‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 588 sur 607 · CROISSANCE · texte numérisé non relu

CROISSANCE

mées et souterraines de la Sibérie. Il en est à pea près de

même des trop fortes chaleurs, comme on s’en

vaincre dans les brûlantes solitudes d’Afrique , où le défaut d’eau rend toutes les herbes noueuses, velues, ligneuses, coriaces, presque sans feuilles ; les hommes y sont secs,

décharnés comme les anciens Lybiens acridophages, les

Bedouins ; les plusgrands animaux sont même arides, comme

les chameaux, les agiles gazelles, les gerboises sauteuses. |

Bien qu’il existe ainsi des causes extérieures capables de favoriser comme d’entraver la croissance des êtres organisés, chacun d’eux conserve une limite nécessaire et dépendante de son organisation primordiale. Les minéraux, n’ayant point de véritable croissance, ne sont jamais bornés dans

leur volume. Au contraire, animaux et plantes sont termi- -

nés par des formes ordonnées par leur nature; ils sont enveloppés dans une peau, ou écorce, ou coque, ou tunique, ou chlamyde quelconque. L’extensibilité de leurs fibres ne peut s’allonger que jusqu’à un certain point, et les animaux multipares ne peuvent égaler la taille des unipares. Les causes qui endurcissent et dessèchent lorganisme semblent plus puissantes que les causes excitantes de la végétation et de l’agrandissement , soit des animaux, soit des plantes. Les nains restent plus en deçà de la taille moyenne que les géants nes’avancent au delà. Quoique les hommes aient aujourd’hui certainement la même taille que les antiques momies d'Égypte, âgées de quarante siècles, on jugera sans doute d’après la grandeur des débris des animaux an-

tédiluviens que le monde n’a peut-être plus autant d'énergie

productive. 11 est certain toutefois que chaque espèce, soit dans les plantes annuelles ou vivaces et leurs semences, soit parmi les insectes et autres animaux enveloppés d’un étui corné ou testacé, ou d'une coque, est presque toujours d’une taille uniforme. Si les lieux secs ou humides font varier ces déterminations, on peut dire néanmoins que la croissance relative des membres et de toutes les parties chez la plupart des animaux se maintient parfaitement dans des rapports réciproques. Chez l’homme même, l’un des êtres les plus sujets aux variétés de croissance et de difformité par les diversités de ses genres de vie, il y a des mesures nécessaires, constantes, entre les différents organes.

Mais cette égalité parfaite, cet équilibre de croissance entre fous les organes chez un homme adulte n’est plus exactement le même pour le corps de la femme ni pour celui de l'enfant. Il est certain que chez tous les animaux Ja tête est l'organe qui s'accroît et se forme le premier; aussi est-elle d’abord très-prédominante en grosseur et grandeur pendant le jeune âge, tandis que les membres inférieurs ou postérieurs sont d'autant plus faibles et imparfaits que le jeune individu demeure plus voisin de sa naissance, L’accroissement se porte ensuite sur les régions inférieures ; les cuisses et les pieds s’allongeant, le nombril n’est plus placé à la moitié de la taille dans l’adolescence, comme chez le fœtus et le nouveau-né. D'ailleurs, la croissance s’opère inégalement aussi selon les sexes et les âges. A l’époque de Ja puberté, le développement se manifeste sur les organes sexuels; le bassin de la femme et des femelles d'animaux acquiert plus d’ampleur et d'action pour la menstruation, la génération, comme les mamelles pour la production du lait, etc. Les croissances partielles, les renouvellements des dents, la sortie de la barbe, les développements d'attributs des mâles, crinières, cornes, ergots, crêtes, etc., se déclarent aussi par un effort spontané de la nature, Si les croissances sont irrégulières ou entravées, ilen peut résulterdes difformités monstrueuses; les boiteux, les bossus, les individus à crâne rétréci, ou démesurément renflé ( chez les hydrocéphales ), les rachitiques, ete, olfrent divers exemples morbides d’une vicieuse croissance. .

Il est facile d'expliquer, d'après ces divers transports de la croissance sur certaines régions du corps au détriment des autres, les équilibres différents des organismes. Ainsi,

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