croisade. Soutenu par les rois de Chypre et de Jérusalem, le roi de Hon-

| grie réussit às’emparerde la forteresse construite au somrhet du mont Thabor et de quelques autres points fortifiés de

la montagne. Mais, dégoûté bientôt par les divisions et par le manque de «oyauté de ses alliés, il s’en revint dans ses États, où il était déjà de retouren 1218, laissant au comte Guillaume de Hollande le soin de continuer la guerre contre les infdèles. Celui-ci, opérant toujours de concert avec les rois de. Chypre et de Jérusalem, débarqua en Égypte, et mit le siége devant Damietle, qu’il prit d’assaut, le 5 novembre 1219. Mais ce succès ne fut pas durable, et dès l’année 1221 Damiette retornbait au pouvoir des infidèles.

Ce désastre détermina le pape Honorins à sommer l’empereur Frédéric d'accomplir le vœu qu’il avait fait dans sa jeunesse d'entreprendre une croisade en Terre Saïnte. Le souverain pontife, après avoir d’abord employé les exhortations paternelles , finit par avoir recours aux menaces, et Frédéric céda quand il vit qu'il ne pouvait plus faire autrement. En 1228 il entreprit effectivement une expédition, à laquelle est demeurée dans l’histoire le nom de cinquième croisade. Débarqué à Saint-Jean d’Acre, il fortifia Jaffa, et, en dépit de toutes les remontrances du pape, conclut avec le soudan d'Égypte une trève de dix ans, aux termes de laquelle Jérusalem, Nazareth, Bethléem et un assez vaste territoire devaient être cédés aux chrétiens , et en 1229 enfin il se fit couronner roi à Jérusalem. Mais il s’en revint en Europe sans avoir rien fait autrement pour s'assurer la possession des villes qui lui avaient été cédées et dont en réalité les infidèles restèrent les maîtres. n

Dans une assemblée extraordinaire, tenue par Gré-

| goirelX, en 1234, et à laquelle assistèrent les patriarches

d’Antioche, de Constantinople et de Jérusalem, il fut décidé qu’on entreprendait une sixième croisade, et que la nouvelle armée de croisés commencerait la guerre dans la Palestine, Thibaut, comte de Champagne, commanda cette armée, mais sa destination fut encore changée. Le pape appela les croisés au secours de Baudouin If, empereur de Constantinople. Cette diversion rendit le succès impossible, Les débats du pape avec l’empereur Frédéric, les factions dés guelfes et des gibelins, qui en furent la conséquence ; les divisions ‘qui s’élevèrent entre les chefs des divers corps de croisés, appelèrent de nouvelles calamités en Europe et dans l'Orient. Richard, comte de Cornouailles, père d'Henri HT, roi d'Angleterre, ne parut en Palestine, à la tête d’une armée, que pour être témoin des scandaleux débats des templiers et des chevaliers de Saint-Jean de J6rusalem , qu'on appelait alors Aospitaliers. 11 repartit avec sa flotte en 1241. Un danger commun rallia tous les croisés en 1244. Les Corasmiens, peuples descendant des anciens Parthes, chassés de la Perse, étaient venus demander des terres au soudan d'Égypte, qui leur céda la Palestine, Tous les chrétiens se réunirent pour s'opposer à l’irruption des Corasmiens. Mais il furent mis en pleine déroute à la bataille de Gaza, et à peine quelques chevaliers, quelques prélats et un petit nombre de soldats échappèrent au fer de l'ennemi; les deux grands-maîtres du Temple et des chevaliers teutons restèrent sur le champ de bataille; le grand-maître de Saint-Jean de Jérusalem, et Gautier de Brienne, comte de Jaffa, furent conduits enchainés à Babylone,

A la première nouvelle du désastre de Gaza, le pape convoqua un concile général à Lyon. Une nouvelle et septième croisade contre les Sarrasins fut proclamée. De tous

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