‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 586 sur 607 · CROISEMENT DES RACES · texte numérisé non relu

CROISEMENT DES RACES

riles, comme il arrive par la compression mutuelle entre certains jumeaux (les vaches bréhaignes). La nature appelle donc plutôt l'expansion , car l’amour reste languissant entre les proches, puisque les mariages consanguins, ordonnés jadis entre frère et sœur sur le trône, pour empêcher la division, en Égypte, étaient ou stériles ou toujours suivis de querelles. L'éloignement des individus , certaine disparité des formes , engendre au contraire l’Aarmonie sympathique par opposition ; les petites races recherchent les grandes de préférence, comme ce qui leur manque, et cela est en même temps réciproque par l'effet des contrastes.

Mais l'amélioration des races à l’aide des croisements s'0opère surtout au moyen de la prépondérance du sexe maseulin sur le féminin. 11 faut exposer ici cette loi mystérieuse, dont on a fait un secret pour obtenir des produits merveilleux. Les jardiniers industrieux savent créer aujourd’hui de charmantes nuances de fleurs, comme les dablias, quene donne pas la simple nature, en imprégnant le style (l’organe femelle) d’une fleur de la poussière fécondante du pollen des étamines d’une autre espèce ou variété de plante de toute autre couleur ou forme. Par ce procédé on se procure de singuliers résultats, soit de floraison, soit de fructification et de graines. Celles-ci, semées avec soin, entretiennent d'excellentes espèces jardinières, comme les meilleurs melons, cantaloups, etc.; tandis que laissées au voisinage de races communes et à des alliances ignobles avec des potirons vulgaires, ces fruits exquis dégénèrent. et avilissent la race. En effet, dès le siècle dernier, Kælreuter et d’autres botanistes, profitant de la découverte des sexes dans les plantes, firent des essais pour obtenir des races hybrides ou mélangées. Ainsi, en faisant prédominer par des généralions successives l’aspersion du pollen mâle dans la même espèce de plantes, on parvient à faire prévaloir les formes de ce mâle sur les tiges et à transformer ces hybrides.

Or, ce qui s'opère dans les végétaux a lieu plus évidemment encore chez les animaux. Tout le monde connatt les modifications produites par le mélange du cheval et de l'ânesse, ou réciproquement, pour avoir des mulets et des bardots. Mais l'influence de chaque sexe n’est point égale pour le résultat : on a remarqué la supériorité de celle des mâles sur les femelles. De là vient la préférence accordée aux beaux et nobles étalons pour les chevaux, aux béliers robustes pour les mérinos à longue laine, aux boucs pour les chèvres à duvet fin de Cachemire, aux taureaux à forte encolure , etc. C’est que le sexe mâle porte surtout ses dévelonpenents sur les organes extérieurs, sur les poils où laines (ou les plumes chez les oiseaux ) et aussi vers la tête, les membres antérieurs. La femelle prédomine au contraire sur les parties intérieures ventrales, les régions utérines ou inférieures du corps. L'on régénère donc les races principalement à l’aide de ces mâles vigoureux. Ainsi l’on recommande, dans nos haras, de puissants chevaux, nerveux, comme les arabes du Nedjed ; ainsi se vendent chèrement les énormes boues de la haute Asie, les forts béliers mérinos, les beaux taureaux améliorés de plusieurs races anglaises de Durham, de Dishley, de Leicester, etc. Car les individus les mieux nourris donneront plus de produits masculins, ennobliront la race, embelliront ses formes. C’est ainsi que les éleveurs industrieux savent employer pour les croisements les robustes individus, qui par leur conformation répareront soit la faiblesse des reins, soit la maigreur, soit la petite faille d’une race détériorée, C’est à tel point qu'on crée à volonté telle sorte de chien, tel cheval de course ou de trait, tel bœuf pour le labour ou pour la boucherie. On prepare une race pour un climat froid ou chaud, un sol montagneux ou profond. On établit ainsi des équilibres appropriés pour chaque contrée; on choisit les couleurs des poils, les contextures de la chair, ou les sangs divers dans ces sortes de mariages, Des physiologistes à

CROISEMENT DES système ont même prétendu créer des races de grands génies par la mégalanthropogénésie, eu alliant ensemble des hommes et des femmes de haute intelligence. Toutefois, la nature ne semble pas se prêter à ces combinaisons.

J.-J, Virey.

CROISETTES, Voyez Croix (Blason).

CROISIC (Le), port de France, sur l'Océan, département de la Loire-Inférieure, avec 2,416 âmes, possède une école d'hydrographie et fait de grands armements pour la pêche. Sqn établissement de bains est très-fréquenté,.

OISIÈRE, action de croiser, de parcourir dans toutes les directions, et pendant un temps donné, des parages déterminés , soit pour y découvrir, signaler, intercepter des bâtiments ennemis, soit pour y donner la chasse aux corsaires et les capturer; pour assurer, en un mot la liberté de la navigation des bâtiments de commerce. Il ne faut pas confondre les mots croisière et course : lepremier indique la mission donnée à un bâtiment de guerre; le second est Je nom de l'autorisation accordée à des particuliers d’armer des corsaires pour attaquer les convois et les navires ennetunis, Si depuis la révolution française les eflorts de nos armniraux ont été rarement couronnés de succès dans les batailles rangées, n’en accusons ni le patriotisme ni surtout le talent, si cruellement et si injustement contesté, de nos officiers de marine, ni la bravoure de nos équipages. L’histoire doit des pages immortelles à nos croisières de l’empire; aucune nation maritime ne saurait offrir dans ses annales des attaques plus hardies, des combats plus héroïques et des succès plus glorieux que ceux qui illustrèrent les croiseurs français au commencement du dix-neuvième sièele. Dans l'Inde, les noms de Duperré, Bergeret, Hamelin et autres, se transmettront d’âge en âge à la postérité. On n’a pas oublié, non plus, les prises faites à la marine militaire d'Angleterre, et les pertes immenses causées au commerce maritime de cette nation par les corsaires de la Guadeloupe, de 1795 à 1810. Pendant cette période de quinze années, c’est presque uniquement aux succès de ces braves que la France a été redevable de la conservation de cette importante colonie. MERLIN.

Mais si nous voulions donner des modèles de glorieuses croisières, exécutées par des escadres ou des flottes, nous les demanderions à l'Angleterre : son histoire navale en fourmille. C’est que le gouvernement anglais, guidé par le sûr instinct de l'intérêt de son existence, entendait la guerre navale dans toute sa grandeur. Il n’astreignait pas ses amiraux à une mesquine obéissance à des instructions ministérielles : il lui suffisait qu’ils revinssent triomphants; quelques-uns n’avaient d'autre mission dans leurs croisières que celle de chercher, poursuivre, attaquer et combattre l'ennemi. Où trouver dans notre marine des croisières comparables à celles de Nelson, la première en 1798, qui se termina par le combat d’'Aboukir, et la seconde en 1805, couronnée par la journée de Trafalgar? Nous citerons seulement celle de l’amiral Duckworth, qui est moins connue, et qui donnera une idée compkte de ce que peut être une grande croisière. Il croisait en 1806 devant Cadix, où était mouillée une escadre française et espagnole. 11 se trouvait sous les ordres particuliers de l'amiral Collingwood; mais, ayant reçu avis qu’une division française (contre-amiral Lallemand) avait été vue dans les parages des Canaries, il quitta sans ordre sa station et son amiral, sans même avoir le temps d’en prévenir celui-ci, pour courir après cette division, qu’il ne trouva point au lieu indiqué. En faisant route pour reprendre sa station, il eut connaissance de la divisson Willaumez, à laquelle il donna une chasse aussi infructueuse, qui le conduisit jusqu'aux îles du Cap-Vert, d’où, ayant perdu les traces de cet officier, et le supposant avoir fait route pour les Antilles, il se détermina à l'y venir chercher. Là encore il ne rencontre rien ; mais il apprend à la Barbade, la veille de son départ pour l'Europe,

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